JEAN LE HEINGRB DB BOUCICAUT
tion* Le .restant de Tannée 1414 ^t les premiers mois de 141 5 se passèrent en pourparlers , dans lesquels on ne (itpreuve de franchise ni d'un côté ni de l'autre. La trêve fut continuée jusqu'au 2 août 141 5. Nonobstant ces prolongations successives, Henri Y poussait avec activité ses préparatifs , et agissait enfin comme si les hostilités allaient commencer. U réunit à Westminster, le i^' mai 141 5 9 tous les hauts barons qui se trouvaient à Londres , leur fit part de ses desseins , et les supplia de l'aider dans la campagne qu'il allait entreprendre pour regagner san bien. Telle fut son expression , car il se disait roi de France de droit , et voulait le devenir de fait : chimère qu'Edouard s'était créée, et que les monarques anglais ont eu le ridicule de poursuivre jusqu'à nos jours. Enfin , dans un parlement tenu à Leicester le 3i mai, la guerre contre la France fut décidée (i). La chambre des communes, que présidait Thomas Chaucer , fils du fameux poète (2), vota la moitié des subsides demandés, en expliquant que c'était pour la défense du royaume et la sûreté des mers (3); elle ne parla point de la guerre provoquée par Henri , la regardant comme injuste. Les supplications du roi ne purent obtenir des subsides plus abondants : on sait que la chambre basse avait commencé à prendre beaucoup d'ascendant sous le règne d^Henri lY , qui , pour faire pardonner son illégitimité , se vit obligé de sacri^ fier une partie des droits de la couronne. Il est à remarquer que les Anglais arrachèrent successivement à des usurpateurs leurs plus chères libertés , aussi tiennent-elles de la licence. En France , ce furent les
(1) Rymer, Recueil, t. ix , p. io3.
(a) Chaucer fut le premier poète qui écrivit en anglais.
(3) Rôles du parlement , vol. iv.