SCENE V
LUCRETIA [seule
Quelle joie pour elle ! Un courrier de Valsent bien aimé ! Quelque chose qu'il aura touché, pesé, regardé. Une étrange sensation parcourt tout son être: il lu: semble qu'elle se trouve tout à coup en présence de Collatin; elle saute, court, gambade; puis, se ravisant, songe à ajuster son visage du mieux qu'elle peut, sa glace d'une main, sa houpette à poudre de ri:^ de l'autre; elle s'arrange, se pomponne, se sourit. Voilà qui est fait ! Il peut venir .'
Aie cas oii l'artiste préférerait la parole au geste, elle chaulerait les strophes suivantes :
Un message de lui ! Quelle ivresse Se glisse en mes veines soudain.
C'est un rayon de feu, c'est comme une caresse Mon cœur était désert, mon cœur est un jardin Où chaque fleur exhale un parfum d'allégresse
Quelque chose qui vient de lui !
Qu'il a touché de sa main tendre !
C'est une étoile dans ma nuit, Pour me permettre de l'attendre !
Il me semble qu'il va venir Qu'il est déjà dans cette enceinte, Et je m'abandonne au plaisir De son étreinte.
Mais pour qu'il soit fort au retour, Et pour qu'il m'aime ainsi que je veux être aimée,
Que la beauté prête à l'amour.
Tout le rayonnement de sa torche allumée!