CATALOGUE HISTORIQUE DES ARCHEVÊQUES ET ÉVÊQUES DE DOL
Saint SAMSON est reconnu pour le fondateur de l'évéché de DoJ. Il naquit dans la Grande-Bretagne, et fut élevé dès sa plus tendre jeunesse sous la discipline de saint II tut. Ayant fait profession de la vie monastique, il fut établi abbé en Cambrie, et ordonné évéque par saint Du* brice. Mais Dieu l'ayant destiné pour être le père d'un grand peuple, il quitta sa patrie et passa dans l'Arraorique, où il bâtit le monastère de Dol. La il exerça les fonctions épiscopales, et prouva sa mission par la sainteté de sa vie» le fruit de ses travaux et leclat de ses miracles.
Quelques auteursa prétendent que saint Samson était a**
« Goffredus, Monum.^ 1. 7, cap. 3, et 1. 3, cap. 9. Pseudo Gildas, apud Usserium ant.„ p. 39. Girard. Gambrius,l. 2. Itinerar., cap. 1, et Dialad Innocent. III. Labbe, t 5, Conc. Martène, t. 3, Anccdot., p. 934. Annal. Bolorum, p. 102. Sigebert, ad ànnum 566.
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chevêque d'York ou de Ménévie. Le clergé de Dol, pour donner plus d'importance à son église, avait adopté ce sentiment, et soutenait, devant le pape Innocent III , que ce saint avait apporté d'York les marques de la dignité métropolitaine. Sans entrer ici dans une discussion qui nous mènerait au delà des bornes que nous nous sommes prescrites, qu'il nous sufûse de dire que cette prétention n'a d'autre fondement que les fables et les prophéties de Merlin, rapportées par Geoffroi de Monmouth et le faux Gildas. Les anciens actes de saint Samson ne disent pas que ce saint ait été archevêque d'York, ni qu'il ait succédé à Dubrice dans le siège de Ménévie ; mais seulement qu'il a été sacré évéque par Dubrice. Baldric a écrit que Samson avait été consacré archevêque de Dol par l'autorité de Childebert et de Juduai, prince breton. Quoi qu'il en soit de ce sentiment, il est certain que Samson souscrivit au troisième concile de Paris, tenu vers l'an 557. Le saint, après avoir édifié la Bretagne et la Normandie par ses vertus, et bâti plusieurs églises, mourut à Dol en 565. Les miracles qu'il fit avant et après sa mort établirent son culte dans son église. Sa fête se célèbre le 28 juillet jour où son nom se trouve dans le martyrologe.
Saint MAGL01RE*, disciple et compagnon de saint Samson, fut son successeur dans le siège de Dol. L'auteur de ses actes marque qu'il reçut l'investiture de l'archevêché de Dol, du roi Childebert. Le saint prélat éclaira tout le pays par ses prédications, ses bons exemples et ses miracles; mais l'amour de la solitude lui fit quitter cette église, dont il ordonna évêque saint Budoc, son disciple. 11 se retira ensuite dans l'ile de Jersey, où il bâtit un monastère, et assembla soixante religieux. C'est dans ce lieu qu'il termina sa vie le 24 octobre 585, jour auquel on célèbre sa fête. Son corps fut transféré, vers le milieu du ixe siècle, au monastère de Lehon, d'où on le porta à Paris pendant les ravages des Danois en Bretagne. On y bâtit en son honneur une église qui, après avoir été longtemps desservie par les Bénédic-
« rayez sa tic, ries des Saints de Bretagne, 1. 1". * Sœculum !, Beocdict. Duchesne, t. 3, p. 344.
tins, fut donnée aux Pères de l'Oratoire, qui l'ont possédée jusqu'en 4792".
Saint BUDOG fut le disciple et le successeur de saint Magloire. Il mourut le 8 décembre; mais sa fête ne se célèbre que le lendemain, à cause de celle de la sainte Vierge. On prétend que saint Guingalois fut disciple de saint Budoc, archevêque de Dol ; mais à tort, comme on le dira dans l'article de cette abbaye K
Saint LEUGHËRUS ou LEUCHER est indiqué comme évêque dans les actes de saint Samson, où l'on apprend que le feu ayant pris à l'église de Dol, pendant que les fidèles y chantaient none, le vénérable évêque Leucher apaisa l'incendie par l'application de la croix et du bâton de saint Samson. Les reliques de ce saiut furent transportées à Paris avec celles de saint Samson et de saint Magloire, selon un fragment d'histoire imprimé dans Duchesne \
TIGËRINOMAL, auquel les actes de saint Samson sont dédiés, n'est pas le même que Tiernomailus, successeur de saint Paul de Léon, comme quelques-uns l'ont cru : mais on doit le regarder comme le Tiarmail ou Tiarmamaul, évêque de Dol, qui éleva saint Thuriau, et le choisit pour son successeur. D'où vient que l'auteur des actes de saint Samson n'étant pas plus récent que le vu* siècle, il faut placer ici nécessairement Tiarmail et Thuriau.
Saint THURIAN ou THURIAU e naquit dans un village voisin du monastère de Vallon, et sous la juridiction de saint Samson. Dès sa plus tendre jeunesse il quitta ses parents et les grands biens qu'ils possédaient, pour se retirer dans le monastère de Dol. Instruit des lettres divines et humaines, il fut établi chef de tous les clercs que Ton formait dans le monastère, et enfin sacré évêque. Ce fut sous son pontificat que le tyran Rivallon brûla le monastère
a Voyez sa vie, Vies des Saints de Bretagne, t. 1er.
t> Voyez sa vie, Vies des Saints de Bretagne, t. 2.
1 Mous n'avons point parlé de saint Leucher dans les Vies des Saints de Bretagne, parce que nous n'avons rien trouvé touchant la vie de ce saint évêque.
« Lectionarium Trecorense. Vêtus Breviarium Briocense.
de Saint-Malo, distant de Dol d'environ vingt mille pas. Saint Thuriau, accompagné de douze religieux, alla trouver le tyran, et lui fit sentir si vivement l'énormité de sa faute,
Sue Rivallon se retira dans le monastère de Lankafrut ou antrut pour y faire pénitence. Saint Thuriau termina saintement sa carrière vers Tan 749 §.
Saint GENEVÉ succéda à saint Thuriau dans le siège de Dol. Sa fête se célèbre le 29 juillet, suivant les Mémoires de Du Paz. Les Bretons ont conservé la Vie de saint Genevé, comme il paraît par le catalogue des évêques de Dol, dressé par Baldric, et inséré dans la collection manuscrite de Nantes, que cite ordinairement Le Baud. Il y a apparence que c'était le corps de ce saint que l'on conservait au château de Loudun, sous le nom de saint Guvenel, évêque de Dol.
RESTOALD* fut honoré du pallium, si Ton en croit le catalogue dont Baldric est l'auteur. Mais Festinien, évêque de Dol, ayant cité ce fait dans le différend qui s'éleva entre lui et l'archevêque de Tours, on eut recours aux registres des papes Sirice et Adrien*, dans lesquels on ne trouva Hen de ce qu'avait avancé Festinien. C'est sur ce fondement que nous plaçons ici l'épiscopat de Restoald, qui paraît avoir vécu du temps du pape -Sirice, c'est-à-dire vers Tan 710.
ARMAEL succéda à Restoald dans le siège de Dol et dans les honneurs attachés à la dignité archiépiscopale. Sa vie et ses mérites le rendirent égal à son prédécesseur. 8es vertus sont connues de tout l'Occident, dit Baldric dans le catalogue qu'il a publié.
JUMAEL ou J UNE M EN US fut, suivant le catalogue déjà cité, honoré du pallium, par le pape Adrien, qui tint le saint Siège depuis l'an 762 jusqu'en 773. Le catalogue
f La mort de saint Thuriau est marquée en ces termes dans les Martyrologes de Qu imper et de Landevenec :
* III Idus julii inmineri Britannia sancti Thuriani, episcopi c con- « fessoris, rairse «implicitatis et mnocentiae viri. »
» Le Actionnaire de Dol de 1700 lui donne le titre de saint ; mai» nous n'avons nulle part trouvé aucune trace de son culte.
• EpifL HUKMMtii IU.
attribué à Baldric porte qu'il manque ici plusieurs évêques dont les noms sont perdus.
SALACON *, que la Chronique de Nantes fait évêque d'Aleth, fut du nombre des évêques que Nominoé fit déposer vers Tan 847, soit qu'il ne fût pas favorable aux desseins de ce prince, ou qu'il se soit opposé au démembrement de son diocèse pour former ceux de Saint-Brieuc et de Tréguier. Il se retira donc auprès de Jonas, évêque d'Atitun, dont il fut coadjuteur pendant quelque temps. Enfin, il prit l'habit monastique dans l'abbaye de Flavigni, où il mourut si inconnu l'an 864, que les Pères du concile tenu à Soissons deux ans après le croyaient encore vivant On ne sait quel fut le successeur de Salacon sur le siège de Bol, quoiqu'on lui substitue
FASTCAIRE, dont il est parlé dans une lettre du concile tenu à Toul en 859^ et adressée à Fastcario, Wernario, GarurbrioetFelici,episcopisBritonum. Le concile ordonne à ces prélats de rendre à Hérald, archevêque deTours, l'obéis- , sance et le respect qui lui sont dus, de peur qu'ils n'encourent l'excommunication lancée par les papes Léon etBenoît, du temps de Nominoé. Il leur défend de sacrer dans leur pays aucun évêque sans la présence ou le consentement du même archevêque. Le concile de Tours, de l'an 849, écrivant à Nominoé, se plaint aussi très-fortement de ce que les évêques bretons avaient abandonné l'archevêque de Tours : mais il peut se faire qu'on ait lu dans les manuscrits Fastcarius pour Fastianus.
FESTIEN, FESTIAN ou FESÏINIEN * es t indiqué comme évèque occupant le siège de saint Samson, dans une charte de l'abbaye de Redon, datée de l'an 859.C'estl'acted'adoption que fit Roiandrech du roi Salomon pour son héritier. Il est parlé de cet évêque dans la lettre du pape Inno-
* Martèoe, t. 3, Ànecdot.y p. 340. Ckron. Virud. in Bibliotheca Labbeana.
* L'est par erreur que nous a?ons compté Salacon au nombre des éréques d'Aleth, croyant qu'il se trouvait à cette époque deux prélats du même nom. 11 parait certain qu'il n'y en a qu'un et qu'il était étécrue de Dol.
» Martine, t. 3, Jntcdot., p. Wî, 184, 941.
cent III, qui rapporte fort au long tout ce qui se passa de son temps pour l'affaire de la métropole. Le roi Salomon écrivit au pape Nicolas, et lui envoya des ambassadeurs pour demander le pallium en faveur de Festinien : mais le pape le refusa. Après la mort de Salomon, Festinien l'obtint du pape Adrien.
MAINON ou MAHEN a, évêque de Dol, transporta, en 878, le corps de saint Samson à Orléans pour éviter la fureur des Normands. Il le déposa dans l'église de Saint- Symphorien, qui prit dans la suite le nom de Saint-Samson, et qui appartenait aux Jésuites. On croit que ce précieux dépôt y est encore caché. Il nous reste une lettre du pape Jean VIII, écrite en 878 à Mahen, évêque de Dol, dans laquelle ce pontife lui reproche d'avoir abandonné l'archevêque de Tours, et il se plaint que les évêques bretons faisaient les sacres de leurs comprovinciaux , et leur ordonne de retourner à leur ancien métropolitain s'ils ne veulent être séparés de sa communion. Baldric dit que Mahen fut le vingtième archevêque de Dol.
AGAN*, évêque de Saint-Samson, fut gratifié par le comte Hugues de l'abbaye de Saini-Symphorien d'Orléans, la septième année du roi Raoul, c'est-à-dire vers l'an 950.
Un évêque de Dol fut suffoqué dans son église en 944, par les Normands e9 qui avaient surpris la ville de Dol, et qui obligèrent le peuple à se réfugier dans l'église où plusieurs périrent avec i'évêque. On croit que c'était Agan lui-même.
WICOHEN ou JUTHOVEN d devint archevêque de Dol après la mort de ce prélat. Il partageait avec Bérenger, comte de Rennes, la moitié des revenus de la ville et du comté Nantais, dont ils avaient fait hommage à Thibaud, comte de Blois, exécuteur testamentaire du duc Alain Barbetorte, et tuteur de Drogonson fils, vers l'an 952. II est nommé Juthoven dans une charte de Landevenec, dressée
• Martène, t. 3, Jnecdot., p. 867. MabilloD, Ml notis ad acta SS* bénédictin, in Vita sancti Samsonis. .
à Sammarthan, de Bpist. Aurelian. •
• Flodoard.
• &9t Vri> Netnntt.
DIOCÈSB DE DOL. 265
vers Tan 950. Le partage qu'il fit avec Bérenger donne lieu de croire qu'il était son parent ; et on ne peut attribuer qu'à cette parenté la grandi autorité dont il jouissait dans la province. Mais Bérenger étant devenu vieux, Conan le Tort, son fils, se retira de la tutelle de Wicohen, le borna à son diocèse, et travailla à recouvrer tous ses domaines.
MAIN est indiqué comme archevêque de Dol dans une donation faite au Mont-Saint-Michel en 990, par Conan, comte de Rennes ; donation qu'il signa *.
GINGONE, JUNGUÉNE ou JUNKÈNE souscrivit à deux donations faites au Mont-Saint-Michel par le duc Alain III, l'une en 1050 et l'autre en 1052. L'auteur de la Chronique de Nantes parle de cet archevêque comme du plus grand prélat de son temps et d'un fidèle conseiller du duc. Il fut un des témoins d'une donation faite par deux frères à l'abbaye du Mont-Saint-Michel, en présence d'Alain, comte de Bretagne, qui en signa la charte. Il réconcilia Budic, comte de Nantes, avec Gautier, évêque de la même ville. L'enquête faite à Dol en 1181 nous apprend que Junguène avait pour frères Ruellen, surnommé Capra canuta, Josselin de Dinan et Salomon le Bâtard ; qu'il bâtit de ses propres deniers le château de Combourg, et qu'il en fit présent à son frère Ruellen. Il se trouva au nombre des témoins de l'acte qui fut rédigé pour la fondation de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes, vers l'an 1050. Il signa aussi Ja donation faite à cette abbaye de l'île d'Ars et de la dime de la paroisse de Pleubihan.
ROLLAND Ier, religieux du Mont-Saint-Michel, succéda à Main sur le siège de Dol, et ne l'occupa que peu de temps, car il mourut en 1004. Il voulut être inhumé dans le monastère auquel il appartenait avant d'être évêque.
JUTHAEL, JUHAEL ou JUHEL fut sacré par les évêques bretons contre la volonté du pape. Parvenu à cette dignité par les présents qu'il fit au duc, il prit une femme dont il eut une fille, qu'il maria à un seigneur nommé
1 C'est sur une fausse date de la même année qu'on place ici Gingone ou Guiomarch. On ne peut non plus admettre Laufranc, dont il n'ect parlé dan» aucun acte.