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s'avança enfin, pleura sur les crimes des Espagnds qui avaient abusé de l'hospitalité de ses Sujets pour opprimer les naturels, qui avaient enleVé leurs iEUles et leurs femmes, réduit leurs hôtes en servitude et suscité enfin la vengeance de sa tribu. Après avoir immolé un grand nombre d'Indiens et brûlé leurs cases, ils avaient été immolés eux-mêmes. Le fort incendié, recouvrant leurs ossements, était le premier monument du contact entre ces deux familles humaines, dont l'une emportait à l'autre la servitude et la dévastation . Colomb pleura sur les crimes de ses compagnons et sur les malheurs du cacique. Il résolut d'aller chercher une autre plage de débarquement et d'établissement sur les côtes de l'île*
Parmi les jeunes Indiennes captives des îles voisines, prisonnières à bord, la plus belle d'enire elles, Catalina, avait charmé les yeux d'un cacique qui avait visité le vaisseau de Colomb. Un complot d'évasion avait été tramé entre ce cacique et l'objet de son amour dans ce langage des signes que les Eun^ens ne comprenaient pas. La nuit où Colomb déploya ses voiles, Catalina et ses compagnes, trompant la vigilance de leurs tyrans, se précipitèrent dans la mer; poursuivies en vain par les canots des Européens, elles nagèrent vers le rivage où le jeune cacique avait allumé un feu pour les guider. Les deux amants, réunis par ce prodige d'audace et de force, se réfugièrent dans les forêts à l'abri de la colère des Buropéens,
CRRISTOPHE COLOMB. 351
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Colomb, abordant de son^eou sur une plage Tierge à quelque distance, y fonda la ville d'Isabelle, étabKt des rapports d'amitié ayecles naturels, bâtit, cultiva, gouverna la première colonie d'Européens, mère de tant d'autres ; envoya des détachements armés visiter les plaines et les montagnes d'Hispaniola, caressa d'abord, attira ensuite, assujettit enfin, par des lois douces et sages, les différentes peuplades de ces vastes contrées; construisit des forts, traça des routes vers les différentes parties de son empire, chercha l'or, moins abondant qu'il ne s'y attendait, dans ces régions toujours confondues par lui avec les Indes , et n'y trouva que les richesses inépuisables d'un sol prodigue et un peuple aussi facile à asservir qu'à tyranniser. Il renvoya la plus grande partie de se&r vaissealix en Espagne pour demander à son souverain de nouveaux envois d'hommes, d'animaux, d'outils, de plantes et de graines nécessaires à l'immensité des territoires qu'il afflait conquérir aux mœurs, à la religion, aux arts de l'Europe. Mais les mécontents, les ambitieux et les jaloux s'embarquèrent les premiers sur sa flotte, afin d^aller semer contre lui les murmures, les accusations et \ei8t calomnies. 11 resta seul, affligé de ht goutte, souffrant des douleurs cruelles, condamné à l'inaction du c(H*pB pendant le travail incessant di^
son esprit, assiégé, dans sa colonie naissante, par les rivalités, les séditions, les complots, les débordements honteux et les disettes de ses équipages.
Toujours indulgent et magnanime, Colomb, triomphant, par sa seule force morale, des turbulences de ses compatriotes et des révoltes de ses lieutenants, se borna à reléguer les insubordonnés abord des vaisseaux dans la rade. Rétabli de sa longue maladie , il parcourut Tîle à la tête d'une colonne d'hommes d'élite, cherchant en vain les mines d'or de Salomon, mais étudiant la nature et les mœurs de rîle, et semant partout, sur son passage, le respect et l'amour de son nom.