‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 41 sur 129 · XLVI PREFACE · texte numérisé non relu

XLVI PREFACE

Le volume se termine par une Lettre sur Vétat' actuel de la musique en Italie, qui est datée de 1814. Elle prête, une fois de plus, à une comparaison entre la France et l'Italie, où la France n'a point l'avantage. Stendhal s'y montre sarcastique et même assez injurieux, à l'égard du double pillage des musées italiens par les conquérants français, et de la musique italienne par les compositeurs français ^. Il persifle ces moyens expéditifs de se procurer un art tout fait :

— « A quoi cela vous sert-il ? » demande Arrigo Beijle. « Vous avez beau vouloir monopoliser les chefs-d'œuvre et les virtuoses. Il ne manque à votre art qu'une chose, — l'indispensable, — le public. Et c'est la flamme du public italien, son ardeur passionnée, qui ranime et rallume l'art italien, quand il est près de s'éteindre. »

Là-dessus, Stendhal a beau jeu à dénoncer la centralisation française, qui annihile les provinces, — la politique envahissante, qui prend dans la société française la place de l'art, (comme il devait advenir, trente ans plus tard, en Italie même), — ■ le manque de personnalité dans la classe riche, « qui apprend, tous les matins, dans son journal,

1. Comme le fait remarquer avec malice Carpani, dans sa réponse de 1816, il aurait pu ajouter à sa liste le pillage des. écrits italiens par la famille Bombet.

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