DE VANNES
de douceur et de piété. Le siège de Marseille n'était pas encore rétabli lora de sou retour en Provenee* et eette ville célèbre était alors sous sa juridietion ; M. de Bausset y passait trois ou quatre mois chaque année pour futilité de cette partie de son diocèse* Il en agit ainsi jusqu'en 1823 que Marseille eut un évêque. Ses aumônes étaient trèsabondantes, et dans moins de six mois il donna plus de vingt mille francs aux pauvres. Il affectionnait surtout l'œuvre dite de la Miséricorde. Le titre de pair de France, qu'il avait reçu, l'amena chaque hiver à Paris les dernières années de sa vie, pour la session des Chambres. D'un tempérament naturellement très-faible et d'une santé délicate, M. de Bausset était parvenu à sa soixante-douzième année, et venait d'assister de la manière la plus édifiante à sa retraite pastorale, donnée en octobre 1828, lorsqu'il tomba malade. Il se montra dans cette occasion rempli de foi et de courage, ordonna avec un grand sang-froid les apprêts de sa sépulture, et adressa les plus tendres adieux à son clergé dans l'allocution qu'il prononça le 19 janvier* jour où il reçut les derniers sacrements. Il vécut encore dix jours, au bout desquels il rendit son âme à son Créateur le 29 janvier 1828. On a une oraison funèbre de M. de Bausset par M. Ginoux, curé de son diocèse, et imprimée àAixen!828.
Henri-Marie-Claude DE BRUC fut, en 1847, nommé par Louis XYIIÎ à l'évêché de Vannes, lors de la translation de M. de Bausset à Aix. 11 appartenait à une famille noble et ancienne de la Bretagne qui avait déjà donné d'autres évêques aux églises de la province. Né à Valet, diocèse de Nantes, le 19 juillet 1751, il était ficaire général de M. de La Laurencie, lorsque la révolution arriva. Il passa alors en Espagne, et n'en revint qu'à l'époque du concordat M. Duvoisin le nomma, en 1802, ciiré de Guérande. Il avait depuis quelques années reçu de nouveau le titre de Vicaire général de Nantes, lorsqu'il fut promu à l'épiscopai en 4817. Le concordat passé la même année entre le pape Pie VII et Louis XVIII n'ayant pas été mis à exécution, M. de Bruc attendit longtemps ses bulles. Enfin son sacre
eut lieu dans la chapelle des Carmélites de la rue de Vaugirard à Paris, en même temps que celui de MM. d'Andigne, évéque de Nantes, et de La Romagère, évêque de Saint-Brieuc, le 17 octobre 1819. Quoique déjà Agé de soixante-huit ans, lorsqu'il reçut la consécration épiscopale, il ne s'en livra pas avec moins de zèle au soin de son diocèse. Ses infirmités ne l'arrêtaient pas dans ses travaux. H passa ainsi plusieurs années à Vannes, tout occupé du bien spirituel de son troupeau. En 1826, il entreprit encore, malgré son âge avancé, ses visites épiscopales. Il administrait le 14 juin la confirmation à Pontivy, ville située à douze lieues de Vannes, lorsqu'il fut atteint de douleurs si vives, qu'elles le forcèrent à se retirer. Il venait de confirmer plus de huit cents fidèles, et témoignait son chagrin de ne pouvoir satisfaire la piété de tous. On le conduisit au presbytère, où il fut obligé de se mettre au lit le lendemain de cet accident ; il s'informa du nombre des personnes qui n'avaient pas été confirmées, et comme on lui dit qu'il en restait cinquante, il ordonna qu'on les fit venir et leur administra le sacrement. Le 16, il demanda à retourner à Vannes, où il arriva le 17 au soir. Le lendemain de son retour, comme on s'aperçut que le mal augmentait, le supérieur du séminaire, qui était vicaire général, accompagné de tout le clergé, lui apporta le saint viatique que le mourant reçut avec de grands sentiments de piété. 11 conserva jusqu'au dernier moment l'usage de ses facultés intellectuelles, et rendit son Ame à Dieu le 18 juin 1826, à l'âge de soixante-quinze ans, laissant de vifs regrets dans tout son clergé et parmi les fidèles.
Simon G ARNIER, né à Langres en 1761 , fut le successeur de M. de Bruc. Il fit ses études à Paris, au séminaire des Trente-Trois, et remplit pendant quelque temps les fonctions de catéchiste à l'église paroissiale de Saint-Jacquesdu-Haut-Pas. Lorsqu'il eut été promu au sacerdoce, M. de La Luzerne, évéque de Langres, qui l'avait protégé et aidé pendant le cours de ses études, le choisit pour secrétaire. Il l'emmena avec lui, quand il fut obligé de sortir de France au commencement de la révolution, et ils habité-
rent assez longtemps en Autriche. Vers Tannée 1798, M. Garnier, qui avait toujours montré une tendre piété, se joignit à une colonie de Trappistes, chassés par les Français de la Val-Sainte en Suisse, où ils s'étaient réfugiés à leur sortie de l'abbaye de la Trappe en 1792, et qui traversaient l'Allemagne pour se rendre en Russie. II resta plus d'un an parmi eux, et s'y distingua par sa ferveur et son attrait pour les austérités; mais la délicatesse de son tempérament ne lui permit pas de faire profession. En quittant les Trappistes, il s'attacha à un évéque polonais, et rentra en France en 1802. M. Mannay, alors évéque de Trêves, le nomma chanoine et le choisit ensuite pour son vicaire général. M. Garnier était son commensal, et l'accompagnait dans ses voyages. Il suivit depuis ce prélat à Rennes, et devint premier vicaire général du diocèse. Sa piété aimable, la douceur de ses mœurs, son zèle pour le bien, son talent pour la prédication, lui gagnèrent tous les cœurs; aussi le demanda-t-on pour évéque de Rennes à la mort de M. Mannay; mais il était destiné à un antre siège, et le roi Charles X le nomma à l'évéché de Vannes, le 28 juin 1826. Il fut sacré à Paris, dans l'église de Saint-Gerraain-des-Prés, le 12 novembre 4826, par M. Le Pappe de Trevern, alors évéque d'Aire et aujourd'hui de Strasbourg, assisté de MM. Dubourg, évéque de Montauban, et de La Châtre, évéque d'Iméria inpartibus. Il ne tarda pas à se rendre dans son diocèse, où il publia à son arrivée une lettre pastorale, qui exprimait bien les pieux sentiments dont il était animé. Tout . annonçait en lui un pasteur selon le cœur de Dieu ; mais il semble que le Seigneur ne voulut que le montrer à son peuple. Il n'y avait pas cinq mois que M. Garnier était arrivé à Vannes, lorsqu'il éprouva une maladie grave, dont il se remit un peu ; il eut ensuite une rechute, qui le réduisit bientôt à un état désespéré. Les fidèles qui, ainsi que le clergé, prirent un vif intérêt à sa santé, cherchèrent à fléchir le ciel en sa faveur et firent des prières ferventes pour obtenir sa conservation. On entreprit même à cette intention des pèlerinages à Saint-Anne d'Auray ; mais Dieu, voulant sans doute récompenser ses vertus, l'appela
à lui le 8 mai 1827. On trouva après sa mort divers jnstruments de pénitence qui furent la preuve de la rigueur avec laquelle il traitait son corps.
Mgr.Charles-Jean DE LA MOTTE DE BROONS ET DE VAUYERT remplit aujourd'hui le siège de Vannes. Il est né au château de Launoy, dans le diocèse de Rennes, le 43 août 4782. Après'avoir suivi pendant quelque temps le parti des armes, il entra dans l'état ecclésiastique, et il était chanoine de Rennes, lorsqu'il fut promu à leptscopat. Mgr. de Quelen, archevêque de Paris, assisté de MM. Brulley de La Brunière, évéque de Mende, et de Sagey , ancien évêque de Tulle, le sacra dans l'église des Carmélites de la rue de Vaugirard, le 28 octobre 4827. Exact observateur de 4a résidence, Mgr. de La Motte ne s'éloigne pas de son diocèse, et travaille sans relâche à la sanctification de son troupeau, qu'il édifie par ses vertus.
Cette ville est située au nord de la Bretagne, à l'extrémité d'un golfe de l'Océan. Elle paraît avoir été la seconde ville des Ossismiens, que tous les anciens placent aux extrémités de l'Armorique. Les Romains y ont eu longtemps des légions en garnison, et il y a apparence que c'est de ces légions que le pays a pris son nom. En effet, Léon est un abrégé de légion, d'où est venu le nom de Legionenses que les anciens historiens donnent aux habitapts de Léon. Ces peuples ont eu pendant plusieurs siècles des comtes héréditaires, dont la puissance a souvent fait ombrage aux souverains de Bretague.Leur postérité s'est fondue, en 4550, dans la maison de Rohan. Depuis ce temps les évéques de Léon prirent le titre de comtes de Léon, comme seigneurs spirituels et temporels de la ville de Saint-Paul ;
* En latin, la ville se nomme Léo nia, en breton Castel Pool, Le diocèse de Léon, diœcesis Leonensis ; en breton, escopti Léon,
juridiction qu'ils tenaient sans doute de la libéralité des anciens comtes de Léon ou des ducs de Bretagne, qui avaient acquis cette seigneurie.
On ne sait pas au juste à quelle époque la foi fut prèchée dans ce pays; mais il parait que ça été antérieurement à l'arrivée de saint Paul; car il est certain que Withur, comte de Léon, qui le reçut à son arrivée dans le pays, était un seigneur pieux, et l'île de Baiz, dans laquelle il faisait sa résidence habituelle, était route chrétienne. Cependant on assure que les habitants de la côte étaient encore en partie livrés aux supersiitions païennes, et que ce fut saint Paul qui les convertit au christianisme.
Le diocèse de Léon était borné au nord et à l'ouest par la mer, à l'est par le diocèse de Tréguier, et au midi par celui de Quimper. Il renfermait cent huit paroisses et un assez grand nombre de trêves ; trois collégiales et deux abbayes d'hommes, le Relecq et Daoulas. Ce diocèse est supprimé depuis 1801, et son territoire a été en entier réuni à celui de Quimper. La ville de Saint-Paul n'avait qu'une seule paroisse, celte du Minihy. On trouvait dans cette ville un grand séminaire, un collège, deux couvents d'hommes, un de femmes et un hôpital. L'église cathédrale, bâtie dans le xve siècle, et l'une des plus vastes de la province, était dédiée à saint Paul Aurélien. On célébrait le second dimanche de juillet l'anniversaire de sa dédicace. Cette église est aujourd'hui paroissiale. Le chapitre était composé d'un grand chantre, et de trois archidiacres dont le premier portait le titre de Léon, le second celui d'Ack, et lë troisième de Kemilidili : c'étaient les dignités de ce chapitre, qui avait aussi quinze chanoines . et six vicaires. Le pape et 1 evêque nommaient alternati- - vement aux dignités et aux canonicats. Les revenus de 1 evêché de Léon étaient de quinze mille francs.
GRAND SEMINAIRE.
Cet établissement devait 'ses commencements à M. Le Néboux de La Brosse, évéque de Léon, et il était dirigé
par des prêtres de la congrégation de la Mission de Saint- Lazare. Il avait pour chapelle celle de Notre-Dame du Creisker dont le clocher est le pins élégant qui soit en France. Les bâtiments de ce séminaire subsistent encore et sont devenus la propriété des religieuses Ursulines qui les occupent.
COLLÉGIALES
La plus célèbre des collégiales du diocèse de Léon était celle de Notre-Dame du Folgoet, fondée en 1422. Son église, devenue paroissiale depuis 1802, est très-remarquable par la beauté de sa construction et les nombreux ornemenu dont elle est enrichie. Son chapitre était autrefois composé d'un doyen et de six chapelains; mais il fut supprimé sous Louis XIV, et l'on affecta les biens qui en dépendaient au séminaire de la Marine, établi à Brest et tenu par les Jésuites a.
Lesneven, petite ville du pays de Léon, avait une collégiale dont l'église était dédiée à sainte Anne, et probablement assez ancienne. Sept chanoines formaient le chapitre. Le duc Jean IV fit en 1448 rebâtir entièrement cette église, et l'ériger en collégiale.
Kersaint-Tremasan était une chapelle fondée par les seigneurs de Tremasan dans la paroisse de Plouzin et à peu de distance de leur château. Elle fut ensuite changée en collégiale. Il y avait un doyen et cinq chanoines. Les canonicats étaient à la présentation du duc de Gontault et à la collation de l'évêque de Léon.