‹ Vies des saints de BretagneChapitre 16 sur 130 · DIOCÈSE D'ALETH ET SAINT-MAAO · texte numérisé non relu

DIOCÈSE D'ALETH ET SAINT-MAAO

cun soupçon au roi de France, qui était sur le point de voir ïe roi d'Angleterre et le duc de Bretagne lui déclarer la guerre, le prélat prit le parti de se retirer à Angers, jusqu'au rétablissement de la paix. Lorsqu'elle se fit, Pierre de Laval retourna à son siège, et y sacra à Reims le roi Charles VIII en 1484. Ce fut en i486 qu'il eilt en commande 1 evêché de Saint -Malo. 11 possédait en même Cemps fes abbayes de Saint-Aubin et de Saint-Nicolas d'Angers et celle de Saint-Meen, et mourut à Angers le 14 août 1495. Son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Aubin devant le maltre-autel, avec une inscription1.

Guillaume BRIÇONNET", fils de Jean, trésorier de l'épargne, et de Jeanne Berthelot, épousa d'abord Raoulette de Beaune, dont il eut Jean Briçonnet II, président en la chambre des comptes de Paris; Guillaume, évêque de Meaux, et Denis, évêque de Lodève. Ayant perdu Son épouse, il embrassa l'état ecclésiastique, et fut pourvu d'un canonicat de Saint-Martin de Tour6. Le roi l'admit dans ses conseils, le créa chef et surintendant des finances, et lui donna les abbayes de Saint Germain-des-Prés, de Saint-Nicolas d'Angers et de Grandmont. Il fut d'abord nommé à l'évêché de Toulon, d'où il fut transféré à Saint- Malo le 10 octobre 1495. Le pape Alexandre VI le fit cardinal du titre de Sainte-Potentienne le 16 janvier 1495. feuillaume prit à cette occasion le titre de cardinal de Saint- Malo. Robert, archevêque de Reims, son frère, étant mort en (497, il fut désigné pour remplir cette place; mais il la quitta en 1507 pour prendre l'archevêché de Narbonne, que lui céda François de Germon t. Le roi et le pape ratifièrent cette cession par leurs lettres du 15 juillet et du

• Voici cette inscription :

Hic jacet R. in Christo pater et dominus D. Petrua, «Mus D. Gufdonîs Lavallensis, Dei gratiâ aichiepiscopus-dux Remeosis, prirous par Francis, sedis apostolicx légaux natus, epi*copatûsque Macloviensis, et presentis monasterii, nec non monasteriorum B. Nicolai propè muros hujus civitatis ac sancti Me venin de Gadelo, Macloviensis dictœ diœcesis commendatarius perpetuus, qui obiit 14 menais augusti, anno Domini 1493, cujus anima in pace requiescat.

« Gall. christ., t. 6, p. 110.

256 l'église de bretàgwe.

17 décembre 4507. Le cardinal ayant encouru la disgrâce du pape Jules II, pour avoir mal parlé de ce pontife au concile de Pise, fut dégradé de la pourpre le 24 octobre 1511, et privé de l'évêché de Tusculum, qu'il avait eu après celui d'Àlbe. Léon X, successeur de Jules, le rétablit dans sa dignité de cardinal, et lui donna l'évêché de Préneste le 7 avril 1513.11 céda, le 18 avril de la même année, l'évêché de Saint-Malo à Denis Briçonnet, son fils. Sa mort arriva le 14 décembre 1514, et il fut enterré dans son église de Narbonne. Ses contemporains le regardèrent comme un grand homme qui avait trouvé le secret d'allier très-bien le service de Dieu avec le service de son prince. On dit que ce fut lui qui composa le premier ces recueils de prières connus sous le nom de livres d'Heures.

Denis BRIÇONNET*, fils du précédent, fut reçu chanoine de Saint-Malo le 1er novembre 1502. Son père lui donna ensuite un archidiaconédans l'église de Reims, et lui en procura un second dans celle d'Avignon. Il succéda à son père dans le siège de Toulon, où il fit son entrée solennelle le 1er février 1512. En vertu d'une semblable démission, il fut pourvu de l'évêché de Saint-Malo le 18 août 1515, et de celui de Lodève en 1516. Le roi François Ier le nomma son ambassadeur à Rome, où il séjourna trois ans. Il fit admirer dans cette cour la pénétration de son esprit et sa vigilance sur les affaires de son maître. Le pape Léon X lui accorda la permission de faire l'office du bienheureux Jean de La Grille, quoiqu'il n'eût point été canonisé. Ce fut un scrupule de la part du prélat et de ses chanoines; car la bulle porte qu'on en faisait l'office depuis un temps immémorial. De retour en France, Denis se donna tout entier au gouvernement de son diocèse, pour lequel il fit imprimer en 1518 un rituel très-estimé. Enfin il demanda François Bohier pour son coadjuteur, et l'obtint en 1554 du roi et du pape* Assuré d'un bon successeur, il se retira dans son abbaye de Cormery en Touraine, où il passa le reste de ses jours dans toutes les pratiques de la plus austère pénitence. Il y mourut le 15 décembre 1535.

« Gall. christ., t. l,p. 6.

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François BOHIER* fut d'abord doyen de la cathédrale de Tours, et prévôt de Normandie dans i'égïjse de Chartres, abbé de Bernai, conseiller et aumônier ora\;naire du roi François Ier. Il obtint de ce monarque les provisions de la coadjutorerie de Saint-Malo le 31 décembre 4534-, prêta serment de fidélité le 3 janvier 1535, et fit enregistrer son brevet au conseil de Bretagne le 3 avril suivant. Il était frère de Gilles Bohier, évêque d'Agde, et d'Antoine Bohier, gouverneur de Touraine, tous enfants de Thomas Bohier, baron de Saint-Cirque, seigneur de Chenonceau, trésorier de l'épargne, etdeCatherineBriçonnet. François I'r l'envoya en Allemagne avec le titre d'ambassadeur. Il assista au colloque de Poissy en 1561, et mourut à Paris au mois de septembre 1569. C'est à ce prélat que Joachim Périon dédia ses traductions des Morales d'Aristote. Nous avons de lui une traduction de la conjecture du cardinal Cusa sur les derniers temps, qu'il publia en 1562.

Guillaume RUZÉ était frère de Martin, secrétaire d'Etat, tous deux petits-fils de Guillaume, conseiller au parlement, et de Catherine Briçonnet. Après avoir achevé ses études, il enseigna la rhétorique et la philosophie dans le collège de Navarre. Ses grands talents lui acquirent l'estime du roi Henri II, qui le choisit pour son conseiller. Il fut maintenu dans le même emploi sous les rois Charles IX et Henri III. Le premier de ces monarques le nomm£ à Tevêché de Saint-Malo en 1570, mais il ne fut point sacré. Deux ans après, il se démit en faveur de François Thomé, abbé de la Vieuxville et gentilhomme du diocèse de Vannes, en se réservant une pension de cinq mille livres. Le roi le nomma ensuite à l'évéché d'Angers, qu'il gouverna jusqu'à tsa mort, arrivée en 1587.

François THOMÉ, abbé de la Vieuxville, obtint ses bulles le 16 novembre 1573, prêta serment de fidélité au roi le 3 février 1574, et fut commis, en 1575, pour la ré formation de la coutume. Comme il jouissait d'un grand crédit, il assista aux états-généraux de Blois en 1577, comme

* Gai. christ., t. 6. Mém, de Ribier, p. 454.

Di

chargé d'y soutenir les droits de la province. Ce fut pendant son épiscopat, en 1582, que fut publiée en Bretagne la bulle de Grégoire XIII pour la ré formation du calendrier. Le jeûne desQuatre-Temps de l'avent se fitcette année dès les premiers jours de décembre, et Tannée, qui avait jusqu'alors commencé au mois de mars, commença de cette époque au 1er janvier, ainsi qu'elle est encore aujourd'hui. François Thomé, voyant la Bretagne très-agitée par les troubles de lu Ligue, se démit de son évêché en 1586. On dit qu'il s'en repentit ensuite, et qu'il continua à gouverner son diocèse comme vicaire général de M. de Bourgneuf. Il mourut à Baignon le 17 février 1591, et est enterré dans cette paroisse.

Charles DE BOURGNEUF, fils de René, seigneur de Cucé et président au parlement de Bretagne, fut pourvu, le 6 décembre 1586, sur la démission du précédent, et prit possession par procureur le 25 février 1587. U permuta avec Jean Du Bec, nommé à l'évêché de Nantes au mois de décembre 1596, et, après avoir dignement occupé ce dernier siège, il mourut à Chartres le 17 juillet 1617.

• Jean DU BEC, d'une famille noble de Normandie et neveu de Philippe Du Bec, évôque de Nantes, devint d'abord abbé de Mortemer. Nommé en 1596, il fut sacré à Paris en 1599 par le cardinal de Gondi, assisté des évêques de Paris et de Maillezais. Les églises de Bretagne se ressentaient alors des désastres causés par la guerre civile. Ce prélat se conduisit avec toute la prudence d'un sage pilote. Attaché à ses devoirs, il s'appliquait surtout à la lecture de l'Ecriture sainte, et publia une paraphrase française de tous les psaumes. Un prêtre de son diocèse ayant été condamné à mort par le parlement de Bretagne, il fut obligé d'aller le dégrader à Rennes avant son exécution, et celte dégradation eut lieu dans l'église de Saint -Yves. Jean Du Bec fit son testament à Saint-Malo de Baignon le 16 janvier 1610, et ordonna que son corps fût transporté à l'abbaye de Mortemer. Sa mort arriva le 20 du môme mois.

Guillaume LE GOUVERNEUR, doyen de l'église de Saint-Malo, fut nommé le 29 janvier 1610, et obtint ses

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