‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 43 sur 129 · XLVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XLVIII PREFACE

les derniers représentants. Mais ses préférences pour le passé de l'Italie ne l'empêchent point de voir avec lucidité la nouvelle époque qui s'ouvre pour elle, sa résurrection politique et luorale, depuis l'Empire, « sa soif d'être une nation ». Il a été frappé des changements accomplis dans le caractère italien, de « la raison simple et profonde », de la virile franchise, de la bravoure sans jactance qu'il a pu admirer, à l'armée, chez les officiers et les troupes d'Italie. Son désintéressement politique va jusqu'à « noter avec plaisir en Lombardie, depuis plusieurs années, un peu d'éloignement pour la France ». Il encourage les Italiens à rejeter tout à fait l'influence française. « On n'est grand qu'en étant soi-même ».

Il n'a pas moins bien observé et inscrit, avi cours de ce livre, les transformations du caractère français, depuis 1789.

« Il ne faut qu'avoir des yeux pour s'apercevoir vingt fois la journée que la nation française a changé de manière d'être depuis trente ans. Kien de moins ressemblant à ce que nous étions en 1780 qu'un jeune Français de 1814. Nous étions sémillants, et ces messieurs sont presque Anglais. Il y a plus de gravité, plus de raison, moins d'agrément. La jeunesse, qui sera toute la nation dans vingt ans d'ici, a changé ^. »

Durant ces trente terribles années, l'âme française a été retrempée dans le feu et dans le sang. De ces puissantes épreuves, elle est ressortie toute

Page 1