PREFACE XXIX
commencé par démarquer la date des premières pages et par y ajuster un préambule postiche ^ ? Et quelle maladresse d'aller prendre pour garants de sa véracité des personnages en renom à Vienne, et bien vivants encore, qui étaient amis de Carpani et avec qui, lui, Stendhal, n'avait jamais eu aucune relation ! Il eût fallu une extraordinaire légèreté, pour ne pas penser que les réclamations pleuvraient aussitôt 2.
Pour moi, l'explication la plus plausible de la conduite de Stendhal est celle qu'il a donnée en 1841 ou 1842 à Quérard 3. Il allait, prétend-il,
1. Dans la suite du livre, les emprunts sont un peu plus morcelés. Stendhal prend à droite et à gauche, hâtivement, sans beaucoup de soin. On a relevé plusieurs de ses erreurs de lecture, qui trahissent parfois son insufTisance musicale :
Lettre II : — -Le signore Martinez, traduit par « Monsieur Martine/, ».
Lettre III : — • « Deux tympanons », pour « Due iimpani ».
Lettre VI : — La fameuse comparaison des quatre instruments du quatuor avec quatre personnages. Stendhal y commet l'étourderie d'attribuer à la basse les caractéristiques de l'alto (Voir, à l'Appendice, la réplique moqueuse de Carpani, p. 467-468).
Lettre VIII : - — Des transcriptions inexactes de tons et de modulations, notés par Carpani. Une confusion inextricable entre les trois Bach : Jean-Sébastien, Philippe-Emmanuel et Giovanni, que Carpani avait très bien distingués l'un de l'autre.
Lettre XVI : — Une inexactitude dans la seconde citation musicale.
Lettre XXI : — L'exemple musical : Ilin ist aile meine Krafl, est transcrit, par étourderie, de clef d'ut troisième ligne en clef de sol, sans être transposé..., Etc.
2. Cela ne manqua point. — Voir, à l'Appendice, p. 469, la protestation de Salieri et d'autres illustres Viennois.