‹ Vies des saints de BretagneChapitre 19 sur 130 · DIOCÈSE DALETH ET SAINT-HALO · texte numérisé non relu

DIOCÈSE DALETH ET SAINT-HALO

dée par les Anglais, qui, malgré tous leurs efforts, ne purent s'en emparer. Après trente ans d'épiscopat, M. de Guém ad eue mourut à Bai gnon, le 4 mars 1702, dans la soixante-seizième année de son âge. Il fut inhumé dans l'église de cette paroisse, où se trouvait la maison de campagne des évêques de Saint-Malo, et un religieux Carme prononça son oraison funèbre

Vincent François DESMARETZ succéda à M. deGuémadeuc. Il était fils de Jean Desmaretz, intendant deSoissons, et de Marie Colbert, sœur du grand ministre de ce nom. Son frère aîné devint contrôleur général des finances et ministre d'Etat ; son autre frère était évéque de Riez en Provence. Vincent suivit d'abord la carrière desarmes, et fit quelques campagnes pendant lesquelles il servit avec honneur dans le régiment des gardes françaises. Il était parvenu au grade de capitaine, lorsqu'il embrassa l'état ecclésiastique. Nicolas Col b er t , arche vê que de Rouen,et son cousin germain, le nomma bientôt chanoine de sa métropole et vicaire général de Pon toise ; il devint ensuite agent général du clergé, charge dont il s'acquitta parfaitement. Il travailla en même ' temps dans les missions, et s'y fit remarquer par sa piété, son zèle et ses connaissances théologiques. Louis XIV le choisit, le 15 avril 4702, pour remplacer M. de Guémadeuc à Saint-Malo. M. Desmaretz fut sacré à Paris le 47 septembre de la même année dans l'église de Saint-Magloire, par le cardinal deNoailles, assisté des évêques de Riez et de Blois.Le clergé de Paris était divisé en deux camps : l'un, fortement attaché au saint Siège, recevait avec respect toutes ses décisions, l'autre partageait les erreurs du jansénisme. Le cardinal de Noailles, homme sans caractère, soutenait les novateurs, parmi lesquels on comptait surtout les Ora toriens. Le choix que le nouveau prélat fit pour son sacre de l'église de Saint-Magloire, desservie par les Pères de l'Oratoire, était assez significatif, et montrait qu'il partageait les nouvelles opinions. En effet, dès son arrivée dans

1 Ce fut sous l'épiscopat de M. de Guémadeuc que naquit, le 3 janvier 1673, à Montfor t-Ia-Cannc, dans son diocèse, le vénérable serviteur de Dieu, Louis-Marie Grignon de Montfort, prêtre, dont la cause pour la béatification a été introduite à Rome le rr septembre 1838.

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son diocèse, Il favorisa ouvertement les Jansénistes et s'associa à divers actes de rébellion, auxquels se portèrent

Suelques évêques égarés. Cette conduite conpable prodttît des fruits amers dans un pays qui jusqu'alors avâit conservé la foi dans toute sa pureté. Une partie du clergé et des fidèles fût infectée du venin de l'hérésie, et, plus tard, l'on eut 'dans les environs de Saint-Malo, le triste spectacle des convulsions et autres extravagances de la secte. Il était d'autant plus fâcheux de voir M. Desmaretz engagé dans cette mauvaise voie, qu'il possédait d'excellentes qualités et qu'il portait un vif intérêt à la prospérité de sa ville épiacopale;roais il avait été, dans l'assemblée du clergé de 1713, entraîné, par l'exemple du cardinal de Noailles et de quelques autres évéques, dans une opposition coupable itt sujet de la bulle Unigenitus *. Il vécut ainsi l'espace de sept ans, donnant un déplorable exemple de la résistance aux lois de l'Eglise; enfin il eut le bonheur de reconnaître •on égarement et de revenir sincèrement à l'unité en 1727. Il écrivit à cette époque, au pape Benoît XIII, une lettré dans laquelle il témoignait au saint Père son repentir < d'avoir tant différé à rendre an décret apostolique l'obéfe. » sance qui lui est due, • et il finissait par protester de sa Soumission la plus entière ainsi que de son zèle pour faire accepter la bulle dans son diocèse sans restriction ni condition l4 11 travailla, en effet, à réparer le mal que sa con-

• Uist» de la constitution Unigenitus, par Lafiteau, t. 1<V.

1 Nous croyons devoir rapporter ici un fragment de cette lettre, bien propre a édifier le lecteur :

« Très-sain t Père, qu'il me soit permis de vous ouvrir mon cœur avec Confiance, de vous exposer les sentiments et les dispositions où Je sois maintenant, et d'implorer humblement les effets de votre cléraenre. Je me reproche toutes les démarches que mon imprudence m'a fait faire dans ce temps de trouble. Elles m'ont toujours causé depuis de l'inq u i i;tude, et je sens combien il est triste d'avoir déplu au siège de Rome, avec lequel toutes les églises doivent s'accorder. J'espérais que ceux qui avaient le plus contribué à m'engager dans leur parti reviendraient sur leurs pas et me faciliteraient les moyens de rentrer avec eux dans les Toies d'une juste obéissance. Puisse leur conduite, sur ce point, répondre à mes vceux et à leurs bonnes intentions! Pour moi, je ne veux plus de retardement. L'autorité suprémedu vicaire de Jésus-Christ et de son Eglise, mon grand âge et mes infirmités me persuadent qu'il ne faut pas différer davantage à abandonner la cause des appelants.

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du i te passée avait produit ; mais il ne fût pas assez heureux pour le détruire entièrement. I! n'eut pas plus de bonheur* dans ses relations avec le chapitre de sa cathédrale, centré lequel il eut à soutenir deux procès qu'il gagna. En 1751 , M. Desmare tz renouvela son acceptation de la bulle Unigenitus, publia un nouveau catéchisme, et, pendant tout lé reste de son épiscopat, il n'omit aucun des moyens qui étaient en son pou voir pour éteindre entièrement le schisme. Sa mort arriva le 25 septembre 1759. Il était alors âgé dé $«atre-vingt-un ans. Il avait, dans sa dernière maladié, reçu tous les sacrements avec une piété exemplaire, t Ses aimables qualités, dit un estimable écrivain de son époque *, sa droiture, sa candeur, son affabilité, sa douceur, sa tendre et efficace charité, son zèle pour la religion et l'exacte régularité de ses mœurs, le font justement regretter de son troupeau. a Il fut inhumé dans son église cathédrale.

Jean-Joseph DE FOGASSES DE LA ÉASTlfi, né à Avignon le 23 janvier 1704, d'une famille noble, dans laquelle la piété semblait héréditaire, fut le prélat què (à Providence suscita pour réparer les maux que le schisme avait produits dans le diocèse de Saint-Malo. II était chanoine de la cathédrale de Chartres ei vicaire général du pieux M. de Mérinville, évéque de cette ville, lorsque Louis XV le nomma à cet évêché le 14 novembre 1739. Son sacre, qui se fit à Paris, n'eut lieu que le 27 du même mois de Tannée suivante. M. de La Bastie était, dit un

Je proteste donc avec toute la sincérité d'un prêtre et d'an évéque qui ▼eut remplir! tous ses devoirs et se tenir prêt A rendre compte de son administration au souverain Pasteur, je proteste, di*je, àVotre Sainteté, que j'ai une vraie douleur d'avoir tant différé à rendre au décret apostolique l'obéissance qui lui est due. Je reçois aujourd'hui la constitution Unigenitus sans aucune restriction ni condition* Je révoque tout ce que j'ai dit, fait et écrit de contraire à cette bulle. Je promets de la faire publier dans mon diocèse, en usant des mêmes termes, aussitôt que les affaires qui me retiennent À Paris me permettront de m'y rendre. Avec de telles dispositions, j'espère que Votre Sainteté voudra bien m'accorder, et à tous mes diocésains, la précieuse grâce du jubilé. »

. «* Le P. Patouillet, jésuite, Supplément aux nouvelles ecclésiastiques ^ année 1739.

biographe malouin ay théologien profond, canonistè éclairé, et très -habile logicien. Aussi le regardait-on comme une des lumières de l'Eglise gaiiicane.il joignait àun esprit yif et solide un cœur plein de droiture et de bonté. Ponr mieux s'assurer de la foi de son clergé, il voulut, à son arrivée dans son diocèse, renouveler tous les pouvoirs de prêcher et de confesser, afin de n'en donner qu'aux prêtres qui étaient sincèrement soumis aux décisions de l'Eglise. Ayant tenu son premier synode, il obligea tous les curés à rétracter l'appel contre la bulle Unigenitus, qu'un grand nombre d'entre eux avait interjeté vingt-sept ou vingt-huit ans auparavant. Le seul curé de Paramé résista à l'injonction de son évêque. Cette conduite ferme du prélat et ces sentiments si catholiques ne pouvaient manquer d'irriter les Jansénistes. Aussi l'attaquèrent-ils dans leurs libelles; mais leurs clameurs ne l'intimidèrent pas, et il continua de se montrer sévère envers les rebelles à la voix de l'Eglise. Une dame des Bassablons, célèbre janséniste de Saint-Malo, fut, par son ordre, privée des sacrements à l'heure de la mort, en punition de son obstination. Il agit de la même manière à l'égard de quelques religieuses de Sainte-Catherine de Dinan qu'on n'avait pu ramener à des sentiments catholiques. A l'occasion de la fête instituée, en 1757, par les évèques de Bretagne, en l'honneur des anges gardiens du roi et du royaume, M. de La Bastie publia une excellente instruction pastorale sur les saints anges. La même année il prononça au synode un discours sur les vertus théologales qui fut jugé digne de l'impression h. Les pauvres étaient les objets constants de sa sollicitude, et il distribuait en aumônes les deux tiers de son revenu. L'étude à laquelle il se livrait avec ardeur et les austérités qu'il pratiquait contribuèrent peut-être à altérer sa santé. Après avoir souffert avec beaucoup de résignation les douleurs d'une longue maladie, il mourut, dans un âge peu avancé, le 29 janvier 1767, jour de la fête de saint François de Sales qu'il avait pris pour modèle de son administration. On avait

« M. l'abbé Manet.

* L'Instruction et le Discours furent imprimés ensemble à Saint- Malo en 17â8, et forment un petit toluinc in- 1 2-

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une si haute idée de sa vertu, que le peuple se porta en foule à son palais pour le vénérer. On coupait des morceaux de ses vêtements, et Ton fut obligé de mettre des gardes autour du corps pour comprimer les pieux excès de » la multitude.

Outre les ouvrages dont nous avons parlé, on a encore de M. de La Bastie un mandement étendu sur les vertus de M, de La Garaye.

Antoine-Joseph DES LAURENTS, né près d'Avignon, en 1718, était, depuis l'année 1748, vicaire général de M. de La Bastie lorsqu'il fut appelé à lui succéder. Son sacre eut lien à Paris le 21 août 1767. Animé du même zèle que son digne prédécesseur, il marcha sur ses traces, et fît, comme lui, tousses efforts pour détruire le jansénisme dans son diocèse. Les partisans jde Terreur ne tardèrent pas à se plaindre de lui; mais, malgré leurs plaintes, il n'en continua pas moins de travailler à faire triompher la vérité. Dieu bénit enfin ses efforts. « Sous M. Desmaretz, presque t tout le clergé de Saint-Malo fut infecté des nouvelles » erreurs, dit un auteur contemporain a. La haute piété et » les lumières de son digne successeur M. de La Bastie, ne 9 purent l'en purger entièrement. Cette gloire était réser- » vée à M. Des Laurents... En 1778 il eut la satisfaction dé . » voir tous ceux de ses prêtres qui étaient encore attachés à » l*erreur,la rétracter solennellement et se soumettre sincè- » rement à toutes les décisions de l'Eglise. » M. de La Bastie avait rédigé un nouveau catéchisme qu'il n'avait pas publié. M. Des Laurents le donna à son diocèse en 1769. L'année précédente, il avait fait paraître un nouveau Propre des saints de son église sous le titre de Sanctoràle. En 1779, il promulgua de nouveaux statuts, et, à la même époque, il établit l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement dans toutes les paroisses de son diocèse. Ce pieux prélat consacra, d'une manière spéciale et solennelle, son troupeau à la sainte Vierge, et mit en usage la pratique salutaire de la préparation à la mort. Le 15 octobre 1784, il fit l'ouver-

• Le P. de Cloarmèrc, de la compagnie de Jésus, rie de M. de Mont fort.

ture du tombeau de saint Jean de la Grille. Il se rendit à Paris en 4785 pour y assister à l'assemblée du clergé. A son rétour, et lorsqu'il fut arrivé sur le sillon, il mit pied à têrré auprès d'une croix, qui y âvàtt été placée en 1774, à là suite d'une mission qu'il avait fait donner à sa ville épiscopale, et s'écria : «Je te reroiè donc encore Une foi*, mon • Cher Saint-Malo. » Frappé au même instant d'une apoplexie foudroyante, il expira sur-le-champ, le 15 octobre 1785, à l'âge de soixante- sept ans. M. Des Laurents fui un pasteur selon le cœur de Dieu, tout occupé à procurer la gloire de son divin maître et le sahu des finies. Sori affection pour les pauvres était très-grande, et il leur distribuait d'abondantes aumônes. On rapporte de lui un trait qui nous parait peindre bien sa charité. 11 soulageait une famille honnête, tombée dans l'indigence. Une personne jalouse lui dit un jour que cette famille n'était pas si malheureuse qu'il le croyait, qu'elle se permettait des douceurs, et entre autres l'usage du café. «Je vous re-

> rwereie de m'en avoir averti, répondit le bon évêque* j'en » profiterai pour augmenter mes aumônes en faveur de- ces » pauvres gens, afin qu'il ne soient pas exposés à ôlre privés

> de leur café. »

Gabriel CORTOIS DE PRESS1GNY fut nommé par Louis XVI à l'évéché de Saint-Malo, vacant par la mort de M. Des Laurents. II était né à Dijon le 11 décembre 1745, d'une famille honorable et qui comptait déjà deux évéques parmi Ses membres. Il fut élevé sous les yeux de M. Cortois de Quincey, son oncle, d'abord conseiller clerc au parlement de Dijon, et ensuite évéque de Belley, qui jouissait d'un grand crédit et de l'estime universelle. Peu de temps après sa promotion au sacerdoce, M. de Pressigny devint vicaire général du célèbre cardinal de La Luzerne, évéque de Langres, nommé en 1780 abbé co m m end a ta ire de Saint-Jacques, diocèse de Béziers, puis sacré évêque de Saint-Malo le 15 janvier 1786. Son administration, quelque courte qu'elle ait été dans le premier diocèse qu'if gouverna, laissa d'heureux souvenirs dans sa ville épiscopale; le prélat, par son affabilité, son esprit et ses charités,

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gagna l'affection de ses diocésains. Lorsque la trop fameuse Constitution civile du clergé Tint mettre le trouble dans l'Eglise de Frânee, il adhéra à l'Edition dcêprincipu, souscrite par les évêques qui étaient membres de l'Àd* semblée nationale. Il crut devoir faire davantage pour l'instruction de Son troupeau, et publia dèux lettres pastorales, qu'il adressa aux fidèles de son diocèse, bans la première, datée de Quincey le 24 avril 1791, il avertit lés fidèles de ne point reconnaître les nouveaux pasteurs qui prétendraient exercer sur,eux la juridiction. Là seconde, datée de Chambéri le 6 avril 1792, avait pour objet de publier le bref de Pie VI* du 19 mars précédent. Il y rappela en même temps sommairement les règles de l'Eglise. De Chambéri, M. l'évéque de Sa Int-Malo passa en Suisse avec son frère, M. Cortoisde Balore, évêque de Nîmes. Ils ne se quittèrent pas pendant que dura leur déportation, et résidèrent d'abord à Constance, puis à Landshut en Bavière. C'est de là que les deux prélats revinrent en Frafcee à la flu de 1800. La persécution n'était pas entièrement calmée ; aussi se cachèrent-ils d'abord ; mais ensuite ils jouirent de plus de liberté. Ils donnèrent leur démission en 1801, et vécurent dans la retraite, ce qui n'empêcha pas néanmoins M. de Pressigny de remplir les fonctions d'administrateur de son ancien diocèse, fonctions qui lui avaient été confiées par le saint Siège, jusqu'au moment de la publication du" concordat. M. l'évéque de Nîmes, prélat urtffer«< sellement aimé à causo de la douceur et de l'aménité de sort caractère, mourut le 19 octobre 1812. A l'époque de la Restauration, M. l'évéque de Saint-Malo devint membre d'urte commission formée pour traiter les affaires de FEglise de France, et composée d'évêques et d'ecclésiastiques. Nommé ambassadeur à Rome, il partit pour remplir ce poste le 7 juillet 1814, et fut bientôt obligé dé quitter la capitale du monde chrétien pour suivre le pape Pie VII à Gênes, lors de la rentrée de Bonaparte en France, au mois de mars 1815. De retour dans son ambassade, il y fut continuellement entravé par les changements qui eurent lieu dans le ministère français, et les vues diverses de ceux qui le trouvaient à la tète des affaires. Il ne quitta pas la fille

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sainte sans s'occuper de son ancienne cathédrale, et il envoya à Saint-Malo le corps de saint Gélestin martyr. Malgré ses bonnes intentions, il n'avait pu obtenir aucun ré* sultat, lorsqu'il revint de Rome en avril 1816. Louis XVIII le nomma alors pair, et Tannée suivante, archevêque de Besançon; mais les difficultés suscitées pour empêcher l'exécution du concordat de 1817 ne lui permirent pas de prendre possession de son nouveau siège, avant le 31 octobre 1819. La position de M. de Pressigny était délicate, car il succédait à Lecoz, ancien intrus de Rennes, prélat qui n'avait été rien moins que catholique. Sa sagesse et le bon esprit de la majeure partie de son clergé aplanirent les difficultés qui pouvaient s'élever. En 1821, l'affaiblissement de sa santé.lui fit désirer d'avoir un coadjuteur, et il obtint M. Frère de Ville-Francon, l'un de ses vicaires généraux, qui fut sacré sous le titre d'archevêque d'Adana. Etant revenu à Paris pour la session de la Chambre des pairs, il y fut retenu par ses infirmités et ne put plus retourner dans son diocèse. 11 s'en occupait néanmoins, et il adressa à son troupeau, à l'époque des carêmes de 1822 et de 1823, deux mandements aussi remarquables par leur solidité que par l'importance des matières qu'il y traitait. La cérémonie du sacre de M. Ramond de La Lande, à laquelle il assista f lui causa une fatigue si grande qu'il fut obligé de se mettre au lit. L'infirmité dont il était atteint augmentant, il succomba à l'âge de soixante-dix-huit ans, le 2 mai 1825. Ses obsèques eurent lieu dans l'église de Saint-Roch. M. de Pressigny était d'une haute stature et avait la figure sévère ; mais il était plein de bonté. Il a laissé une mémoire précieuse ; son esprit, ses connaissances, la sûreté de son commerce, sa capacité pour les affaires, ses principes d'honneur et de religion, sa piété vive et sincère lui avaient concilié l'estime et l'attachement de tous ceux qui le connaissaient. Son oraison funèbre fut prononcée à Besançon, par M. Tharin, depuis évêque de Strasbourg, et Ton fit pour lui un service solennel dans son ancienne cathédrale de Saint-Malo.

En 1821, il publia un écrit qui avait pour titre : Le Placement de l'argent à intérêt distingué de l'usure. Il sout«-

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naît ordinairement avec chaleur cette distinction. Il fat aussi l'éditeur du premier volume de la Dissertation du cardinal de La Luzerne sur le prêt de commerce.

L'évêché de Saint-Malo ayant été rétabli par le concordat de 1817, Louis XVIII y nomma Charles-Siméon L'AR- CHANT DE GRIMOUV1LLE, né à Saint-Lô le 18 février 1751. Cet ecclésiastique était, avant la grande révolution, «chanoine de la cathédrale de Lisieux. A cette déplorable époque, il quitta la France et se retira à Jersey, où il se fixa; il y passa le reste de ses jours, et y mourut le 20 septembre 1821. M. de Grimouville possédait toutes les vertus qui font les saints évéques, et il aurait honoré le siège de Saint-Malo, si Dieu avait permis qu'il en eût pris possession. '

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