Il florissait vers 1G
le Capriccio, où il se moque des castrats, qu'il détestait cordialement.
Deux basses-tailles et deux ténors commencent par chanter ensemble ces trois vers :
No, che lassù nei cori almi e beati
Non inlrano castrall, Perche scritto è in quel loco...
Le soprano alors part tout seul, et demande,
Dite : che è scritto mai ?
Les ténors et les basses-tailles répondent sur un ton extrêmement bas :
Arhor che non fa friilto Arda nel fuoco *.
Sur quoi le soprano s'écrie, à l'autre bout de l'échelle :
Alii ! ahi !
L'effet de ce morceau plein d'expression est incroyable. La distance extrême que Fauteur a mise entre les sons très aigus du malheureux soprano et les voix sombres des basses-tailles, produit la mélodie la plus ridicule du monde.
Le nazillement uniforme des capucins, auxquels même il est expressément défendu de chanter et de sortir du ton, a fourni un morceau plaisant à Jomelli.
L'élégant Galuppi, si connu par ses opéra buffa et par sa musique d'église, n'a pas dédaigné de mettre en musique le chant d'une synagogue, et une dispute de vendeuses de fruits rassemblées dans un marché de Venise.
A Vienne, l'esprit méthodique du pays fixa un jour pour les plaisanteries de ce genre ; la soirée de la fête de Sainte-Cécile était consacrée, vers le milieu du dix-huitième siècle, à faire de la musique dans toutes les maisons, et l'usage voulait que les musiciens les plus graves présentassent ce jour-là à leurs amis des compositions comiques. Un père augustin, du beau couvent de Saint-Florian, en Autriche, prit un singulier texte pour ses plaisanteries : il composa une messe qui, sans scandale, a eu longtemps le privilège de faire pouffer de rire chanteurs et auditeurs.
Vous connaissez les canons bernesques * du père Martini de Bologne, celui des Ivrognes, celui des Cloches, celui des Vieilles Religieuses.
Le célèbre Clementi, l'émule de Mozart, dans ses compositions pour le piano, a publié à Londres, cette patrie des caricatures, un recueil de caricatures harmoniques, dans lesquelles il contrefait les plus célèbres compositeurs de piano : quiconque a la connaissance la plus légère des manières de Mozart, Haydn, Kozeluck, Sterkel, etc., et entend ces petites sonates, composées d'un prélude et d'une cadence, devine sur-le-champ le maître duquel on