‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 4 sur 129 · Journal d'Italie, 8 septembre · texte numérisé non relu

Journal d'Italie, 8 septembre

2. Voir, dans sa Vie de Rossini, le portrait malicieux, non sans justesse, du musicien qui n'aime pas la rnusique, tout en n'ignorant rien des ressources de son art. (L'espèce n'en est pas éteinte.) — Il lui oppose « le dilettante sensible », qui a toutes ses préférences. Et pour cause : c'est son portrait.

X PREFACE

à 1821, quand le matin d'un opéra nouveau, j'allais retirer mon libreito à la Scala, je ne pouvais m'empêcher en le lisant d'en faire toute la musique, de chanter les airs et les duos. Et oserai-je le dire ? Quelquefois, le soir, je trouvais ma mélodie plus noble et plus tendre que celle du maestro ^. »

Sans attacher plus d'importance qu'il ne convient à cette naïve fatuité, il sied de retenir ce fait que Stendhal s'est cru sincèrement, toute sa vie, un musicien manqué, que les circonstances contraires ont tourné vers la littérature :

« Le hasard a fait que j'ai cherché à noter les sons de mon âme ^ par des pages imprimées. La paresse et le manque d'occasion d'apprendre le physique, le bête de la musique, à savoir jouer du piano et noter des idées, ont beaucoup de part à cette détermination qui eût été tout autre, si j'eusse trouvé un oncle ou une maîtresse aimant la musique ^, »

De fait, s'il fut toujours incapable d'écrire une

Page 1