AME
lie Icttri!
niadarae de Saint-4iérau bien prfl à rétablir le calme Haus mon cœur en virile troubla et i raison. Dans la première Irltrc dont Sa Majesté daigne m'boaiirec apri's avoir appris une bataille qui a sauvé l'Élc-ctcur et Vu Sa Majesté me parait unUpicmcnt en peine de ma eondtlî l'égard de ce prince, de ses <{énérau\ et dos sien^. Hé! Dieu, Madame, de quoi suis-je occupé depuis le matin jm suir? Le Itoi connijit mon zèle : qui en a donné plus de loan dans le cours entier de sa vie? Au moins depuis t jiris l'annéu de Sa Majesté et où l'ai-je menée? et où seroit^ si des traîtres ou des iynorans n'avoient rompu tous mes] jets? En vérité. Madame, j'ui le poi.innrd dans le cœur ; soDlé est Irès-nltérée ; cependant je ne demande que lu absolument nécessaire pour la rclnldir et d'aller setilem Schaffouse : le séjour n'en est paa ujircaiile, et je sacrifie, Don sans peine, tout ce qui pourrait m'ètre cher, pour servir le Haï. Je voua assure , Madame , que ce que je souffre depuii sis semaines ne se peut comprendre, et je relis dis fois la lettre it
VILLARS 1:t MADAMH Dr MAIXTEVOV. 209
niiidninv de Saiiit-Géran pour rendre quelque Iranquillitc à mon rœur un peu aflitc, Je crois bien. Madame, qu'elle m'en a dit Iwauc'itip plus que voua u'nvez ordonné, mnis je suis trop heureux (le me tromper, persuadé d'uilleurs que je puis espérer vos bunlês et (que vous ne snuriez douter) de In parfaite vr'nérnlion avec laquelle j'ai l'honneui' d'èlre, Madame, votre tr^s-liumblc I Mfviteur.
^^^X£ maréchal ne demaDdaîl que quelques semaines de H^^S ; le Roi lui accorda un congé déOnilir qu'il alla passer en Normandie dans les terres de sa femme '.
iSix mois après, nous retrouvons Villars en Lan,'{uedoc. 11 était rentré en grâce auprès du Roi, qui lui avait cuuiié Tingrale mission de comballre les insurgés protestants des Céveones. Depuis vingt ans la malheureuse province ' do Languedoc ^tait désolée par la guerre civile. Commandants militaires et intendants s'élaient succédé sans rétablir l'ordre : la modératino relative de \oailIes et d'Agues- I sea u. les rigueurs impitoyables de Droglie et de Basville, ^Bift efforts incohérents de Montrevel n'avaient eu d'autre ^^Baltal que de transformer une échaunburée de paysans i en une guerre véritable. Les camisards avaient une organisation niibtaire, des chefs audacieux : Castanet, Sidles, Rolland, Ravanel, et Jean Cavalier auquel tous obéissaient. On sait que Villars inaugura un système nouveau, el qa'eii joignant la douceur à la fermeté, qu'en parlant pour la première fois de clémence el de pardon aux popu-
'Q«dqu.. ligne
de la carreapondance font
upposer que Villan lolticilt
MD* tuteii ua corn
»il voulu tire mil h U lèle
d'au cip^diiion co
nire le toi de PorlD<]ii[, qiii
cnajl d'iccédf r k lu grande
S70 GHAPITRS V.
lations fanatisées par la sonffirance, il amaiia mie délode générale. Ti^is semaines à peine après son arrivée, iltiÉt eu une entrevue avec Cavalier et posé avec l«i les l»ses de la pacificatbn. Fier de ce résultat rapide , il s'emprem de l'annoncer à madame de Maintenon, par le billet suivant :
Ntom, la 18 oMi ITOIw
Hadahk,
J*08e prendre une confiance entière dans rhanneor de voiie protection, et comment toutes les bontés dont vom m*afes honoré en prenant congé de vons ne me la donaenlndles pas? Permettes-moi donc de vous la demander dans cette oeeasioB* Le Roi m*a fait Thonnear de me dire, en m*honorant de ses derniers ordres, qoe si je lui gagnois deux batailles sur les bmh tières, je ne lui rendrois pas un plus grand service qn*ea Inissant cette révolte dont ses ennemis attendoient peuMtre de grandes suites. La voilà finie, et le bonheor que j*ai d^y avoir contribué m'arrive après la prise de Keli, les montagnes Noires forcées, et une bataille bien gagnée au milieu de TEmpire. Je ne parle pas de ce qui a précédé ces petits services. Eux seuls peuvent, Madame, contribuer à mon élévation. Je ne l'attends pas de mes cabales à la Cour^ mais de vos bontés et de Topinion que j*ose me flatter qu*a Sa Majesté, qu'elle ne peut avoir de sujet plus dévoué ni plus déterminé à sacrifier, en toute occasion, sa vie pour la gloire de lui plaire et de la servir. C'est par ces sentiments, Madame, que j'ose espérer vos bontés, bien plus qoe par le profond respect, etc..
Villars s^était un peu hâté d'annoncer à madame de Maintenon la fin de la rébellion. Jean Cavalier, de retour au milieu des siens avec les propositions du maréchal , fut mal accueilli ; Rolland, son principal lieutenant, Taccusa de
\'lLI,AhS ET MAUAMIi UE ^IAI\TE\U\*. 27 1
■on et rnillil le luer; itavanel, l'exlalique, se si-puranl léclul de son chef, enlniiDa tous les partisans de la rû-
II faibli
siatance aveu<[Ie,et uu succès partiel remporté surunTi
I 'itBtac bt.'ment de troupes royales ayant ranimé les espérances ^^^bévoltés, peu s'en fallut que tout récliafaudai^e cou- ^^^Bl par l'babileté de Villars ne s'écroulât tout d'un coup.
II Le maréchal mit une eïtrême activité à reparer cet écbec iiioiiieulant^ ; il menait de IVonl la iguerre et les iic^juciations, dirigeant lui-même les colonnes d'attaque et attirant Cavalier à de nouvelles entrevues, tantôt à Calvisson,
t%a l6t dans l'île de Vallabrègues, Mais, quelque soin i[ii'il
lfin>porlàt, les jours se passaient, et la lin de la «juerre,
^Hboncée un peu bruyamment à Versailles, ne se coniir-
mait pas. On en parla à la Cour, les commeotaîres mal-
teillants s'écbangèrent entre les ennemis accoutumes de
tillars. Parmi les plus empressés à dénigrer sa conduite,
était le marquis de la Vrillière; un ancien dissentiment
séparait le marécbal du secrétaire d'État. Celui-ci, qui
avait dans ses attributions les a aflaires de la religion pré-
^tÉaduc réformée » , se prévalait des devoirs de sa charge
^^^v demander aux commandants militaires en Langue-
^^^Hdes rapports directs sur leurs opérations; Itroglie et
^^^■revel s'étaient soumis à cette exigence; il s'attendait
^^^B part de Villars à la même complaisance, et le lui laissa
I «olendre quelques jours h peine après sa nomination. Villars
était alors à Paris, préparant sa campagne, consultant les
gens du pays, travaillant avec le baron d'Aygalliers', nou-
■ Roucl, baron d'Af gai ti Cl
□ esprit éclairé et fui im lutermiSdiai
■ Dieu leuille, écrivait-il k Villart le 10 juio, i
r le
CHM'rTRE V.
veau converti, dont il devait faire l'a.^ent actif et écoaié de ses nc^^ocialioris pacifiques; il reijut assez ma! les onrertures de la Vrilliére, et se plaiguil à Chamiilart. b Si I a dit, écrivait-il au miuîsti'e de In ,<{uerre, le 11 avril, nul ne peut servir deux mailres, par ma foi, il est e rassant d'avoir affaire à un grand ministre et à uo aal qui veut tâcher tout doucement de le devenir. » Ce ]an^ gage était fait pour plaire a Cliamillarl qui, le lendemain même, écrivait à Villars de ne pas se mettre en peine : « Il ne tiendra qu'à trous, ajoutoit-il, de vous dispenser de ces doubles relations, en laissant à M. de llasville le soin d'écrire comme à son ordinaire. Quoiqu'il oe soit pas d'usa<[e, dans le service des armées, que messieurs les intendants rendent compte de ce qui s'j passe, cette guerre tout ex trii ordinaire l'a introduit, et en le laissant subsister, vous contenterez le petit ministre qui s'est donné (uni de mouvements pour faire un personnage, et vous aures peu d'o(;ca.sion de lui écrire. «
Le petit ministre ne s'était pas tenu pour battu el an eu recours à madame de \Iaialenon, la tante de sa femiH qui lui voulait du l>ien, et dont il entretenait sans doute l'intérêt en lui communiquant la correspondance qu'il recevait du tbéàtre de la yuerre. Villars, tancé par i dame de Maintenon, s'était soumis de mauvaise ; mais il était trop homme de commandement pour i sentir l'ioconvénient d'une double correspondance uOicielle; ses lettres à la Vrilliére renfennaicut peu de détails__
iiiullif iir lie rép«adro le Mog que voui prcDM lanl de pcioe à eu
doute qu'il
■ nep^*
ae nai
villahs et MAUAMr; de maixtexu.v. 273 Mrvenaîent loujours à la secrélairerie d'État après les Iches adi'essGfS au ministère de la guerre. Le dtssenut subsistait donc, el il se manifeslait par rai<p:ur ! laquelle le secrétaire d'Ktat critiquait les opérations oii maréchal. V'illars crut devoir s'en expliquer avec la Vrillière et avec le Roi lui-même. C'était uu mois après sa première entrevue avec Cavalier; son habileté el son énergie avaient eu raison des efforts désespérés de Rolland el de Ravanel; Cavalier était définitivement soumis. Interné I l'île de Vallabrè<{ues avec le gros de sa troupe formé Irégimeol, il se préparait à partir pour la fronlière; la résistance était désorganisée, réduite aux coups de main incohérents de bandes isolées. Viilars se senlait assuré du Kuceès, il pouvait se retourner contre sgs ennemis de l'intérieur; il prit l'odensive avec sa vigueur ordinaire. Un point surtout lui tenait au cœur : il avait été accusé d'avoir promis aux prolestaots des Cévennes la liberté de conscience; dans l'élal d'esprit oii se trouvaient le Itoi et la Cour, aucune accusalion n'était plus grave ni plus daoge-
É, 11 y avait prêté dans une certaine mesure : assez ^rcat en matière religieuse, opposé, par tempéraet par politique, aux conversions forcées, il avait entendre aux révoltés qu'aucune abjuration ne leur serait imposée, et qu'à condition de ne se livrer à aucune manifeslalion extérieure de leur croyance, ils étaient libres de croire ce qu'ils voudraient. La distinction eutre la liberté de culte et la liberté de conscience était subtile, les intéressés rinterprélèrenl dans le sens le plus large; i* équivoque n'avait pas nui à la pacitlcation, mais elle avait
lislre
irt CHAPITRK V.
doané lieu au bruit qui, parceiiu Jusqu'à Versaillps, anûl été recueilli et exploité par les enuemis de l'illnrs. Villiirg, piqué au vif et, je l'ai déjà dit, fort de ses succès, se défeiidil directement auprès du Roi el de madame de Mai»tenon. Dans sa lettre à Louis XIV, il nia formellement avoir promis la liberté de conscience, el, prenant ta Vnllière à partie, U l'accusa d'avoir voulu se venger, eo le calomniant, de son refus de correspondre avec lui ; il le montra chercbant à empiéter sur les fouctions du ministre de la guerre, et se donna lui-même comme le défeni méconnu des droits de l'autorité royale et du bien l'Etat, En même temps, il écrivait au secrétaire d'Étal lettre polie, respectueuse même dans la forme, mais l'argumentation incisive rcfutatl une à une chacune def critiques adressées à ses opérations*, elle énumérail ensuite les bons procédés que le inaréclial avait eus pour la V rillière, pour son ûls, pour ses parents, et se termîoail ajndi
J'svois lieu d'espérer qu'ayntit autant cherché l'honneur ( vos bonnes grâces, j'y aurois un peu plus de part... vons Voulc que je voua rendt; le même compte îles mouvements des troni qu'ù M. de Chnmillnrt? C'est par lui que j'ai reçu les « lloy pour les commander dans cette pruvinro, et il seroit Hdîci que le Roy pût ôtre informé de leurs mouvements par mes Irt à tout autre qu'au ministre qui me donne le» ordre* du Roy [ les faire a,^ir. Madame de Mainlenon ne me siinpt^onnora janiNl de manquer d'ci{ards pour tout ce qui a l'honneur de lui sppai tenir. Je vous ai écrit presque nast'i souvent qu'à M. de millarl, et quand taule mon attention me sera inntJle auprèi d vous, je n'aurai rien à me reprocher el serai aulant que vout | désirez, Monsieur, votre Irés-hamblo serviteur.
Le maréchal ne se conteata pas d'invoquer le téoioi-
[nage de madame de Maintenon, îl voulut se l'assurer et
ki écrivit le même jour la lettre suivante :
Je 1
A XtrUL-». le 14 juin 1704.
I désespoir que vous pussiez me soupçonner de Ifavoir pas une atteiilioii bien vive A tout ce qui regarde M. le marquis de In Vrillière, et par l'honneur qu'il a de vous nppar^ I ienir, et pnr la honte que vous avez eue de m'ordonner celle trnlion. J'ai eu l'honneur de vous expliquer, Madami', qu'il ^'éloit bien diflîcile de faire ce que M. de la Vrillifre vouloil a moi, qui étoit de lui envoyer les copies de toutes les lettres que j'êcrivoîs h M. de Cliamillarl. C'est de M. de Chttmillart que j'ai recules ordres du Roy pour le lomtnandemeut dont Sa Majesté m'a honoré. Tous ceux qui, avant moi, ont commandé dans ce pays-ci, ont rendu compte à M. de Bartieticux, et auparavant à M. de Louvois, de tout ce qui re|]ardoit les niouvemenlA do troupes. Il e^t inutile que j'en écrive à H. de Chamillart, si M. le marquis de la Vrillière, informé des méroeB choses par moi, va en rendre compte nu Roi. Cependant, Madame, pour obéir h vos ordres, j'ai eu l'houneur d'écrire h M. de la Vrillière tout aussi souvent qu'à M. de Chamillart, lui mandant même les nouvelles qui regnrdoient les mouvements de guerre, à la vérité moins en détail. Je ue lui ai pas adressé mes courriers; c'est aussi ce qu'a fait M. le maréchal de Mon- Irevel, mais je lui ai écrit par ces mêmes courriers. Cependant, Madame, je vois par les lettres qu'il m'écrit, bien plus clairemenl par ce que me mandent les premières personnes de la Cour, qu'il se déchaîne contre ma conduite. Je n'en serois pas surpris, si elle u'éloit. jràces à Dieu, très -heureuse, puisque par les voies que j'ai suivies de vivacité dans les mouvements des troupes, et de laisser espérer la clémence de Sa Majesté, sans avoir jamais donné aucune espérance qu'elle puisse être, le chef
t76 CHAPITRE V.
des rebelles avec ses principaux lieutenants s'est remis entre mes mains avec ses plus braves et plus raisonnables soldats. Les principaux chefs de Rolland en ont usé de même, et, de tous côtés, il nous arrive de leurs soldats qui rapportent leurs armes. EnGn, Madame, le chapelet se défile, la division est entre eux. Ils ont tué deux lieutenants de Rolland, lequel me mande encore qu^il n'attend que ma permission par écrit, pour se rendre auprès de moi. Ces massacres qui faisoient horreur dans la province ont cessé. Le Roy y a la moitié moins de troupes que Tannée passée, tout est dans le meilleur chemin, et M. le marquis de la Vrillière, dont j*ai toujours cherché les bonnes grâces, parait mon ennemi.
Vous connaissez, Madame, mon respect, ma vénération, mon zèle pour tout ce qui vous regarde. Ce furent ces sentiments seuls qui m'obligèrent à donner. Tannée passée, i H. le chevalier de la Vrillière, la première commission agréable pour porter une bonne nouvelle au Roy. M. le marquis de Sainte-Hermine, son oncle, fut envoyé quinze jours après, préférablement i mon propre frère qui était auprès de moi. Ce n'est pas, Madame, pour vous faire connaître mon attachement très-respectueax que j*ai Thonneur de vous parler de cela : je suis bien tranquille sur ce que j'ose me flatter que vous en pensez, mais pour que vous voyiez que je n'ai rien oublié au monde de tout ce qui pouvoit être agréable à M. de la Vrillière, hors ce que je ne puis faire sans manquer directement à M. de Chamillart, et la raison ne permet pas que j'informe un autre ministre des mouvements des troupes que lui.
J'espère, Madame, que vos bontés vous porteront à me pardonner la liberté de ces détails.
Quatre jours après, impatient et inquiet, il écrivait à madame de Maintenon une seconde lettre sur le même sujet; nous ne croyons devoir en reproduire que la fin :
En vérité, Madame, j*aurois gardé éternellement le silence si M. de la VrilUère n*avoit attaqué ma religion, ma gloire et ma fidélité aux ordres du Roy. 11 n'y va pas moins que de manquer à tout cela en promettant la liberté de conscience lorsque le principal chef, en se soumettant, n*a pas osé la demander*.. Pardonnez-moi, Madame, d'oser vous écrire deux fois sur la même matière; vous la trouverez assez importante pour moi.
Le même courrier qui emportait cette justification était chargé de remettre à Chamillart une lettre, où Villars le mettait au courant de tout ce qu'il avait écrit ; sa mauvaise humeur se donne libre carrière :
En vérité ce petit homme n'est pas sage... Le profond respect, les obligations que j'ai à madame de Maintenon m'ont retenu , tant qu'il n*a fait que blâmer ma conduite; mais aller jusqu'à dire publiquement que j'ai permis la liberté de conscience aux rebelles... Cela est trop violent... J'avoue que par l'honneur qu'a ce petit homme d'appartenir à madame de Maintenon, je suis an désespoir d'être forcé de m'en plaindre. Mais que peut faire on homme qui commande dans une province et auquel le secrétaire d'Etat de cette province ose imputer d'avoir fait un crime, car c'en serait un capital que de promettre la liberté de conscience, dans le temps que les rebelles n'ont jamais songé à la demander et que j'ai dit hautement que je ferois pendre le premier qui me parlât de cela et de toute autre condition que d'implorer la clémence du Roy.
Chaoïillart, comme on peut le penser, ne soutint pas les prétentions d'un ministre qui aspirait à le remplacer ; si d'ailleurs Villars avait à la Cour des détracteurs empressés, il ne manquait pas de défenseurs. Le prince de Conti, un
de ses correspondants les phis amdns, Im écrirait le 29 juin :
II aaroit esté difficile de tirer meilleiir psrty des fbls qoeb vous avés affaire. Je sçay bien que v(Mk felU ¥008 vent pas de bien et même qo*il a terni des diseosn extraordinaires sur vostre chapitre, mais c*est de qiiof vans ne devés peo vons soncier : tont ce dont je puis vons assenrer, e*est qn*il ne les apas tenus devant moy. Car assnrément jelof «vois rivé son cIond^..
Madame de Haintenon avait trc^ le discernement des choses et des hommes pour ne pas comprendre qoe la nlson était du côté de Villars. Nous n'avcms pas k r^oiiae qu'elle fit à ses justifications, mais novs savons qa*dle satisfit complètement le maréchal. 11 écrivit, le 9 joillety à Chamillart :
Je vous rends mille très-humbles grâces d* avoir bien voulu rendre mes lettres et expliquer ma conduite à Sa Majesté et à madame de Maintenon. Vous croyez bien, Monsieur, que M. de la Vrillière ayant eu Tbonneur d*épouser sa nièce, je ne me seroîs pas plaint au Roy, si je n'avois vu M. de Basvîlle obligé à se justifier sur ce que M. de la Vrillière le blâmait de n*avoir pas averti que j*avois promis la liberté de conscience aux fanatiques. Pour cela vous comprendrez aisément que je ne pouvois pas garder le silence. Madame de Maintenon m'a fait Thonneur de m*ccrire sur cela avec des bontés infinies. J*ai toujours écrit à M. de la Vrillière avec les expressions les plus honnêtes; comme messieurs ses commis ont un autre style, je m*y suis un peu conforme : je vous dirai même que j*aurois passé sur ces
> Ort^înil «tttogrtplie. P. V.
VILLARS ET MADAME DE MAINTENOM. t79
malhonnétetéfr-là et sur son déchaînement public 8*il n*avoit été jusqu*à m'imputer des fautes capitales. Il n*y retournera plus ni moi, Monsieur, à vous importuner de ces détails.
L'incident était clos, pour parler le langage d'aujourd'hui, et Viilars avait lieu d'être satisfait du résultat. Le succès avait d'ailleurs parlé pour lui : le système de a vivacité militaire et de clémence » qu'il avait inauguré avait réussi là oii vingt années de rigueurs et de supplices avaient échoué. Cavalier et son régiment avaient définitivement quitté la France ; les quelques bandes isolées qui tenaient encore la montagne, sans cohésion entre elles, abandonnées par les populations rassurées, ne devaient pas tarder à disparaître. Viilars, en remerciant madame de Maintenon de l'appui qu'elle lui avait donné auprès du Roi, put, plus justement que la première fois, lui annoncer la fin de la campagne et lui résumer les opérations qu'il considérait comme virtuellement terminées. C'est ce qu'il fit dans la lettre suivante :
. Nîmes, le 12 jaillet 1704.
Madame,
Je ne puis trouver d'expressions pour vous faire connoitre i quel point je suis pénétré des bontés dont vous avez daigné m'honorer. En vérité. Madame, il n'y a rien au monde que je ne voulusse faire pour espérer de les mériter. Vous croyez bien, Madame, an sujet de M. le marquis de la Vrillière, que si je n'avois vu M. de Bas ville obligé de se justiGer sur la foiblesse de consentir à ma mauvaise conduite, et Tindolence de n'en pas avertir, et ne m'accusant pas de moins que d'avoir promis la liberté de conscience, lorsque je dis publiquement que je ferois pendre le premier qui oseroit me la demander de la part des rebelles, pour
no . CHAPITEB V.
cela. Madame» il ne m*éUât plaa postilde âe garder k «leoee « je jie Tavoia paa rompo sar les atis qui m^ètoimi doméa par geaa de eonfiance du malbenr que j^avoby sans Taffoir rnètUi^ de m*étre attiré rmdignation de H. de la VriUière. J'e^ène qiill voudra bien joatiSer ma conduite : elle aéra remplie de lou les égards et les respects qne je dois à tout ce qoi a en rboimeiir d^entrer dans votre alliance.
Je reviens» Madame, i la matière qni vons toncfae le piss. Ce senties affoires de ce pays-ci. Voosaves sa tontes les rigueurs que Ton y a exercées. Les supplices les plus cmds, les pnntlimu de la dernière, sévérité employées depuis près de à&a. ans ne frisoioit qn*irriter le mal. Je sais par M. de Basville loinaitaie que ceux que Ton menoit à la mort, y marduMent en difnlairt les louanges de Dieu avec un zèle et une dévotion si ardente, qu'on étoit obligé de les faire environner d*ane foule de tam* ' bours pour que leurs discours ne fissent une impression pins dangereuse que Texemple de leur mort ne pouvoit apporter d*utilité. Dans les occasions, ceux qui ne pouvoîent éviter les troupes, étant abandonnés i la discrétion du soldat, remercioîent celui qui leur donnoit la mort, sans que Ton ait jamais vu un d'eux demander quartier. Une telle manie s'étoit emparée des esprits de tout ce peuple révolté. Je crus, avec les plus sages, et M. de Basville que je mettrai toujours à la tête, que les voies de douceur étoient plus propres à les ramener que la seule violence ; tenant cependant les troupes dans un mouvement continuel pour presser le plus vivement qu'il seroit possible ceux qui auroient les armes à la main, et recevoir d'ailleurs à merci ceux qui imploreroient la clémence de Sa Majesté ; parlant d'ailleurs moimême à tous les peuples pour les faire revenir sur leur entêtement ridicule, sur les miracles et leurs prophètes. Cela me réussit au point que plus de soixante des camisards rapportèrent d'abord leurs armes. Ensuite ayant séparé les troupes en divers petits corps, et celui que je menois moi-même composé tout au
plus de trois cent cinquante hommes, les rebelles chassés de toutes lei/rs retraites et battus en quatre ou cinq petites occasions, et pressés d'ailleurs par une troupe de cinquante nouveaux convertis, auxquels je pris sur moi de faire donner des armes, menés par un gentilhomme nommé Daigalicrs, lequel parla à Cavalier, ce chef offrit de se soumettre avec toutes ses troupes, et promit la même chose de la part des autres chefs qui le regardoient comme le premier. Cela fut exécuté, et Cavalier tint parole, amenant à Calvisson, qu*il voulut avoir pour lieu d'assemblée, plus de huit cents hommes et allant lui-même parler aux autres chefs, qui tous promirent de suivre Texemple de Cavalier. Il est certain que Castanet se rendit à Calvisson, que Uolland vint à quatre lieues avec tous ses gens, Joanny, Larose et autres ne demandant tous que la grâce, ou de sortir du royaume ou celle de chercher à expier leurs fautes passées, en sacriBant leur vie au service de Sa Majesté.
Je prends la liberté. Madame, de vous rendre un compte plus étendu de toutes nos aventures, parce que je sais que votre piété vous fait intéresser encore plus vivement à ce qui regarde la religion, outre qiie toute révolte doit être regardée comme la plus grande affaire d*un État, surtout quand tout ce qui compose cet État est obligé pour soutenir une guerre très-juste, mais trèsruineuse, à supporter des impôts que quelques peuples ont de la peine à payer.
Pour avoir donc Thonneur de vous informer de suite de plusieurs choses dont vous avez déjà ouï parler, j'aurai celui de vous dire que nous avions bien pensé qu'il n'étoit pas impossible qu*une troupe de rebelles, et d'une folie aussi outrée que ceux qui étaient à Calvisson, pourroit ne pas persister dans les résolutions qu'elle avait prises, qu'il seroit bon à tout événement de pouvoir les empêcher de s'échapper. Pour cela. Madame, l'on avait des troupes i portée, mais l'on devoît cependant s'attendre qn*an premier mouvement, ces gens-lu, qui étoient dans une
ut CHAFITKB V.
iUeme eontinadle» se jettordesl dsni les bois votsias de**.»« On «nrdt certainement pn ai taer une eei^aine, mais » mèam temps tons les antres cheb étoient irréeoàdliaMes pour jnaudty et Ton ne finissoit pins qne par la sede violenee mie gurre ^fà ne finira jamais entièremant par là. L*ott cmt dime ne paovoir mienx faire qne de lenr marqner nne confiance entière: On n désiqipronvé anssi la liberté qn^on lenr avait laissé de dmiiler; cette liberté'ne ponvoitlenr être ôtéeqiwpar forcci et la maimbeviolence employée rompoit tonte né^Kâation. H. Taidievéqiie im Narbonne et M. de Nismes, ûbox sages et saints prélats, Uar&tà les premiers i me dire : « BoncbonsHnons les oreilles, mommemt^ et finissons si nons ponvons. 9 Enfin, Madame,' dans le tenifs qne Cavalier alloit parler anx antres dbefii, nn nommé Ravaael révolta ce qni étoit à Calvisson, fanatisant et jiffant qne Bie« Tavertissoit que Cavalier les trahissoit et qne les troiqpes naar* choient pour les égorger tons. Cavalior arrive, trouve sa troupe émue, et Tajant rassemblée pour lui parier, Ravand s*écrie qoe cenx qui aimeroient Dieu et leur vie le suivent. Tont s'enfait. Cavalier les suit, et trois ou quatre jours après, il en ramena nn peu plus de cent, avec lesquels il est sorti du Languedoc. Les troupes se remettent en mouvement, je fais menacer d'enlever les pères et mères de ceux qui demeureront parmi les fanatiques. 'On exécute Tordonnance, plusieurs reviennent, quelques-uns même nous dénoncent les retraites des camisards, ce qui n*étoit pas encore arrivé, jamais gens n'ayant plus religieusement gardé le secret, et la mort d'une infinité n'ayant jamais arraché une parole qui ait pu rien découvrir. Us paraissent toujours disposés à se souniettre, l'espérance d'un secours maritime les ayant peut-être retenus. J'ai élé oblige, par les avis que m'ont donnés M. le comte de Toulouse et M. le prince de Monaco, de donner quelque attention à la côle ; et après l'avoir visitée et trouvé que le danger était moindre qu'on ne me l'avoit fait, je retourne avec toutes les troupes pour presser plus que jamais les rebelles, sui*
vant toujours mon premier principe, de laisser une porte ouverte à la miséricorde du Roy.
Il est certain. Madame, que tous les jours il en revient, que ceux qui sont sous les armes souffrent de grandes nécessités. Nous les avons trouvés peu secourus des étrangers ; aucun officier parmi eux ; mais je ne puis douter qu'il ne revient et conseils et secours des nouveaux convertis des villes. Tous les jours nous acquérons quelques connaissances nouvelles sur cela, et j*cspère que quand ils auront bien reconnu une vérité que je leur ai toujours bien affirmée — que jamais le Uoy ne consentira à la moindre petite liberté de conscience — et qu*ils verront d'ailleurs leur mine inévitable et prochaine, si cette révolte ne tombe pas tout d'un coup, j'espère. Madame, que nous les verrons du moins s'alToiblir par ce départ de Cavalier et de ce qu'il mène avec lui ; la reddition de plusieurs autres commence à mettre la défiance dans le parti. Si nous pouvons les joindre avec cela, à quoi certainement je ferai tous mes efforts, nous verrons, s'il plait i Dieu, le parti se détruire entièrement, et il ne restera tout au plus que quelques voleurs, gens accoutumés au brigandage et au meurtre, que la situation des lieux et les retraites faciles conserveront encore quelques temps, mais qui, à la fin, seront livrés par les peuples dont ils causent la ruine, au lieu que ces mêmes peuples secourent encore, mais plus foiblemcnt qu'auparavant, les troupes armées.
11 est certain. Madame, que l'affaire est avancée, que nous pouvons espérer de la voir finir bientôt, mais je n'oserois en répondre positivement. Je le souhaite bien ardemment, et regardant toujours comme un des plus sensibles bonheurs de ma vie de servir Sa Majesté, vous jugez. Madame, avec votre bonté ordinaire, de mes sentiments, et j'ose dire que vous leur rendez jmtice, quand vous voulez bien être persuadée que rien ne Sentira jamais mon ardeur à servir et à mériter l'estime de Sa **jttté. Je souhaite et j'espère que ses armes, victorieuses de
t84 cnAPirne v.
loules paris, forceront bicnlol ses eoDcmU \cs plus i^ïniâtretl la paît, el qu'aîosi lous ses autres iiénéraui, et muî qui suU iti moindres, lui seront dans peu inutiles. Mais quand, par sa itonlJ plutôt que par aucun cjjnrd pour nioa très-riiible mérite, le Ro| voudra bien nie redoonvr ses armées, il trouvera qar je suis uniquement occupé, ainsi que je l'ai toujours été. du désir de bico servir.
Je ne me suis, grâces â Dieu, jusqu'à préscol point trompa dans mes projets ; il faudra faire cette année ce qui élâit trilfacile l'autre. M. le marcilial de Tallard n'a jamnrs voulu regarder une communication solide comme indispensablemeut néce»- Baire, et j'ai toujours soutenu qu'elle rendruil le Itoi mnitre de 11 <{ucrrc, puisque la faisnnt dans l'Empire et tenant le Danube depuis sa source jusqu'à Pnssau, l'on pouvoil, en tout temps, proportionner les secours aux besoins, le lloi ré.iler toujours les projets e[ ne les pas laisser aller à l'entière disposition de M. l'Électeur de Bavière, dout la tête certainement (je suis obligé de le dire encore) n'est pns toujours assez forte pour les mener. 11 est certain que je l'ai sauvé trois fois malgré lui ; je pouvnis le manquer la quatrième, el bien assuré d'âtre accusé par lui i lort et chargé de toutes les fautes que j'aurois îc moins faite C'a été. Madame, l'unique et, je crois, asscx sage raison qnls obligé à profiler de la liberté que Sa Majesté ent la bonté i donner de rcveuir. L'on me trouvera toujours fort au-dessDs St toute autre passion que celle de servir le plus grand mallrc du inonde, avec laquelle je suis né, et qui a toujours été bien avant dans mon cœur avant l'ambition cl la fortune. Je ne dis pu, Madame, qu'au défaut de ces passions-là, je ne pni«e élre amusé par d'antres ou, pour mieux dire, par l'envie assez raisonnable de rendre telles ' les personnes avec qui »n doit vivre. Votre bonté infinie vous a portée à vouloir bien me donner de* conseils sur cela, que je suis avec tout le respect qui leur a
' La copie porta teltet, c'ed peul-Aire beltet ign'il f*ut lire.
VILLARS KT M;\r).1MB Di: AIAIXTI; \0V.
lonjiue lettre, je vous en dcmai
Madame, une tr< pariIoR. J'aî dit à M. de llasi'illi; ce que vous me fntles l'boaneur Ae me mander â sou sujet. Il ose vous conjurer, Madame, de vouloir bien tic le pas oublier, et ne se Justifie pas sur le reproche [ trt » obligeant que vous avez la bonté de lui faire.
^^HBette lettre est fort curieuse. VUlars s'y peint tout entier, ^^ito! ses qualités et ses défauls, son esprit vif et ouvert, son inlellîgeDce de la guerre, sa boune humeur, sa con- (iunce eu lui-même, son ambition ; il y laisse même deviner son penchant vers In galanterie el les juloiises inquiéluiles qui troublaient à tort sou bonheur domestique. On y voit enfin que tout en donnant ses soins à la conduite vigoureuse de la petite guerre des Céveanes, il ne perdait pas de vue les opérations de la grande guerre qui se poursaivait en Allemagne; il se consolait difficilement d'être obligé d'employer sur un si petit théâtre des aptitudes laites pour de plus ,irandes actions, et d'assister, impuis- SbdI et éloigné, à la perte successive des positions que ses 13 avaient conquises, l'endaut les sis derniers mois année 1704, tout en achevant la pacification du Lanloc et sa réorganisation administrative ; tout eu tenant Etats de la province et en surveillant ses côtes menapar une escadre anglaise, il suivait avec une activité fiévreuse les événements d'Allemagne, échangeant avec Èes correspondants de V'ersailles, de Suisse ou de l'armée, tes inquiétudes, ses critiques, ses regrets el ses espérances. Sainl-Simon a particulièrement incriminé ce commerce; il s'est moqué de ces lettres oii Villars ne cessait, dit-il, tt de mander ce qu'il aurait fait, de déplorer de s'être
iH Giârms V.
inmwéAàgaéàawemémiemmmmol, de fanraronaer anc Fe&oBterie qaâ se In ■ jm^ banque v . J'ai sous tes jonc tout ce que IfiUars a m bm de conserver de reUe MXTcqKmdmce; ce* extraite permetlent de réduire à leur iMtiUe ¥ilenr les jagemaili de Saint-Simoa. Oa y voit IShn, ifJlidté parCfauniOeit, dès le mois de juillet, de dire n» avis tnr k cÊmpÊgatf tigoaier les Taules comnôaea et les botes à éiitcr, indiquer le meilleur plan de eondinle «tee une dsiK, nne eipérienee de la gMne» ue connsissince des duwesetdes hommes qd deeaieot smgafièrenient frapper ses eOTre^K»dafl||B; c'est «*ac le prince de Ctnti qn'il s'e^rime le ploi fibreoieiU. f On éfonffiniMt, faû éditai, s'il n*élnt permis de dUcoorir m la guerre. > > Quant à raisonner de la gonte, imier privatoa parielet, il y annnt de la dureté à me rîater^re. * Contï, avec son craisenteaiait, montrait ses lettres an maréchal d'Harcoort, qui les commnniqnait sans doute à madame de MaialenoD. Ses conseils ponrtant n'étaient pas suivis, et, malgré ses supplications, la persounalilé malheurense de l'électeur de Bavière conlinuait àpeser de son poids néfaste sur les opérations du marécbal de Tallard '. On peut se figurer la douleur et la colère de Villars en voyant les défaites se succéder sur le théâtre même de ses victoires, el le nom de Hochstaedt, qu'il avait illustré, servir à désigner la preoiière et la plus inexplicable des
' KoD* donooDi qnelquet-iuiet de cei coTtetponiaacet k 1* taîte de* Uéwtoirtt dt ViUart, t. II, p. 318 el taii. Nou poMdoui en outre de« leltrei écriUi de l'umée par les uicieDi inbardoDoé* dn maréchal, L«3*U, Du Bourg, l'inlendant Baudonîn et iDlrei, qui lont regrelteat md abience et afGrnieDt que le* déiutrei de la eampague ne le leraienl point produit*. Il le commaiideineiil lai e&l i\i maintenn.
ullahs et madame ok uai\te.vo\. asr capilulalioQs. En apprenanl cette fatale nouvelle, il écrivit i l'abbé de Sainl-Pierre uae lettre fort vice', dout une Lcopie, " revue, augmentée et doq corrigée n , fut colportée ma Versailles et y cau^ia quelque scandale. Clinmillart conseilla la prudence à Villars ; celui-ci désavoua les expressions introduites à son insu dans la copie de sn lettre, mais ^^ mainliut ses critiques : u Je ne sonye à faire la cour à per- ^^H» BODDe, écrit-il à CbamUlait, pas même à vous, Monsieur, ^^H,A Toalant vous mander la vérité. Ceux qui dans les armées ^^H'« songent à s'élever par leur zèle, leur courage, leur appli- ^^V« cation au service du Roy, disent de moi : Voilà notre 1 « bomme. Ceux qui ne comptent que sur leurs cousins,
« leurs cousines, leurs tantes, au lieu d'èlre occupés de la •I guerre, me craignent, non pas que j'aie des manières « hautes, mais je ne suis pas leur fait. " Kt ailleurs : u Vous ^E^B m'avez appris à mépriser les bruits du courtisan, et ^^^K madame de Maintenou a eu la bonté de me dire qu'un ^^^B de mes défauts éfoit d'en être trop occupé, d 11 est cer- ^^Hnîn que loin de lui nuire en haut lieu, sa franchise et sa ^^Heonfiance en lui-même lui servirent; nous n'avons pas, I malbenreusemenl, les lettres échangées avec madame de
Blaintenon pendant cette période. Cela est d'autant plus à regretter que Saint-Simon a été particulièrement sévère pour cette correspondance. Si elle se retrouve jamais et si ^^^^elle prouve que madame de Mainlenon, comme l'affirme ^^^Htinl-Simon, a grandement contribué à faire rendre à Vil- ^^^^hrs te commandement des armées, elle apportera un nou-
■ Noai avoua donoë (Uémoiret de Villars, I. Il, p. 330) une portion ninule de cette leltra retrouvée «Jmw Im Papien de Villars.
Teaa témoignage en &veur de la parsjHcaeité et da patriotisme de madame de Uaintenan, et lui créera un véritaUe titre à la recannaissance de la France.
Ge fiit le 29 décembre 1704 qn^moe lettre de Chamillart rappela Villars du Jiangaedoc, et loi annonça sa mmveiie destinatian. Dix jaurs après, il était à Versailles. Introduit par Chamillart cheï madame de Uaintemm, ii y trouva le Roi, qui lui conféra le titre de duc/ lui dmma le cordon blmi et lui confia la mission de rétablir la fortune de la France. Sans s'attarder à la Cour, le maréchal ae rendit immédiatement à la frontière ' et travaiUa sans relAche à la réorganisation de l'armée. Au bout de draxmois, les résultats obtenus lui donnaient toute confiance, et il écrt^ Tait à madame de Maintenon la curieuse lettre qui suit :
Uets, il atrii 1705.
Madamb ,
Je crois que vous apprendrez avec joie que, par les sages précautions de Sa Majesté , les troupes qui s'étoient retirées si abattues et dans un si grand désordre, sont plus complètes et plus belles que jamais. J'avoue, Madame, que le prompt rétablissement a passé mes espérances, et nos ennemis qui ont publié partout que nous n'aurions de cavalerie, cette campagne, que vers le mois d'août, auroient vu nos étendards, il y a déjà huit jours , si je n'étois arrêté par une espèce de déluge qui fait une
> Monastcrol, toujours malveillant pour Villars, annonça ainsi, de Versailles, ce départ à son correspondant habituel, Malknecht : t M. de Villars est parti enflé des progrès qu*il va faire sur la Moselle, t 11 loi écrivit le 1*' mai, après la pointe faite par Villars sur Hombourg (voy. Mémoires de Villars, 1. 11^ p. 174) : c Le maréchal de Villars a fait une belle expédition : tout le monde en parle asseï mal ici; Dieu veuille qu'il redresse cette faute et que sa cavalerie soit en état d'agir quand il en aura besoin, t A. M. Les souhaits ironiques de Monasterol furent bientôt accomplis.
mer de tout ce qui est une plaine. J'en vois une de deux lieues d^étendue de mes fenêtres : il n*y a qu*à laisser pleuvoir et prendre patience, et se tenir prêts à agir dès que les chemins seront libres, et les ruisseaux et rivières rentrés dans leur cours naturel. Ce qui me fait une extrême peine, c*est que j'étois sûr de mon coup, tirant, comme Ton dit, sur le temps, et prenant celui que notre diligence et la paresse des ennemis nous présentent : et c*est un fait qu*à la guerre il n'y a que des instants ; peut-être que, quand les chemins seront libres, les ennemis auront leurs troupes arrivées et seront en état de traverser un projet que j*ai formé peu de jours après mon retour sur cette frontière.
En&n, Madame, j*ai l'attention que je dois à bien remplir mes devoirs et j'espère, avec Taide de Dieu, que Ton ne me reprochera jamais d'avoir manque ce qui étoit possible.
Je suis véritablement affligé du malheur de Tescadre de M. de Pointis, je sais que Gibraltar est un poste important; mais, Madame, en s'opiniâtrant mal à propos, on s'expose à de plus grands malheurs que ceux que l'on veut craindre.
Au bout du compte, si les Espagnols sont fidèles (et naturellement ces peuples-là le sont), il faut toujours que nos ennemis, pour faire la guerre en Andalousie par Gibraltar, portent par mer hommes, chevaux, équipages de vivres et d'artillerie. Ce transport est prodigieux et ttès-ruineux pour eux. Qui sait si les avantages qu'ils croiront tirer de cette place ne les portera pas à en perdre d'autres plus considérables, par d'autres endroits? el en nous obstinant à reprendre un poste soutenu par des secoors que l'on ne peut lui ôter, on épuise ses forces et l'on se met peut-être hors d'état de faire la guerre vers les frontières de Portugal. Ce raisonnement-là ne m'empêche pas de regarder comme on malheur la perte de Gibraltar, mais il n'est pas tel aussi qu'il faille tout sacrifier pour le reprendre, et très-inutilement, suivant l'opinion, dès le premier jour, d'un frère que j'ai
teo oiiAiM'rni!: v.
à ce siè^e. horame d'aussi bon sens et aussi rermi> qu'il y e au aervicp du Roy; j'ose, Mndame, vous eu assurer,
l'ardonDcz-moi, Madame, la iibertt^ de vous parler des alTairr^M d'Espagne et de passer de celles-là à Mies d'Italie. J'ai eu l'Iinti-^^Ert neur de vous mander, dès l'année passée, que Ton j faiiuJt ili&^Sl Taules capilales; la seule attention que l'on doit Oïoir prése (ement est de sacrillcr tout aulre objet à celui de fermer, s'il c possible, l'enlrée de l'ilalie au\ Impériaux.
Les bontés infinies donl vous m'bonorez. Madame, me pori sans doute k plus de liberté que je n'eu devrois prendre; le pardonnerez h mon zt^le, qui me porte souvent à écrire & librement à M. de Chamillart; mais j'ai trop de preiivot dcr l'honneur de son amitié, pour craindre de lui déplai nement, Madame, ses soins cl sa vigilance ont eu tout le nu que l'on pouvoit désirer pour le rélablissemenl des Iraupes déjà eu l'honneur de vous le dire, elles seront belles et boni Je ne saurois croire que les ennemis soient assez supériti pour prendre des places, el si nous nous entendons bien, M.'l maréchal de Villeruy, M. de Mursin et moi, de la manière dont le Roy nous o distribué notre lâche, non-seulement nous détruirons les projets de nos ennemis, mais nous pouvons iiiit.'ut core. Pour moi. Madame, je présume beaucoup de l'armée dont il a plu au Roi de me faire l'honneur de me donner le conuiM^ dément. La caialerie sera arrivée et bonne. L'opinion que j de nos troupes ne me fera rien hasarder lé<{i': rement, mais ai ennemis font quelque fausse démarche, j'espère que Dîe fera la ^rùce de les relever. Ënlin, Madame, ayez bonne e rance r do nos calés, nous avons des hommes, des chevaux; voyons que nous serons payés celle camp<i;{ne. Dieu conlintwfs ses premières bénédiclions au plus grand el au meilleur mallre du monde, et qui mérite le mlcui d'être bien servi; m TérilA je le dis tous les Jours à ccui qui m'entendent, qu'avant d'a«t la gloire d'être admis à certaines conversations dans luquelM
^e dont lintHiffs '
Sa Majesté s* épanche avec ses serviteurs, je ne pouvois moimême penser que, parmi tout ce que nous avons vu de grand, il y eût autant de bonté, d'affabilité, de raison, d'humanité, que j'en ai connu par moi-même.
Je prends la liberté. Madame, de vous exhorter encore à faire que le Roy fasse les défenses résolues pour les dépenses des tables et des équipages. Je voudrois que Sa Majesté daignât s'expliquer ainsi :
a Je fais ce qui m'est possible pour empêcher ma noblesse de se ruiner, en les exhortant à plus d'ordre dans leur dépense, et jamais prince n'a tant fait pour l'enrichir, ni si prodigieusement donné que moi : mais je ne puis empêcher que les dissipateurs, gens sans ordre, ne se ruinent malgré toutes mes grâces. Que n'ai-je pas donné à MM. d'Humières et de Bellefonds, à tant d'autres? Est-ce ma faute si ces gens-là n'ont pas laissé de très-grands biens à leurs familles? Enfin, quand je regarde cent de mes sujets à qui je donne le moins, je trouve que c'est encore assez pour soutenir une sorte de dépense convenable à leur état ; je prends pour exemple un lieutenant général , qui n'a de moi que ses gages de quitte pendant la campagne ; il tire de moi en appointements ou en pain de munition plus de 12,000 francs ; on ne me persuadera pas qu'avec 12,000 francs, un lieutenant général ne puisse pas donner à dîner à une douzaine d'ofBciers qui ne lui demanderont ni des entrées, ni des entremets, ni des fruits si délicats , mais un peu meilleure chère qu'ils ne la font chez enx. »
Enfin y Madame, quand ces discours ne... pas, au moins qu'ils servent à faire dire que le Roy persiste à vouloir établir un ordre dans ses sujets, et qu'il ne puisse pas être justement importuné par tout ce qui vient crier qu'il se ruine. Pourquoi se ruinent-ils? Je crois donc qu'il faut renouveler ces pragmatiques contre le luxe des tables, le Roy n'en retirât-il d'autre utilité que d'avoir fait ce qui dépend de lui pour rendre ses sujets plus sages et plus réglés.
Voilà, Madame, une trop longue lettre. J'espère de U bortié de Dieu que je pourrai avoir l'honnetir de vous en écrire, cette campagne, déplus courtes et plus agréables; ma coiiGanceé||d| mon zMe, et je désire trop ardemment de pouvoir marquera reconnaissance au Roy, pour ue pas attendre quelque hem succès de tant d'ardeur.
L'occasion ne se fit pas longtemps nlleiidre, Marllx rough avait couccutré des forces imposantes à Trêves; SM intention était de pénétrer en France par les vallées de t| Moselle el de la Sarre, et de marcher sar Metz, en tournai les Vosges, pendant que l'armée allemande, appuyée son les lignes de Wissembonrg , les aborderait directement : habile manœuvre dont de récents et douloureux souirenifft ne nous t'ont que trop apprécier les dan<jerg. Le corps d prince de Hade appuyait le général anglais; le péril étl menai^ant. Dans les premiers jours de juin, les allij s'ébranlèrent, lillars, qui disposait de forces inférieures] vint prendre devant eux, près de Sierk, entre la Moselll et la Sarre, des positions si bien choisies et si fîèremtti gardées que Marlborougb s'arrêta. Pendant plusieurs joi les deux adversaires s'observèrent; eiiGn, le 17 juin, le général anglais, renonçant à forcer un passage si bien défendu, décampait sans bruit et allait chercher en Flandn contre des chefs moins avisés , des victoires plus facileil Le soir même de ce succès acheté sans combat, l'illarc s'empressait d'écrire à madame de Mainleuon lu u courte lettre n qu'il savait devoir lui être
Au camp de Ferkem, 17 juin 1705.
Madame,
La conGance que vous avez en moi ne sera pas trompée :
^wous m'avez fait Thonneur de me dire que vous attendiez quelque
^K>onne nouvelle de mon côté; en voici une très-importante et
c:omme vous les aimez, sans qu'il en coûte du sang. Enfin,
Jlifadame, je viens de voir la retraite de ce nombre prodigieux
^* ennemis qui dévoient envahir nos frontières et une retraite
inéme en quelque manière honteuse, puisqu'elle s'est faite la
unit, sans bruit. Voilà nos frontières tranquilles et nos ennemis
chassés de la Mozelle et de la Saare, qu'ils regardoient comme
nne entrée facile pour pénétrer dans le cœur de nos États. J'ose
vous augurer. Madame, que ce grand dessein des ennemis avorté
rend le Roy mattre de la guerre, et de faire une paix glorieuse à
la fin de la campagne. Celle des ennemis est entièrement perdue
après des dépenses prodigieuses et des efforts immenses, et si le
Roy se contente d'une défensive, elle est sûre partout, car ses
troupes seront plus promptement d'ici en Alsace et en Flandres
que celles des ennemis.
Si le Roy veut que l'on attaque, j'offre le siège de Landau ou d'emporter Trêves. Je compte. Madame, que l'on prendra Turin. Je n'ai plus d'inquiétude que pour l'Espagne. Un peu d'audace dans ce jeune Roy ou dans ceux qui gouvernent ses armées peut ranimer cette indolente nation. De notre côté, l'ennemi n'a pas eu l'avantage de mettre le pied sur les terres du Roy. J'ai voulu me tenir ^ur l'extrémité de la frontière et qu'il ne fût pas dit que sous mon commandement l'ennemi pût la pénétrer. Ça été une des raisons, mais la moins forte, qui m'a fait opiniâtrer à soutenir un poste que plusieurs avoient voulu m* obliger de quitter. J'en connaissois trop la sûreté et l'importance pour céder à de foibles raisons.
Dieu me fasse la grâce, Madame, de pouvoir donner aa
Mk GHAPITIB V,
j^os grand cl an maDear raalfie dh VMMrfe ^pid^Ht
ie joie cl i vous. Madame, demi Ica boatét ae pestoal être
aises fKféeM par le respeeC avee leqod je ava» de...
Troia aemainea après, ViDars était est Abaee et eoiefait les lignes de IVlssemboorg; ee fint d'armes fitf FoecasHiii d'nn nooFean billet :
de ViiiiiBiiia>a, le ♦ jJat ITiflL
Je ne prendrai jamaia la Hwrléde aona écrire qm fuand pourrai avoir llioanenr de voos apprendre fd^e petite veDe agréaide, pour pen importante même fn^eDe pnisae être. CdUe-ct n'est gnère ph» saaglante, an moins ponr les trosqpes dn Rof , ipie les dernières, pnisqne nons n^asons en ^*nn dra-» gon de blessé. Ponr les e nn ea ais , on les a snrpris; ils a*ont songé qn*à fur, et on en a tné nn asses grand nondbe, finrt à aon aise. Enfin, Madame, la diligenee« foi est tmyonrs d'an grand mérite à la gnerte, nons a &tt tomber snr les Iqnes de Vissemboarg, défendues par on corps très-médiocre, mais qoi devoit être joint le soir par la tète des troopes qui reviennent de la Moselle. Il paroit surprenant que ces troupes-là ne m*ayent pas devancé en ces pap-ci ; leurs généraux ont été trompés par un mouvement que nous avons fait vers Trêves, et qui, ne nous faisant pas perdre trois heures de temps, a cependant produit tout Tavantage qu^on en pouvoit attendre, les ennemis ayant abandonné et la ville et leurs magasins et lenr artiUerie honteusement. Ils ont encore pis fait ici, puisquHb se sont fait battre.
Xespère, Madame, que Dieu bénira mon ardeur ponr bien servir le plus grand et le meilleur maître du monde ; il peut avoir des serviteurs plus habiles, mais mon aèle sappléera au déCant de lumi^^nes. Permettejt-moi de me croire toujours honoré de vos bontés .
Mais pendant que llllars rétablissait ai Alsace les
aflaires de la France, ailleurs elles étaient gravement compromises; en Flandre la malheureuse associalioa de rélecteur de Bavière et du maréchal de Villeroy n'avait amené que des mécomptes : Mariborough gagnait chaque jour du terrain. En Italie, en Espagne, quoique moins grave, la situation était inquiétante. L'année suivante ce fut pis encore : les fatales journées de Ramillies et de Turin marquent d'une triste célébrité la campagne de 1706. Villars seul maintint en Alsace l'honneur du drapeau. Affaibli par les renforts qu'à chaque instant on lui demandait pour la Flandre ou l'Italie, ayant à lutter contre des forces supérieures commandées par un véritable homme de guerre, Louis de Bade, suppléant au nombre par l'habileté et la rapidité des manœuvres, se montrant à la fois prudent et hardi, prenant des villes et évitant les batailles, passant le Rhin à propos et faisant sur le territoire ennemi des pointes audacieuses, il sut, en trois années d'efforts heureux, conserver à la France malheureuse et vaincue ce coin de terre française que nous avons eu la douleur de voir arracher en trois jours à la France prospère et endormie.
Peu s'en fallut qu'il ne fût arrêté court au milieu de ses succès : ouvrant enfin les yeux sur l'incapacité de Max-Emmanuel et l'insuffisance de Villeroy, ayant résolu d'envoyer Vendôme en Flandre, Louis XIV voulait opposer Villars au prince Eugène, et lui donner le commandement de l'armée d'Italie, sous l'autorité nominale du duc d'Orléans '• Villars venait de prendre Drusenheim et
' I Moo cousin, écrit le Roi à Villars le 22 juin 1706, le maréchal do
SM GHAFITU V.
Bugoam, de fiMcor kt %ms de Llr i l i e M f; fl « erojait ippdé à animer f mmIi et à pfafltu Am FEmpiie : k Ydooté rafale realearil à aes avcès, i toi honpcs TOciBrieMCi, à aea UgOÊÊtÊ uf ft—cm, poar hà donoer, auprès dPm priaee do ttag;, la goait fe pba à a» aptifades et à an caractère; il
J'aiaagnndkMiadeiaa boatét poar farter Sa lfajai0ii i ttgÊrier aaec iadatgeara ks laiMHM ^pe je frie H. ée CÈm ^^ ■akrt de U npfwlir paar kraoïcr «a aafae de FcaipliSi Ha'rBi ■■■■ !■!■ ■«■!■ mi iiiliai ■ , iiai hyr I jr raii, MiJiaifi, de anraiMS det borttfs et cdk de k caaiaaee de Sa -
r» et d'être vni«tt roaatct
J*aToii€ que je sois an désespoir de ae pis soifre aveoglément les voes de Sa If afestê, mais je préfère le bieo de son ser- TÎce à tool, et même ao hasard qu^elle dêsapproove mes libertés. Tai arrangé la campagne de ces côlés-ci ; qnoiqoe faible, fédère la inir heoreosement poar le Roy, et crois le bien servir en craignant on emploi dans leqnri, par bien des raisons, je ne rénssirob pas.
Le Roi conserva à \lllars son commandeaient : céda-t-il eu cette drconstance aox représoilatioiis de Chamillart ou
Viller^j attrilMMt à b btililê de sm eiliiae les Mdkcns vpÀ loj sont
à » plK^. J*j ai destiné le 4k de VriiiMF..,r«f cWâi le dœ d^OHéan
pMT r iMM MiL T Mcs tt*êes €■ Itdbe VMisemrcs smi Ihj et r«îderez
d« ¥«• CMMÎis. * \Ori^mÊL t. V.)
VILLARS ET MADAME DE MAINTEXOiY. 297
à celles de madame de Maintenon? Je ne saurais le dire; mais la lettre suivante, comparée à la correspondance officielle, prouve que, dans Fesprit du maréchal, l'appui qu'il lui importait surtout de s'assurer, était celui de la compagne discrète et puissante du Roi ; c'est à elle qu'il adresse les arguments les plus pressants, les personnalités les plus directes, les appréciations les plus piquantes sur les hommes qui tiennent en leurs mains le sort des armées :
19 juin 1706.
Madame,
II est bien certain que la très-vive douleur dont je sais pénétré, est causée par celle que je vous connois. Vous aimez le Roy; vous aimez le royaume, et vous souffrez plus que personne de ses malheurs. Servez- vous, Madame, de votre courage. Que Dieu nous conserve la santé de notre grand Roy, qu*il nous conserve la vôtre, et tout ira bien. Mais, Madame, ne faudroit-il pas, quelquefois du moins, croire les gens heureux, si on ne veut pas les estimer habiles? Je sais que dans les conjonctures où le présent vous accable, je ne devrois point vous fatiguer du passé ; mais aussi comment le taire, puisqu^il peut redresser pour Tavenir?
On a toujours été disposé à mal interpréter les plus sages résolutions que j'ai prises. Après le siège de Kehl, on désapprouva fort que j^eusse repassé le Rhin , parti néanmoins indispensablement nécessaire pour se donner les moyens et le temps de pénétrer en Bavière. Tant que j'ai été dans TEmpire, on ne m'a jamais cru ni du côté de M. TÉlectcur ni du nôtre. Je voulais le siège de Vienne, dès le 2* mai. M. le prince Eugène a dit à trois généraux de M. TÉlecteur de Bavière, qui me Tout appris euxmêmes, en présence de Mgr Tévéque de Metz, et de M. de Saint- Contest, que TEmpereur était perdu si Ton m'avait cru. Je voulois ensuite le siège de Fribourg, et M. de Tallard ne vouloit
5m CHâPlTlR V.
avaiiie eonqoèleqoi pdl éUUir
Je loi rendois les antres biai bdles, poûq^'il mt lesioit
apparaice d^eniieiiiis sur le Rhin.
Pea s*en est fallu que je n^aie été coadanmi wmt tons ki articles avec un prince dont ceçtainemeol la lêie n'est pas iNinne. ranrai même Thonnenr de vous dire» Madame» qn*apiès cette benrense bataille que je donnai malgré H. râeetenr, je n*ens pas la consdation de pouvoir trouver, dans les lettres de Sa Majesté, qu*il lui eét paru que je me fusse trouvé daas cette bataiUe. Je ne vous parle de cela. Madame, que pour vouafiôie observer que Ton sacrifioit tout à M. PÂlecteur, car, d*ailiears, les grades dont il a*plu à Sa Majesté àe m*bonorer, aoal d*i grands témoignages de la satisfaction qu*dle a bleu vodh quer de mes services.
L*année dernière, j*ai vu le Rof, voqjb. Madame, et M. de CbamiOart, entièrement persuadés que j'avois eu grand tort de ne pas défendre les lignes d*Haguenau. Vous tronve re i d-joint. Madame, un ordre de bataille des troupes que le prince de Bade avoit pour lors à ses ordres. Le Roj et M. de Chamillart sont bien convaincus du nombre de ces troupes, et ces mémoires viennent de gens auxquels on a con6ance. Les ignorants dans la guerre, et les mêmes gens qui mouroient de peur à tontes les apparences d'une action, ont persuadé que je devois m*opposer à rentrée des lignes. II est vrai que je Taurois empécbée pour quatre Jours, mais les ignorants peuvent-ils disconvenir devant tout bomme qui raisonne juste sur la guerre, que dès que je remontois la Moutter, et que je m'éloignois du Rbin, le prince de Bade rassembloit toutes ses forces sur moi, et qa*il n*étoit plus à mon pouvoir d'éviter une bataille que je donnois avec sept mille cbevaux et vingt-six bataillons moins que les ennemis? Et d*ailleurs, quel grand intérêt de donner bataille pour soutenir Haguenau, place fortifiée contre toutes les règles de la guerre!
En dernier lieu. Madame, je cbasse les ennemis de Dru-
senlieim et de Lauterbourg, postes les plus importants, et malgré M. le maréchal de Marcin qui s'y est opposé un jour entier (ea.r, après cela, les cabales et le crédit des gens très-occupés ci ''en avoir, l'emportèrent toujours sur moi), M. le maréchal de Hlarcin, dis-je, à qui j*envoie proposer toutes les facilités de prendre Landau en peu de jours, fait partir un courrier qui devance les miens, et avant que Ton eût su ce que je pcnsois sur rette entreprise, j'ai ordre de n'y pas songer. Que de malheurs d^^xuroit-on pas évités, Madame, si en me laissant agir, on i.^roit ordonné à M. le maréchal de Villeroy la sûreté et Tinaction! Je serois bien fâché que cette manière de plainte que je prends la liberté de vous faire, de n'être pas cru, pût vous porter à penser que je ne suis pas très-content de M. de Cha- TT^illart. Je dois compter, et je compte sur son amitié. J'ai reçu les plus grandes grâces sous son ministère, et personne ne lui sera jamais plus dévoué que je le suis. Mais d'autres ont beaucoup plus de part à sa confiance. Ce que je désire le plus. Madame, c'est que vous ne croyiez pas mal placées les bontés dont vous m'avez toujours honoré.
Je vois, Madame, que l'on rassemble encore toutes les forces Au Roy en Flandres. Mais sous quel chef? Sous M. l'Électeur Ae Bavière. Au nom de Dieu, Madame, c'est mon zèle qui me Tait parler ainsi, que l'on évite de mettre , pour la troisième fois, le destin de la France entre les mains d'un prince aussi malhabile que malheureux à la guerre. Jamais le prince d'Orange ^& voulu lui confier quinze escadrons. Sa vie entière est une suite de fautes capitales pour sa conduite et pour celle de ses '■^tats. Vous me direz, à qui donc confier les armes du Hoy en Flandres? A M. le maréchal de Villeroy et à M. le maréchal <l€ Marcin seuls? Oui, Madame, et que du moins ils ne joignent P&& leurs trois étoiles pour décider de la guerre. Je vous le demande à genoux. Que le Roy prenne bien garde aux officiers généraux qui commandent les ailes. Si M. le maréchal de Vil-
300 GHâPITftE V.
l^oy a Fane; et M. le marédial de Ibrein Tântre, je let Um bien menées. Que Ton songe à TmCuiierie^ Je m*€Êtmk, Madame, et mon xèle me feroit servir sons font le monde» Mik j*anrai l'iionnear de vous dire, avee la même liberté^ fM ji ne suis pas un trop bon subalterne. Vous cnrires qœ e*eilpv ; indocilité : non. Madame, mais je ne suis ni mon gfans ai ; mes vues sous d*autres» à moins que je ne lei^ con^ posr rien. Aussi, je ne sais si je pourrois me flatter d^étre éToe grande utiUté sous ce prince et sous le maréebal de Vilferof t Tout ce qu*il y a de trop libre dans cette lettre, pardonnei4e, \ Madame, à mon lèle pour le Roy, à mon très-reqpeetueu alift* cbement pour vous, et i Fenvie d*étre un peu justifié sor da butes que Fou m*a imputées très-injustem^it, peine trop dm à soufCrir, à qui ne sait être que bon servitanr du meiUeiff it du plus grand maître du monde, etc.
Maintenu, sur sa demande, dans le commandement de l'armée du Rhin, Villars reconnut k &v«ir et la oonfianoe du Roi, en fidsant, Tannée suivante, sa briDaiite campagne au delà du fleuve. On sait qu'elle débuta par la prise des lignes de Stolhofen (23 mai) , opération qui fut menée avec une habileté, une prévoyance et une vigueur incomparables. Entré dans l'Empire, Villars poussa droit devaat lui, dispersant les colonnes ennemies, rançonnant le pays, semant la terreur jusque sur le Danube ^ A la fin de juin ^ avait dépassé Stuttgard de douze lieues, s'abouchait av^ Charles Xll, rêvait de lui donner la main et de marcher s^ Vienne avec lui, lorsqu'il fut obligé de retourner ^' arrière : la situation s'aggravait en Flandre et en Italie ; 1
> c II me semble que le maréchal de Villars a bien vengé Votre Alte^ Electorale du duc de Wirtemberg t , écritait Ghamillart à Max-Enimanoel 14 jain. A. M.
VILLARS ET MADAME DE MAIXTEjVOM. 301
Cour^inquiète, rappelait sur la frontière l'a ventureux maréchal et lui prenait une partie de ses troupes pour combler les vides de l'armée d'Italie. Villars obéit en frémissant et prit autour de Bruchsal des positions dans lesquelles il couvrait le passage du Rhin. C'est de là qu'il écrivit à madame de Maintenon la seule lettre ^ qui nous soit restée de Tannée 1707 ; elle a trait à une affaire de famille :
Do camp de Bruchsal, 3 juillet 1707.
Madame,
J'ai pris la liberté, en partant, de vous supplier d'être favorable à une sœur que j*ai religieuse à Vienne, depuis plus de trente ans; elle est, à une année près, de mon âge. J*espère ({ue M. le cardinal de Noailles et le Père de la Chaise auront informé Sa Majesté des témoignages qui leur avoient été rendus, de sa conduite, par Mgr Tarchevéque de Vienne. J'oserai ajouter. Madame, qu'elle a été élevée auprès d'une de mes tantes, dans une abbaye qui est depuis près deux siècles dans notre famille. Cette abbaye est composée uniquement de Glles de condition, et pour servir d'exemple à toutes les maisons religieuses, dont aucune ne peut avoir une plus haute réputation de piété et de vertu. Je regarderai comme un très-sensible '^nliear pour moi de voir cette sœur, que j'aime tant, abbesse «le Chelles.
Le Roi récompense le gain des batailles : ne pourroit-il pas 'Compenser le succès des prières? Personne n'a plus envie de vaincre que moi, et personne ne prie avec plus de zèle que ma s<^ur pour le bonheur des armes de Sa Majesté.
* La Beaumelle, dans ta compilation sur madame de Maintenon, t. XIV, a
donné deux billets, dont Fun aurait été écrit en mai 1706, après ta prise de
^S^^OAQ et dea lignes de Liâuterbourg ; l'autre, en 1707, après la prise de
Stolhofen et Tiovasion du Wurtemberg. Leur authenticité no paraît pas à
i^bri de tout soupçon.
SOS CHAPITIR V.
Agnès de Villan était id^imse an eomrait ée 8mt^ André de Vienne; dqpnis TOigt ans scm frète sofficikl inntilement poor elle nne ahbaye ; il s^était mitn wêm adressé an P. de la Chaise, le 24 aoAl 1704, par «ne kBn . écrite du Languedoc, anssilAl après ses grands snoeèiM les révidtés des Gévennes ; il avait le droit de peasar fn l'on des instigateors les pins écoulés de la rénesliottée l'Édit de liantes, satisfint de la soomissioii des cannwAi forait accorder à la sœor dn vainqpienr « nne gMW aUmye près dePteis». Ses womne fiirentpase»^ alors. En 1707, il trouva des diyosiiioBs pfais fiitoidiei; le 15 aoftt, Agnès de VOlars élatt noaunée aUwM k Chdks, ahbajetrop «grosse» et trop « près dePtait«i poor qpi'elle ait pu la garder toujours; dk dut la céder, es 1719, à Hademoiaeile d'Orléans, fiDe dn rcgenL U nos* vdle ahbesse fiit intronbée le 17 septembre suivant, «t présence de sa grand'mère, la duchesse d'Orléans, princesse Palatine, qui compara la cérémonie à cdle du grand prêtre de Cybèle à POpéra. Mademoiselle d'Orléans, devenue Sœur Bathilde, n*édifia pas autant le couvent de Chelles que mademoiselle de \ illars, à Ton en croît les indiscrétions de Saint-Simon, la chronique scandaleuse de liaurepas et les chansonniers anonymes. Quant à Agnès de Villars, elle se retira, avec une passion du Roi, chex les Bénédictines de la me du Cherche-Midi, où die mourut quatre ans après dans les pratiques de la plus haute dévotion.
Pendant que llllars maintenait la ligne du Rhin, les armées de Flandre et dltalîe avaient continué à ne pas
être heureuses. L'une avait été ramenée tout près de la frontière française, l'autre l'avait repassée et défendait péniblement les Alpes contre les entreprises du duc de Savoie.
Le Roi résolut, avant de reprendre la campagne, en 1708, de modifier l'organisation du commandement : le due de Bourgogne fut désigné pour la Flandre, avec Vendôme; le Rhin fut confié à l'électeur de Bavière, avec Berwick; et ViUars fut chargé de commander en Italie. Il lui en coûtait de quitter le terrain qu'il connaissait si bien et de laisser sa a chère armée » aux mains d'un prince qu'il considérait comme le mauvais génie de la France. Néanmoins, il obéit '. Il avait reçu l'ordre de s'emparer, chemin faisant, de la principauté de Neufchâtel, qui venait de se donner à l'électeur de Brandebourg, avec l'assentiment de la Suisse. Cette entreprise était fort dangereuse ; tardivement décidée, d'un succès fort douteux, elle risquait, en outre, de jeter la Suisse dans la coalition. Villars s'étant rapidement rendu compte de ces inconvénients, en écrivit à madame de Maintenon, et obtint, par elle, que ce projet mal conçu fut abandonné.
La campagne contre le duc de Savoie, conduite dans les plus hautes montagnes du Dauphiné, débuta assez favorablement. Villars arrêta l'ennemi dans sa marche en avant, et l'empêcha de déboucher dans la vallée de l'Isère. Ce premier succès fit l'objet de la lettre suivante :
I n essaya sans succès de faire revenir le Roi sur sa détermination. Gomme toujours il se servit de l'intermédiaire de madame de Maintenon, et lui 6t parvenir par Boufflers une lettre qui ne s'est pas retrouvée; il exhala sa mauvaise humeur dans une lettre à Ghamillart. Voyes Mémoires de Villars, 1.10.
804 GHAPITBB V.
Do 51 Mftt ITOS.
J'espère, Madame, que vous ne aérez pas fiicliée d'affrendie la bonne situation oh notre dilig^iie mardbe a mis les «ffiûni du Roy sur ces frontières : nons avons» grice à IKea, psré le jins dangereux coop que nous pouvoit porter M. le im àt Savoie; sHl eAt mardié droit au Rhdne» oh ce prinee anâlei magasins et sa retraite toujours sAre par le Petit Sainl-Bflnitfd, il pouvoit encore nous mettre dans im grand désordre en c(nh pantla vallée de Briançon; il est vrai que, dès que je me uns ta assuré d'un poste qui.oouvroit Chambéry et Barraux, feawjé ordre à M. d*Artagnan qui arrivoit de Provence de coufrir k Briançonnais ; enfin, Madame, il ne faut aic<ure nous vanter de rien; mais j*espère que Dieu me fera la grâce de me cooèàtt de manière que cette grande armée navale d*Anglel»Te é ds Hollande dans la Méditerranée, Tachât de six cents andels pour H. le duc de Savoie, une armée de près de quarante nSk hommes, un corps de cavalerie de plus de dix mille dievanx n*auront pas été d*une grande utilité aux ennemis; je ne dis pas que nous ne perdions rien du tout, mais s'il n'en coûte qu*un petit château, j'espère que Sa Majesté ne s'en plaindra pas. La lettre dont vous m'avez honoré me pénètre de joie, c'est par de telles bontés que l'on donne du courage.
La suite de la campagne ne fut pas aussi heureuse : malgré un assez brillant succès à Cézanne, le 11 août, ViUars ne put empêcher la chute de Fénestrelles, de Pérouse, d'Exilés. Sa mauvaise humeur était grande, il s'en prenait à Chamillart, qu'il accusait de n'avoir pas voulu croire aux difficultés de la situation. Madame de Maintenon le consolait de son mieux, ses lettres sont malheureusement perdues : il ne reste de la correspondance
VILLARS ET MADAME DE MAIMTEiyîOX. 305
de cette période que la lettre suivante, écrite par Villars le lendemain du succès de Cézanne :
12 août 1708.
La dernière lettre dont il vous a plu de m^honorer. Madame, m*a rempli de courage et de conGanec. Vous avez la bonté de me dire que Sa Majesté est contente de moi. Je sais, Madame, que je le sers, non seulement avec la plus vive ardeur, mais encore heureusement. Cependant, ni la dans dépêche dont Sa Majesté m*a honoré sur la première retraite de M. le duc de Savoye, ni dans celle de M. de Chamillart, je ne vois pas la moindre apparence de satisfaction de Sa Majesté. Le second coup de M. le duc de Savoye, que nous avons parc, coûtoit au Roi la moitié du Dauphinc, et cependant, comme M. de Chamillart a toujours voulu croire qu'il n'y avoit rien à craindre, ces services-là ne lui paraissent d'aucun mérite. L'action qui se passa hier est la plus brillante, la plus vive et la plus glorieuse pour la nation. Car, à la vue de M. le duc de Savoye, sous son armée en bataille dominant toutes les hauteurs, nous avons emporté deux*petites villes, bien fermées de murailles, et passé une rivière défendue pas plusieurs bataillons des ennemis, et forcé leur armée de se retirer. Je marche à eux, et ferai tout ce qui sera humainement possible, mais je ne balancerai point du tout à vous dire. Madame, que les lettres et la conduite déCante de M. de Chamillart sont très-pénibles a un homme comme moi. S'il ne croit pas que je sache la guerre, il me fera plaisir d'en trouver quelque autre, dans le royaume. Je vous supjplie très-humblement de ne lui en témoigner rien, quoiqu'il me soit très-aisé de faire voir clairement que l'Etat a été en grand péril de ces côtés-ci. Grâces à Dieu, tout va bien, on ne peut être plus content que je le suis des troupes ; officiers et soldats, tout a fait des merveilles , et pour moi , Madame , je relis la dernière lettre dont vous m'avez honoré, pour n'avoir besoin d'aucune sorte de consolation.