Ihid., II
PRÉFACE IX
Cependant, son éducation musicale, contrariée par le philistinisme de son père, avait été des plus faibles. Elle se réduisit à quelques méchantes leçons de violon, de clarinette et de chant, lorsqu'il était enfant. L'amour fut son meilleur maître. Le plus sûr de ses connaissances musicales, il le dut sans doute à Angehna Bereyter, avec qui « il passa toutes ses nuits, de 1811 à 1813 ». Elle chantait, à Paris, les rôles de seconda et de terza donna. Trois fois par semaine, il allait la voir jouer à rOdéon ; et, à la maison, elle lui faisait de bonne musique. Ajoutez-y les entretiens avec les dilettanti milanais, et les représentations de la Scala, ce théâtre qui, de l'aveu de Stendhal, eut sur son caractère une influence de premier ordre ^. — Le tout ensemble ne pouvait faire de lui qu'un amateur passionné, qui ne comprit jamais bien la polyphonie instrumentale ou vocale, et resta, jusqu'à sa mort, fidèle au hel canto. Il ne s'en croyait pas moins musicien, beaucoup plus que des musiciens de profession ^ :
« A peine je connaissais les notes, avoue-t-il, mais je me disais : « Les notes ne sont que l'art d'écrire les idées, l'essentiel est d'en avoir. » Et je croyais en avoir. Ce qu'il y a de plaisant, c'est que je le crois encore aujourd'hui... A Milan, de 1814