‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 78 sur 129 · Opéra très comique de l'excellent Cimarosa · texte numérisé non relu

Opéra très comique de l'excellent Cimarosa

peine ou plaisir. Il paraît que, de tous nos organes, l'oreille est celui qui est le plus sensible aux secousses agréables ou déplaisantes. L'odorat et le tact sont aussi très susceptibles de plaisir ou de peine ; l'œil est le plus endurci de tous ; aussi il sent très peu le plaisir physique. Montrez un beau tableau ^ à un sot, il n'éprouvera rien de très agréable, parce que la jouissance que donne la vue d'un beavi tableau vient presque toute de l'esprit. Il ne manquera pas de préférer une enseigne bien enluminée au Jésus-Christ appelant saint Matthieu, de Louis Carraclie ^. Faites entendre, au contraire, à votre sot un bel air bien chanté, il donnera peut-être quelques signes de plaisir, tandis qu'un air mal chanté lui fera quelque peine. Allez au Musée un dimanche, vous trouverez, à im certain point de la galerie, le passage intercepté par la foule rassemblée devant un tableau, et tous les dimanches devant le même. Vous croyez que c'est un chef-d'œuvre ; pas du tout : c'est une croûte de l'école allemande, représentant le Jugement dernier. Le peuple aime à voir la grimace des damnés. Suivez le soir ce peuple au spectacle gratis, vous le verrez applaudir avec transport aux airs chantés par madame Branchu, tandis cjue, le matin, les tableaux de Paul Yéronèse ne lui disaient rien.

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