Gardlncr (William), auteur des Sacred Mélodies
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« assez grand nombre d'oim-ages de ce compositeur. « En revanche, l'on n'estime pas assez en Angle- « terre le charmant Rossini. On n'y sent pas que « le beau idéal varie avec le climat. »
En somme, le fait marquant de ce qu'on a appelé parfois, en termes impropres, Védition de 1817, c'est, en dehors de l'errata, l'absence de nom d'auteur. Faut-il voir, dans cette suppression de nom, une demi-satisfaction donnée à Carpani ?
Au reste, le livre ne se vendit pas plus qu'en 1815. Un compte de Didot, publié dans Comment a vécu Stendhal, nous apprend qu'à la date du l*^"^" août 1824, sur les 1.000 exemplaires tirés en 1814, il en restait en magasin 584 ; Stendhal en avait distribué 189 ; les libraires dépositaires en conservaient 100 ; on en avait donc vendu 127 en dix ans !
Nous passons rapidement sur le troisième lancement de 1831 (ce sont toujours les exemplaires de 1814, avec le titre de 1817, mais cette fois avec le nom de Stendhal), et nous an^ivons à la deuxième édition de 1854 ; le volume de la Vie de Haydn fait partie de l'édition des œuvres complètes entreprise par Michel Lévy, sous la direction de Romain Colomb, avec la collaboration de Mérimée. La Bibliographie de la France du samedi 1^^ juillet 1854 l'annonce ainsi : « N° 3790. Vies de Haydn, de
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Mozart et de Métastase, par de Stendhal (Henry Beyle). Noui^elle édition, entièrement revue ; in-18 anglais de 9 feuilles 3/9 (tiré à 1.600 exemplaires). Imprimerie de Raçon, à Paris. A Paris, chez Michel Lévy frères. Prix : 3 francs. » De nombreux tirages ont été effectués depuis cette époque à la même librairie ; c'est l'édition courante aujourd'hui, les exemplaires de 1814, 1817 et 1831 devenant rares et chers.
Bien que le titre annonce une « édition nouvelle, entièrement revue », l'éditeur de 1854 s'est contenté de réimprimer le texte incorrect de 1814 en l'agrémentant de fautes nouvelles ; il paraît avoir ignoré l'errata de 1817, dont il ne s'est pas servi. Le texte fourmille d'erreurs ; la plupart des citations, des noms d'opéras sont défigurés ; la ponctuation est souvent défectueuse. L'édition de 1854 ne fait honneur ni à l'éditeur ni au libraire ; nous aurons malheureusement à faire cette remarque à propos de bien d'autres ouvrages de Stendhal publiés dans la même collection.
En résumé, les deux seules éditions de la Vie de Haydn, celle de 1814 et celle de 1854, sont des plus incorrectes. Nous avons dû, pour établir le texte de la présente édition, procéder à un travail de révision minutieux ; nous avons utilisé, pour la première
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fois, l'errata de 1817, en le complétant ; nous relevons, au fur et à mesure, dans nos notes, les diverses cariantes de 1814 et de 1854, ainsi que les corrections de 1817. Nous n'avons fait qu'une conjecture, mais qui nous a paru nécessaire ; c'est à la page 60 : deux ans au lieu de deux jours. Nous avons revu avec soin les citations italiennes ou anglaises, les noms italiens d'opéras, de chanteurs, de compositeurs, de peintres. La ponctuation a été vérifiée ; quant à l'orthographe, nous avons, comme l'éditeur de 1854, adopté l'orthographe moderne (habitants au lieu de hahitans ; rythme au lieu de rhythme ; très simple au lieu de très-simple, etc.) ; enfin nous prévenons une fois pour toutes que nous avons, dans tout le cours du volume, considéré comme aspirée la première lettre du mot Haydn [ce Haydn au lieu de cet Haydn, de Haydn au lieu de d'Haydn), alors que l'édition de 1854 imprime tantôt de Haydn, tantôt d^Haydn. Bref, nous n'avons rien négligé pour donner aux Stendhaliens, pour la première fois, un texte aussi correct que possible du premier ouvrage imprimé de Henry Beyle.
Les notes de Stendhal, marquées par des chiffres, ont été imprimées au bas des pages, selon l'usage ; nos notes, marquées par le signe *, ont été rejetées à la fin du volume.
Stendhal a donné lui-même en note les dates, parfois inexactes, de quelques opéras, de quelques musiciens. Il nous a paru inutile de surcharger le
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présent volume en donnant les mêmes renseignements pour la foule d'opéras, de compositeurs, de chanteurs, de peintres cités dans la Vie de Haydn, Qu'apprendrait de plus au lecteur cette érudition trop facile ? Ceux que ces questions intéressent pourront consulter les dictionnaires spéciaux. Nous avons préféré indiquer en note les observations, les rapprochements les plus curieux auxquels peuvent donner lieu les idées de Stendhal sur les beauxarts, la littérature ou les mœurs, idées qu'il a développées plus tard dans ses autres ouvrages, mais qui sont déjà presque toutes en germe dans la Vie de Haydn.
Le premier ouvrage de Stendhal se compose de vingt-deux lettres sur Haydn, deux lettres sur Mozart (avec une \T.e de Mozart, en sept chapitres, annexée à la première lettre), deux lettres sur Métastase, et une lettre sur l'état actuel de la musique en France et en Italie.
On sait que Stendhal a puisé les éléments biographiques et historiques des Lettres sur Haydn dans un ouvrage italien de Carpani, intitulé : Le Haydine, ovvero Lettere sulla vita e le opère del célèbre maestro Giuseppe Haydn (1 vol. in-8^ de viii-298 pages, avec figures et portrait de Haydn, Milan, chez Bucinelli, 1812 ; — 2e édition : 1 vol. in-8o de xii-307 pages,
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avec portrait au trait de Haydn, Padoue, imprimerie de la Minerve, 1823 ; — traduction française de D. Mondo, 1 vol. in-8° de 362 pages, Paris, chez Schwartz et Gagnot, 1837, sous le titre de : Haydn, sa vie, ses ouvrages, ses voyages et ses aventures.)
Joseph Carpani (1752-1825) était l'auteur du livret de la Caniilla, opéra de Paër, dont parle souvent Stendhal, et de la traduction italienne du poème de la Création de Haydn. Il avait été, à Vienne, en relations directes avec l'illustre maestro, et ses Haydine, parues trois ans après la mort de Haydn, pleines d'anecdotes, de conversations et d'érudition, constituaient un ouvrage des plus intéressants pour l'époque, malgré l'emphase et le pédantisme de bien des pages. Il est inutile, pour essayer de justifier Stendhal de l'accusation de plagiat, de déprécier injustement Carpani^. Stendhal, que son séjour à Milan en 1813 avait mis à même de connaître les Haydine, utilisa largement les matériaux des dix-sept lettres de Carpani, notamment les anecdotes, qu'il mit en valeur et dont il tira des conclusions, et les parties historiques qu'il condensa
1. Encore moins csl-il nécessaire d'insinuer, comme l'a fait un article du Temps, du 13 octobre 1909, sans preuves à l'appui, que Carpani faisait partie de la police. La correspondance inédite de Carpani et d'Acerbi, qui existe à la Bibliothèque de Mantoue et que M. Fcrrarini a bien voulu dépouiller pour nous, ne fournit aucune indication dans ce sens ; bien au contraire, elle nous le représente uniquement comme un brave homme de librettiste et de musicographe, qui n'avait qu'un défaut: il souffrait de l'estomac.
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en raccourcis élégants. Les Lettres sur Haydn sont sûrement moins précises, en maint endroit, que les Haydine, mais elles conviennent mieux aux gens du monde, et du monde français, auxquels elles étaient destinées.
Le tort de Stendhal (mais il avait pour lui l'illustre exemple de Chateaubriand) fut de ne pas citer expressément, au moins une fois, l'ouvrage italien où il avait puisé des renseignements aussi abondants, et même le germe de certaines de ses idées artistiques et esthétiques. Son silence, plein de désinvolture, est d'autant plus piquant que la 1^^ édition des Haydine contient, en tête, une note indiquant que « l'ouvrage est placé sous la protection des lois )). Vaine précaution à une époque où la propriété littéraire n'était pas encore protégée. L'affaire Carpani-Bombet se dénouerait aujourd'hui devant un tribunal ^ ; en 1815, les protestations de Carpani se perdirent dans le ridicule. Au reste, le livre de Bombet étant surtout un dithyrambe en l'honneur de l'Italie et de la musique italienne, les compatriotes de Carpani qui auraient eu la curiosité de se reportera Bombet n'auraient pu qu'être extrême-
1. Et il n'est pas sûr que Bombi.'t serait condamné à autre chose qu'à insérer dans sa brochure une note indiquant que certaines parties de la Vie de Haydn sont imitées on traduites de Carpani. L'avocat de Bombet ne manquerait pas de faire ressortir que son client n'est pas un professionnel, mais un amateur imprimant à ses frais.
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ment flattés : leur sympathie était acquise d'avance au futur MUanese.
Au total, une bonne moitié des Lettres sur Haydn est tirée des Haydine. Nous avons noté scrupuleusement les emprunts faits à Carpani. Les lecteurs pourront ainsi se rendre compte, pour la première fois, de ce qui appartient à chacun des deux auteurs, et apprécier le jugement sommaire de Fétis qui, dans sa Biographie uniçerselle des musiciens, traite Stendhal d^ impudent plagiaire ; il est vrai que, dans sa première édition, il l'appelait également : Louis-Alexandre-César Beyle, prénoms auxquels M. P. Colomb de Batines, dans son Catalogue des Dauphinois dignes de mémoire ^, ajoutait celui, plus glorieux encore, d'Arthur,
Nous avons réuni, en appendice, le dossier complet de la polémique Carpani-Bombet, qui dura de 1815 à 1824 ; nous donnons une traduction intégrale et inédite des fameuses lettres du GiornaledeW italiana letteratura de Padoue, lettres qu'on ne connaît guère en France que par l'analyse sommaire qu'en a faite M. Chuquet dans son livre sur Stendhal, pages 240-242 ; nous y joignons la série des lettres et entrefdets parus dans le Constitutionnel, dont quelques-uns n'avaient pas encore été réimprimés, — un curieux document tiré d'une liasse de lettres inédites de Carpani conservées à la Bibliothèque
1. Une brochure in-8° de 92 pages, Grenoble, Prudhomme, 1840. Page 26, au mot : Beijle.
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municipale de Mantoue, et que, grâce à l'intermédiaire de M. Carlo Frati, archiviste de la bibliothèque Saint-Marc, à Venise, M. le D^ Cesare Ferrarini a bien voulu copier à notre intention, — enfin la Déclaration de Carpani de 1824, dernier épisode de la polémique.
Ce que l'on ne manquera pas de remarquer, après avoir lu cette déclaration, c'est que Carpani, de 1816 à 1824, ne releva pas le défi des trente pages que lui portait H. C. G. Bombet dans la lettre de Rouen. Quoi qu'il en ait dit, c'était à lui de le faire , et il est regrettable qu'il ne l'ait pas fait, car le public aurait su, dès cette époque, à quoi s'en tenir exactement sur le plagiat de Bombet.
Comme les lettres de 1815, la déclaration de 1824 fit long feu. A moins d'un an de là, quelque temps après la publication de la deuxième partie de Racine et Shakspeare, un mardi matin du printemps de 1825 ^, M"i6 Ancelot reçut de Henry Beyle un exemplaire de 1814 des Lettres sur Haydn signées César Bombet. C'est sous ce nom que Beyle se présenta, le soir, plus joufflu qu'à l'ordinaire, dans le salon de M"^^ Ancelot : il se donna pour un marchand de bonnets de coton, et divertit l'assemblée, pendant une grande demi-heure, par un feu roulant de plaisanteries, décochant, à propos de bonnets, des