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lant pas engager une action avec le reste de Tarmée anglaise conduite par Cambridge. Les officiers ennemis , aussi dégoûtés que leurs troupes , renoncèrent au projet de forcer ces retranchements qui vomissaient la mort. Pembrok envoya au duc un second message pour lui annoncer que , si ses gens ne levaient point le siège et s'ils ne regagnaient au plus vite leurs foyers, il aurait la douleur de voir conduire sa mère prisonnière ou en Guienne ou en Angleterre, a Ce sera pour des chevaliers chrétiens , répondit Louis de Glermont , un exploit bien triste ; mais je ne changerai rien à ma résolution , et je défie les Anglais de m'empêcher de me rendre maître de Belle -Perche et d'y planter ma ■bannière. »
Pembrok et Cambridge mirent leur menace à exécution. Le lendemain matin ils arrachèrent la duchesse de ses appartements , et , malgré ses cris et ses supplications , l'ayant placée sur un palefroi , ils l'emmenèrent avec eux. Après avoir décampé sans bruit , ces déloyaux ravisseurs laissèrent une extrême arrière-garde qui mit le feu à la ville. En voyant les flammes qui embrasaient l'horizon , Louis de Clermont fut saisi d'effroi ; il tremblait pour les jours de sa mère. Sortant à la hâte de son camp , il vola vers Belle-Perche, abattit les portes , et se précipita dans la place. Les habitants désolés lui apprirent que les Anglais avaient enlevé Isabelle de Valois. Paictagé entre le soin d'éteindre l'incendie et le désir de délivrer celle qui lui avait donné l'être , le duc ne négligea rien pour atteindre l'un et l'autre but. Le malheur de toute une population enveloppée par les flammes fut l'objet de ses premiers etforts ; grâce à l'ardeur inouïe de ses soldats , les ravages du feu s'arrêtèrent plus tôt qa*on n'avait osé l'espérer. Rassuré sur ce point , le jeune prince se mit à la pour-
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suite des Anglais , quoique la cavalerie lui mailtjuât ; il partit suivi de ioo gendarmes seulement , joignit Farrière-garde ennemie et la tailla en pièces : cependant la nature des lieux ne lui permettait pas de percer jusqu'à la tête de la colonne ; il eut le cruel spectacle de voir de loin sa mère suivre , sur le revers de la montagne 9 les contours de la route ; il s'élançait pour la joindre , lorsque les sires de Yillars , de Damas , ainsi que d'autres bannerets , arrêtèrent son cheval et empêchèrent le duc de tomber entre les mains de Pembrok. L'expédition de Belle-Perche coûta aux Anglais plus de 3,000 hommes ; elle les couvrit de honte , surtout par la conduite qu'ils avaient tenue envers Isabelle de Valois. Le prince Noir blâma son frère et les autres généraux d'avoir enlevé aussi violemment une femme sans défense. Quant au duc de Bourbon , cette affaire lui gagna l'estime des gens de guerre ; avec 2, 5 00 honunes au plus il en avait battu 8,000, tué ou mis hors de combat 3, 000 , et avait forcé l'ennemi à regagner ses quartiers en abandonnant la campagne : cet exploit devint le sujet des chants des ménestrels, et la renommée le publia en France, en Angleterre et en Allemagne. Hais Loui&^e Glermont ne borna pas à ces hauts faits les travaux de cette année. . Duguesclin venait de commencer sa belle campagne du Poitou; le duc courut le joindre, regardant comme une faveur de combattre sous les yeux du vainqueur de Montiel : il se distingua dans toutes les actions qui rendirent cette guerre justement célèbre , et principalement au siège de Sainte Sever. La garnison , commandée par Thomas de Percy , refusait de capituler : on résolut de l'attaquer sur trois points à la fois ; le maréchal de Sancerre eut le commandement de l'aile gauche , le connétable se réserva le centre , et confia la droite à Louis de Glermont : ce
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prince , bravant les décharges continuelles des archers anglais , combla les fossés , arriva aux pieds des remparts , établit une mine , et pratiqua dans le mur une ouverture par laquelle trois hommes de front pouvaient passer; il j entra le premier , précédé de son pennon , que portait le jeune Chatellux , et livra aux Anglais un combat furieux qui dura près d'une heure; enfin il les délogea des remparts , fit prisonnier de sa main le gouverneur et arbora son étendard sur les créneaux , tandis que Dugaesclin arborait le sien sur la tour du beffroi.
La conquête du Poitou paraissant définitivement achevée , le connétable se rendit en Bretagne afin de contenir Jean lY, toujours zélé partisan de l'Angleterre : beaucoup de barons fatigués de la guerre, d'autres craignant de combattre Montfort , allié des ducs de Bourgogne et de Berri , abandonnèrent l'armée ; mais le duc de Bourbon , enflammé d'une ardeur belliqueuse , ne voulut point se séparer de Duguesclin : ce général lui donna le commandement de son avant-garde, en le chargeant de battre le pays jusqu'à Rennes. A cinq lieues de cette ville le duc investit an château-fort, s'en rendit maître , et y trouva la duchesse de Bretagne : c'était Marie, fille d'Edouard III {liy'i). Les soldats, chai^ mes de cette capture, la conduisirent à leur commandant; la princesse éplorée s'écria, en apercevant le duc : « Eh( beau cousin, suis- je prisonnière ? -*r Nenni , répondit Louis de Glermont, nous ne faisons pas la guerre aux dames. » Il la mit sur-le-champ en liberté , et la fit mener par 20 chevaliers à Saint-Mahé , où se ti^ouvait le prince son époux : conduite bien difiérente de celle que le duc de Cambridge , fi-ère de cette même Marie , avait tenue à l'égard disabelle de Valois.
Maître de Treguier et d'une partie du littoral , Duguesclin résolut de chasser les Anglais des iles de Guerneseyj^
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il confia le soin de cette expédition à Louis de Cleritionl: celui-ci rassembla des bâtiments de toutes dimensions dans la baie de St-Brieux , y embarqua 4,000 hommes , sans chevaux ni bagages, et opéra sa traversée h la faveur d*une brume très-épaisse. Ayant pris terre non loin de Jersey ^ il attaqua lés Anglais accourus à sa rencontre , et les mit en déroute ; s'enfonçant ensuite dans l'intérieur de rtle, le général français réduisit les deux boulevards qui la défendaient, et emmena la garnison prisonnière de guerre , après avoir fait prêter aux habitants serment de (id(5litédu roi de Francîe. Ces dispositions étant achevées, îl laissa le sire (|eHangest dans File , et revînt eh Bretagne. Montfort, effrayé des rapides succès de Duguesclin et de son lieutenant , quitta son duché et s'embarqua pour P Angleterre : dès ce moment la Bretagne vécut tranquille sous la protection de Charles V ; mais Edouard ÏII n'était pas homme à la laisser en paix ; il venait de faire des efforts inouïs pour former une nouvelle àrtsée , dans. Pintention de la lancer contre la France ; il en nomma, chef principal le duc de Lancàstre, son fils: celui-ci ne fut pas plus heureux que Kenolles. Nous avons dit dans la Vie de Bertrand comment ceô 20,000 Anglais , débarqués à Calais le 27 février i373, se fondirent sans avoir eu la gloire de livrer une seule bataille. A leur apparition les partisans de la maison Planlagenet essayèrent de mettre en mouvement les populations du Poitou et du Limousin , afin de seconder les opérations du duc de Lancastré : Louis de Clermonf fut chargé d'aller les contenir ; à son arrivée tout rentra datis Tordre , excepté néanmoins la ville de Brives , qui arbora Téfeiidard de la révolte : les bourgeois , aidés de quelques Anglais , se rendirent maîtres des fortifications, dispersèrent la faible garnison française , et jetèrent le commandant au fond d'un souterrain, Louis de Clermont investit la place
avec i,5oo hommes, et Tenleva d'assaut; il ordonna à ses officiers d'empêcher le meurtre ainsi que le pillage: grâce à ses sages précautions , aucun excès grave ne se commit; mais le vainqueur exigea qu'on lui livrât les dix habitants les plus signalés pour être les chefs du complot : quatre de ces meneurs eurent la tête tranchée à l'instant même , les autres furent chargés de chaînes et condamnés à une détention perpétuelle ; on frappa sur la Tille une forte imposition , chacun put ensuite rentrer dans sa demeure. Le lendemain des avis certains vinrent apprendre au duc de Bourbon qu'une division ennemie accourait pour lui ravir sa conquête; ce prince ne voulut pas l'attendre , et sortit au-devant des Anglais. Après deux heures de marche il aperçut les troupes de Lancastre ; celles-ci , voyant venir les Français qu'on croyait retranchés dans la ville , s'arrêtèrent sans savoir s'il fallait avancer ou battre en retraite. Louis de Glermont, qui se trouvait en tête de la colonne, profitant de ce moment d'hésitation , lança son cheval , fondit seul sur les Anglais , et tua de sa main deux officiers. Les barons , s'apercevant du danger où le prince s'était jeté^ se précipitèrent sur ses pas et entraînèrent le reste de leur monde : le combat devint alors général; la victoire^ vivenxent disputée, demeura enfin aux Français; 5 oo prisonniers et le bagage entier tombèrent en lear pou-* voir. L'action étant finie , les principaux chevaliers , entre autres Tresiguidi , les sires de Baveux, de Barrois, de PaSsac , de Busseuil , entourèrent Louis de Clermont et le blâmèrent fort de §'être exposé d'une manière aussi téméraire. « Le plus pauvre capitaine de France , lui dirent -ils, serait repris de prodiguer ainsi sa vie; à plus forte raison un prince du sang , qui ne doit hasarder ses jours que lorsqu'il s'agit du salut de l'Etat^ h ( Oron ville. )
Après la soumission de Brives , le duc passa en Auvergne et vint opérer sa jonction avec Dugueselin dans le Bourbonnais , que Lancastre traversait alors suivi de 12,000 hommes. Les généraux français, par une marche habile , lui coupèrent la route du Puy-de- Dôme, l'attaquèrent auprès de Besse, et lui firent essuyer une perte considérable. Ils le suivirent ensuite le long des montagnes du Cantal et du Périgord , l'empêchèrent de pénétrer dans Périgueux, et rejetèrent jusque sous les murs de Bordeaux les débris de ses divisions. Dans le cours de cette mémorable campagne , Dugueselin ne fît pas un exploit dont le duc de Bourbon n'eût le droit de revendiquer sa part. Le héros breton fut rappelé à Paris vers le milieu de 1874 ; le duc resta en Guienne afin d'aider Charles d'Anjou , gouverneur de cette province , à chasser les bandes de Tard -venus de quelques places qu'elles possédaient sur la ligne de la Dordogne : la plupart furent prises aussitôt qu'attaquées ; mais la Réole , la plus importante , exigea un siège en règle. Le duc d'Anjou^ quoique généralissime, en laissa la conduite à Louis de Qermont ; le premier établit son quartier sur la grève , le second assit son camp au milieu d'un plateau couvert de vignes , et mit en batterie deux redoutables bombardes qui écrasaient la ville. Les Anglais , extrêmement incommodés par ces canons, firent une soFtie avant le lever du soleil: ils attaquèrent vigoureusement le quartier de Louis de Clermont , ne doutant pas de surprendre le poste ; mais le vigilant paladin , qui veillait sur leurs mouvements , les reçut sans reculer d'un seul pas , se précipita , une hache à la main, vers la barrière , s'en rendit maître , et entra pêle-mêle dans la ville avec les Anglais, suivi de quelques chevaliers aussi audacieux que lui : le reste de sa division arriva au bout de quelques instants. La placeétait
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prise, que le duc d'Anjou ignorait encore la sortie des Anglais. La conquête Isuccesdive des villes occupées par l'ennemi dans lé Condomois , le Bigorne et la Gascogne , assura la tranquillité du gouvernement de la Guietine française. Lé duc d'Anjou, pour reconnaître les services que son paretit venait de rendre à PEtat , lui fit l'&bandon de 3o,ooo livres dues antérieurement par Louis de Glermont , et hypothéquées sûr ses possessions du Forez.
Le duc de Bourbon alla se reposer de ses fatigues à Ghambéry , auprès de sa sœur , souveraine de la Savoie ; le i^omle Vert , un des héros de ce siècle , venait d'y arriver : une estime mutuelle , plus que les liens du sang , unissait depuis long-temps ces deux guerriers. Louis de Oermont n'était qu'au début de sa carrière , Amëdée avait atteint le dernier degré de la sienne ; il racotita à son beau-frëre Ses guerres contre les Turcs, les Combats qu'il leur avait livrés sous les murs de Bysance et de Trébisônde : ces récits enflammaient le cceur de Louis. On sait qu'à cette époque le comble de la félicité pour un chevalier chrétien , était d'essayer son courage en combattant les infidèles. Le duc de Bourbon , occupé dès sa jeunesse à défendre la France contre un ennemi dont les attaques se renouvelaient sans cesse , n'avait pu acquérir ce genre de gloire , et celle dont il venait de se couvrir dans le Poitou et dans la Bretagne ne modérait pas son extrême désir de se mesurer avec les ennemis delà foi. Il témoignait au comte de Savoie ses vifs regrets de n'avoir pu aller partager ses travaux; il désespérait d'être jamais appelé à se trouver, en présence des Mahométans , lorsque l'occasion si ardemment recherchée vint se présenter d'elle-même.
Henri de Transtamare , élevé au trône de Castîlle par un concours de circonstances extraordinaires , se mon- ^i:ait digne de sa haute fortune; les peuples lui tcmoi-
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gnaient une vive reconnaissance pour les avoir délivres de la tyrannie de don Pèdre ; rattachement que ses sujets montraient pour sa famille le tranquillisait à l'égard des prétentions que les rois de Portugal et d'Aragon , ainsi que le duc de Lancastre, élevaient sur la couronne de Castille : il songea donc à illustrer son règne par quel* que brillante entreprise militaire, sachant fort bien que rien ne lie mieux un roi à ses sujets que la gloire des armes. Comme les Maures de Grenade avaient secouru l^erre-le-Cruel , Transtamare ne craignait point de les provoquer : il résolut de les expulser de la Péninsule , et de les rejeter au-delà des Colonnes d'Her^ cule. Cependant la noblesse espagnole, pour qui le repos avait des charmes, était difficile à émouvoir; elle savait dans l'occasion répondre à un appel généreux , mais il fallait que l'impulsion lui vint du dehors. Henri s'imagina que , pour réussir dans ses projets , il devait faite publier une croisade en France , où le sentiment de l'honneur s'unissait toujours au zèle religieux. C'était la râleur de Duguesclin et de ses comr pagnons d'armes qui avait placé Henri sur le trône des Alphonse; ce fut donc en France que ce prince envoya en premier lieu des hérauts chargés d'annoncer sa résolution d'entreprendre une guerre acharnée contre les ennemis du Christ : ces messagers ne devaient rien négliger pour décida la chevalerie à venir le seconder dans cette sainte entreprise. Tout faisait croire à don Henri que Charles Y favoriserait ses projets : la flotte castillanne , agissant de concert avec le connétable , venait de battre celle d'Edouard III , et avait contribué d'une manière manifeste à la prise de la Rochelle , à la con-* quête du Poitou et de la Saintonge. Henri envoya , dans chaque province de France , des écuyers porteurs d'ad^ moniiions par lesquelles il exhortait les preux à veni(
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leur pèi^. » Grâce à ses prières , le sort de ces deux captifs fut extrêmement adouci. Le prince demanda encore la mise en liberté , sans rançon , des capitaines anglais Guichard d'Angle et Jacques Sédelier, faits prisonniers à la bataille de Montiel , où ils combattaient pour la querelle de don Pèdre.
Cependant les préparatifs de la conquête de Grenade se poussaient vigoureusement ; déjà la renommée avait publié dans toute l'Espagne Tarrivée des chevaliers français ; dé}à les Maures d'Afrique faisaient des armements pour venir au secours des Mahométans de la Pénin* suie, lorsqu'un événement imprévu força Henri de Tran&tamare de tourner ses armes contre d'autres ennemis.
Ferdinand , roi de Portugal , violant sans motif les traités signés depuis peu , déclara la guerre à la Castille. Don Henri trouva tout naturel, dans cette circonstance, de demander au comte de Clermont le secours de son bras : « Je ne puis me rendre à vos désirs , répondit le beau-frère de Charles Y; j'ai quitté ma patrie pour aller combattre les ennemis de la foi, et je ne tirerai pas l'épée contre un prince chrétien qui n'est pas en guerre avec le roi de France. » Les prières de Transta*mare ne purent vaincre sa résolution ; le noble croisé quitta aussitôt la Castille, ne voulant accepter, de tous les riches présents qu'on lui offrait , qu'une meute de chiens et deux chevaux andalous : il se hâta de repasser les monts et de regagner Moulins , capitale de ses états* D'après les coutumes de l'ancienne chevalerie, le prince fit arborer un heaume sur le portail de son château, afin d'annoncer que sa maison était touj.ours ouverte aux bannerets , de quelque rang , de quelque nation qu'ils fussent; il tint une cour qui devint pour les jeunes bacheliers de bon lignage une école de courtoisie , de vaillance et de galanterie : c'est là que se formèrent
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Ss^impi 9 La Ti émoaille , Uontaigu , Sevérac , Sainlré , Chatellux , Montberon , que l'on cita dix ans après comme les preux les plus accooiplis de leur temps. Les nobles dames , les cliâtelaines même, vinrent aussi apprendre à cette école comment une femme devait se conduire pour avoir des droits au respect des poursuivants, et mériter leurs hommages ; Jà on leur disait : « Que gentils femn^es et nobles dan^iselles devaient êti*e de douce manière , humbles , peu empartées 9 et répondre courtoisement, n'être pas trop enri^ées ( folâtres ), ne enrêvées, ne soursaUlies (évaporées) , ne regarder trop légèrement. »
La nxagniÇcence de Inouïs de Clermont ne se bornait pas à fêter les étrangers de distinction qui venaient le visiter; les habitants du Bourbonnais de toutes les classes se ressentaient également de sa présence dans ses domaines. Il fit revivre, le jour des Rois , une vieille coutume qui avait servi à populariser les anciens sou-r verains de ce pays ; voici comment Orcmville s'explique à cet égard :
(( Et fist son roi d'un enfant de huit ans , le plus pauvre que l'on trouva en toute la ville , et le faisoit vestir en habit royal en lui baillant tous ses officiers pour le gouverner, eu faisant bonne chère à cestui roi pour révérence de Dieu , et le lendemain disaoit celui roi à la table d'honneur; après venoit son maistre d'hôtel qui faisoit la queste auquel le duc de Bourbon donnoit communément quarante livreç ^ pour le tenir àTescoIe, et tous les autres chevaliers un franc., etle^ escuyers un demi-franc, que l'on bailloit au père et à 1^ mère pour les enCans qui estoient rois à leur tour , à enseigner à l'escole sans autre œuvre , dont maints d'iceux en vi voient en grand hqpneur ; et cette belle
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coutume tint le vaillant duc Louys de Bourbon tant qu'il vesquit. »
Louis de Clermont passa une année dans ses domaines , au milieu de puissants barons des différents états de l'Europe , qui venaient s'instruire auprès de lui des devoirs de la chevalerie , et apprendre à pratiquer les vertus qu'elle enseignait. Vers la fin de l'année iSjS , Louis de Clermont fut obligé de se rendre à Paris ; un soin bien triste l'y rappelait : le roi et la reine , tous deux atteints d'une maladie incurable, demandaient à le voir» Charles V voulait en référer à sa sagesse au moment de faire ses dispositions testamentaires , et Jeanne de Bourbon désirait recommander ses enfants à son frère bienaimé; mais la mort, qui semblait prête à frapper deux têtes si chères , suspendit ses coups ; le duc conserva encore sa sœur près de trois années. Durant son séjour en Espagne , plusieurs mesures fort importantes avaient été prises : Charles V donna , en août 1874 , cette ordonnance par laquelle les rois sont déclarés majeurs à quatorze ans. Au mois d'octobre de la même année , ce monarque promulgua une seconde ordonnance d'après laquelle , en cas de décès prochain , il nommait la reine et le duc de Bourbon tuteurs de son fils , et chargeait spécialement ce dernier de l'éducation du jeune prince. La mort d'Edouard III , arrivée presque au moment où la trêve expirait , mit le conseil d'Angleterre dans une position délicate. La France avait repris une suprématie qu'il était impossible de lui ravir par la force ouverte. Le conseil de Richard II eut recours à l'intrigue pour soutenir la lutte nouvelle que l'on allait engager. Depuis quinze ans , Montfort et Charles-le-Mauvais se montraient disposés à servir aveuglément les intérêts de la maison de Lancastre ; le dernier surtout s'irritait eu
voyant le royaume jouir d'une prospérité incontestable les tourments les plus affreux ne l'auraient jamais aussi bien puni de ses forfaits que le spectacle de la France comblée de gloire et de félicité. Cette fureur jalouse du Navarrois peut être citée comme un exemple dans l'histoire du cœur humain. Afin de rompre le cours d'une période de bonheur qui le désespérait , Gharles-le-Mauvais résolut d'anéantir celui dont le génie seul avait conjuré les tempêtes politiques ; il choisit , comme moyen infaillible , le poison , son arme habituelle : la voix publique l'accusait de s'en être déjà servi envers sa femme et envers un de ses fils.
Gharles-rle-Mauvâis fit préparer en sa présence les substances vénéneuses destinées à donner la mort au roi Charles Y , son beau-frère , le compagnon des jeux de son enfance. Ce fut d'une Juive que sa haine se servit pour combiner un si noir attentat : cette femme, nouvelle Locuste d'un nouveau Néron , avait fait une étude approfondie de la propriété des plantes ; et comme il s'agissait ici de trancher le fil des jours les plus précieux à l'Etat , elle mit en usage toutes les ressources de son art infernal. Le plus difficile consistait à trouver une main sûre pour présenter au monarque le fatal breuvage. Le Navarrois entretenait des relations intimes avec les personnes de diverses conditions ; il sut enlacer dans ses menées un médecin nommé Angel j de l'île de Chypre , qui avait gagné les bonnes grâces du roi parce qu'il parlait bel latin et qu'il itoit moult argumentatif. Charles-le-Mauvais l'attira en Normandie, et lui fit la proposition d'empoisonner le roi à l'aide des médicaments qu'il avait l'habitude de donner chaque jour au souverain , constamment valétudinaire. Angel, indigné , repoussa ces propositions. Ce refus irrita le Navarrois , qui le menaça de son courroux. « La connais- TOM. m. la
sance de mes projets vous lie à moi , lui dit-il ; exécutez ce <|ue j'ordonne , ou préparez-vous à la mort. » Le médecin , effrayé , jura de le servir , tout en se promettant bien au fond de l'âme de tromper son espoir homicide. Le tyran devina sur-le-champ sa secrète pensée; il l'amena, sous un prétexte futile, dans un lieu voisin de la mer , et le fit noyer par quatre de ses clients subalternes, accoutumés depuis long -temps à reaiplir de semblables missions. Le Navarrois n'en pour* suivit pas moins ses projets criminels ; des scélérats du plus bas étage s*introduisirent dans les offices du roi, et furent saisis au moment où ils jetaient du poison parmi les différents mets : ces misérables avouèrent tout. Charles-le-Mauvais , sommé de comparaître devant la cour des pairs, se retira en Angletarre , oh les oncles de Richard le flattaient d^une alliance avec la famille royale. On profionça en France la confiscation des villes et châteaux que le rebelle possédait dans le royaume , principalement en Normandie ; Louis de Clermont , Duguesclin et le sire de Couci forent chargés de mettre à exécution cette sentence. Enguerand de Couci reçut Tordre de soumettre toutes les places du Cotentio ; le duc de Bourbon pénétra dans la province par Dreux avec le connétable , dont il était le premier lieutenant : Evreux , Mortagne , se rendirent après quelques jours de résistance ; les garniscMis de ces deux places se retirèrent dans le château de Gauray^ oii Charles-le-Mauvais avait caché ses trésors. On investit étroitement la forteresse. Le duc de Bourbon s'établit avec son ost en face d'une porte pratiquée dans l'épaisseur du mur ; l'ardeur dont ses soldats paraissaient animés faisait présager que la conquête de la place serait prompte ; un événement fortuit en accéléra la reddition : le gouverneur du château , visitant Tarsenal où l'on gardait les artifices et la
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poudre, laissa tomber une étincelle sar ces matières inflammables ; il en résolta nne explosion dont la secousse fît écrouler la tour : le malheureux gouverneur périt au milieu de l'embrasement , ainsi que ceux qui l'accompagnaient. Cet accident , rapporté avec beaucoup dé détails par les historiens contemporains , prouve que depuis quinze ans Fnsage de la poudre était devenu trés-fréquent. Dès que l'on eut connaissance des ravages commis par l'explosion , Louis de Glermont attaqua la poterne , qui avait déjà résisté à deux assauts , s'en rendit maître , et se logea avec loo hommes dans la première enceinte, tandis que sur le point opposé }e connétable enlevait pareillement les fortifications extérieures. Les assiégés demandèrent alors à parlementer : ils oiTrirent de rendre Gauray , se réservant néanmoins la faculté d'enlever le trésor du roi de Navarre , consistant en 600,000 écus d'or et beaucoup de joyaux ou pierreries. Le connétable , ayant rejeté ces propositions , ordonna aussitôt au duc de Bourbon de presser lès attaques : les assiégés , craignant d'être pris d'assaut par les Français , se rendirent à discrétion ; on se saisit du trésor : tout ce qu'il contenait passa entre les mains du sire de Larivière , commissaire du roi ; le château fiit rasé. Mortagne , Pont-Audemer, subirent le même sort que Gauray. Charles Y chargea le sire de Conci de terminer la conquête de la Narmandie , et envoya le connétable , accompagné de Louis de Clerm(»it , en Bretagne. On sait que ce fut là que s'arrêtèrent les succès de ce monarque : on aurait cru que la fortune ne cessait de lui être favorable que parce qu'il s'écartait de la route de l'équité. Les Bretons, qui depuis vingt ans se montraient ses plus chauds partisans , se révoltèrent à l'idée de se voir ravir leur indépendance par un prince dont ils avaient servi les intérêts avec
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le zèle le plus soutenu ; on connaît le résultat de celle entreprise imprudente. Charles V , aij^ri par des revers auxquels il n'était pas accoutumé , devint injuste ; il accusa Duguesclin d'avoir trahi sa confiance. Bertrand, indigné de celte supposition , renvoya sur-le-champ l'épée de connétable. La nation entière jeta un cri d'eirroi ; elle regarda comme un malheur public la retraite du capitaine breton , et néanmoins personne n'osa parler en faveur du vainqueur de Cocherel. Le duc de Bourbon arriva quelques jours après ; il ne craignit pas d'élever la voix pour rappeler au monarque les services que Duguesclin avait rendus à l'Etat , et le défendit avec chaleur contre des inculpations calomnieuses. Charles V avait trop de grandeur d ame pour ne pas reconnaître l'odieux de ses procédés ; il mit encore plus de hâte à réparer ses torts qu'il n'avait mis de précipitation à s'en rendre coupable. D'après ses ordres , le duc d'Anjou et le duc de Bourbon se rendirent à Pontorson auprès de Bertrand , afin de l'engager à reprendre son office : un roi ne pouvait pas faire davantage envers un sujet. Duguesclin répondit sèchement au duc d'Anjou qu'il était décidé à chercher un asile en Castille , dont le souverain n'avait pas encore oublié les services que son bras lui avait rendus; mais lorsque le héros eut à répondre aux pressantes sollicitations de Louis de Clermont , son élève , son frèie d'armes , il prit le ton de l'amitié la plus tendre ; <f J'ai été en votre compagnie , lui dit-il , en tous les grands faits du royaume, et vous et moi avons deschassé le duc de Bretagne de son pays ; il est mal à croire que je me fusse rallié à lui ; et quant à ce que vous me requérez d(* demeurer , vous êtes le seul du royaume qui plus nravoit fait plaisir , et (|uc \o. croiiois plus volontiers. Je vous supplie que ranioui' fjnn vous av(*z toujours
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eu pour moi vous ne l'oubliiez point , car où que je sois je vous servirai de corps et de chevance. » (Oronville.)
Les prières des deux princes ne purent vaincre la résolution de Duguesclin ; il persista à ne pas vouloir reprendre Vépée de connétable : le duc d'Anjou et Louis de Glermont revinrent à Paris , désespérés de leur peu de succès. Le dernier , en abordant Charles V , lui dit : (( Monseigneur , vous faites aujourd'hui une des grandes pertes que vous fissiez depuis long-temps , car vous perdez le plus vaillant chevalier et le plus prud'homme que je cuidasse oncques. »
Cependant l'échec que Charles V avait éprouvé en Bretagne , et la retraite de Duguesclin , encouragèrent le conseil de Richard II à tenter un dernier effort pour regagner l'ascendant que l'Angleterre avait perdu depuis dix ans. Une nouvelle armée se forma sur les côtes de Portsmouth , et fut bientôt après transportée à Calais : on devait favoriser le principal mouvement d'attaque au moyen d'une diversion c^érée soit par le midi , soit par le centre du royaume. Un fort détachement sortit de .Bordeaux, perça parle Limousin, et pénétra jusque dans le cœur des domaines de Louis de Clermont. Ayant pris sur son passage quelques places assez importantes , ce corps de troupes établit une ligne d'opérations daY>s l'Auvergne et le Gévaudan , en relevant les fortifications .des châteaux jadis occupés par le prince Noir, et que Charles V avait fait démanteler depuis peu.
La nouvelle de Tapparition de l'ennemi dans le centre
:dè la France inquiéta beaucoup le roi , surtout au mo-
:ment oii l'Angleterre annonçait l'intention d'envahir les
.provinces du nord et de pousser jusqu'à la capitale ,
comme Kenolles et Lancastre y étaient dé}à parvenus.
Charles V envoya sur-le champ Louis de Clermont pour
contenir les Anglais, et empêcher la jonction projetée
i8a Lauis de cleruomt.
par les deux corps d^armée de Richard II. On ne put lui donner aucunes troupes 9 car il importait de ne point dégarnir la ligne de défense qui couvrait Paris ; on abandonna à son habileté le soin de réunir les forces nécessaires pour résister à cette agression. Tout autre e&t reculé devant uiie semblable mission ; mais rien ne pouvait rebuter Louis de Clermont quand il s'agissait du salut de l'Etat Ce prince quitta Paris, accompagné seulement de 5o chevali»^ ; le bruit de son arrivée se répandit aussitôt dans le Bourbonnais , et y releva le courage abattu des habitants. Beauvoir , Larocbe^ur- Allier , venaient de tomber au pouvoir des Anglais , qui remportaient chaque jour quelque nouvel avantage. Louis de Clermont sut à Tinstant même arrêta leurs progrès : tous les hommes capables de porter les armes accoururent se rallier sous sa bannière. Il commença par balayer les deux rives de l'Allier , afin de rendis libre la navigation de cette rivière. Les Anglais se virent obl%és d'abandonner le plat pays , et de se renfermer dans les boulevards dont ils s'étaient rendus maîtres. Satisfait d'avoir mis les habitants des campagnes à l'abri des ravages que les bandes commettaient impitoyablement avant son arrivée, il chargea les sires de Châteaumorand et de Montaigu de bloquer l'ennemi dans ses retraites , et se rendit de sa personne en Auvergne afin de se concerter avec la noblesse de cette contrée , dans le but d'expulser entièrement les Anglais des provinces centrales.
Le prince s'établit à Clermont-Ferrand , y donna des tournois et des fêtes brillantes auxquelles on accourut en foule. Il espérait qu'en fournissant aux noUes du pays les occasions de déployer leur adresse dans des jeux , images de la guen-e , ce serait un moyen plus certain d'enflammer leur courage , de piquer leur zèle
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pour la défense de la patine. Les femmes secondèrent merveilleusement ses projets : on sait qa'elles exerçaient beaucoup d'ascendant sur les guerriers de cette époque. Une châtelaine du voisinage de Clermont-Ferrand voulut prouver aux autres dames réunies dans cette ville qu'elle savait inspirer une véritable ardeur à l'esclave de ses pensées : Froissard appelle ce chevalier Bonn0 fanée (c'était vraisemblablement un surnom), vaiUant homme d'armes , dit-il , bel et gracieux ; sa dame lui dit qu'Ole verrait volontiers un Anglais : a Si je puis être assez heureux pour en prendre un y s'écria le poursuivant , je vous l'amènerai. » II sortit en effet pour faire une chevauchée vers les quartiers occupés par l'ennemi ; il rencontra quelques écuyers de Buckingham , les combattit , et en fit six prisonniers ; le preux les ramena à Montferrand, au grand contentement des dames et damoiselles qui vinrent le visita : a Vous avez demandé à voir un Anglais , dit Benne lanee k celle qu'il avait en ^ee ; en voici plusieurs, je vous les lerrai en cette ville tant qu'ils auront trouvé qui leur rançon paiera. »
Malgré tout son zèle et s<>n activité , Louis de C termont, disposant de fort peu de troupes, se trouvait hors d'état de contenir les AnglMs' ,• qui recevaient chaque jour quelque nouvelle division, lorsqu'on apprit que Duguesclin marchait à son secours. Ce grand homme , ôédant à la voix de l'intérêt public , avait oublie ses injures personnelles; le désir de défendi*e le duc de Bourbon , son ami , ne foi pas la moindre considération qui l'engagea à repi^endre l'épee de connétaUe. Bertrand partit de Paris vers la fin de 1^79, et arriva en Guienne ; il s'y trouva arrêté par l'inondation des rivières , qui l'empêcha de mettre à exécution le vaste plan formé de concert avec le roi. Ce
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général quitta le midi , traversa le Limousin , la Marche, et parvint jusqu'aux limites des domaines de Louis de Clermont , qui venait d'envoyer les sires de Glarins , de Leborgne , de Damas , de Yaulse , pour le recevoir ; lui-même s'avança jusqu'à Montluçon au-devant du héros , et le conduisit à Moulins , où ses principaux vassaux avaient l'ordre de se trouver réunis. Afin de donner à Duguesclin un témoignage manifeste de sa haute estime , il fit ôter sa bannière de la tour seigneuriale 9 et y mit à sa place celle de Bertrand , distinction qu'on n'accordait qu'aux rois seuls. Dans un des festins offerts par la chevalerie pour célébrer l'arrivée du connétable , le duc fit présent à son hôte illustre d'une coupe d'or appelée alors hanap , en le priant de s'en servir le reste de sa vie; il passa ensuite à son cou le collier de l'Espérance. Duguesclin jura de ne rien négliger pour contribuer à soutenir l'honneur de cet ordre» Après un mois passé chez son ami en fêtes et en tournois , Bertrand voulut aller visiter les provinces voisines dans lesquelles les Anglais possédaient quelques places ; il se rendit au Puy en Yelay , pour déposer une armure complète dans la célèbre église de Notre-Dame. Ce fut là qu'il reçut une députation des habitants du Gévaudan , qui le supplièrent de venir les délivrer du voisinage des Anglais établis à Châ^ teauneuf-'Bandon , d'oïl ils faisaient des excursions qui tenaient les habitants dans un effroi perpétuel. On sait comment Duguesclin termina , devant les remparts de cette ville, sa glorieuse carrière (i). Louis de Clermont , resté en Auvergne pour presser la levée des troupes , apprit avec une douleur amère le trépas du connétable ; rien ne pouvait adoucir ses regrets. Châ-
(i) Voyez la Vie de Duguesclin.
teaumorand , La Fayette , Glaiins , chevaliers de 1 hôtel du duc , avaient accompagné Bertrand dans le Velay ; ils s'acquittèrent du soin d'embaumer le corps du héros, et le transportèrent à Moulins , oii le duc lui fit faire un service magnifique dans l'église cathédrale : ces mêmes officiers accompagnèrent le convoi jusqu'à Saint-Denis.
La mort de Bertrand ne fut pas le seul malheur que Louis de Clermont eut à déplorer : Charles V ne survécut que de quelques mois au connétable , léguant à son beau-frère le soin de l'éducation de ses fils , et celui de les défendre contre l'ambition des trois princes que leur naissance appelait à la régence.
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