‹ Vies des saints de BretagneChapitre 5 sur 130 · CATALOGUE HISTORIQUE DES ÉVÊQUES DE NANTES · texte numérisé non relu

CATALOGUE HISTORIQUE DES ÉVÊQUES DE NANTES

Saint CLAIR est regardé comme le premier évêque de Nantes; on croit qu'il vivait vers l'an 280, sous l'empereur Probus, et qu'il mourut à Reguini, dans le diocèse deVannes". Ë'abbé Travers pense que ce saint est le même que celui qui a été l'un des apôtres de l'Aquitaine, et qui, après avoir

« Voyez son article, Vies des Saints de^Bretagnc, t. ler,lp. 16.

Ôti L'ÉGLISE DE BRETAGNE-

évangélisé cette contrée, pénétra jusqu'en Bretagne. Il y a cependant une petite difficulté dans ce système, c'est que le même ajoute que saint Clair passa de Rennes à Nantes; cette route n'est pas la plus directe lorsqu'on vient d'Aquitaine en Bretagne.

ENNIUS ou ERMIUS vivait vers l'an 290, sous le règne de Dioclétien et de Maximien. Ce fut aussi vers cette époque que saint Donatien et saint Rogatien souffrirent le martyre dans la ville de Nantes *. Cet évêque y bâtit la première église chrétienne que cette ville ait possédée.

Saint SIMILIEN, connu aussi sous le nom de saint Sambin, vivait au commencement du ive siècle. Du temps de Clovis il y avait à Nantes une église dédiée à saint Similien, et une autre aux saints manyrs Donatien et Rogatien, comme on l'apprend de Grégoire de Tours •«

EUMELIUSou EUMERUS, EMMERUS ouEVEMERUS, assista au premier concile tenu à Valence, sur le Rhône, en 374. C'est le premier évêque de Nantes dont l'époque soit certaine. Il était pauvre et recevait du trésor public les moyens de subsister*. Sous son épiscopat le territoire du pays Nantais, séparé du Poitou par la Loire, reçut une nouvelle démarcation.

MARCUS, MARSUS ou MARCiUS, n'est connu que par les catalogues. On prétend qu'il abdiqua l'épiscopat, et qu'il se relira dans une solitude à Bais, diocèse de Rennes. Nous sommes persuadés que saint Mars de Bais est différent de l'évêque de Nantes; mais nous croirons volontiers <jue cet évêque a reçu autrefois un culte religieux dans son «liocèse, et que c'est lui qui a donné son nom aux diverses paroisses de Saint- Mars que renferme le diocèse de Nantes. Ce culte ayant été ou abandonné ou défendu, on a substitué, comme patron de ces paroisses, saint Médard à saint

» Travers regrette que Dom Ruinart n'ait pas vu les anciens Bréviaires de Nantes avant de publier tes Actes de ces saints martyrs, « Leurs A< tes sont bons, dit-il ; mais ils seraient beaucoup plus corrects et plus entiers, si ce savant avait eu cette ressource. »

n l'oyez son article, Fies des Saints de Bretagne, t. ltr, p. 19. # 8 On dit qu'il fut un des évêques qui tirent partie du concile de Ri mini en 350; mais on ne peut en avoir la preuve, car le- noms de? P«vres de ce concile ne te trouvent pas i la fin de ses Actes.

Mars. Le nom abrégé de ce premier n'est pas saint Mars, c'est saint Mard1.

ARISIUS ou ARISTUS fut le successeur de Marsus. Le P. Albert le Grand prétend que cet évêque, qui paraît avoir vécu jusqu'au commencement du ve siècle, établit les paroisses d'Oudon, Donges et Cordemais; mais cet écrivain n'en fournit aucune preuve.

MSIDERIUS tenait le siège de Nantes vers le milieu du Ve siècle ; c'est à lui que Léon de Bourges, Eustochius de Tours et Victurus du Mans adressèrent une lettre circulaire a

LÉON assista au concile tenu à Angers par l'archevêque Eustochius, pour l'ordination de Talasius.

EUSÈBE souscrivit au concile tenu à Tours, en461, par l'archevêque saint Perpet. Travers croit Eusèbe l'auteur d'homélies publiées par un évêque des Gaules de ce nom.

NONNECHIUS 1« ou NUNECHIUS* assista au concile assemblé ù Vannes pour l'ordination de saint Patern. Les uns mettent ce concile en 463, les autres en 465 3. Saint Sidoine donne à Nonnechius la qualité de pape, et en parle comme d'un prélat de grand mérite.

CARMUNDUS, ou KARIUNDUS, ou CARMUDDS. On croit qu'il était Saxon ou Breton d'origine.

CERIM1US ou CERNIC1US. Il fonda l'église de Saint- Clément de Nantes. U paraît que ce fut sous son épiscopat que les Saxons, sous la conduite de Chilon, firent le siège de Nantes.

' Le Martyrologe de Paris fait mention au 21 juin d'un saint Mars, éTéque de Nantes, et le place au milieu du \i9 siècle; mais c'est une erreur : Nantes n'a pas eu d'evéque de ce nom à cette époque.

* Le P. Sirmoud croit que cette lettre est le résultat d'un concile tenu à Angers en 453. Travers pense au contraire que ce concile fut tenu à Bourges en 451. En effet, le P. Petau en marque un dans les Gaules •ous l'an 451, et il conjecture que ce fut à Arles ; mais Léon de Bourges étant à la tétc desévéques qui écrivirent la lettre circulaire, il est plus naturel de penser que ce concile fut tenu à Bourges ; cependant Tillemont suppose qu'il fut tenu à Arles en 453, et présidé par Bavenne, • évêque de cette ville, quoiqu'il n'eût signé que le dernier. . « Labbe, t. 4, Conc.

5 C'est cette dernière date qui a été adoptée par le savant P. Richard , auteur de V Analyse des Conciles.

CLEMENT, CLEMATIUS, CLEMARIUS ou CLEMA- NUS, n'est presque pas connu. On dit qu'il fonda l'église de Saint Saturnin de Nantes. Picrou remplaça, dit-on, Clément, et assista au concile d'Agde, tenu en 506; mais son existence comme évèque de Nantes n est nullement certaine.

EPIPHANE fut placé sur le siège épiscopal vers Tan 509. 11 souscrivit au premier concile d'Orléans, tenn en 514 a. II joignait à une naissance illustre une vie régulière; il était très-charitable, et donnait l'exemple de la piété.

EUMERIUS, ou mieux EVHÉMERUS, assista aux conciles d'Orléans assemblés en 555, 558 et 541 Fortunat de Poitiers fait un grand éloge de ce prélat dans l'épitaphe qu'il lui a dressée, et qui se trouve au livre 4e de ses poésies. Ce fut Evhémerus qui entreprit la construction de sa cathédrale, que son successeur acheva.

Saint FÉLIX succéda à Eumerius, suivant Fortunat de Poitiers, auteur contemporain. Il fut sacré en 550, et mourut le 8 janvier 583, la trente-troisième année de son épiscopat, comme l'a remarqué Grégoire de Tours. Le P. Le Cointe ne lui donne cependant que trente ans d'épiscopat. Félix était originaire du diocèse de Bourges, et d'une famille distinguée. L'innocence et l'intégrité de ses mœurs, sa science, son amour pour les pauvres, et son zèle pour le salut des âmes, lui acquirent l'estime de lout le monde, même de l'impie Canao. Il sauva la vie à Macliau, que ce tyran, voulait faire mourir. Son nom se lit dans les souscriptions du concile de Tours, en 567, et dans celles du concile de Paris de l'an 573. Fortunat a fait plusieurs pièces de vers à la louange de saint Félix e.

NONNECHIUS ou NONNICHIUS II fut le successeur de Félix, suivant Grégoire de Tours d. Il était cousin de ce saint, et l'on croit qu'il fut nommé par Childebert, roi de France, qui était alors maître de la ville de Nantes. La peste désola Nantes sous son épiscopat; mais Grégoire de Tours assure

« Labbe, t. 4, Conc

b Labbp, t. 4 et 5, Conc. Greg. TuroD., t. 5, Conc. Martène, t. 6, Collect.Ms., p. 935.

* Voyez sa vie parmi celles des Saints de Bretagne, t. 2. <t Greg. Turon., p. 361.

DIOCÈSE DE NANTES. 0\f

qu'elle cessa dès qu'on eut fait les processions que Nonnechius avait ordonnées pour obtenir la fin de ce fléau.

SOPHRONIUS ou EUPRONiyS tenait le siège de Nante* en 599 et en 610°, lorsque saint Colomban y vint pour passer en Irlande. Il reçut très-mal ce saint abbé, par ménagement pour lé roi Théodoric; mais deux femmes de piété suppléèrent au défaut de leur évêque, et exercèrent l'hospitalité envers le serviteur de Dieu.

LEOBARDUS ou LEOPARDUS fut promu à l'épiscopat en 625, selon Jean iWaan*, et assista au premier concile de Reims c, tenu la même année ', et auquel se trouvèrent, entre autres, onze métropolitains, du nombre desquels on comptait Modégisile de Tours, dont Léobardus était suffragant.

TAJJR1NUS, autrement THURINUS, fut le successeur de Léobardus dans le siège de Nantes. Il paraît qu'il Toccupa peu de temps.

jSERAPIUS ou SALAPIUS souscrivit à la charie donnée, l'an 631, à saint Elpi pour Solignac. Ne pouvant assister au concile indiqué à Châions l'an 650, il y envoya son archidiacre Chàddon, qui souscrivit en son nom. II y eut un concile à Nantes, l'an 658, sur la discipline ecclésiastique ; mais il ne nous reste aucune souscription de cette assemblée.

HAIRCO, HARCO oit HAITTO, n'est connu que par les catalogues. •

Saint PASCARIUS, PASCHASIUS ou POSCHERIUS <*, nommé communément Pascaire et Pasquier, est honoré le 10 juillet*. Les modernes le font vivre sous le règne du roi Dagobert ; mais Bollandus prétend qu'il vivait sous Thierri. Ce saint prélat fonda le monastère d'Aindre sur

a Adrian. Vales., liv. 2, p. 547.

b Historia Ecclesiœ Turonensis.

c T. 5, Conc.

1 Le P. Richard place ce concile en 625, et nous croyons que cette date est la meilleure.

d Labbe, t. 5 et 6, Concil. Gall. christ., U 2, p. 187, inter instrum.

« Bollandus, in notis ad vitam S. Ansbcrti, t. 2 februarii, Jeta S. Hermelandi.

les bords de la Loire un peu au-dessous de Nantes, et y établit pour abbé saint Hermeland Cette abbaye fut détruite par les Normands au rxe siècle *. Le saint évêque de Nantes mourut vers Fan 680 2.

TAURIN succéda à saint Pasquier, suiyant Bollandus a, et assista au concile de Rouen Tan 682.

AGATHÉE *, comte de Nantes et de Rennes, fut du nombre de ces évêques d'épée que les rois de France gratifièrent de revenus ecclésiastiques en reconnaissance des services qu'ils leur avaient rendus. C'était un abus que toutes les lois condamnaient, mais qui ne fut que trop commun sous le règne de ^Charles Martel, comme l'a remarqué FJodoard.

AMELON, AMNON ou AMITHON, succède à Agathée dans tous les catalogues ; mais il n'eut pas d'autre caractère que son prédécesseur, suivant un manuscrit de la bibliothèque de la reine de Suède : Amelo vocatus, sed non episcopus.

Saint EMILIEN, nommé aussi saint MILLAN, paraît avoir été le successeur d' Agathée dans le siège épiscopal de Nantes. Il était natif du pays, bien fait et avait la parole douce. II s'était rendu recommandable par sa tendre corn-

1 Voyez la vie de saint Hermeland, Vies des Saints de Bretagne, t. 2. Nous Tenons d'apprendre, depuis l'impression de ce second volume, que les reliques de ce saint sont encore conservées dans l'ancienne église collégiale, aujourd'hui paroissiale de Loches, diocèse de Tours.

» Voyez la vie de saint Pasquier, parmi celles des Saints de Bretagne, t. 2, p. 242.

' C'est par erreur que nous avons fixé, Fies des Saints de Bretagne, t. 2, la mort de saint Pasquier à Tannée 749 ; nous voulions mettre 649 ; mais, quoique le bréviaire actuel de Nantes indique' cette date, nous la croyons fausse, car le monastère d'Aindre ne fut fondé par saint Pasquier qu'en 676, suivant Mabillon et fiulteau; il avait donc prolongé sa carrière jusqu'à cette époque. Ce qui prouve que la date adoptée \ ir ces savant* est la véritable, c'est que saint Hermeland ne mourut qu'en 720 environ, quarante-quatre ans après la fondation de «on monastère, et qu'il était déjà un peu âgé lorsqu'il se rendit à Nantes, ayant été sur le point de se marier à la cour avant sa retraite, et ayant passé ensuite plusieurs années dans le monastère de Fontenellc.

« Bollandus, in notis ad vitam S. Ansberti% t. 2 feèruarii, Jeta S. Hermelandi.

* Lib. 2, cap. 12, Acta S. Hermelandi.

passion, son affabilité, ses mœurs irréprochables et son zèle pour la conservation de la foi. Ayant appris l'invasion des Sarrasins en Bourgogne, ce saint prélat réunit les principaux habitants de son diocèse, et les décida, par ses paroles éloquentes, à marcher contre les ennemis de la religion et de la France. 11 se mit à leur tête, et, s'étant trouvé dans un engagement contre ces barbares, il y périt vers Tan 726 a. La cause pour laquelle il mourut étant celle de la religion, on l'honore comme martyr le 25 juin.

SALVI b se trouva à la bataille donnée par Charles Martel aux Sarrasins, Tan 731.

DEOMARD ou DEOTMARD assista au concile de Compiègne en 757.

ODILHARD • ou ODILARD est nommé dans une donation faite au monastère de Prum par Charlemagne, en 797. Ce prélat jouissait d'une certaine considération auprès du monarque, qui l'employa dans quelques négociations. Quelques auteurs donnent à Odilard le titre de saint, et l'abbé Chastelain, qui place sa mort à l'an 814 environ, met sa fête au 14 septembre; mais il ne paraît pas qu'il ait jamais reçu aucun culte en Bretagne ; néanmoins ce titre est une preuve de sa vertu.

* ALAIN, AL MA M ou ALMAIN d, est connu par la réception bienveillante qu'il fit à saint Benoît de Marcerac, venu d'Orient pour chercher une solitude en Bretagne. Travers croit que cet évê<fue est le même qu'on honorait autrefois comme saint à Quimper, sans connaître rien de son histoire, et qu'on honore encore en Anjou sous le nom de saint Alman.

ATT ON souscrivit au concile de Paris en 829, et à celui de Sens en 833 Il était originaire d'Allemagne et trèsattaché à l'empereur Louis le Débonnaire ; aussi resta-t-il étranger aux intrigues dont ce prince devint la victime.

DRUTEARD ou TRUTGARD tenait le siège de Nantes en 834 et 835.

« Voyez sa vie, tome 2, p. 218 des y tes des Saints de Bretagne. b Travers, Histoire des évéques de Nantes. 6 Martène, Collect.y M s., p. 51.

* Sirmund., Conc. Gai lut: Jeta SS . Ben. sœculo lî't part. 1, p. 578.

* Il n'y eut pas de concile à Sens à cette époque.

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