Toujours cette peur de l'emphase, du mensonge
3. « La science de l'harmonie peut faire tous les progrès ■qu'on voudra supposer, on verra toujours avec étonnement
• que Mozart est ailé au bout de toutes les routes. » (Vie de Rossini.)
XL PREFACE
Il faut d'autant plus savoir gré à Stendhal d'avoir si passionnément affirmé sa foi dans le génie de Mozart que ce génie n'était pas encore pleinement reconnu, quand il écrivait ces pages, — du moins parmi ses bons amis les Italiens. Il le dit, dans sa Lettre sur Mozart, c'est « contre l'opinion de toute l'Italie » qu'il soutient la supériorité à' Idomeneo et de La Clemenza sur tous les opéra séria d'Italie. Et, dans la Vie de Rossini, nous voyons que le succès de Mozart n'a guère commencé au delà des Alpes, qu'entre 1814-1816. Jusque-là, on le considérait ({ comme un barbare romantique, qui voulait envahir la terre classique des beaux-arts ». Le « patriotisme d'antichambre » faisait appel à « l'honneur national » contre les représentations de Don Juan ou de U enlèvement au sérail, dont les orchestres italiens étaient d'ailleurs incapables d'exécuter en mesure une page ^. A Vienne même, nous avons vu que le vieux Carpani n'était pas sans faire des réserves, sur l'abus des modulations, la surabondance instrumentale, l'exubérance de Mozart, cette fébrilité cpii choquait les dilettantes de l'époque de l'empereur Joseph II. Et Stendhal reproche aux Français de ne goûter de ^lozart cjne ce qu'il a de plus superficiel, non pas « la nouveauté terrible ^ » de certaines pages
1. Encore dans La Chartreuse de Parme (écrite en 1830, publiée en 1839), on entend, au concert donné pour les noces de Clelia, « une symphonie de Mozart, horriblement écorchée, comme c'est l'usage en Italie. »