‹ Vieux SaxeChapitre 23 sur 64 · LES MÊMES, LISETTE, LISETTE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LISETTE, LISETTE

Madame! Madame la Comtesse!

LA COMTESSE

Quoi? Qu'y a-t-il, Lisette?

LISETTE

Coup imprévu! Monsieur le Comte qui revient!

LA COMTESSE

Grand Dieu!

LISETTE

Il a ouvert la grille sans bruit, et il traverse la cour à

grands pas ! ( Elle se sauve. )

LA COMTESSE

Ah Lisette, Lisette, Je suis perdue! Chevalier, sauvezmoi, je suis morte de peur!

LE CHEVALIER

Ne craignez rien, Madame. M. le Comte admettra que je lui rendre ici la visite qu'il m'a faite autrefois chez la Baronne. Ce sont là procédés de courtoisie dont il aurait mauvaise grâce à se fâcher. Et d'ailleurs, s'il lui en prenait fantaisie, nous saurions la lui faire passer.

( Tout en parlant , il défait les nœuds de rubans qui garnissent son épée. )

L HEURE DU BERGER

LA COMTF.SSE.

Ah '.Chevalier, c'est moi qui serai cause de votre mort... Ce serait folie de lui résister; il vous tuerait, il est armé jusqu'aux dents et ses gens le suivent ! Laissez-là votre excuse.

LF, CHEVALIER.

Ce n'est pas une excuse, mais une bonne et tidèle épée qui suffira à vous défendre. ( a part. ) Une surprise en bonne fortune, et un duel avec le Comte, voilà plus que je n'osais espérer pour me poser à Versailles.

LA COMTESSE

Eh bien, Chevalier, puisque notre dernière heure est venue, attendons-la dignement. Venez dans mes bras, mon bien aimé, et que le barbare, en entrant, nous trouve enlacés paisiblement dans l'innocence de nos jeunes amours.

LE CHEVALIER

Ma foi, je le veux bien, pour le particulier du spectacle !

( Il garde son épée à portée de la main. )

LA COMTESSE

Laissez donc votre épée, puisqu'il est convenu que nous n'allons pas nous défendre ! Vraiment, les hommes ne savent pas mourir. Là, venez là, plus près encore, que son fer puisse percer nos cœurs d'un seul coup!

LE CHEVALIER

Le voici !

( Ils sont étendus côte à côte. )

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