UNIVERSITÉ
Cet établissement a droit d'être compté parmi ceux qui appartenaient à l'Eglise, puisqu'il lui devait son existence. Ce fut le pape Jean XXIII qui, par sa bulle du 1er août 1414 donnée à Bologne, créa cette Université. 11 destina, pour la fonder, le tiers du produit d'une année des décimes que le saint Siège percevait alors en Bretagne. Le pape Martin V, à la prière du duc Jean V, donna une nouvelle bulle à ce sujet, celle de Jean XXIII n'ayant pas été mise à exécution. Cjîtte bulle de Martin V fut confirmée, en 1448, par Nicolas V, à la demande du duc François Ier ; mais elles restèrent encore l'une et l'autre sans effet. Enfin, le duc François II ayant envoyé au pape Pie II une grande ambassade en 1459, ce pontife donna, le 8 avril 14GO, une bulle qui établit d'une manière réelle et solide la nouvelle Université. II lui accorda les mêmes privilèges qu'à celles de Paris, de Bologne, d'Avignon, de Sienne et d'Angers, privilèges dont elle a joui jusqu'à sa destruction.
L'Université de Nantes ne parait pas avoir jamais jeté un très-grand éclat. Elle perdit une partie de son importance par la translation qui se fit, en 1756, de la Faculté de droit à Rennes. Celle de théologie eut d'abord le malheur de se laisser entraîner par le torrent du jansénisme, et d'appeler au futur concile par un acte du 10 mars 1717; mais plus tard elle sortit du sentier de l'erreur, et se montra fidèlement attachée à la saine doctrine pendant que durèrent ces déplorables querelles. Afin de manifester
son opposition à cette secte, elle refusa d'assister, en 4756, à un service fait pour l'un de ses membres, le sieur Moreau, recteur de Thouaré, l'un des plus obstinés Jansénistes du pays, et mort en exil chez les Cordeliers de Montjau en Anjou. Dès avant cette époque, la Faculté de théologie avait manifesté ces mêmes sentiments à l'occasion d'un ouvrage rempli d'erreurs, publié par Nicolas Travers \ vicaire de Saint-Saturnin de Nantes. Ce livre avait pour titre : Pouvoirs légitimes du premier et du deuxième ordre dans t administration des sacrements et 1$ gouvernement de l'Eglise. Un volume in-4°. Elle censura, le 19 avril 1746, quatrevingt-dix-neuf propositions extraites de ce livre, et qui avaient déjà été condamnées l'année précédente par rassemblée du clergé. La Faculté de théologie tenait ordinairement ses séances dans le couvent des Cordeliers.
SÉMINAIRES
C'est au vénérable M. Olier, fondateur de la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, que le séminaire de Nantes doit son premier établissement. Ce grand serviteur de Dieu, se trouvant dans cette ville en 1648, traita cette affaire importante avec M. Gabriel de Beauveau; qui occupait alors le siège épiscopal de Nantes. Ce prélat fit construire le bâtiment sur un terrain nommé Malvoisine, situé près de la communauté des religieuses de Sainte-Ursule, et peu éloigné du palais épiscopal. M. Olier y envoya un de ses plus chers disciples, M. de Hurtevent, avec quelques-uns de ses confrères; mais ils n'y restèrent pas bien longtemps et au bout de douze ans ils se retirèrent. Le séminaire fut ensuite gouverné pardes prêtres du diocèse,et eut, pendant plusieurs années, au nombre de ses professeurs, M. de La
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nnt? a l , Ut NantCS' 16 15 oclobre 1750« Son Hi8t°ire des étéques de Nantes est un ouvrage précieux pour ce pays. Restée longtemps manuscrite, elle a été publiée en 1836 par un éditeur qui A faTnemeTt Œtï du l™> « «ui J * Joint des notes que «£
Bttrir? fa. JSi ,YerS aU/ait déaavoué€S' 0n * <"> abrégé de cette Histoire, inséré dans le t. 7 des Mémoires du P. Desmolets, Paris, 1729.
Noë-Ménard, ecclésiastique instruit dont nous avons déjà parlé", et que M. de Sanzai, évêque de Nantes, se vit dans la nécessité d'expulser de cette maison à cause de son jansénisme. Affligé de l'esprit de nouveauté qui s'était introduit dans son séminaire, le même prélat, en 1728, rappela les MM. de Saint-Sulpice ; il traita avec eux et les remit en possession de l'établissement, qu'ils gouvernent encore avec la piété qui les distingue. Ils n'habitent plus la maison qu'ils occupaient autrefois, et qui avait été reconstruite en 1701, de fond en comble, par les soins de M. De sonchère Couperie, archidiacre de la Mée. L'ancien séminaire, après avoir servi de caserne pendant la révolution, appartient aujourd'hui au collège royal . Le grand séminaire actuel est, depuis l'année 1807, placé dans l'ancienne communauté de Saint-Charles, et près de là se trouve la communauté des Philosophes, établissement formé en 1827 pour les étudiants ecclésiastiques qui suivent le cours de philosophie.
Nantes avait eu autrefois un petit séminaire établi sous l'épiscopat de M. Gilles de Beauveau par M. Fourré, chanoine janséniste ; mais il ne parait pas que cette maison ait eu une longue durée ; ce n'est que depuis l'année 1807 que celui qui subsiste maintenant a été établi près du grand séminaire. Cette maison est gouvernée par des prêtres du diocèse.
La ville de Nantes possédait encore un autre séminaire, celui des Irlandais. La] persécution que les catholiques éprouvaient en Irlande depuis la prétendue réforme les avait déterminés à envoyer sur le continent et dans diverses villes des jeunes gens qui y vivaient en communauté, y faisaient leurs études ecclésiastiques, y recevaient le sacerdoce» et retournaient ensuite dans leur patrie pour y soutenir la foi et exercer les fonctions du saint ministère. Ce séminaire des Irlandais à Nantes fut établi en 1690 et placé d'abord dans la rue du Chapeau-Rouge. Les religieuses de Sainte- Caiherine, qui possédaient la maison de la Touche, ayant été obligées de se dissoudre en 1694, faute de lettres patentes, on donna leur couvent aux Irlandais, qui v trans-
« fies des Saints de Bretagne, t. ».
férèreut leur séminaire et Font habité jusqu'en 1791 . Cette maison leur appartient encore, mais ils ne l'occupent plus.
La communauté de Saint-Clément, autre établissement ecclésiastique, situé dans le faubourg de ce nom, était précieuse pour Nantes. Celle maison avait été fondée par un vertueux prêtre, disciple de M. Olier et nommé René L'Évêque, qui était aussi fondateur du couvent des Filles- Pénitentes-de-la-Madeleine,au port Communeau. M. L'Évêque réuBit, en 4671, plusieurs prêtres pour vivre avec lui en communauté. Son but était de s'occuper avec eux à faire des missions à la campagne, et de recevoir dans sa maison les ecclésiastiques et les laïques qui voulaient se livrer aux exercices de la retraite. Dieu bénit son pieux dessein et fit réussir l'entreprise ; mais le jansénisme ne tarda pas à se glisser dans cette communauté, et il finit par y régner, surtout après la mort de M. L'Évêque, arrivée en 1704. M. de Sanzai, éyèque de Nantes, désolé de voir que l'erreur s'y était établie, fit soi tir de la maison les prêtres qui l'habitaient, et la donna, en 1729, à MM. de la Compagnie de Saint-Sulpice, qui l'ont possédée jusqu'à leur sortie en 179t. Non contents de travailler aux missions et de recevoir chez eux des retraitants, ils donnaient aussi chaque semaine des conférences publiques pour les ecclésiastiques.
COLLÉGIALES
L'église de Notre-Dame, dans la ville de Nantes, fut érigée en collégiale par l'évêque Daniel, vers l'an 1325. Pierre Iï, duc de Bretagne, époux de la vénérable Françoise d'Amboise, fit reconstruire, en 1454, le chœur de cette église dans laquelle il choisit sa sépulture. Elle a été en partie démolie en 1801, et l'on détruisit alors son élégant clocher, qui était un des ornements de la ville. Le chapitre de cette église était composé «l'un chevecier, d'un chantre et de dix-sept chanoiues. M. Matisse, membre de ce chapitre, fut une des victimes de Carrier qui, en 1790, le fit périr au milieu de la Loire.
Guerrande possédait aussi une collégiale fondée en 857 par Salomon III, duc de Bretagne, qui fit cette fondation pour offrir un asile convenable à Gislard, intrus dans le
giége de Nantes et forcé de quitter ce siège qu'il avait usurpé. Ce faux prélat s'établit à Gnerrande, où il continua d'exercer les fonctions épiscopales, et il étendit sa prétendue juridiction sur les paroisses qui formèrent depuis l'archidiaconé de La Mée. La nouvelle collégiale devint son chapitre. Gisîard n'eut pas de successeurs ; mais la collégiale de Guerrande a subsisté jusqu'à la ûn du xviii* siècle. Elle était composée d'nn prévôt, d'un chantre, d'un théologal, de douze chanoines et de deux prébendés. L'é» glise, d'une construction très-ancienne, et dans laquelle on voyait plusieurs insignes épiscopaux, tels que des crosses et des mitres sculptées sur les murs, était dédiée à saint Aubin, évêque d'Angers.
Notre-Dame de Clisson était une collégiale fondée dans cette petite ville en conséquence des dernières volontés du célèbre connétable Olivier de Clisson, exprimées dans son testament du 5 février 1406. Ce seigneur laissa, pour la dotation de ce chapitre, la terre et la châtellenie de Montfaucon qui étaient situées dans le voisinage. Un doyen, six chanoines, quatre sémi-prébendés, formaient le clergé de cette collégiale. A l'époque de la révolution, les canonicats étaient à la présentation du prince de Soubise, comme héritier des anciens seigneurs de Clisson. Le dernier doyen, M. Hallouin de La Pénissière, et MM. Mongis, Noël de Querbodec, Le Sapeulx et Loquet, chanoines, n'avaient pas été, à cause de leur âge avancé, soumis, en 1792, à la loi tyrannique de la déportation ; mais ils ne purent éviter les fureurs du barbare Carrier. Emprisonnés à Nantes avec un grand nombre d'autres prêtres âgés et infirmes, ils furent tous, par l'ordre de ce monstre, embarqués sur la Loire et noyés dans ce fleuve vers la rai-novembre 1795.