I. B. Cellini , Dell’ orijiceria délia scullura
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cueillir, qui pourront plus tard devenir la base du travail de l’esprit, et le point d’appui d’un lumineux système. Mais il faut que ces notions soient devenues bien vulgaires, pour qu’elles puissent conserver leur influence , lors meme qu’on n’y songera pas expressément, et pour quelles puissent ainsi constituer un solide terrain, sur lequel seulement l’opinion trouve sa sanction et son autorité. Quant à présent, que de choses n’aurions - nous pas à contester, et dans le cours de cet ouvrage, que de choses ne contesterons-nous pas? En présence des œuvres de Michel- Ange, si savantes et si simples, accorderons-nous qu’il doit être déclaré responsable des errements grossiers et de l’affectation fantasque de la décadence ? Prendrons-nous cet homme si sublime et si inspiré pour un des apôtres de ce honteux matérialisme qui dégrade nos arts ? C’est cependant là la part que n’ont pas craint de lui faire et ceux qui l’admirent, et ceux qui le déchirent. Béni soit Michel- Ange! Maudit soit Michel- Ange! répètent-ils tour à tour, au gré des systèmes contradictoires , et dans l’anarchie intellectuelle où ils se trouvent et se complaisent. Béni soit Michel- Ange ! disent les uns, pour avoir repoussé le moyenâge, pour avoir tordu et brisé, dans son athlétique effort, le frein qu’il imposait à l’indépendance de l’homme, et pour avoir ouvert l’arène du progrès. Maudit soit Michel-Ange! disent les autres, parce qu’il a renié son origine, parce qu’il a déchiré la robe chaste de la muse chrétienne , parce qu’il en a tourmenté et sali les flancs sous ses dé-
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bauches païennes , parce qu’il a ouvert la barrière à toutes les prévarications , à tous les blasphèmes , à toutes les brutalités d’un art dissolu. — Nous reviendrons en plus d’un endroit au milieu de ces disputes; nous en affronterons le feu^ l’histoire en main , et si nous ne nous trompons pasj si nous ne désespérons pas qu’une meilleure théorie de l’art, une plus savante interprétation des œuvres , puissent un jour s’établir, beaucoup d’autres avec nous, et mieux instruits que nous, y reviendront. Michel- Ange a le temps d’attendre la fin de tous ces débats. Comme le Moïse , la tranquille et pensive figure de Michel - Ange se tient dans le temps.
La sérénité de son front dépose de sa conscience dans l’œuvre qu’il a faite de ses mains; les rides qui le sillonnent attestent l’attention qu’elle lui a coûtée ; ses membres robustes racontent les efforts quelle lui a demandés : et si la mélancolie de son regard, l’ironie de ses lèvres, nous le montrent souffrant et offensé de voir depuis si long-temps son œuvre livrée encore aux discussions des hommes , son attitude impassible garantit son invincible patience.
Nous ne clorons pas cette note, et nous ne quitterons pas le divin Michel- Ange, sans un adieu digne de l’art et digne de lui. Les esprits les plus faibles, les consciences les plus débiles , doivent tenir à exprimer ce qui peut seulement les mettre en communication avec ces souveraines puissances, qui honorent et sanctionnent l’humanité. Si la voie des grands hommes est trop rude pour y engager nos pieds vacillants , nous devons au moins incliner nos
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fronts quand nous en regardons l’entrée. Quoique leurs préceptes soient trop lourds pour nous, nous devons les conserver en honneur. Quoique nous en suivions d’autres à notre taille , nous ne devons pas donner le scandale de vouloir les leur opposer. Jeunes gens et artistes, voués comme tous à toutes les hérésies et à tous les schismes, à toutes les distractions et à toutes les insouciances , à toutes les lenteurs et à toutes les précipitations , à toutes les jactances et à toutes les faiblesses qui déshonorent et appauvrissent notre art et nos ateliers , nous devons rappeler ici , en notre nom , et au nom de tous , les maximes d’une époque meilleure , et dont nous ne sommes que les enfants dégénérés.
Qui a rendu Michel- Ange si grand? le génie et la méthode. Michel-Ange avait reçu de la nature le plus beau , le plus fort génie , Florence lui donna la plus ferme , la plus sûre méthode. Ce qui appartenait à Florence était offert à tous ses enfants , seulement les plus violents en ravissaient davantage. Ce qui rendait les Florentins si distincts ailleurs, c’est qu’ils étaient pareils chez eux ; comme des coureurs lancés tous sur une meme ligne, ceux qui arrivaient le plus loin étaient couronnés , mais personne n’avait son chemin à ouvrir, rien ne l’encombrait; perspective immense, et que leurs yeux pouvaient à peine sonder au point du départ, mais dans laquelle ils avaient foi , dans laquelle ils savaient n’avoir aucun détour à faire , aucun moment à perdre. Ces hommes , qui n’avaient qu’une pensée et qu’une forme, étaient tous originaux
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et indépendants, parce que cette pensée et cette forme étaient propres à chacun ; Fuiiité de Florence les embrassait sans les comprimer ; la variété de leur caractère élargissait Funité de Florence, mais sans la briser ni la détendre. Florence leur donnait toutes ses ressources, mais ils conservaient pour Florence toutes leurs forces. Riches ensemble et fiers de leurs biens et de leurs amours , ils s’enrichissaient encore et s’enorgueillissaient de leur mépris pour les biens et les amours étrangers. Avec cette constitution rigide, sous cette majesté fatale qu’on ne voit pas sans trouble au front des choses condamnées à l’éternelle immobilité, Florence avait au sein ce qui devait la faire mouvoir, et, sous cette écrasante cuirasse, jamais sang impétueux n’a circulé plus à l’aise; jamais cœur ardent n’a battu avec plus de liberté. Quand l’avide, quand la jalouse Florence se constitua ainsi , et entoura ses reins de cette rude ceinture, pour quels combats se préparait-elle donc? quel génie lui avait révélé ses futures conquêtes? qui le dira ? Ce qu’on sait seulement , c’est que, dès le treizième siècle, un Florentin de pur sang comme Michel- Ange , vivant triste et seul comme lui , grave et exalté comme lui, rêveur et actif comme lui, le Dante, s’était déjà trouvé dans ce nid d’aigles. De Dante à Michel-Ange , comptez-les tous ces glorieux enfants de ^Florence, qui, entre ces deux frères si grands , paraissent encore grands , et quand vous aurez recensé cette troupe triomphale , croyez , si vous voulez, que Florence Fa due seulement aux Iiasards des générations. Quant à nous , comme bien
d’autres, nous croyons fermement que les mâles principes de Florence, et que sa discipline austère, ont pu seuls monter cette élite à la hauteur où nous la voyons. Depuis le treizième siècle, depuis le Giotto et le Dante jusqu’à Michel- Ange et Machiavel, Florence , assise dans son orgueil, avide de combats, mais ne supposant pas l’idée d’une défaite , ne criaitelle pas à tous les siens de s’exercer avec prudence afin de produire avec audace? Aujourd’hui, nous faisons le contraire. Notre jeunesse , à peine armée, s’élance, et bientôt tristement rentre au camp. Sans avoir traversé les fatigues de l’étude, sans avoir essuyé les transes d’un doute fortifiant, elle s’élance, et bientôt elle plie sous les efforts de la lutte et recule devant le danger. Aujourd’hui on voit des hommes languir dans une enfance prolongée ; autrefois on voyait des enfants agir dans une virilité précoce ; car, ne nous trompons pas , ce qui donne l’expérience , ce n’est pas le temps , c’est le travail ; ce qui donne la science ce n’est pas le temps , c’est la méditation, La méditation et le travail; qui connaît cela maintenant? qui connaît ce repos sans fond où l’homme s’engouffre pour être seul, seul dans sa pensée? qui connaît ce mouvement sans borne où l’homme se rue pour être seul dans son action? Nous travaillons, nous réfléchissons à demi , et nos résultats y perdent plus de moitié. Notre idée se complique de l’idée des autres; notre expression reflète l’expression des autres, parce que nous n’osons pas nous faire assez d’espace et de silence autour de nous. Si encore nous avions une idée
commune, une forme pareille, nous pourrions croire à l’avantage d’écouter ce que disent les échos, et d’accepter ce que les reflets envoient. La volonté nous manque. La méditation , pour nous , n’a pas de conseils , et le travail pour nous n’a pas d’entraînement. L’école de Florence se retrempait sans cesse à cette double source ; Michel -Ange, cet homme volontaire, fécondait sans cesse à ce foyer de toute action forte , de toute inspiration grande , les deux puissances de son esprit , les deux désirs de son ambition , les deux éléments de sa gloire : le sangfroid et l’enthousiasme , la science et l’imagination , la grandeur et la durée.
NOTES
(l) Aseanio Condivi a publié la vie de Michel-Ange sous le titre suivant: Vita di Michelagnolo Buonarroli, raccolta per Aseanio Condivi dalla Ripa Transone. In Roma, appresso Antonio Blado, stampatore caméra le, MDLIIL alliXVIdi Luglio. C’est un petit in-quarto de cinquante pages, compris l’épître dédicatoire et la préface. Anton Francesco Gori fît réimprimer cet ouvrage à Florence, en 1746, par Gaetano Albizini, avec des notes de Girolamo Ticcîati , sculpteur et architecte florentin , de Pierre Mariette , de Domenico Mannî , du sénateur Buonarroti et de lui-même. Malgré ces additions, cette vie est toujours restée incomplète. Condivi, l’ayant publiée onze ans avant la mort de Michel-Ange , ne va pas plus loin que le Jugement dernier, et passe sous silence tous les travaux de l’église de Saint-Pierre. Vasari mit au jour pour la première fois la vie de Michel-Ange en 1550; mais quatre ans après la mort de Michel-Ange, c’est-à-dire en 1568, il donna sa seconde
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édition , où il ne manqua pas de compléter son récit. Il serait inutile de critiquer ici le livre de Condivi ; dans le courant de nos notes, nous relèverons quelquefois les erreurs dans lesquelles il est tombé ; quelquefois aussi nous lui ferons de petits emprunts pour réparer ce que Vasari a pu omettre.
(2) Michel-Ange naquît au château de Caprese, dans le Casentino, et non à Chiusi, comme le prétendent quelques auteurs.
(3) La mère de Michel-Ange se nommait Francesca , et était fille de Neri di Miniato del Sera et de Maria Ronda Ruccellai. Vasari n’ose affirmer que Ludovico Buonarroti-Simoni fût issu des comtes de Canossa. Condivi nous transmet les détails suivants sur la noblesse et le changement de nom de la famille de son maître : « Michel- Ange tirait son origine des comtes de Canossa, famille du «territoire de Reggio, noble et illustre par son propre mérite et « par son alliance avec le sang impérial ; car Béatrice , sœur de « Henri II , épousa le comte Bonifazio di Canossa, alors seigneur de « Mantoue, et de ce mariage naquit la comtesse Matilda, dame d’une « prudence et d’une piété rares , qui , après la mort de son mari , « posséda Mantoue, Lucques, Parme , Reggio, et cette partie de la «Toscane que l’on appelle aujourd’hui le patrimoine de Saint- « Pierre. Un descendant de cette famille, Messer Simonî, vint à «Florence en 1250 pour exercer l’office de podestat; il mérita par « sa vertu d’être fait citoyen de cette ville et gouverneur de l’un des « six quartiers. -—Le nom de Buonarroti avait toujours été joint à « celui de Canossa , mais restait pour ainsi dire en ligne secondaire. « Plusieurs des Buonarroti ayant occupé de hauts emplois dans la « magistrature de la république , leur nom passa insensiblement à « toute la famille ; car il est d’usage à Florence, dans les assemblées « pour les élections des magistrats , de réunir les noms du père , de « l’aïeul et du bisaïeul , et quelquefois des ancêtres encore plus éloî- « gnés. Ainsi , du nomade Buonarroti continué et du nom de Simonî « qui fut le premier de cette famille à Florence, la maison de Ca- « nossa prit le nom de Buonarroti-Simoni. »
Buonarroti , frère du grand Michel-Ange, fut membre de la magistrature de Florence en 1515. Léon X lui permit de porter dans ses armoiries la boule de l’écu des Médicis avec trois lys d’or, et lui accorda le titre et les privilèges de comte palatin.
(4) Gori , éditeur de Condivi , prétend avoir vu plusieurs croquis
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faits par Michel-Ange sur les murailles de la maison de ville et de la maison de campagne des Buonarroti. Il ajoute que l’on remarque déjà dans ces essais le génie qui devait enfanter tant de chefs-d’œuvre.
(5) Ce traité , où l’on voit le maître payer un salaire à l’écolier, ferait croire que Michel-Ange était déjà habile lorsqu’il entra chez le Ghirlandaio.
(6) Martino, dit Mariette, se nommait Martin Schoen, et avait pour chiffre M4>S. D’un autre côté, Vasari, au commencement de la vie de Marc-Antoine , fait mention d’un peintre d’Anvers nommé Martino, auteur de nombreuses gravures marquées M. G., chiffre qu’employa Martin de Clef, et que le père Orlandi explique par Martinus Clevensis Augustanus. Vasari attribue positivement à Martin d’Anvers la gravure du saint Antoine ; mais cet artiste se servait du chiffre Mj/S , et non de celui que cite Vasari. Peut-être est-ce une erreur typographique des Giunti ? 11 est possible que la marque M. C. doive s’interpréter par Martinus Calenbachius , d’après ce que dit Joachim Sandrart dans son Academia picturœ, imprimée à Nuremberg en 1683, in-fol., lib. III, part, ii, cap. 2 , num. 11 : «Martinus Schœnius qui Calenbachii in iucem editus, « Colmarii deinde larem fixit. » Sandrart assure que ce Martin fut l’auteur de la gravure du saint Antoine copiée par Michel-Ange.
(7) Ces deux chaires se voient dans l’église de San-Lorenzo , à Florence. Chacune d’elles est portée par quatre colonnes de marbre, et ornée de beaux bas-reliefs en bronze de Donato.
(8) Voyez la vie de Torrigiano.
(9) On peut voir une gravure de cette tête de faune à la vignette qui suit l’épître dédicatoire de la vie de Michel-Ange par Condivî ( édition de Florence , 1 746 ).
(10) Condivi semble contredire ce qu’avance ici Vasari. « Loft dovico , écrit-il , s’emporta contre le Granacci , qui venait lui « demander Michel- Ange au nom de Laurent, jusqu’à l’accuser de « débaucher son fils, et protesta que jamais il ne souffrirait qu’on ft en fît un tailleur de pierres. » Cependant les deux auteurs finissent par être d’accord, car Condivi ajoute ; «Dès que Lodovico fut en « présence de Laurent, il témoigna la plus grande soumission, et lui « offrit même sa famille , son bien et sa vie. «
ÎV.
(11) Laurent mourut le 7 avril 1492, à l’âge de quarante-quatre ans. D’Argenville , dans son Abrégé de la vie des peintres, t. I, p. 77, le nomme à tort le grand-duc Laurent de Médicis.
(12) Laurent voulut savoir quelles étaient les occupations de Lodovico. « Je n’ai jamais, dit-il , exercé aucun art; j’ai toujours « vécu de mes faibles revenus , cultivant et augmentant par ma « diligence le peu de biens que m’ont laissé mes ancêtres. » Il se contenta de demander un emploi à la douane : « Vous ne serez «jamais ricbe , lui dit Laurent; je me serais attendu à une plus «haute prétention de votre part : l’emploi vous est donné en atten- « dant mieux. »
(13) Vasari voit dans ce bas-relief le combat d’Hercule avec les Centaures ; d’autres y trouvent l’enlèvement de Déjanire. Il paraît plus probable que ce fut simplement une composition improvisée figure par figure, au gré soit de l’espace donné, soit de la fantaisie de l’artiste. Parmi quinze ou vingt figures , on n’aperçoit qu’une seule croupe de cheval ; tout le reste offre une mêlée de jeunes gens qui semblent lancer des pierres.
(14) Ce bas-relief resta quelque temps dans une maison de la Strada Ghibellina, habitée par Michel-Ange. Il fut donné par Lionardo Buonarroti à Cosme comme le dit Vasari, puis redonné par Cosme II à Michel-Ange le jeune, qui fit construire une magnifique galerie ornée de tableaux des meilleurs auteurs.
(15) Voyez la vie de Torrigiano.
(16) Condivi prétend que cette statue d’Hercule était en bronze; il s’accorde avec Vasari pour dire qu’elle fut envoyée en France. Qu’est-elle devenue ?
(17) Voici ce que nous lisons dans Condivi sur Pierre de Médicis : « Ce prince n’était pas insensible au mérite de Michel-Ange ; « il se glorifiait d’avoir chez lui deux hommes rares , Michel-Ange « et un valet espagnol qui à une merveilleuse beauté de corps joi- « gnait une telle agilité, qu’un cheval lancé à toute bride ne pouvait « le devancer d’un doigt. » Trois ans après la mort de Laurent , en 1494, Pierre fut chassé de Florence par une révolution populaire.
(18) Ce crucifix, dit le Borghini dans son Riposo, page 418, orne maintenant la sacristie de la chapelle des Barbadorî.
(19) Condivi assure que Michel-Ange partit de Florence , parce qu'un improvisateur nommé Cardiere lui raconta que deux fois Laurent lui était apparu en habits sales et déchirés , et lui avait ordonné de dire à son fils Pierre qu’il serait bientôt chassé avec toute sa maison. Cardiere, n’ayant pas tenu compte de la première sommation que lui avait faite le fantôme, reçut à la seconde un rude soufflet en punition de sa désobéissance. Il prit pour confident Michel-Ange , qui , effrayé de cette vision , s’éloigna aussitôt de Florence, après avoir engagé Cardiere à confier son aventure à Pierre de Médicis; mais celui-ci se moqua du songe de l’improvisateur. Condivi rapporte ce fait en affirmant qu’il le tient de Michel-Ange lui-même.
(20) Selon Condivi , le gentilhomme envoyé par le cardinal San- Giorgo aurait prié Michel-Ange de lui montrer quelques-uns de ses ouvrages. Michel- Ange, n’ayant rien à lui faire voir, prit une plume et dessina cette main célèbre gravée plusieurs fois et connue de tout le monde.
(21) Il s’est établi sur cette statue des versions différentes, mais les meilleurs auteurs ont adopté celle de Vasari. Il est à croire que le Cupidon de Michel-Ange est celui que possède actuellement le cabinet des antiquités de Venise.
(22) Que dirait Vasari s’il vivait de nos jours ?
(23) Titi, dans ses Pitîure di Roma, dit que le saint François a été peint par Giovanni de’ Vecchi. Titi se trompe évidemment. Giovanni de’ Vecchi n’était pas né lorsque Michel-Ange demeurait chez le cardinal San-Giorgio. -'-Voyez Baglioni , vie de Giovanni de’ Vecchi.
(24) On peut voir la gravure du Bacchus dans la RaccoUa di statue anliche e moderne de Domenico de’ Rossi, Rome, 1704, planche XLVI, et dans le Museo fiorentino , tom. III. — Selon Richardson, tom. 111, page 79, Michel-Ange avait vingt-quatre ans lorsqu’il fit cette statue.
(25) On ne sait au juste quel est ce cardinal. Les uns veulent que ce soit Guillaume Brissonnet; d’autres Jean de la Groslaye de Villiers, abbé de Saint-Denis. Ciacconio, parmi les cardinaux créés par Alexandre VI , cite ce Jean de la Groslaye , et dit à son sujet :
« Romæ agens curavit fabricari a Michaele-Angelo Bonarrota ,
« adhuc adolescente, excellentissimam iconem marmoream D. Ma- « riæ , et filii mortui inter brachia materna jacentis , quam posuit * in capella regia Franciæ, in D. Pétri ad Vaticanum templo. »
(26) Dans la vie de Girolamo daCarpi, Vasarî parle de Gobbo, au^ trement dit Cristofano Solari , auteur de l’Adam et Ève de la cathédrale de Milan , et de divers ouvrages qui ornent la Chartreuse de Pavie. ^ ^
(27) Nanni di Baccio Bigio fit une copie, en marbre, de ce groupe qui fut placée dans une chapelle de l’église de Santa-Maria-dell’- Anima. Une autre copie, en bronze, se trouvait à Sant’-Andreadella-Yalle, dans la chapelle de la famille Strozzi; une troisième copie , en marbre , de la grandeur de l’original , destinée à la chapelle del Riccio de l’église de Santo-Spirito , à Florence , fut exécutée par Gio. Cecco Bigio. — Ce groupe a été gravé sur cuivre, mais probablement d’après un croquis de Michel-Ange ; car il existe de notables différences entre la figure du Christ , en marbre , et la gravure au bas de laquelle on lit : Antonius Salamanca , quod potuit, imitatus exsculpsit.
(28) On est d’abord étonné en voyant que Soderînî voulait donner ce marbre à Léonard de Vinci , qui était plutôt peintre que sculpteur. Il était homme cependant à tirer de ce bloc quelque chefd’œuvre , comme le prouvent les trois statues de la porte septentrionale de San-Giovanni , qu’il modela lui-même. — Voyez la vie de Léonard de Vinci.
(29) Une épaule du David est restée inachevée, le marbre étant venu à manquer.
(30) Le David, placé l’an 1504 sur la place de’ Signorî , avait été commencé par Michel-Ange, le 13 septem^bre 1501.
(31) LeMarforio a été gravé dans le Museo CapitoUno, tome II, planche L
(32) Mariette possédait un croquis à la plume de Michel- Ange, représentant David le pied posé sur la tête de Goliath. Ce dessin se trouve gravé dans la HaccoUa de Domenico de’ Rossi. Au bas du dessin original on lit : Davicte cholla fromba, e io choll’arco, Michael-Agnio, etc.; et derrière, au milieu de divers croquis, les deux vers suivants :
MICHEL-ANGE BUONARROTL
Al dolce mormorar d’nn fiumicello
Ch’ aduggia di verd’ ombra un chiaro fonte.
(33) Condivi dit que Michel-Ange fit une statue , en bronze , grande comme nature, mais il n’indique pas le sujet.
(34) Divers bas-reliefs, du genre de celui que décrit Vasari , ont été attribués à Michel-Ange. Comme il ne reste que de vagues et stériles notions sur ces ouvrages, nous garderons un silence prudent.
(35) Mariette prétend qu’à la place de Moscherîni , on doit lire Fuccheri. — Les Fuccheri, riches amateurs, sont souvent nommés par Vasari.
(36) Ce tableau fut placé dans la galerie Médicis , dans la salle connue sous le nom de la Tribuna.
(37) Voyez la vie de Léonard de Vinci.
(38) Alonzo Beruguetta, ou plutôt Alonso Berruguete, peintre, sculpteur et architecte, naquit à Paredes de Nava, vers l’an 1480. Après la mort de Pedro Berruguete , son père et son premier maître, peintre de Philippe P-"., il alla en Italie, où il copia, en 1503, le carton de la guerre de Pise. En 1504 , il suivit Michel-Ange à Rome et l’aida dans ses travaux du Vatican. Bramante le chargea de faire, en cire, une copie duLaocoon que l’on voulait couler en bronze; il revint ensuite à Florence, où il travailla à un tableau de maîtreautel que Filippo Lippi avait laissé inachevé. L’an 1520, il partit pour l’Espagne : à Saragosse , il exécuta le mausolée du vice-chancelier d’Aragon, don Antonio Augustin, que l’on voit dans l’église de Santa-Engracia. Bientôt il fut nommé peintre et sculpteur de la chambre du roi , et se vit recherché par tous les grands du royaume. Don Alonso deFonseca, archevêque de Tolède, don Diego Ramirez de Villaescusa, lui confièrent des travaux importants. Selon don Pedro Salazar de Mendoza, Alonso mourut en 1561 , et en 1545 selon don Antonio Palomino Veîasco.
(39) Voyez la vie de Baccio Bandinelli.
(40) Pendant long-temps on ne connut , de ce célèbre carton , que les fragments gravés par Marc- Antoine, sur les deux planches dont on désigne les sujets sous le nom des Grimpeurs. Depuis peu d’an-
xMICHEL-ANGE BUONARROTL
nées (en 1808) il a paru, à Londres, la gravure d’un ensemble des figures de cet admirable morceau , au nombre de vingt personnages. Ce ne peut être que l’exacte et complète répétition , tout au moins , du principal de la composition. Si l’on cherche, sur le dessin qui a servi de modèle au graveur Scliiavonetti , à évaluer la mesure du carton , en longueur et en hauteur, d’après la dimension présumable de six pieds de proportion dans les figures, l’original aura dû avoir au moins , de dix-huit à vingt pieds de long, sur douze en hauteur. On peut, d’après cela, présumer que le dessin, d’après lequel la gravure a été faite à Londres, comprend la totalité du carton original , sauf, peut-être, quelques additions de fonds ou de lointain. La gravure dont nous parlons , malgré les mots de Michel- Angelo pinxît , ne saurait être cependant d’aucune autorité, puisque le dessin original du carton ne fut jamais exécuté en peinture. La planche n’est et n’a pu être qu’une répétition d’un petit dessin précieusement fait d’après le carton original. Tant d’artistes le dessinèrent, en tout ou en partie, que plus d’une copie, en petit , de son ensemble, a dû se conserver, et l’on sait que Londres possède une grande quantité de dessins précieux en tout genre. Q. Q.
(41) Il y a ici une erreur de date ; Michel- Ange ne put se rendre à Rome que dans le courant de l’année 1504, car, au commencement de cette année , il assistait, à Florence, au transport de son David sur la place de’ Signori.
(42) Cette description diffère^un peu de celle du Condivi.
(43) Condivi ne fait pas mention des statues de saint Paul , de la Vie active et de la Vie contemplative.
(44) Ruberto Strozzi donna ces deux statues au connétable de Montmorenci. Elles furent d’abord placées dans le château d’Écouen, d’où on les transporta en Poitou chez le cardinal de Pdchelieu. Elles y restèrent long-temps inconnues, jusqu’à ce que, de nouvelles circonstances les ayant amenées à Paris, elles prirent place dans une des salles du Louvre , où on les voit aujourd’hui.
(45) Le groupe de la Victoire est encore à Florence.
(46) La statue de Moïse se trouve gravée dans la RaccoUa de Domenico de’ Rossi, planche CLIV. lien existe aussi une gravure, sur cuivre , au bas de laquelle on lit le nom de Nicolas Van-Aelst, mais on reconnaît le burin de Beatricetto.
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(47) On trouve un de ces trois brefs , dans le tome IIÏ des Lettere pitioriche , n» CXGV •
(48) Le gonfalonîer Soderini détermina Michel-Ange à se rendre aux vœux du souverain pontife ; « Le roi de France, lui-même , lui « dit-il , n’aurait peut-être pas osé se comporter avec Sa Sainteté a comme tu l’as fait ; elle ne doit pas être réduite à descendre jus- « qu’à la prière , et nous-mêmes , nous ne devons pas , pour l’amour « de toi , exposer l’État à une guerre , ni compromettre sa sûreté. « Retourne donc à Rome, et si tu conçois quelques craintes pour « ta liberté , nous te donnerons le titre d’ambassadeur, qui te mettra « à l’abri du courroux du pape. »
(49) Voici comment Vasari raconte ce fait dans sa première édition : « Rispose il Francia , che era un bellissimo getto ; intese Mi- « chel-Agnolo , che e’ lodasse più il bronzo , che l’artilicio , perché « sdegnato e con collera gli rispose : va al bordello tu e’I Cossa, che « siete due solennissimi goffî nell’arte. Talchè il povero Francia si « tenne vituperatissimo in presenza di quelli clieerano quivi.» Nous n’osons point traduire ces paroles qui blesseraient avec raison quelques oreilles.
(50) Dans sa première édition, Vasari rapporte encore ce fait différemment : « Ceux qui gouvernaient la ville de Bologne allèrent « voir cette statue , et dirent à Michel- Ange qu’elle était dans une « attitude si menaçante , qu’on ne savait si elle leur donnait la « malédiction ou la bénédiction. L’artiste leur répondit en riant : «Quant à la malédiction, c’est une chose déjà faite. Les Bolonais « se fâchèrent ; mais le pape , comprenant le bon mot, donna trois « cents écus à Buonarroti. »
(51) Condivi , § XXV, dit que Bramante était jaloux des faveurs que le pape accordait à Michel-Ange , et qu’il craignait, en l’ayant pour juge de ses ouvrages, qu’il ne découvrît les fautes dont il s’était rendu coupable.
(52) Condivi , § LXI , dit que la vente de ces cordages suffit pour doter deux filles du charpentier.
(53) Les peintures que Sixte IV fit exécuter existent, encore à l’exception de quelques-unes qui furent jetées à terre du temps de Paul III , pour peindre le Jugement dernier. Vasari veut peut-être
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parler de plusieurs figures qui pouvaient être entre les fenêtres. Toute la partie inférieure de la chapelle Sixtine , jusqu’à la corniche, d’où part le travail de Michel-Ange, est décorée par des pentes de draperies peintes , au-dessus desquelles règne une suite de peintures faites par les maîtres de l’école précédente , tels que Luca Signorelli , Pietro Perugino , Sandro Botticelli , Cosimo Rosselli , Domenico Ghirlandaio.
(54) Voyez la vie de Raphaël d’Urbin et la note 18 de la même vie.
(55) Varchi, dans son oraison funèbre, s’exprime ainsi : « Michel- « Ange était si vigilant et si soigneux en toutes choses, qu’il faisait « lui-même ses trépans, ses limes, ses gradines, ses dents-de-chien, « ses pointes, et en un mot tous les instruments de fer propres à « la sculpture. Pour la peinture , il imprimait ses toiles , fabriquait « ses outils , et broyait ses couleurs , ne voulant pas se fier à ses « ouvriers. »
(56) novembre 1512.
(57) Voyez la description de ces peintures par Taja, Descrîzione del palazzo Vaticano, page 33 et suiv.
(58) Il existe une gravure sur bois de ce sujet, au bas de laquelle on lit : « Hieronymo de Grandi pinxit, Gaspar Ruina fecit.»
(59) Les figures d’Adam et Ève ont été admirablement gravées par Marc-Antoine.
(60) Jérémie a été gravé en grand sur cuivre dans la manière de Niccolo Beatricetto.
(61) On croit que cette Judith a été gravée par Marc-Antoine. Elle manque cependant dans le catalogue des œuvres de Marc-Antoine, publié par Malvasia.
(62) Une grande partie de ces peintures, gravée et dédiée à Maltia di Merve, seigneur de Clootvyck, par Giorgio Mantovano, fut publiée en 1540 par Nicolas Van-Aelst. Cherubino Alberti de Borgo-San-Sepolcro en grava aussi une partie , qui fut dédiée en 1628 par ses héritiers au vieux cardinal Francesco Barberini. Niccolô Beatricetto grava en grand quelques prophètes, et entre autres le Jérémie. Adamo de Mantoue grava en plus petit tous les termes
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qui ornent la chapelle , ainsi que les figures placées des deux côtés des fenêtres. En 1772, Domenico Cunego et Antonio Capellan gravèrent toute la chapelle en diverses parties. Cunego a aussi gravé à Rome, en 1780, au trait et à l’eau-forte, la voûte en une seule grande feuille ; les angles en forment une seconde , et la troisième représente le Jugement dernier.
(63) Le cardinal Santiquattro était Lorenzo Pucci, neveu du cardinal Antonio Pucci, grand-pénitentier, et proche parent de Léon X. Le cardinal Aginense était Leonardo Grossi délia Rovere, fils d’une sœur de Sixte IV.
(64) Jules II mourut le 21 février 1513. Léon X lui succéda le 15 mars suivant.
(65) Ces fenêtres se trouvent gravées dans l’œuvre de Ferdinando Ruggieri, tome I, planche XVI. — On peut voir, page 19 des Bellezze di Firenze, de Francesco Bocchi, la description du palais Médicis, connu aujourd’hui sous le nom de palais Ricardi.
(66) Clément VII fut élu pape le 19 novembre 1523. Michel-Ange avait alors quarante-neuf ans. Le sac de Rome eut lieu en 1527.
(67) Voyez la lettre d’Annibaî Caro dans le tome II des Lettere pittoriche, n® XCI.
(68) Voyez l’ouvrage de Ferdinando Ruggieri intitulé : Studio di porte e finestre, tome II, planche VIII.
(69) Giuseppe Ignazio Rossi , dans sa Libreria Meàicea Laurenziana, imprimée à Florence en 1739, donne les plans et les élévations de la bibliothèque de San-Lorenzo. Cet édifice fut achevé par Cosme pf, et rendu public en 1571, comme l’annonce l’inscription placée au-dessus de la porte de l’escalier :
BIBLIOTHECAM HANC COS. MED. TVSCORVM 3IAGNVS DVX 1.
PERFÎCIENDAM CVRAVIT AN. DNI, MDLXXI. III. ID. IVN.
(70) Taddeo Landini , jeune sculpteur florentin , fit de ce Christ
une copie d’une telle beauté, que l’on croit voir l’original. (Bocchi, Bellezze di Firenze. )
Aldovrandi parle d’une répétition du Christ par Michel-Ange luimême. On lit page 247 de ses Statue di Roma, etc. : « Dans une « petite cour ou petit jardin , on voit un Christ nu avec sa croix, « qui resta inachevé à cause d’une veine que l’on découvrit dans le « marbre à l’endroit de la tête. Cet ouvrage est de Michel-Ange, qui « en fît présent à Messer Metello. »
La réputation de ce Christ était grande du temps de Michel- Ange, et elle s’étendit hors de l’Italie, comme nous le prouve une lettre de François F’’, dont nous allons rapporter le texte :
« Sieur Michel-Angelo,
« Pour ce que j’ai grand désir d’avoir quelques besongnes de votre « ouvrage , j’ai donné charge à l’abbé de Saint-Martin de Troyes « ( Francesco Primaticcio ) , présent porteur que j’envoye par-delà, « d’en recouvrer, vous priant, si vous avez quelques choses excel- « lentes faites à son arrivée , les lui vouloir bailler, en les vous bien « payant , ainsi que je lui ai donné charge , et davantage vouloir « être content pour l’amour de moi qu’il molle le Christ de la Mi- « nerve et la Notre-Dame de la Febre , afîn que j’en puisse aorner « l’une de mes chapelles , comme de choses qu’on m’assure être des « plus exquises et excellentes en votre art.
« Priant Dieu, sieur Michel-Angelo, qu’il vous ait en sa garde.
« Escrit à Saint-Germain-en-Laye, le 6iii jour de février mil cinq « cent et quarante-six.
« Signé : FRANÇOIS.
« Signé : Laubepine. »
(71) Varchi, dans le VHP livre de son Histoire, page 194, dit positivement que jusqu’alors le gouvernement des Dix avait employé à ces travaux divers ingénieurs et architectes sans placer à leur tête un directeur en chef, mais qu’il fut résolu de choisir Michel- Ange avec le titre de governatore e procuratore generale sopra le fortificüzioni e ripari délia città per un anno.
(72) On lit dans Condivi : « Quand Michel-Ange fut sur le point « de partir, le duc lui dit en plaisantant : « Michel-Ange , vous êtes «mon prisonnier; si vous voulez avoir votre liberté, il faut que « vous me promettiez quelque ouvrage de votre main, ce que vous
MiCHEL-ANGE BUONARROTL 299
« voudrez , en sculpture ou en peinture. » Michel-Ange le lui pro- « mit , etc. »
(73) Gori, dans une note du § XLV du Condivi, dit qu’il possède un modèle de cette Vierge en terre cuite et dorée, que l’on attribue à Michel-Ange.
(74) L’auteur de ce quatrain est Giovainbattista Strozzi. Voyez Notizie degli uomini üliistri deW Accademta jlbrentina, p. 112.
(75) On trouve, livre X, p. 293, de l’histoire de Varchi , la cause du départ de Michel-Ange ; « En revenant à Florence en 1529 , « Michel-Ange passa à Rome, où Gio. Battista Busini lui demanda « quelle raison l’avait engagé à se retirer à Venise. Il répondit que «Alesser Mario Orsino, son intime ami, lui ayant dit qu’il crai- « gnait une trahison de la part de Malatesta Bagiioni , il avait, en « homme loyal et zélé pour le salut de sa patrie , averti le gonfa- « lonier Carduccio , qui méprisa ses paroles , et l’accusa de timi- « dité; qu’alors ses craintes et les sollicitations de Rinaldo Gorsini, «qui voulait partir avec lui, le déterminèrent à sortir de Flo- « rence , etc. » L’avis de Michel-Ange était si bien fondé , que peu de temps après Malatesta trahit honteusement la république, et il en coûta la vie au gonfalonier Carduccio.
(76) Varchi donne pour compagnons de voyage à Michel-Ange Antonio Mini et Rinaldo Corsini, et non l’orfévre Piloto; il ajoute qu’ils emportèrent douze mille florins d’or cousus dans leurs pourpoints.
(77) Dans l’ouvrage intitulé U Foresîiero iUuminalo , on lit que le Rialto fut commencé en 1588, c’est-à-dire vingt-quatre ans après la mort de Michel-Ange , et qu’il fut achevé en 1591 sous le dogat de Pascal Cicogna. — Francesco Sansovino, fils du célèbre sculpteur Jacopo, dans la Descrizione di Venezia, dit que le Rialto fut construit d’après les dessins de Scamozzi.
(78) On prétend que Michel-Ange resta caché dans le campanile de San-Niccolo-oltre-Arno, et cette opinion est aussi celle du sénateur Filippo Buonarroti, qui avait recueilli tous les renseignements relatifs à sa famille.
(79) Dargenville et de Piles assurent que la Léda fut brûlée par l’ordre du ministre d’état Desnoyers. Mariette, de son côté, affirme
m MICHEL-ANGE BÜONARROTL
que ce tableau fut seulement gâté et non brûlé, et qu’en 1740 il le vit reparaître en très-mauvais état , à la vérité. On prétend encore qu’il fut restauré par un peintre médiocre, et envoyé en Angleterre.
(80) Le carton de la Léda, après avoir long-temps appartenu à la famille Vecchietti, passa entre les mains d’im amateur anglais nommé Lock.
(81) Voyez la vie de Benvenuto Cellinî, écrite par lui-même.
(82) Varchi, livre VI, page 154 de son Histoire, attribue la colère de Clément VII contre Michel- Ange à une calomnie qui se répandit à Florence, mais dont la fausseté fut bientôt reconnue. On accusait Michel- Ange d’avoir conseillé de raser le palais des Médicis , et de faire une place que l’on nommerait place des Mulets , en haine des nombreux bâtards de la famille Médicis.
(83) Tribolo , étant tombé malade , n’exécuta point les statues dont il avait été chargé.
(84) On ne trouve plus aujourd’hui aucune trace des stucs dont parle ici Vasarî.
(85) Voici comment Condivi rapporte ces faits : « Michel-Ange, « appelé à Rome par le pape Clément , vit renaître toutes les persé- « cutions des agents du duc d’Urbin. Sa Sainteté, qui désirait se « servir de lui à Florence, tâcha par tous les moyens possibles de le « soustraire à son obligation , et lui donna pour procureur Messer « Tommaso de Prato... Les agents du duc ne purent donner aucune « preuve du paiement des seize mille écus ; il manquait même plus « des deux tiers au paiement stipulé dans l’accord avec les deux « cardinaux. Alors Clément, jugeant que c’était une belle occasion «de rompre tous les engagements de Michel- Ange, le fit venir et « lui dit : « Maintenant dis que tu veux achever ce mausolée , mais « que tu veux savoir qui te paiera le reste de ce qui t’est dû. » Mi- « chef Ange répondit : « Et s’il se trouve quelqu’un pour me payer » « Tu es bien fou, lui répliqua Clément ; tu es bien fou, si tu crois « que désormais ils t’offriront un quadrin. » En effet, Messer Tom- « maso ayant fait cette proposition aux agents du duc, il restèrent « fort embarrassés , et finirent par demander que du moins il y eût « un tombeau pour l’argent qui avait été donné. Michel- Ange, voyant « l’affaire en bon train, y consentit volontiers, etc... «
(86) Clément VII mourut le 26 septembre 1534, et, le 13 octobre suivant , Paul III lui succéda. Michel-Ange avait alors cinquanteneuf ans.
(87) On en voit la gravure dans l’ouvrage de Ciacconîo, tome IV, page 250.
(88) Michel-Ange a suivi la fiction du Dante qui, dans le V* chant de l’Enfer, s’exprime ainsi :
Stavvi Minos orribilmente e ringbia :
Esaraina le colpe nelP entrata ;
Giudica e manda seconde cb’ arvingbia.
Dico cbe quando l’anima mal nata Li vien dinanzi , tutta si confessa ;
E quel conoscitor delle peccata
Vede quai luogo d’inferno è da essa :
Cingesi con la coda tante volte ,
Quanlunque gradi vuol cbe giù sia messa.
(89) Le pape demanda à Messer Biagio dans quel endroit du Jugement dernier Michel-Ange l’avait placé. Biagio lui répondit que c’était dans l’enfer. « Si c’eût été dans le purgatoire, lui dit le pape, « on pourrait trouver quelque remède ; mais dans l’enfer nulla « est redemptîo, »
(90) Baccio Rontîni fut célèbre dans son temps. Paolo Mini le cite avec éloge, page 76 de son Trattato del vino (Traité sur le vin). Rontini disait à ses malades que, s’ils buvaient de mauvais vin , ils avaient besoin du confesseur, et non du médecin. Il est aussi parlé de lui dans les Nolizie delV Âccademia fiorentina, dans les Lettere de Niccolô Martelli, et dans les poésies de Fabio Segni , de Matteo Franzesi et du Bronzino.
(91) Richardson, tome I, page 93, de son ouvrage, prétend posséder le carton original du Caron. — Gori, dans ses notes de Condivî, assure que le dessin original du Jugement dernier se conserve dans la galerie de Médicis. Le roi de Naples , selon Baglioni , en possède une esquisse terminée, qui fut, dit-on, coloriée sous les yeux de Michel-Ange par Marcello Venustî, de Mantoue. Cette esquisse se voyait au palais Farnèse. Voici ce qu’en dit le Scan-
302 MICHEL-ANGE BUONARROTl.
nelli dans son Microcosmo , liv. I, chap. 10, page 72 ; «Rîtroverà « ( il curioso ) nel palazzo de’ Farnesi in Roma il Giudizio del me- « desimo Michelagnolo in piccolo , il quale veramente nelle parti « spettanti alla grazia, decoro e delicatezza appare più compito. »
(92) Le Jugement dernier a été gravé sur cuivre par M. G. (Matteo Grenier d’Argentina), Léonard Gaultier, Giulio Bonasone, du Perac, Gio. Battista de’ Cavalieri, Martino Rota Sebenicen, etc.
(93) Il existe une gravure de la Conversion de saint Paul , mais on n’y trouve que le nom d’ Antonio Salamanca, marchand d’estampes. Vasari dit quelque part que les deux sujets de la chapelle Pauline ont été gravés par Gio. Battista de’ Cavalieri.
(94) Ce sujet a été gravé sur cuivre par Gio. Battista Cavalieri Lagherino. Les deux tableaux de la Conversion de saint Paul et du Crucifiement de saint Pierre sont malheureusement fort endommagés. On doit d’autant plus regretter ces ouvrages, que ce sont les derniers de Michel-Ange. Il les fit à l’âge de soixante-quinze ans, comme le dit Varchi, page 21 de son Orazione.
(95) Ce portail est encore inachevé aujourd’hui.
(96) Ce groupe resta long-temps dans le dépôt des marbres de la nouvelle chapelle de San-Lorenzo, et fut ensuite transporté derrière le maître-autel de la cathédrale de Florence. On lit au-dessous cette inscription, composée par le sénateur Buonarroti :
POSTEEMVM MICHAELIS ANGELI BONABBOTÆ OPVS
QVAMVIS AB ABTIFICE OB VICIVM MABMOBIS NEGLECTVM EXIMIVM TAMEN ABTIS CANONA COSMVS III MAGN. DVX ETBVBIÆ BOMÆ J AM ADVECTVM HIC P. I. ANNO CIDIDCCXÏI
Ce groupe a été gravé par Cherubino Albert! .
(97) Le modèle de San-Gallo fut exécuté par Labacco, et s’est conservé jusqu’à nos jours.
(98) Les travaux que fit Michel-Ange à Saint-Pierre de Rome et ailleurs sont détaillés dans les DiaJoghi sopra le ire belle arti^ pages 21, 37, 38, 40, 42, 44 et suiv.
(99) Ce Moiu proprio a été imprimé dans l’ouvrage du P. Bonanni, intitulé Templum Yaticanum»
(100) Alessandro Ruffini, gentilhomme romain, fut camérier et maître-d’hôtel de Paul ÏII. Pier Giovanni Aliotti était alors grand-maître de la garde-robe du pape , et fut ensuite évêque de Forli.
(101) Ces escaliers sont dans l’épaisseur du mur principal de l’église.
(102) Les voûtes des tribunes sont en travertin et divisées en compartiments remplis de bas-reliefs de stuc que l’on couvrit de dorures qui produisent un mauvais effet.
(103) Au lieu de la statue de Jupiter, on mit une statue de porphyre assise et représentant Piome triomphante.
(104) Les statues équestres qui se trouvent dans les différentes villes d’Italie, telles que Plaisance, Florence, Ferrare et Rome, sont toutes sur des piédestaux fort peu élevés. Cette méthode nous paraît d’autant plus raisonnable , que la figure n’étant point vue en dessous, la ressemblance n’est pas altérée par les raccourcis.
(105) Le Capitole fut achevé par Jacopo dalla Porta et Vignola.
(106) Les connaisseurs regardent l’entablement du palais Strozzi à Rome comme supérieur à celui de Michel-Ange.
(107) Ce groupe colossal est mal expliqué par Vasari. Il a été avéré que cette composition représente les enfants de Lycus, roi de Thèbes , Zithus et Amphion liant Dircé aux cornes d’un taureau sauvage. — Cet ouvrage est maintenant à Naples.
(108) C’est à cette époque que fut restauré l’Hercule Farnèse de Glycon d’Athènes.
(109) Vis-à-vis de ce tombeau, qui a été achevé depuis, on voit celui d’Urbain VIII , exécuté par le Bernin.
(110) îl est à regretter que Vasari n’ait pas mis au jour ce dialogue.
(111) Raphaël fît le portrait de Bindo Altoviti. Voyez la vie de Raphaël.
304 MICHEL-ANGE BÜONARROTI.
(112) L’évêque de Forli était Piergiovanni Aliotti.
(113) Le cardinal Salviati était neveu de Léon X et frère de Pie IV.
(114) Ce dessin est malheureusement perdu.
(115) Voyez à ce sujet le Dialogo sopra le tre arti, pages 36, 39 et suiv.
(116) Cette idée de MJchel-Ange se rapproche entièrement d’un passage d’Hérodote , livre V, chapitre 4, où il dit que , chez les Trauses , aussitôt qu’un enfant vient de naître , tous ses parents se rassemblent pour pleurer en pensant aux maux qu’il doit souffrir durant sa vie. Mais quand un homme est mort, ajoute Hérodote, ils l’enterrent en riant et avec joie, parce quïl est délivré des misères d’ici-bas, etc.
(117) Cet escalier se trouve gravé dans le Studio d'archUettura civile de Ferdinando Ruggieri et dans la Libreria Laurenziana de Giuseppe-Ignazio de’ Rossi, architecte florentin.
(118) Pie IV fît couvrir par Daniel de Volterre les parties qui lui semblaient trop nues ; Daniel fut alors surnommé , par les habitants de Rome , le culottier (Bracchettone).
(119) Vasari a déjà parlé de Salustio , fils du célèbre Baldassare Peruzzi. Voyez la vie de Baldassare.
(120) Monaldi met Carlo Lenzonî au nombre des jurisconsultes célèbres. L’ouvrage dont parle ici Vasari est intitulé : Difesa délia lingua fiorentina e di Dante con le rigole di far bella e numerosa la prosa. Lenzoni y prend la défense du Dante et de la langue florentine , contre quelques critiques de Bembo et de Bernardino Tomitano.
(121) On ignore ce qu’est devenu le groupe brisé.
(122) Voyez les Dialoghi, imprimés à Lucques , page 48.
(123) Francesco Lottino de Volterre est connu par ses Âvverti^’ menti civili, imprimés à Venise.
(124) Voyez les Dialoghi sopra le tre belle arti, page 96 et suiv.; la Descrizione del tempio Vaticano, par Carlo Fontana ; Templi Vatkani Historia, parle P. Bonanni;et hs Memorie istoriche
MICHEL-ANGE BUONARROÏI. 305
délia gran cupola^ etc.; Padova, 1748, par le marquis Giovanni Poleni.
(125) II doit y avoir erreur dans cette mesure du tailloir, qui ne serait pas bien proportionnée avec celle du chapiteau ; nous croyons qu’il faut lire : le chapiteau corinthien est de six palmes d’élévation, et de six palmes et demie , y compris le tailloir.
(126) Ces balustres n’ont jamais existé.
(127) Jean-Jacques Médicis , châtelain de Musse , puis marquis de Marignan, naquit en 1497, et mourut à Milan, en 1555, âgé de 58 ans. Son frère fut élevé à la papauté , sous le nom de Pie IV , en 1559.
(128) Vasaria oublié de reparler de ce tombeau.
(129) Parmi les portraits de Michel- Ange, on distingue celui que peignit Sebastiano del Piombo , et ceux que gravèrent Bonasone , George Mantouan , et Jules Romain,
(130) Ce dialogue a été imprimé sous ce titre : Uagionamenti del Sig. Cav. Giorgio Vasari,piUore e architetto Aretino sopra le inventioni di loro AUezze Serenissime , etc. Firenze, 1588, in-d*^.
(131) Voyez les Dialoghi delle îre arti, page 44.
(132) On voit maintenant dans la galerie de Florence ce buste de Brutus, au bas duquel on lit :
Dum Brati effigiem scalptor e marmore ducit ,
In mentem sceleris venit , et abstinuit.
En revanche, un Anglais, le comte de Sandwich, composa l’inscription suivante :
Brutum effecisset scalptor, sed mente recursat Tant! viri virtus , sistit et abstinuit.
(133) On croit que ce modèle a été brûlé.
(134) Le cardinal Santa-Fiore est le cardinal Guîdo Ascanio Sforza, camerlingue de la sainte Église. Voici ce que dit de lui Ciacconio , tome III , page 566 : « S. Mariæ Majoris l)asilicæ archi-