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DIOCÈSE D'ALBTH ET SAINT-HALO

bulles le 30 août suivant. Il était issu d'une ancienne famille bourgeoise de la ville, et fut sacré, le 20 février 1611, par le cardinal de Joyeuse, assisté des évêques d'Angers et de Nantes. Son entrée solennelle à Saint-Malo eut lieu le 20 mars de la même année. 11 fit travailler aussitôt à une collection des anciens statuts synodaux du diocèse, qu'il publia le 25 octobre 1612. Outre cette collection, il publia, en 1620, de nouveaux statuts qui sont très-estimés.Il assista aux états-généraux de 1614, en qualité de député de Bretagne. C'est à ce prélat que les religieuses Ursulines doivent leur premier établissement en Bretagne. II permit aussi aux Bénédictins anglais de s'établir à Saint-Malo, et aux Dominicaines de fonder un monastère à Dinan. En 1626, il donna à son église cathédrale* une statue d'argent dans laquelle on fit enchâsser une côte de saint Malo qu'il avait reçue des religieux de Saint-Magloire de Paris. Il mourut le 25 juin 1650 à la suite d'une longue maladie.

Après la mort de Guillaume Le Gouverneur, le roi Louis XIII nomma à l'évêché de Saint-Malo le P. Michel de Paris, Capucin. II se nommait dans le monde Octavien de Jlarillac, et était fils de Michel de Marillac, surintendahtdes finances et garde des sceaux, célèbre par sa haute piété et par son éclatante disgrâce. Le jeune de Marillac entra dans l'état religieux en 1618. Il se distingua entre ses frères par une vie très-sainte, et surtout par son humilité. On prétend que le fameux P. Joseph Du Tremblay, aussi Capucin, et, de plus, confident du cardinal de Richelieu, contribua à faire nommer le P. Louis à l'évêché de Saint-Malo; mais on ne put vaincre la modestie de ce bon religieux. Ses parents et ses amis firent des efforts inutiles pour le déterminer à accepter le siège qui lui étaitoffert; il se montra constamment ferme dans sa résolution, et dit qu'il aimait mieux mourir que de consentir à se charger de la conduite des âmes d'un diocèse. La disgrâce de son pè.e, arrivée en 1630, rendit moins pressantes les sollicitations qu'on lui faisait ; mais néanmoins on ne nomma point à sa place, et le siège de Saint-Malo resta vacant pendant qu'il vécut. Dieu le trouva sans doute mûr de bonne heure pour le ciel, car il mourut assez jeune, le 31 juillet 1631 ,

dans le couvent des Capucins de la rue Saint-Honoré , à Paris.

Achille DE HARLAY, d'une famille illustre, fils de Nicolas de Harlay de Sanci, surintendant des finances, montra dès son enfance les plus heureuses dispositions pour la vertu et pour l'étude. Il embrassa d'abord l'état ecclésiastique, et fut pourvu, Tan 1597, de l'abbaye de Yilleloin en Touraine. Le roi Henri IV le nomma ensuite à l'évêché de Lavaur, mais, par délicatesse de conscience, il ne l'accepta point, et quitta l'état ecclésiastique pour prendre le titre de marquis de Morainvilliers. C'est sous ce nom qu'il fut envoyé à la Porte en qualité d'ambassadeur. Il y étudia avec succès les langues orientales, et se procura de précieux manuscrits de la Bible, qu'il donna ensuite aux Pères de l'Oratoire de la rue Saint-Honoré. Ayant séjourné dix ans dans cette cour, il revint à Paris, où il fut si touché des grands exemples du P. de Bérulle, instituteur de l'Oratoire, qu'il se détermina à entrer dans cette congrégation. Il en était supérieur général, lorsque le roi l'envoya à la cour de Savoie pour y négocier quelques affaires. A son retour, il partit pour l'Angleterre, où il fut quelque temps confesseur de la reine. Enfin, le roi le nomma, en 1651, à l'évêché de Saint-Malo, dont il prit possession par procureur le 27 février 1632. Il fit son entrée solennelle à Saint-Malo le 29 mai suivant, et, dès le lendemain, qui était le jour de la Pentecôte, il annonça la parole de Dieu à son peuple au milieu de la messe, qu'il célébra pontiûcalement. Un de ses premiers soins fut d'appeler auprès de lui, en qualité de vicaires généraux, deux de ses anciens confrères de l'Oratoire, qui édifièrent le diocèse de Saint-Malo par leur piété et leur zèle. M. de Harlay, dans toute sa conduite, se montra un véritable pasteur, accessible à tous, et animé d'un grand désir de procurer le salut des âmes. Il présida les états de Dinan en 1634. Plusieurs communautés religieuses, qui commencèrent de son temps, trouvèrent en lui un protecteur. Les Lazaristes lui durent leur établissement dans l'abbaye de Saint-Meen-de-Gael, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Ce prélat mourut à Saint-Malo le 20 novembre 1646, et

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