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térét de la vérité , devoir rétablir un fait important : Mézerai , Yély et tous les historiens modernes assurent qu*aumoment de commencer l'action, Philippe-Auguste ô(a la couronne qui surmontait son casque, et que , la plaçant sur un autel, il dit aux grands vassaux qui l'entouraient : « Vous allez combattre pour la défense de cette couronne ; si Tun de vous se croit plus digne de la porter que moi , qu'il vienne la prendre ; je suis prêt à lui obéir. )>Ce trait, qui est d'un efiet dramatique , a servi de sujet de composition à nos peintres; cependant il n'est rien moins que certain : sur cent chroniques contemporaines , une seule en parle (Richerius , religieux de Tabbaye de Senones dans les Vosges) (i) ; son auteur, fort éloigné de la scène , a probablement été induit en erreur : Buzelin lui a donné quelque crédit , en le répétant quatre cents ans après. Guillaume-le-Breton , chapelain du roi , et qui entonna les cantiques sacrés au moment du combat , n'en parle pas dans sa Philippide , et certainement il n'aurait point passé sous silence un tait aussi majeur. Meyer , qui met un grand esprit de critique dans ses récits , ne mentionne pas cet incident. Le père Daniel , dont la perspicacité est bien reconnue, n'adopte pas cette opinion. Philippe montrait d'ailleurs trop de sagesse pour tenter une pareille épreuve; un exemple tout récent l'aurait retenu, s'il en eût eu la pensée. Othon , ce même empereur battu à Bouvines , avait réuni, en i a i3, les électeurs dans la diète de Nuremberg; et afin d'échauffer leur zèle pour sa querelle , il déposa entre leurs mains l'autorité du gouvernement pour les laisser libres dans leur choix : cette démarche généreuse ne fit qu'enhardir les mécontents ; plusieurs d'en* tre eux, la regardant comme une abdication réelle,
(i) Collection de don Bouquet, t. xviii , p. 692.
SIR£ DE HONTMOREKCY. 83
abandonnèrent la cause du duc de Brunswick. Nul doute, si l'on en juge d'après le caractère impétueux des grands vassauK de cette époque , que, si Philippe leur eût offert sa couronne dans ce moment solennel , l'un d'eux ne se fût avancé pour s'en emparer.