‹ Vies des grands capitaines francais du Moyen Age, pour servir de complément á l'histoire génerale de la France aux XII, XIII, XIV et XV siéclesChapitre 10 sur 42 · TOM. III. II · texte numérisé non relu

TOM. III. II

iga LOUIS DE CLBRMOWT.

mont pour lui proposer le combat ; mais l'envoyé n'obtint pas la permission d'entrer dans le camp : on fut obligé de se servir d'un porte-voix pour instruire le duc de Tob^et de ce message. Louis de Glermont fit connaître en c^ termes se& intentions : « La prudence me fait uùe loi de ne pas engager une action générale contre une armée triple de la mienne, f ai dû chercher à rendre ma poâtion moins périlleuse en me retranchant de mon mieux; mais si Pembrok veut éprouver la valeur des Français , il pourra se satisfeire dans un combat de. 5o contre 5o que je lui propose. » Ce cartel ne fut point accepté ; on doit s'en étonner , car les Anglais se montraient ordinairement assez em^essés de répondre à ces sortes de défis.

Pembrok et. le comte de Cambridge ayant donné deux jours de repos à leurs gens, firent les démonstrations d'une attaque généri^ contre le camp des Français. Louis de Clermont prit les plus sages mesures pour soutenir le choc ; il plaça devant le front des fortifications ses canons, alors très-peu connus , et deux grosses arbalètes à rouet : ces machines , assez anciennes dans l'art de la guerre , lançaient d'énormes javelots avec une force presque égale ï cellQ de la poudre. Pendant la nuit qui précéda Tassant , le duc fit jeter devant le camp^ et àsms un rayon fort étendu , une quantité prodigieuse de chausse-? trapes , afin d'embaiTasser la marche de Tenoemi , et profiter de la désunion de ses rangs pour l'accabler par des décharges continuelles. Il étendit ensuite ses troupes en cordon sur toute la ligne des palissades , de sorte que chaque homme avait à garder un espace de trois pieds ; il lui était défendu dç quitter son. poste, même pour aller au secours de son voisin. Cette dispo-sition avait pour but de tirer un extrême avantage de ^o arbalétriers génois arrivés dq>uis peu. Ces soldats

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étrangers, ordioairement timides en rase campagne, devenaient extrêmement redoutables lorsqu'ils se voyaient protégés par le moindre obstacle : la supériorité dxi nom*^ bre ne les étonnait plus ; ils décocbaient leurs traits avec une promptitude et une adresse surprenantes.

Pembrok , ayant quitté son camp vers midi , s'avança fièrement , ne doutant pas de prendre d'assaut les Ugnc!^ défendues par l'ennemi ; il faisait précéder son front de bataille par 800 soldats portant chacain une fascine qu'ils devaient jeter simultanément dans les fossés pour les combler. Le duc les laissa approcher à d^ni-portée de javdot , et ordonna tout<-à-coup une décharge gé^ nérale ; les canons et les archers firent pleuvoir leurs projectiles , et en quelques moments ces 800 assaillants furent frappés à la fois et mis hok*s de combat ; plusieurs flèches provenant des grosses arbalètes percèrent deux hommes ensemble , ce qui effraya singulièrement les Anglais. (OronviUe , p. aS. )

Pembrok voulut marcher à la tête d'une seconde colonne : n'ayant pas de machines de guerre , ce général ne pouvait rien opposer à celles des Français ; il ne lui restait qu'à enlever la position par escalade , et en sacri^ fiant beaucoup de monde avant même d'arriver aux retranchements. Mais l'ardeur de ces nouveaux assaillants se refroidit en peu de temps ; ils n'arrivèrent seulement pas au bord des fossés : on les voyait terrassés par les traits que lançaient les arbalètes à rouet. Le duc de Bour^ bon , désirant mettre à profit les ravages causés par ces terribles machines , sortit du camp à la tête de 3oo chevaliers , bannière déployée , et fondit sur la division de Pembrok , encore toute étourdie deTéchec qu'elle venait d'essuyer ; l'ayant rompue , il la contraignit à battre en retraite dans le désordre le plus complet. Après ce succès , le prince se retira en bon ordre , ne vou^

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