‹ Vies des grand capitaines français du moyen âge (volume 3)Chapitre 6 sur 22 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Arthur de Kichemont commence une nouvelle campagne contre la Anglais. — Siège de Montereau, ou Charles VU se distingue. — Siège de Meaux. — Ligue des barons mécontents. — Arthur devient le soutien de la couronne. — Siège de Pontoise. — Campagne de la Guienne.

Le comte de Richemont n'avait pu obtenir, lors de la convention d'Arras, que les troupes bourguignonnes se joignissent à celles de France : Philippe se renferma dans la plus stricte neutralité. Honteux du rôle qu'il venait de jouer à l'égard de l'Angleterre, ce prince offrit , trois mois après, sa médiation pourcon- ! dure une paix générale: il dépêcha à Londres deux chevaliers de son hôtel. Au lieu de ménager Philippe, comme la prudence le commandait, on le traita sans aucune mesure; lesmessagers bourguignons furentaocâblés d'outrages : aucune hôtellerie de Londres ne voulut les recevoir; les magistrats les logèrent, par mépris, chez un obscur artisan ; en se rembarquant à Douvres, ces chevaliers se virent couverts de pierres et de boue que les gens du port leur jetèrent. Philippe ressentit vivement l'insulte faite à ses envoyés; mais sa colère ne connitt plus de bornes lorsqu'il acquit la certitude que les Anglais l'environnaient d'embûches. Vers la fin de i436 il faillit périr assassiné dans une partie de chasse, aux environs d'Hesdin : plu-

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sieurs personnes de sa maison, séduites par de coupables promesses, prirent part au complot. La trame fiit découverte au duc de Bourgogne, en pleine chasse, par Girard Bevalo, son maître d'hôtel : ce fidèle serviteur reçut en récompense des lettres de noblesse datées de 14371 et acheta dans la Franche-Comté la terre de Frasans, dont il adopta le nom, que ses descendants ont conservé (i).

PhiHppe le Bon, extrêmement courroucé, se montra disposé à céder aux sollicitations du comte de Richement, qui ne cessait de le presser de rompre sa neutralité. Le voyant ébranlé, Arthur voulut le gagner entièrement au moyen de nouvelles grâces : sur sa proposition , Charles VII reconnut la validité des em- |4ois élevés que la maison de Lancastre avait conférés aux officiers bourguignons ; c'est ainsi que TIle-Adam fat reconnu maréchal de France : Arthur le choisit pour son premier lieutenant. Claude de Beauvoir, sire de Chatellux, un des généraux les plus habiles de son temps, fut également confirmé dans l'emploi de maréchal : tous deux reçurent une commission de a,ooo francs par an.

Philippe, bannissant ses scrupules, prit l'offensive

(i) Cette famille s'établit à Dijon , et y occupa un rang distingué : Jacques de Frasans, cinquième descendant de ce Girard, fut huit fois maire de cette ville. Il eut le bonheur, dans le cours de sa septième mairie , de rendre des services signalés à ses compatriotes lors de la peste de 1639. Pour lui témoigner sa reconnaissance, la ville de Dijon fit frapper en son honneur une médaille avec cet exergue : Btiam in septimo non iicuit quiescere. « Il ne se reposa même pas le •eplième jour. »

Le parlement supprima par un arrêt cette médaille , comme irrévérente à la majesté divine.

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