‹ Vieux SaxeChapitre 33 sur 64 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LA BARONNE, puis L'ABBÉ, FRONTIN, MARTON.

LA BARONNE

Dieu soit loué! Je croyais qu'il ne sortirait pas d'ici! La désobligeante espèce avec ses imaginations, et que je vais avoir de joie à lui prouver qu'il n'est qu'un sot.

( Elle ouvre la porte de la chambre de Frontin. ) AllonS , mon CœUr,

venez, venez vite, tout est fini cette fois. Eh bien, où donc s'est fourré ce petit Abbé qu'il ne paraisse pas incontinent? Mais j'entends du bruit, on dirait de gens qui se querellent.

L ABBE , dans le lointain.

Au voleur! au voleur!

FRONTIN, idem.

Au traître! au suborneur!

Maraud, je t'apprendrai à escalader les fenêtres!

FRONTIN

Coquin, je t'apprendrai à venir en conter à Marton!

( Ils entrent en se colletant. )

l'abbé.

Frontin !

FRONTIN

Monsieur l'Abbé!

l'abbé.

Comment, butor, c'est toi ! Je te donnerais cent coups de bâton sans la considération que je dois à ta maîtresse ! LA baronne.

Je n'y vois goutte! Qu'arrive-t-il, m'amour, qui vous échauffe tant, et vous a fait mettre à demi-nu) Je goûte fort cet empressement , mais ce n'est point chez Frontin que je vous devais rejoindre.

l'abbé.

Coquin, pendard, je te ferai pendre!

FRONTIN

Grâce, Madame la Baronne ! Grâce, Monsieur l'Abbé!

Je vous prenais pour Bourguignon, le laquais de M. le Chevalier, qui rôde toujours autour de Marton, Je suis pourtant assez misérable, et il est trop dur de me vouloir faire pendre après m'avoir ravi mon amour.

LA BARONNE

Que veux-tu dire?... Marton... ton amour? Expliquezvous, Monsieur l'Abbé.

Ah! Madame la Baronne, c'est la fatalité qui est cause de tout ceci, et ce n'est pas à moi qu'il vous faut en chicaner. A deux reprises vous trompez l'ardeur de mes plus pressants désirs, et juste quand je vois l'Empyrée s'ouvrir devant moi, vous m'envoyez rejoindre Marton!

LA BARONNE

Marton! Que venait-elle faire chez Frontin?

FRONTIN

Ah! Madame, elle avait peur, toute seule là-haut...

LA BARONNE

Et, pour respecter sa pudeur, vous alliez, de votre côté, passer la nuit chez Lisette.

MARTON , entr'ouvrant la porte.

Ah! le magot! J'en étais sûre!

LA BARONNE

Tu vois, mon enfant, quel peu de confiance il faut avoir dans les hommes, et combien il t'en coûtera d'avoir cru aux promesses de Frontin.

FRONTIN

Pardonnez-nous, Madame la Baronne.

LA BARONNE

Tant pis pour toi, Frontin, tu n'as pas pris assez de précautions!... Et tant pis pour moi... j'en ai pris trop. Frontin , fais la conduite à M. l'Abbé.

FRONTIN, effrayé.

Ah! Madame, il me veut pendre!

LA BARONNE

Reste, courageux Frontin. Marton, tu peux reconduire

M. l'Abbé. ( Elle fait une grande révérence à l'Abbé. ) MonsieUT !

l'abbé.

Sans adieu , Madame la Baronne.

LA SURPRISE DE L'AMOUR

PERSONNAGES

LE COMTE ARMAND

LA COMTESSE SILVIA

LE CHEVALIER

L'ABBÉ

LA BARONNE HORTENSE

LA MARQ.UISE.

LA DUCHESSE

LA SURPRISE DE L'AMOUR

A Paris, chez la Duchesse. — Petit salon, style Louis xv; larges portes ouvertes sur les autres salons; ameublement somptueux. Sur le devant, à droite et à gauche, deux canapés cachés par des massifs de plantes aux personnes du second plan.

Musique à diverses reprises ( menuets et gavottes ).

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