CHAPITRE XXV
En un autre point bien exprès, il montre fort clairement son ignorance et malice; car je laisse passer un grand nombre de contrariétés de sentences enseslivres, pource qu'elles ont été remarquéespar d'autres. Mais, de cette erreur, je ne pense qu'aucun en ait écrit; c'est sur l'article de foi de la descente de Notre Seigneur Jésus-Christ aux enfers. Or cedit article n'est de moindre importance pour la probation de rexcellence et autorité sienne, que les autres de sa Nativité, Résurrection et Ascension au ciel; ce néanmoins, Calvin l'a voulu supprimer, et cacher par malice diabolique, ou par une ignorance trop lourde, ou par les deux ensemble.
La malice du diable a , de tout temps, été vigilante contre la gloire de Dieu, et de son Fils Notre Seigneur; et a toujours incité quelques orgueilleux et ambitieux cerveaux, pour se servir d'eux en tels effets : inventant quelque interprétation étrange , pour conclure les hérésies, déjà paravant condamnées et rejetées par les évêques saints et ortho-
(îoxes. Ainsi subtilement il fit parler Arius, et lui fit enseigner la même erreur qu'Ebion, Artènie et Paul de Samosate , avaient semé contre la consubslantialité du Fils avec le Père ; mais sous autres termes, pour mieux cacher et couvrir le poison desdits Ebion , et ses compagnons, qui paravant a été connu et condamné. Ne faisant donc point , Arius , mention du mot ùytaâuevo,- , qui est à dire de la même substance , il disait que le Verbe divin n'était point coétcrncl avec le Père ; mais que le Père était devant le Verbe ; combien que le Verbe , comme il disait , était è? aux ovTwv, c'est-a-dire des choses qui n'claïcnt •point; comme voulant dire qu'il n'était point des choses créées ; par lesquelles paroles il niait sourdement la divinité de Jésus-Christ. Mais la ruse fut connue par un Alexandre , évêque d'Alexandrie , et puis condamnée, comme a été dit. Depuis, il fit lever un Photinus, prêtre, qui, pour mieux farder et masquer sa fausse doctrine , laquelle il voulait semer en l'Eglise , vitupérait les Ariens et orthodoxes, condamnant la doctrine des uns et des autres : toutefois , il renouvelait l'hérésie d'Ebion , et ses compagnons ; car il interprétait ce mot '>^o-/o;, en l'Evangile selon saint Jean ^ décret et destination de la rédemption de l'homme , et restitution de la vie éternelle, par l'homme né de la Vierge. Mais cedit Photinus fut réfuté , en sa fausse interprétation, par un Basilius, évêque d'Ancyre , province de Galatie.