LE CHEVAL
On enleva ensuite, sur la place de San-Pulinari, un magnifique cheval haut de neuf brasses, qui se dressait entièrement sur ses jambes de derrière. Il était monté par un jeune et vaillant guerrier qui, après avoir frappé à mort de sa lance, dont les tronçons gisaient à terre, un monstre énorme, avait saisi son épée et semblait regarder où en était son ennemi. C'était une allusion à cette vertu herculéenne qui, comme Dante l'a si bien dit, rend à la ville la paix et la tranquillité en pourchassant et en précipitant dans l'enfer la mère des discordes, des injures, des rapines et des injustices que Ton appelle communément le Vice ou la Fraude , et que Ton représente sous la forme d'une jeune femme dont le corps est terminé par une queue de scorpion. La même idée n'était pas moins habilement exprimée, par la devise dont était orné le piédestal où l'on voyait sur un autel, au milieu d'un temple ouvert et soutenu par des colonnes, l'Ibis égyptien qui, avec ses griffes et son bec, déchirait quelques serpents entrelacés autour de ses pieds. Cette figure était accompagnée des mots suivants : Prœmia digna.