PETITS SÉMINAIRES
Le diocèse de Saint-Brieuc, ayant une vaste étendue ec une population considérable, dont près de la moitié parle la langue bretonne, a eu besoin de plusieurs petits séminaires. Il en possède trois qui sont placés à Dinan, à T régui er et à Plouguernevel. Celui de Dinan est dans l'ancien couvent des Cordeiiers, et doit son établissement à un vénérable prêtre nommé M. Bertier, mort en 1837. Celui de Tréguier avait été établi, en 1810, dans la maison dite des Vieilles-Paulin es, et avait eu pour noyau nne petite école ecclésiastique, formée à Yvias par M. Richard, zélé curé de cette paroisse, mort vicaire général de Saint-Brieuc en 1827; des persécutions, suscitées en partie par l'Uni, versité, le détruisirent entièrement Tannée suivante. Il fut rétabli, en 1816, dans le local du collège, et occupe, depuis 1820, l'ancien séminaire des Ordinands. Nous avons déjà parlé 4de Plouguernevel à l'article de Quimper.
COLLÉGIALES
La plus ancienne était celle de Saint-Guillaume à Saint- Brieuc, nommée primitivement Notre-Dame-de-la-Porte, parce qu'elle se trouvait proche de la porte de la ville. On n'en connaît pas l'origine qui remonte à une époque plus reculée que le xine siècle, dans lequel mourut saint Guillaume. Elle était composée d'un doyen et de dix-neuf chanoines, dont dix-sept étaient choisis à l'alternative par le pape et par l'évêque, et les deux autres nommés par un
Mû L'ÉGLISE DE BRETAGNE.
patron laïque. A l'époque de la révolution ce patron ëtait le duc d'Aiguillon, ancien gouverneur de la Bretagne. Én 1790 il nomma à l'une d'elles Mgr. Hyacinthe-Louis de Quelen, aujourd'hui archevêque de Paris. Cet illustre prélat était alors Ôgé de douze ans, et venait de recevoir la tonsure. M. l'abbé Blivet, l'un des chanoines de cette église, fut son procureur et prit en son nom possession du bénéfice, qui fut presque immédiatement supprimé, ainsi que tous les autres. Le chapitre de Saint-Guillaume fit, à l'occasion de sa suppression, au mois d'octobre 1790, une déclaration trèsforte et très-motivée qu'il adressa aux officiers municipaux de Saint-Brieuc; mais que pouvaient les meilleures raisons contre le torrent dévastateur de la révolution !
La collégiale de Qui min fut, en 1405, fondée sous l'invocation de la sainte Vierge, par Geoffroi V, comte de cette ville. Elle n'avait primitivement que cinq chanoines et deux enfants de chœur; mais le nombre des prébendes ayant été augmenté dans la suite des temps, ce chapitre était composé d'un doyen et de onze chanoines lors de la suppression. Le duc de Lorges, seigneur de Quintin, nommait à tous les canonicats.
La ville de Lamballe devait sa collégiale à Jean V, duc de Bretagne. Il fit cette fondation dans l'église de Notre- |î)ame en 1435, et elle fut la même année ratifiée par François de Bretagne, comte de Montfort. Ce chapitre n'avait pas de doyen, et les prébendés qui le composaient ne prenaient que le titre de chapelains. Le duc de Penthièvre nommait à ces bénéfices.
Nôus n'avons pu trouver aucun renseignement touchant la collégiale de Matignon, dont l'église était dédiée à la sainte Vierge. C'étaient sans doute les membres de la famille de Goyon, seigneurs de celte ville, qui avaient fondé ce, chapitre. 11 n'était composé que de six chanoines nommés par le duc de Valentinois.