Grèves ou armures des jambes
On ne tarda pas de s'apercevoir que Taisselle, fort bien garantie par le haubert, ne Tétait plus parles armures de fer articulées ; on inventa pour y remédier des goussets, pièce formée de deux plaques qui s'agençaient entre elles et couvraient l'aisselle quand le chevalier levait le bras; mais ces goussets furent toujours la pièce défectueuse de l'armure : un guerrier expérimenté s'étudiait à saisir le bras de son adversaire, à découvrir l'aisselle , afin d'y plonger son épée : la défaite de l'ennemi devenait alors certaine* ;
36a DES ABMBS DliFElTSIVES IT OFFEITSITES
Il arriva qu'on ajusta aux chevaux des armu^ res défensives aussi bien qu'aux hommes : on les couvrit, selon l'expression des vieux chroniqueurs; mais la faculté de couvrir son cheval devint également un privilège réservé au chevalier, au banneret de haut lignage, comme Tu* sage du haubert. Ces couvertures de chevaux étaient faites de cuir bardé de fer ; les grands vassaux , les puissants barons couvraient leurs coursiers d'un tissu de mailles de fer. L'usage de surcharger ainsi les chevaux d'un poids énorme fut bientôt abandonné : on se contenta de leur couvrir la tête et le poitrail de lames de fer poli ; les flancs furent garantis par des carrés de cuir bouilli , sur lesquels les chevaliers firent peindre leurs blasons. Un cheval ainsi accoutre s'appelait un cheval bardé. La pièce de métal ou de cuir bouilli qui couvrait la tête du noble ani« mal portait le nom de chanfrein; c'était, dit Fauchet, comme une espèce de masque : on adaptait au milieu du frontal un fer large de la longueur de deux pieds ; cette lame , très-afSlée, perçait très-aisément l'objet que la tête du cheval venait à choquer. Les princes et les grands déployaient une extrême magnificence dans cette
partie de leur équipement; le principal historien du règne de Charles VII dit : « Au siège de Harfleur, en i449) le comte de Saint-Pol arriva a\ec sa chevauchée ; son cheval portait un chanfrein prisé trente mille écus; il fallait que cette pièce fût en or et très-bien travaillée. » Le même historien, parlant du siège de Bayonne, assure avoir vu , dans Tarmée de Charles VII, le comte de Foix, dont le cheval portait un chanfrein garni d'or et de pierreries : on l'estimait quinze mille écus« L'usage de donner à la cavalerie des chanfreins d'acier oti de cuir bouilli ne fut abandonné que du temps d'Henri IV.
Armes offensives.
Nous ne parlerons ici que des armes dont se servaient les chevaliers ; il n'entre pas dans notre sujet, quant à présent, de nous occuper de l'armement des troupes composant la force militaire de la nation française(i) : nous traiterons
(i) Dans le deuxième siècle U distioclion des races était encore très-sensible : les descendants des Gallo-Romains formaient le gros de la nation; la moitié d'entre eux étaient serfs , ou attachés à la glèbe, au sol qu'ils cultivaient : les descendants des Francs primitifs