SCENE II
fusai'ds!... Ils ne savent quoi inventer pour[tenter de me déshonorer...
LA FEMME
Ce ne sont pas tes ennemis... C'est elle-même qui le raconte, partout, à tout le monde... et qui s'en vante...
LE MARI
Elle ment... On la paie pour mentir...
LA FEMME
On t'a vu...
LE MARI
Où?...
LA FEMME
Ici même... dans le kiosque du jardin... plus de dix fois...
Qui m'a vu?...
Et qu'importe?...
LE MARI
Toi, sans doute?... Toi qui ne quittes jamais ta chambre?...
LA FEMME
Les malades savenltout, André... Et ce qu'ils ne savent pas, ils le devinent. Et puis, je te connais, va!... J'ai respiré ton âme... l'efTrayante odeur de ton âme... Tes regards... la voix... tes aveux... tes manies... l'exaltation de tes vices... Rappelle-loi... tout cela me revient aujour-
30 VIELX MENAGES
d'hui et j'ai peurl... Et chaque fois que j'entends sonner à la grille... c'est plus fort que moi... mon cœur ne fait qu'un bond dans ma poitrine... Il me semble que ce sont les gendarmes... Je vis dans l'angoisse... dans la terreur de ce qui peut arriver... Comme si je n'avais pas assez de malheurs sur moi, mon Dieu!... [Elle essuie quelques lormes.) Mais proteste... dis donc quelque chose!... Tu es là maintenant... comme une borne!...
Que veux-tu que je dise?... Contre quoi veux-tu que je proteste?... Conlre toutes ces folies?... Ah! ma foi non...
LA FEMME
Tu as raison... ne dis rien... tu mentirais.
Si tu veux!... [Un silence. Le mari s'éloigne un peu de sa femme et se met à marcher sur la ternisse avec agitation.) C'est charmant!... c'est charmant!... Une femme faire cause commune avec les ennemis de son mari!... Non, vraiment, il ne me manquait plus que cela... Maintenant, c'est complet...
LA FEMME
Ne me parle pas de tes ennemis... Parle-moi plutôt de mes bonnes...
LE MARI, s' arrêtant brusquement et regardant sa femme avec une expression iqnobh\
De...?