‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 49 sur 129 · Racine et Shakspeare, p · texte numérisé non relu

Racine et Shakspeare, p

LU PREFACE

Mais ce cœur voluptueux, qui savoure la douceur des souvenirs et des regrets, vit naturellement davantage dans les œuvres qui sont associées à ses rêves de jeunesse et d'amour. Stendhal reste fidèle à Pergolèse, à Cimarosa, aux chantres de l'âge d'or. Même dans son Rossinisme, il prétend ne point dépasser la borne de 1815-1816, Le Barbier et Tancrède. Son charme et son originalité sont dans cette nostalgie poétique du passé, unie à une curiosité intrépide et perspicace de la vie nouvelle. Il ne s'embarrasse point de les mettre toujours d'accord. Sa sensibilité et son intelligence semblent appartenir à deux natures différentes ; et pourtant on ne remarque jamais d'antagonisme entre elles : pourquoi sacrifierait-il l'une des deux à l'autre ? Il les aime toutes les deux, il aime tout...

«... Il n'est rien Qui ne lui soit souverain bien ;... »

et cette diversité d'âme, qui ferait soufl"rir certains autres, lui est un amusement, un jeu harmonieux. Il ne cherche pas à la voiler ; il ne s'asservit pas plus à ses théories qu'à celles des autres ; il a le courage de se contredire, de dire toujours ce qu'il sent, même lorsque son sentiment a changé. Il ne prétend pas être impartial ; (il se vante du contraire !)^ Il ne prétend pas avoir raison. Il ne s'est jamais donné pour un homme qui a la vérité, mais pour

1. Il se déclare « partial, c'est-à-dire passionne ». Tout ce qu'il peut faire, « c'est d'être tolérant et de ne vouloir faire pendre personne. » (Vie de Rossini.)

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