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Il est vrai que Carpani était mort

AVANT-PROPOS LXXI

'épigrammes mordantes sur les livres, les tableaux, les opéras à la mode, toutes frappées au coin de son inimitable esprit. M. Ancelot fut obligé de se sauver dans une pièce à côté pour rire à son aise de l'effarement de ceux de ses invités — et c'étaient les plus nombreux — qui ne connaissaient pas encore cette ■originale figure^.

Des deux lettres qui composent la Vie de Mozart., la deuxième appartient tout entière à Stendhal, La première, qui a six lignes, est suivie de la Vie proprement dite en sept chapitres, traduite, annonce Stendhal lui-même, de l'allemand par M. Schlichtegroll (il aurait été plus exact d'imprimer : de l'allemand Schlichtegroll).

Même corrigée ainsi, la déclaration de Stendhal est encore fantaisiste. L'allemand Schlichtegroll avait bien publié à Gotha, en 1793, dans sa Nécrologie (2^ année, tome II, pp. 82-112) un article sur Mozart 2, Mais, quoi qu'en ait dit M. Anders, de la Bibliothèque Impériale, dans la note publiée par Sainte-Beuve (Causeries du Lundi, tome IX), ce n'est nullement cet article qu'a traduit Stendhal ;

1. Le Salon du baron Gérard, par M™^ Ancelot [Musée des Familles, avril 1857).

2. Publié peu après on tiraga à part (Mozart's Leben, 'GrœLz, 1794).

LXXII AVANT-PROPOS

il ne l'a même vraisemblablement jamais eu entre les mains.

Stendhal s'est purement et simplement approprié une Notice biographique sur Jean-Chrysostome- Wolfang-Théophile Mozart de C. Winckler (1 brochure de 48 pages in-8°, à Paris, chez Fuchs, rue des Mathurins, 1801) ^. Winckler prévient le lecteur, à la première page, que « dans la rédaction de cette notice, il s'est servi surtout de celle que M. Schlichtegroll a insérée dans son excellent Nécrologe. » Stendhal a reproduit, à quelques mots près, le texte de Winckler, non divisé en chapitres, mais qui commence exactement à la première ligne du chapitre I^^ de la Vie de Mozart de Stendhal, et qui finit, non moins exactement, à la dernière ligne du chapitre VIL Stendhal a ajouté seulement au chapitre I^'' toute l'histoire du Miserere, par-ci par-là quelques phrases, au chapitre IV l'anecdote du vieil accordeur de clavecin, au chapitre VI le dernier paragraphe. L'anecdote de l'accordeur est tirée d'une petite brochure, contenant 32 Anecdotes sur W. C. Mozart, traduites de Rochlitz par Ch. Fr. Cramer, et publiée en 1801 (in-S^ de 68 pages, chez

1. Cette notice avait paru d'abord dans le Magasin Encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arls, (Vlie année, tome III, 1801, pages 29-72) de A. L. Millin, « membre de tant d'académies )-, comme Stendhal disait en 1817. Le nom de Millin, dans le Magasin Encyclopédique, est suivi de douze lignes de titres.

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