‹ Vieux oursonsChapitre 24 sur 34 · LUCRETIA · texte numérisé non relu

LUCRETIA

Tu n'es plus l'affranchi ! Non, tu n'es plus Narbo ! C'est bien toi mon époux, Collatin, mâle et beau ! Les Dieux sont si puissants ! Jupiter sur un signe Pour surprendre Léda, se présentait en cygne ! Je ne peux plus ! j'ai trop lutté !... Mais parle donc !... Tu vois bien que je veux t'aimer ! Cet abandon Doit te sembler aussi d'une douceur extrême, Puisque j'ai cru rêver que tu m'aimais de même ! Es-tu muet?... Méchant ! serre-moi dans tes bras! C'est ta Lucretia, très folle, tu verras ! Très tendre ! Vois-tu pas ma bouche qui t'appelle ? Et c'est ta bouche aussi que mon désir épelle ! Mes yeux ! Je ne vois plus, tant je voudrais te voir ! Tu te tais ! Ton silence était-il à prévoir ! Je ne suis donc plus belle, ou ta tendresse est morte ! Dis! te crois-tu plus fort que je ne me sens fortç ?

Non, je n'ai pas rêvé ! Je sens dans mes cheveux Passer les mots brûlants qui chantaient tes aveux ! Narbo ! veux-tu m'aimer, ou veux- tu me combattre?

Narbo va s'abandontier, mais il aperçoit le buste de Collatin, le désigne à Lucretia et, saisissajjt les haltères, les tend à la jeune femme qui s'en sert en pleurant de rage.

LUCRETIA Un! deux! trois! quatre!

NARBO Un! deux! trois! quatre !

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