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ments nous avons extrait une série d'études qui, embrassant les principales périodes d une vie trèsaccidentée, nous ont paru de nature à donner une idée exacte du caractère et du rôle de notre personnage.
Villars a été , de la part de Saint-Simon , l'objet d'attaques si passionnées et si graves, qu'il y a, ce nous semble, un véritable intérêt historique à en contrôler la valeur. C'est ce que nous avons essayé de faire, sans autre souci que celui de la vérité. Le lecteur qui aura pris la peine de nous suivre jusqu'au bout pensera peut-être que tout n'est pas à reprendre dans le violent réquisitoire du yrand, mais partial écrivain. Si la plupart des accusations d'ordre militaire s'écroulent devant l'évidence des faits, il en est d'autres qui subsistent : certains détails du portrait tracé par Saint-Simon ne seront pas effacés. En pénétrant dans la vie d'un grand homme de guerre, on ne saurait s'attendre à n'y trouver ni défauts ni visées personnelles : ce serait mal connaître le cœur humain et se faire de grandes illusions sur les ressorts complexes qui le font agir. Villars savait sacrifier son repos et jouer gaiement sa vie pour le service du pays; il ne faisait bon marché ni de la gloire de son nom qu'il comptait fonder, ni de l'avenir de sa famille qu'il entendait établir convenablement. Mais s'il a , comme dit Saint-Simon , bien fait ses affaires, il a, comme disait Louis XIV, encore mieux fait celles de l'Etat; s'il n'a négligé aucune occasion de se faire valoir, s'il a aimé les distinctions, les
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récompenses et l'argent, il a été brave, spirituel, heureux. Fanfaron la plume à la main et dans un salon, pour les besoins de son avancement ou par entraînement de nature, Tépée à la main et devant Tennemi il redevenait réfléchi, presque modeste, audacieux sans témérité; sa bonne humeur, sa confiance en lui-même, sa verve gaillarde égayaient et enlevaient les troupes, qai aimaient à reconnaître en lui le type complet du soldat français. Ce mélange de qualités et de défauts, c'est rhomme; et quand cet homme a constamment battu l'ennemi, qu'il a arrêté l'invasion victorieuse et libéré, par l'épée, le territoire national, on est singulièrement disposé à l'indulgence et presque tenté de se demander si ses défauts n'ont pas, autant que ses qualités, été utiles à la patrie. Quoi qu'il en soit, sa correspondance le montre tel qu'il est, et après tant de controverses, ce qu'il importe à l'histoire de con~ naître, c'est le véritable Villars.
Les études qui vont suivre, nous l'espérons du moins, feront cette lumière ; elles sont sincères : tous nos efforts ont tendu à ce qu'elles fussent fidèles : elles ont été écrites d'après les sources mêmes, qu'un heureux concours de circonstances nous a permis de retrouver et d'utiliser : nous avons déjà fait connaître, dans la préface des Mémoires de Villars, l'histoire de ces documents; nous n'y reviendrons pas, si ce n'est pour renouveler l'expression de la reconnaissance dont nous sommes pénétré pour tous ceux qui ont aidé ou facilité nos recherches.
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Xoos ne pouvions songer à publier intégralement la masse considérable de docoments ainsi mise à notre disposition; nous avons fait on choix : noas avons joint à la nouvelle édition des Mémoires une série de pièces inédites extraites de la correspondance générale de \ illars, c'est-à-dire des lettres échangées par lui, soit avec le Roi, soit avec les ministres, soit avec les principaux personnages de son temps. \ous avons réservé pour le présent ouvrage les correspondances de Villars avec TEiecteur de Bavière, avec madame de Alaintenon et avec le prince Eugène de Savoie. Les deux dernières, ou du moins leurs parties essentielles, seront insérées dans le corps même du récit. Quant à la première, sauf quelques extraits intercalés dans le texte, nous lavons réunie en un seul tout que nous donnerons en appendice ; nous avons cru devoir la reproduire in exienso, en raison de la place considérable que tiennent dans la vie de Villars les relations qu'il a eues avec \Iax-Emmanuel. Nous y avons joint des extraits de la correspondance échangée entre TElecteur et le comte de Monasterol, son envoyé à la Cour de France, correspondance qui fournit de si nombreux et de si curieux détails sur les mémorables campagnes de 1702 et de 1703. Les lettres qui concernent cette période sont conservées dans les archives de la famille des comtes Tôrring ; ce riche dépdt m'a été gracieusement ouvert par son possesseur actuel, et j*ai pu y puiser laidement, guidé par le savant et obligeant docteur Rieiler.
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Afin de ne pas multiplier les citations bibliographiques, nous avons adopté un système d'abréviations pour désigner les collections dont le nom revient le plus souvent dans les notes placées au bas des pages ; en voici l'explication :
A. E. Archives du ministère des Affaires ctran<]ères, Paris. D. G. Dépôt de la Guerre, Paris.
B. \. Bibliothèque nationale, Paris. Il y existe, sous le n" 496
des Nouvelles acquisitions françaises, un volume qui contient, presque sans exception, les originaux de toutes les lettres adressées par Villars à TÉlecteur de Bavière.
A. M. Archives secrètes de la Cour de Bavière, à Munich.
A. T. Archives du comte Tôrring-Se.ssenbach, au château de Seefeld, Bavière.
A- V. Archives impériales royales de la Cour, de TEtat et de la Maison d'Autriche, a Vienne.
p. V. Papiers de Villars. Sous ce nom nous comprenons tout Tensemble de correspondances, documents, copies, provenant directement de Villars et se trouvant soit dans notre possession, soit dans les archives du château de Vaux, appartenant à M. Sommier.
P. O. Papiers d*Ormond. James Buttler, duc d'Ormond, qui commanda Parmée anglaise dans les Flandres après la disgrâce de Marlborough, a laissé de nombreuses correspondances qui ont été recueillies avec beaucoup d'autres par M. Michael Wodhull. Cette collection a ensuite passé entre les mains de M. J. Severne et a été vendue publiquement à Londres, le 9 novembre 1886. Nous avons acquis à cette vente toutes les liasses relatives à Tannée 1712.
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