XXXVI PREFACE
■ — sur les rapports entre le plaisir musical (artistique, en général), et l'organisation psycho-physiologique des diverses races ^. — Taine, qui a tant emprunté à Stendhal, a trouvé dans ces pages l'idée de sa théorie du milieu, cause première des personnalités, et de « l'histoire, ramenée à un problème de psychologie - )>.
Toutes ces observations sur les races étrangères ont pour contre - partie de malicieuses critiques adressées à la France, à sa musique ennuyeuse ^,
1. Lettre XIX. — Cf. dans la lettre XX, la lettre supposée d'une chanoinesse de Brunswick.
2. «... Le premier, Stendhal, sous des apparences de causeur et d'homme du monde, expliquait les plus compliqués des mécanismes intimes..., marquait les causes fondamentales, j'entends les nationalités, les climats et les tempéraments... » (Taine : Introduction à l'Histoire de la littérature anglaise.)
3. Voir, dans la Lettre II sur Haydn, sa critique de la musique française, froide et savante, « ces beaux diseurs insensibles,... beaucoup de patience réunie à un cœur froid... En France, dans la musique comme dans les livres, on est tout fier quand on a étonné par une phrase bizarre... » (P. 22-23.)
Il n'a jamais varié dans son mépris pour la musique française :
« Le Français me semble avoir le métalent le plus marqué pour la ntiusique. Comme l'Italien pour la danse... Je n'ai jamais vu un beau chant trouvé par un Français ; les plus beaux ne s'élevant pas au-dessus du caractère grossier qui convient au chant populaire, c'est-à-dire qui doit plaire à tous. (Exemple : La Marseillaise, qui est ce qu'ils ont fait de mieux)... Les Français sont devenus savants depuis 1820, mais toujours barbares au fond ; je n'en veux pour preuve que le succès de Robert le Diable. » [Vie de Henri Brûlard, II, 99-102.)
Il ne fait même pas grâce à Rameau, dont il traite l'art de « barbare », malgré qu'il ait pillé Ja nmsique italienne (Lettre II sur Haydn, p. 22), et il « abhorre tout ce qui