‹ Vies des saints de BretagneChapitre 57 sur 130 · ABBAYE DE BEAULIEU · texte numérisé non relu

ABBAYE DE BEAULIEU

ministère, du cardinal de Richelieu, et il y mourut après avoir été obligé de se démettre de son abbaye en 1628.

Claude-Philippe Le Clerc Du Tremblai, prit possession de l'abbaye le 18 juin 1628, étant encore écolier de l'université de Nantes. Il était né à Paris d'une ancienne famille, et devenue illustre par divers emplois dont le roi l'avait honorée. Son père était gouverneur de la Bastille et trèsproche parent du fameux P. Joseph, Capucin, qui eut tant de part au gouvernement sous le ministère du cardinal de Richelieu. Soutenu d'une telle faveur, Claude obtint encore l'abbaye de Mondée, au diocèse de Bayeùx, et fut fait dans la suite chanoine de Notre-Dame de Paris, conseiller ëfc aumônier du roi. Le pape ayant refusé le chapeau de cardinal au P. Joseph, offrit de le donner à l'abbé de Beaulieu, son neveu; mais le Toi, qui avait demandé cette faveur pour l'oncle, ne jugea pas à propos d'en faire jouir lé neveu. Claude introduisit la réforme de sainte Geneviève dans son abbaye le 21 août 1659, et mourut le 5 septembre 1704, âgé de quatre-vingt-onze ans. il fut inhumé tians i'églisé de Notre-Dame de Paris, comme ancien chanoine de cette métropole. Il était à sa mort le seul bénéficier de France qui eût été nommé par Louis XllI.

Edouard Bargedé, chanoine, chantre et grand vicaire de Nevers, fut nommé, le 1er novembre 1704, abbé de Beaulieu. Ayant été l'année suivante placé sur le siège de Nevers, il remit au roi son abbaye ; ce prélat mourut en 1719.

N Boterel de La Bretonniêre, originaire de Bretagne, fut pourvu de l'abbaye sur la démission du précédent.

N. Tiercent de Ruellant, chanoine et grand vicaire de Rennes, fut nommé en 1738.

N. de Montlouet, grand vicaire de Dol, obtint l'abbaye de Beaulieu en 1749, et la conserva jusqu'à l'année 1755, qui fut sans doute celle de sa mort.

N. de Pois tu al, vicaire général de Vannes, devint abbé de Beaulieu en 1755, et en jouit jusqu'en 1789, l'année ttë

sa mort. Il n'eut pas de successeur, l'Assemblée nationale ayant dès cette même année décrété la spoliation de l'Eglise de France.

ABBATE de NOTRE-DAME DE PAINPONT

Cette maison, qui donnait son nom à une paroisse et qui se trouvait dans le diocèse de Saint-Malo, était originairement une dépendance de l'abbaye de Saint-Meen de Gaël, habitée par des religieux bénédictins. Tuai, qui en était prieur à la fin du xne siècle, fut fait abbé de Saint-Jacques de Montfort, nonobstant les oppositions que les chanoines formèrent à sa nomination. Devenu paisible possesseur de cette abbaye, il prit la résolution de soustraire le monastère de Painpont à la juridiction de l'abbé de Saint-Meen et d'y établir des chanoines réguliers : le pape Innocent III lui en accorda la permission, ainsi que Pierre Giraud, évêque de Saint-Malo, mais on ne sait précisément en quelle année s'opéra ce changement. Cette abbaye était fondée pour onze chanoines réguliers, et donnait à l'abbé un revenu annuel de quatre mille francs. Son église est devenue paroissiale.

CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS

Geoffroy, surnommé Le Porc, fut le premier abbé de Painpont: sa mort est marquée dans le nécrologe au 19 janvier.

1 Abbatia Partis pontis et Beatœ Mariœ de Panepontis.

L'uiage ordinaire est d'écrire le nom de cette abbaye comme il se trouve ici, ou de substituer Y m à Vn dans la première syllabe; mais nous croyons que telle n'est pas la véritable orthographe, et qu'il faudrait écrire Penpont, comme le fait Albert le Grand. Ce lieu étant très-ancien, point de doute qu'il n'ait eu un nom breton ; or, pen et pont sont deux mots de cette langue qui, réunis, signifient tête ou bout du pont, ce qui indique la situation de l'abbaye près de la rivière d'Aph.

ABBAYE DE PAINPONT. 533

David mourut le 9 juin, selon le nécrologe de son abbaye. Jean Le Bouc mourut le 13 février, selon le même nécrologe.

Guillaume Vezin transigea au mois de mars 1230 avec l'abbé de Saint-Melaine pour la chapelle de Trescoet dans la paroisse de Plelan. Il fonda en i231, pour un chanoine régulier, le prieuré de Saint-Martin dans l'église de Rennes. Sa mort arriva le 21 janvier.

Robert Gouyon mourut le 18 septembre, selon le môme nécrologe.

Jean de Bocat ou Boxât nomma en 1285 Jean, ûls aîné d'Arthur, duc de Bretagne, en qualité de parrain. Cette cérémonie fut faite dans l'abbaye de Saint-Florent-le-Vieil par Durand, évèque de Nantes. Jean mourut le 15 mai, selon le nécrologe de son abbaye.

Mathieu transigea en 1314 avec le chapitre de Rennes pour les dîmes de la paroisse de Messac. On ne sait pas Tannée de sa mort ; le jour en est marqué dans le nécrologe au 1er septembre.

Olivier Guiho afîéagea quelques terres en 1336.

Geoffroi DuPlexis prêta, le jeudi après la fête de saint Aubin en 1342, soixante florins d'or à l'écu, à Raoul, sire de Montfort, chevalier. Sa mort est marquée dans le nécrologe au 27 juillet.

Guillaume de Goicimadre permit en 1368 à Raoul, sire de Montfort, de lever quelques impositions sur les vassaux de son abbaye, mais à condition qu'elles ne tireraient point à conséquence pour l'avenir, et qu elles ne lui donneraient aucun droit sur ses sujets. Sa mort est marquée dans le nécrologe au 15 novembre. C'est peut-être lui qui assista aux Etats tenus à Nantes en 1389.

Guillaume Guiho transigea en 1379 avec Aubin, abbé de Pontron, pour quelques vignes qui étaient contestées par leurs maisons. 11 fit unir en 1399 le prieuré de Breu à la mense de son monastère, et fut transféré à Montfort en

534 l'église de bretagnè.

Raoul Guiho succéda à Guillaume, son parent, en 1402. Il eut quelques différends avec Raoul, sire de Montfort, qui lui disputait le droit d'usage dans la forêt de Brécilien ; mais il fut maintenu dans son droit par sentence rendue à Ploermel en 1405. Sa mort est marquée au 18 juin 1407, dans les nécrologes de Painpont et de Montfort.

Olivier Guiho fut élu en 1407, et rendit aveu au duc en 1411 pour les biens de son abbaye,' situés sous le ressort de Ploermel. Il fit compiler les statuts synodaux du diocèse de Saint-Malo et reconstruire les édifices de son abbaye, qui tombaient en ruines. La nécrologe met sa mort au 85 février 14^2.

Gui de Coetlogon, abbé de Saint-Jean-des-Prés, fut transféré à Painpont en 1452, et mourut le 31 août 1472.

Après la mort de Gui de Coetlogon, le pape Sixte IV conféra de son propre mouvement l'abbaye de Painpont à Pierre, cardinal du titre de Saint-Sixte, son confident ; mais ce prélat ne 0t pas beaucoup de cas du présent du pontife, e|; céda tous ses droits au suivant.

Michel Le Sénéchal, fils de Raoul Le Sénéchal et de Catherine de Coetlogon, fut pourvu de l'abbaye en 1473, sur la cession du cardinal de Saint-Sixte. La duchesse Anne le mit au nombre des ambassadeurs qu'elle envoya à Tournai en 1490, pour y régler ses différends avec la France. Il mourut le 20 mars 1501, selon le nécrologe de son abbaye.

Pierre Du Plexis, de la maison Du Plexis-Mauron, fut élu après la mort de Michel le Sénéchal par ses confrères; mais, après avoir longtemps disputé l'abbaye à René Hamon, il la lui céda en se réservant une modique pension.

René Hamon, protonotaire du saint Siège, obtint l'abbaye en commende le 16 avril 4551, et mourut en 1521. Il était de la maison de Rouvet, dont était chef alors messire François Hamon, seigneur de Bouvet, vice-amiral de Bretagne.

Louis Du Tertre présenta son placet à la chancellerie le 16 novembre 1521 pour y faire enregistrer les bulles de l'abbaye de Painpont qu'il avait obtenues. Il vivait encore le 14 octobre 1528.

ABBAYE DE PAINPONT. 535

François de Laval, évéque de J >ol , prit possession de l'abbaye de Painpont le 11 novembre 1530, et mourut le 1" juillet 1554.

Germain Le Vaillant de Quelis, fils de Jean, conseiller au grand conseil, fut pourvu de l'abbaye de Painpont en 1554, élu conseiller-clerc au Parlement de Paris le 4 septembre 1556, et sacré évéque d'Orléans en 1586. Il y a apparence qu'il se démit la même année de son abbaye, pour laquelle il avait fait serment de fidélité en 1561 et 1577,

Denis Hcratjlt, neveu du chancelier de Ghiverni, fut nommé à l'évéché d'Orléans en 1586; mais il céda son droit à Germain Le Vaillant, qui se démit en sa faveur de l'abbaye de Painpont; Hurault la tint jusqu'en 1590.

Pierre Hervé fut pourvu en 1590 et se démit le 4 octobre 1608 en faveur du suivant.

Sébastien de Rosmadec, religieux de Saint-Germain-des- Prés, fut pourvu en 1608, sur la démission de son prédécesseur. Le clergé de Bretagne le députa aux États généraux assemblés à Paris en 1614. Il permuta son abbaye avec l'évéché de Vannes en 1622.

Jacques Martin, évéque de Vannes, permuta en 1622 son évêché avec l'abbaye de Painpont, et se retira à Paris, où il mourut le 12 janvier 1624.

Bernard de Sariac, ancien agent du clergé, fut nommé à l'abbaye de Painpont en 1624 et en prit possession le 24 juin de la même année. Il introduisit la réforme de Sainte-Geneviève dans sa maison en 1649, et mourut au mois de juin 1656.

Gharles de Rosmadec, évéque de Vannes, fut nommé à l'abbaye de Painpont en 1649 et transféré sur le siège de Tours en 1671. Il mourut aux eaux de Bourbon dans le mois d'avril 1672.

François Robert, conseiller-clerc au Parlement de Paris, fut nommé en 1672.

Henri-Constance de Lort.de Serignan db Valras, agent

général du clergé, fut pourvu de l'abbaye de Painpont en 1722 et sacré évêque de Maçon le 27 juillet 1732. Il termina sa carrière le 8 novembre 1763.

N. Du Breil de Rays, Breton, fut nommé le 8 septembre 1743 et posséda l'abbaye jusqu'en 1772. Il était vicaire gênerai de Tréguier et avait aussi l'abbaye de Saint- Jacut.

N. Le Dall de TroHelin, d'une famille noble de Basse- Bretagne, premier archidiacre de Tréguier, fut nommé abbé commendataire de Painpont en 1773, et conserva cette abbaye jusqu'en 1781 qu'il s'en démit, lorsqu'il obtint celle de Mureaux, de l'ordre de Prémontré, dans le diocèse de Tool. Après avoir éié déporté en Angleterre pendant la révolution, M. de Tromelin devint chanoine de baint-Brieuc en 1805, et mourut subitement dans cette ville le 9 juin 1808. C'était un ecclésiastique très-respectable. r

Charles-Guillaume-Cardin Morin Du Marais, de Lisieux, chanoine de l'église de Paris, nommé à Painpont en 1781, en fut le dernier abbé. II mourut le 29 avril 1804.

ABBAYE de NOTRE-DAME DE BEAUPORT

Cette abbaye, située dans la paroisse de Plouezec, diocèse de Saint-Brieuc, et dont la mer baignait les murs, fat fondée en 1202 par Alain, seigneur de Goello et comte de Penthièvre, fils de Henri, de l'illustre maison des ducs de Bretagne. Après avoir fait construire les bâtiments nécessaires, Alain la dota richement, comme on peut le voir dans la bulle d'Innocent III qui confirma cette fondation. La même année on y introduisit pour la desservir une colonie de religieux Prémontrés qu'on tira de l'abbaye de La Luzerne, diocèse d'Avranches. Josselin, évèque deSaint-

' Abbatia lieatœ Maria: de lîellu porto.

ABBAYE DE BEACPORT

Brieuc, vit cette fondation avec plaisir, reçut les religieux avec bienveillance et les employa dans son diocèse '.

Il n'en fut pas de même de Jean Meschin ou de La Mouche, évéque de Dol. Alain premièrement avait fondé dans le diocèse de Dol un monastère de Saint-Rion pour des Victorins. Ces religieux, sans doute ne s'y trouvant pas bien, l'avaient abandonné; et Alain, voyant qu'il n'était plus habité, en avait réuni la donation à l'abbaye de Beauport. Cette disposition contrariait de La Mouche, qui croyait que les religieux pourraient y revenir. L'évêque se plaignait en outre de ce qu'Alain avait donné à Beauport le patronage de trois cures, situées dans le diocèse de Dol, d'où il s'ensuivait qu'une partie de ses ouailles se trouveraient confiées à des étrangers.

Ce mécontentement néanmoins dura peu. L'évêque de Dol fut si satisfait de la manière dont les Prémontrés se conduisirent, qu'il ne put leur refuser son estime. Il loua la libéralité d'Alain en leur faveur, et approuva ce qu'il avait fait. Pour donner même à ces religieux une marque de sa bienveillance, il fit présent à l'abbaye de Beauport du chef de saint Maudet, extrêmement révéré dans le pays, et dont les reliques attiraient un grand concours de peuple. Les religieux de Beauport, jusque dans les derniers temps, avaient conservé la mémoire de ce bienfait, et célébraient encore la fête de ce saint le 18 novembre avec beaucoup de solennité.

1 Nous pensons que ce monastère de Saint-Rion, situé dans l'Ile de Carohénes, était une ancienne maison religieuse qui se trouvait dans l'Ile de Bréhat, autrefois du diocèse de Dol. C'est d'après ce sentiment que nous nous écartons ici de D. Morice pour suivre la note que nous a fournie feu M. Lecuy, abbé, général de Prémontré, mort chanoine de l'église de Paris le 22 avril 1834, à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans. Il avait tiré cette note des annales de son ordre; elle nous a paru conforme à la vérité. Il s'ensuit que la bulle d'Innocent III, publié par D. M«»rice, t. 1er des Mémoires pour servir à l'histoire de Bretagne, p. 732, ne regarde pas l'abbaye de Beauport, comme cet écrivain le croit, mais bien celle de l'Ile de Carohénes; ce qui est d'autant plus admissible que Beauport était en terre ferme, et que cette bulle est adressée Willelmo abbati Sancti Rioni in insuld Carohénes. 11 est à croire que cette abbaje de Saint-Rion fut transférée en terre ferme, à Beauport, a peu près à celte époque. Caro enès sont deux mots bretons qui signifient cerf et Ile.

338 i/eglise de Bretagne.

Conan , frère d'Alain, imita sa libéralité envers l'abbaye de Beauport, et voulut aussi la doter. Il lui donna son château de Ravendale et beaucoup de biens qu'il possédait en Angleterre, dans le diocèse de Lincoln. Il y joignit le patronage de neuf cures qui dépendaient de lui. Innocent III approuva aussi cette donation, et permit par une bulle à l'abbé de Beauport d'envoyer pour desservir ces paroisses ceux de ses religieux qui savaient la langue du pays.

L'abbaye de Beauport n'eut pas également à se louer de quelques évêques de Saint-Brieuc, qui voyaient avec déplaisir les exemptions et Jes privilèges que les papes avaient accordés à l'ordre auquel l'abbaye appartenait. L'un d'eux, vers 1246, ôta aux religieux de Beauport l'administration des cures qui étaient dans son diocèse, dont néanmoins le patronage leur appartenait, et quoiqu'ils les desservissent d'une manière irréprochable; aussi s'empressa-t-il de réparer cette injustice en renvoyant les ecclésiastiques séculiers qu'il leur avait substitués.

Mais un autre évêque, nommé Jean d'Avaugour, soutint les mêmes prétentions, et y tint opiniâtrément. Il fit même emprisonner l'abbé, que cela n'intimida point. Cet abbé, le dix-neuvièmedans la liste des abbés de Beauport, se nommait Jean Boschier. Il défendit avec courage les privilèges de son ordre et les immunités de son abbaye. La persécution fut longue. Quoique Boschier eût obtenu plusieurs jugements en faveur de sa cause, et qu'Alexandre V et Jean XXIII se fussent prononcés contre l'évêque,les procès continuèrent de se succéder; ce ne fut qu'en 1433, sous Eugène IV, que tout fut terminé, ce pape ayant ordonné l'exécution des jugements rendus par ses prédécesseurs.

Jean V, duc de Bretagne, avait en grande estime l'abbé Boschier et visitait fréquemment l'abbaye de Beauport. II faillit d'y être surpris en 1420 par Olivier, comte de Penthièvre, qui, sachant qu'il devait s'y rendre, était venu lui dresser des embûches, dans lesquelles il serait infailliblement tombé, si, par un heureux hasard, quelque événement n'avait dérangé le projet qu'il avait formé de venir coucher à l'abbaye.

L'abbaye de Beauport était fondée pour vingt-cinq reli-

ABBAYE DE BEACPORT. 359

gieux ; elle avait un noviciat, desservait quatorze paroisses dans divers diocèses, et avant la réformation, neuf en Angleterre, dans le diocèse de Lincoln. Les recteurs qu'elle fournissait jouissaient généralement de la réputation de pasteurs zélés, instruits et soigneux de leurs troupeaux.

On voyait dans le sanctuaire de l'abbaye de Beauport deux monuments qui renfermaient les corps d'Alain et de son épouse, fondateurs du monastère

CATALOGUE HISTORIQUE DES ABBÉS

Raoul a été le premier abbé de Beauport. Il avait été tiré de l'abbaye d'Ardenne, ordre de Prémontré, dans le diocèse d'Avranches, près de Caen.

Simon fut un des exécuteurs testamentaires de Guillaume le Borgne, sénéchal de Goello, mort en 1215. On ne sait pas l'année de son décès ; mais le jour en est marqué au 25 juin dans le nécrologe de son abbaye.

Roger mourut le 15 mai, suivant le nécrologe de son abbaye.

Henri ou Hervé céda en 1249 aux chanoines de Sainte- Croix de Guingamp tous ses droits sur les dîmes de Pordic, et ces derniers lui cédèrent tous leurs droits sur celles de Plouezec.

Robert est indiqué comme abbé de Beauport dans un accord daté de l'an 1269, et qui était conservé dans les archives de Blain.

Michel Binien ou Bivien, ou Vivien était lié d'amitié avec saint Yves et l'assista à ses derniers moments. Il mourut

1 11 s'en trouvait un troisième dans la salle capitulaire, où l'on prétendait qu'avaient été déposés les restes de Jeanne de Bretagne, comtesse de Goello, issue par sa mère du fondateur de Beauport. Cette tradition, passée d'âge en âge, et conservée à Beauport, est contestée par quelques auteurs qui ont écrit sur la Bretagne, et qui assurent que cette dame avait été inhumée dans le chœur des Gordeliers de Guingamp, en 1384.

* Guillaume parait avoir été abbé avant la fondation de Beauport. Ce fut lui qui obtint en 1198 une bulle du pape Innocent III, par laquelle ce pontife prend sous sa protection le monastère de Saint-Rion dans l'Ile de Carohènes et les religieux de Saint-Victor qui y étaient établis.

le 4 octobre 1504, selon le nécrologe de son abbaye.

Jean de Terre de Humo mourut le 13 octobre, suivant le même nécrologe.

Michel Gautier mourut le 19 octobre, selon le même nécrologe.

Guillaume de Pomherit mourut le 10 novembre 1355, suivant le même nécrologe.

André Le Feutre fut appelé aux informations faites en 1350 pour la canonisation de saint Yves. Il déposa en cette qualité qu'il avait été miraculeusement guéri par l'invocation du saint d'une fièvre opiniâtre qu'il avait depuis quatorze mois. Il mourut le 15 avril, selon le même nécrologe.

Jean Canette mourut le 1 1 juillet, selon le même nécrologe.

Jacques Moriceau mourut le 16 avril, suivant le même nécrologe.

Jean Boschier fut élu en 1398, se démit en 1442, et mourut le 11 mai de l'année suivante, après avoir comblé de biens son monastère. Son attachement à la maison de Penthièvre le rendit suspect au duc Jean Y, qui le fit artêter en 1424, et nomma des commissaires pour entendre les témoins assignés contre lui; mais il se justifia des accusations, et fut renvoyé à son abbaye.

Pierre Hoet, docteur en décret, fut élu en 1442. Appelé à l'information des miracles de saint Yincent Ferrier par le cardinal de Goetivy, légat du saint Siège, il en obtint la permission de porter la mitre et les autres ornements pontificaux, et vivait encore en 1470. Son décès est marqué au 21 avril dans le nécrologe de l'abbaye

Amauri de La Roche obtint du duc, pour son abbaye, une sauvegarde datée du 28 février 1487.

* De son temps vivait à Beauport un religieux-pretre d'une grande piété, nonioié Bellucc, qui mourut en 14G4. Si l'on en croyait le nécrologe de Beauport, il aurait fait après sa mort plusieurs apparitions, comme si, dit le même nécrologe, il Tenait demander à être canonisé : Quasi pet fret canonizari.

ABBAYE DE BEAUPORT. Ml

Robert de La Vallée fut pourvu parle pape Innocent VIII en 1490, et mourut le 9 septembre 1498.

Jean Le Bigot fut élu en 1498 et mourut le 4 mars 1540. Il était Breton et frère de Jean Le Bigot, seigneur de La Villebougault, mort en 1502.

Jacques d'ANNEBAcr, fils du connétable héréditaire de Normandie, paraît avoir été le premier abbé commendataire de Beauport. Il se démit de cette abbaye lorsqu'il fut en 1539 élevé sur le siège épiscopal de Lisieux. Il devint cardinal du titre de Sainte-Susanne, et mourut le 7 juin 4558».

Gilles Quemper de Lanascol, chanoine de Notre-Dame de Nantes, fut fait coadjuteur de Beauport en 1536 et prêta serment de fidélité au roi en cette qualité le 16 octobre 1539. Le titre d'abbé commendataire que lui donne le procès-verbal de la réformation de la coutume suppose que son prédécesseur s'était démis entièrement. Il mourut le 4 mars 1516, suivant le nécrologe de son abbaye.

Simon de Maillé fit serment de fidélité au roi pour l'abbaye de Beauport en 1551.

Charles Contin prêta le même serment en 1577, le 7 août.

Torquat de Gondy succéda à Contin, si Ton en croit le P. Albert; mais il y a apparence que les copistes ont mal lu les noms, et qu'ils ont pris Gondy pour Contin.

Claude de La Rochepozat fit serment de fidélité par procureur pour l'abbaye, vacante par la résignation de messire Charles Treguate de Contin, le 12 août 1581, et obtint mainlevée de son temporel, suivant Padioleau.

Ferdinand Ciiasteigner de La Rochepozay, fils d'un ambassadeur de France à Rome, fut pourvu en 1603, prêta . serment de fidélité au roi et mourut à Paris en 1607, à l'âge de vingt-huit ans et pendant qu'il y étudiait en théologie.

Nicolas David prêta le même serment eu 1618.

' D. Morice n'a pas connu cet abbé de Beauport.

342 l'église de Bretagne.

Louis Chastbigner de La Rochepozay, selon MM. de Sainte-Marthe, mourut en 1657. Il était aussi abbé de la Merci-Dieu, de la Grenetièfé, de Preuilly et d'Abun en Limousin.

Charles Chasteigner de La Rochepozay se trouve dans le P. Albert ; mais c'est par erreur, et MM. de Sainte-Marthe Font omis. Charles était marié.

Anne Chasteigner dé La Rochepozay, frère puîné de Louis, fut pourvu de l'abbaye de Beauport à l'âge de douze ans, en 1657, après la mort de son frère, et posséda toutes ses autres abbayes ; il vivait encore en 1669.

Henri-Achille de La Rochefoucault, fils du duc de ce nom, pair de France, fut successivement nommé à six abbayes ; il eut celle de Beauport en 1679, et mourut en

Louis Colbert, petit-fils du grand Colbert, obtint l'abbaye et la posséda pendant quelque temps ; mais il quitta" ensuite l'état ecclésiastique et prit le parti des armes.

Alexandre de La Rochefoucault de Verteuil a, docteur de Sorbonne, prieur du Port-Dieu et de Bonne-Nouvelle de Rouen, abbé de Beauport et de Molême, mourut le 16 niai 1722. Il avait assisté aux Etats de Vitré en 1679.

Louis-François Vivet de Monclus, évêque de Saint- Brieuc, fut nommé à l'abbaye de Beauport en 1725 et transféré sur le siège d'Alais en 1744. Il mourut en 1755. Il s'était démis de son abbaye en 1746.

N. de Faut, prévôt de l'église métropolitaine de Cambray et vicaire général de ce diocèse, fut nommé le 15 octobre 1746, et posséda l'abbaye jusqu'en 1779.

N. de Goyon, vicaire général de Rouen, fut nommé abbé de Beauport en 1779, et mourut en 1785.

Alphonse-Constance de Pontevès, aumônier des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X, devint abbé de Beauport en 1785, et la conserva jusqu'en 1790. Il vit encore à Paris au moment où nous écrivons.

• Gall. christ., t. 4, p. 141.

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