‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 50 sur 129 · PREFACE LUI · texte numérisé non relu

PREFACE LUI

un homme qui est vrai. Qu'importent ses erreurs et ses contradictions ? Sa belle franchise est rafraîchissante et saine. Il a dit, avec son humour habituel :

« Des gens qui aimeraient passionnément une mauvaise musique seraient plus près du bon goût que des hommes sages qui aiment avec bon sens, raison et modération, la musique la plus parfaite qui fut jamais ^. »

Nous savons ce qu'il faut penser de ces paradoxes. Nous ne donnerons pas dans le ridicule de « ces gens raisonnables », dont il parle à propos de Métastase, qui discutent gravement la déraison voulue. A qui Stendhal fera-t-il croire qu'il ne connaisse pas mieux cjue personne le prix de la raison libre et d'un jugement éclairé ? Et lui-même se fût bien gardé d'aimer jamais une mauvaise musique. Pauca sed bona...

« Pour mon malheur, a-t-il dit, j'exècre la musique médiocre ; à mes yeux elle est un pamphlet satirique contre la bonne ^... »

Ce qu'il faut retenir de sa boutade, c'est que des deux éléments essentiels à la possession complète de l'œuvre d'art : l'amour et la connaissance, l'amour est, pour lui, le plus indispensable, car il est la clef de la connaissance même. Et il est aussi, par malheur, le plus rare, dans le monde de ceux qui s'occupent de l'art. Cet amour, nous en trouvons chez Stendhal une fontaine toujours vive...

Visse, scrisse, amà...

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