DES ARMES DÉFENSIVES £T OFFENSIVES
arrêter par les préjugés enracinés parmi la chevalerie française. Un banneret, un bachelier picard, bourguignon ou poitevin , auraient cru déroger que de combattre à pied et de se servir de la pique, dont on avait armé les troupes communales. Cette pique, espèce de hkXxyfx fourni d'un fer très-aigu , et beaucoup moins long que la lance, se maniait de la même façon; elle ne tarda pas de devenir une arme formidable dans les mains de l'infanterie , quand cette troupe se fut aguerrie dans les combats.
Deux expressions se reproduisent fréquemment dans les livres de chevalerie et dans les récits des chroniqueurs, véritables historiens des quatre siècles les plus agités de nos annales : ces expressions sont, host et ches^auchée; elles servaient à désigner \\\\^ troupe ou plutôt un contingent fourni par un baron plus ou moins puissant. Quelques critiques, et entre autres laCume de Sainte-Palaye etlechevalier deFollard, croient que ces deux mots étaient synonymes, qu'ils signifiaient la môme chose; quelques auteurs, notamment M. de Guibert, très-versé dans les matières militaires , ont avancé une opinion différente, suivant laquelle host signifiait une
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troupe à pied, et chevauchée une troupe de cavaliers : nous laisserons à d'autres le soin de décider cette question,
Nous terminerons cet aperçu par quelques réflexions générales. Il est prouvé que la naissance la plus ancienne ne suffisait pas pour faire un chevalier : Guillaume le Breton, l'historien enthousiaste de Philippe Auguste, cite dans son poëme le sire delà Tourette, qui se signala d'une manière particulière à la bataille de Bouvines, et qui n'était pourtant pas chevalier; mais, d'une autre part, les coutumes défendaient de la manière la plus formelle d'accorder Vordre à un homme d'origine serve , c'est-à-dire à un homme qui ne descendait point des conquérants venus dans la Gaule avec les premiers chefs francs. Gauthier, poëte latin du douzième siècle , rapporte à cette occasion un fait très-curieux; il dit que l'empereur Frédéric Barberousse, faisant la guerre dans la Ligurie, accorda le titre de cAei^a//(?r à plusieurs chefs de troupes très-valeureux mais de basse naissance ; le poëte ajoute que ceci aurait été regardé comme une chose indigne parmi les Français, En effet, le comte de Nevers avait dans sa maison deux clients dont il