Le même au même
A Fontainebleau, ce 12* octobre 1702.
(Extrait,)
Avant hier a cinq heures du matin du Clo * arriva icy, et comme il avoit fait une chute fort rude qui ne lui permit point de sortir du logis de la poste où il mit pied à terre, il m'envoya d'abord les paquets dont Son Altesse Électorale Tavoît chargé ; il estoit parti d'auprès d'ilm le 23 du mois passé, ayant ioint madame de Chamois * pour pouvoir a la faveur de son passeport sortir des terres de l'empire enqualité de domestique de ladite dame, ce qui luy a réussi, mais il a perdu bien des iours parce que madame de Chamois futarrestée a Rhynfeld et son passeport envoyé a l'armée du prince de Baden pour estre reconnu, si bien qu'ils ont esté onze iours avant que de se pouvoir transférer a Basle ; du Clo passa par Hunninguen et parla au marquis de Villars, qui ne scavoit point encore des nouvelles de Son Altesse Électorale et qui en attendoit a tous moments, du Clo ne luy pust rien apprendre parceque dans le temps quil estoit parti d'Ulm Son Altesse Électorale n'avoit point encore entendu parler ny du maréchal de Catinat ny de M. de Villars ; et comme elle commencoit a désespérer de la îonction, elle a trouvé a propos de former un autre proiect
* Valet de chambre français de l'Électeur, voy. t. I, p. 164. ' Femme du ministre de France auprès de la diète.
APPE!WDICE. 201
qu'elle m'a fait tenir par du Clo, pour avoir des secours par un autre chemin; vous devinerez aisément ce que ce peut estre quand je vous diray que Son Altesse Electorale a envoyé le lieutenant colonel Mercy en Italie porter le mesme proiecl au roy d'Espagne et en son absence a M. de Vandosme; j'eus audiance du Roy qui témoigna un vray déplaisir sur les contretemps survenus au suiet de tous nos couriers arrestés, ce qui avoit découvert le proiect du pont d'Hunninguen, et parconsequent rompu toutes les mesures prises pour la ionction. Sa Majesté me dit que le marquis de Villars avoit un corps de trouppes de confiance, qu'elle avoit pris soin de le composer se l'ayant elle mesme nommé et choisi tous les régiments, que, nonobstant les mesmes découvertes, le pont ne laissoit point que d'estre construit à Hunninguen et le retranchement qui le couvre tellement en estât de se maintenir que les ennemis avoient tenté déjà par deux fois de l'attaquer et en avoient esté repoussés, que le passage était donc seiir, et qu'il scroit bien fâcheux que la iontion fut impraticable, qu'il falloit attendre les réponses que Son Altesse Electorale feroit au marquis de Villars qui luy avoit donné part de sa situation par des gens qu'il avoit envoyé par des chemins détournés, et qu'en attendant elle verroit le nouveau proiect que j'avois receu. Sa Majesté m'asseura qu'elle assisteroit Sou Altesse Electorale de quelque manière que ce fust, en premier lieu parce qu'elle l'avoit promis par les traittés auquel elle ne manqueroit point et d'ailleurs parceque son interest le vouloit ainsy, que tant de raisons aussy fortes qu'essentielles dévoient me faire iuger qu'elle apporteroit ses soins pour ne laisser point Son Altesse Électorale dans l'embarras ou elle se croyoit, elle m'asseura de si bonne grâce de tout ce qui dependroit d'elle, que j'en sortis charmé. Nous attendons des nouvelles de M. de Villars, scavoir s'il en a receu de Son Altesse Electorale : le prince Louis est a l'opposite d'Hunningen sur le penchant de la mon-
tagne avec un corps de 18 a 20 mille hommes retranché iusques aux dents : mais tout cela ne me fait point voir que la ionction soit impossible; il faut que Son Altesse Électorale s'avance avec toutes ses trouppes et qu'elle attaque les postes retranchés et guardés par les milices et l'enant a gagner les hauteurs il faut que le prince Louis se déposte, s'il n'a pas deux corps d'armée de 20 mille hommes chacun au delà du Rhyn, les trouppes qu'il a laissé en deçà consistent en 20 mille auxquelles on donnera de la ialousie, pour les empêcher de se séparer, et pour cet effet il y a un corps détaché du maréchal de Catinat, commandé par M. de Lomaria, qui doit avoir hier passé la Sare pour entrer dans les terres du P^latinat, ce mouvement donnera de l'occupation aux autres, ^mettra le prince de Baden dans la nécessité de rester au delà avec ce qu'il a, pendant que le mareschal de Catinat reçoit d'autres trouppes qui le mettront aussy dans peu en estât de se mouvoir de son coté. Je ne puis vous rien dire de plus positif pour cette fois.
Orig. autogr. A. T.
Le même au même,
A Fontainebleau, ce 15" octobre 1702.
J'ay hier eii une longue conversation avec M. de Chamillart; il me dît que le Roy ayant considéré l'importance de la ionction de ses trouppes avec celles de Son Altesse Électorale avoit déià ordonné que les trouppes que le mareschal de Catinat avoit encore avec luy sous le cauon de Strasbourg fussent envoyées pour renforcer le marquis de Villars et le mettre en estât de tenir teste luy seul au prince de Baden indepeodemment de Son Altesse Électorale, affinque si le prince de Baden faisoit un détachement pour envoyer au devant de Son Altesse
APPEXDICE. tO:i
Électorale, le marquis de Villars se trouvast assez fort pour attaquer ce qui resterait devant luy, nostre entretien fust poussé assez loin et ie sortis fort satisfait de M. de Chamillart. Auiourdhuyatrois heures après midy il m'a fait chercher pour me donner part des nouvelles qu'il venoit de recevoir, un Courier parti le 13 porte que le marquis de Villars avoit receu une lettre de Son Altesse Electorale, que sur les advis de la construction de son pont et du poste dont il s estoit saisi, Son Altesse Électorale alloit marcher pour tacher de se porter aussy avant qu'elle le pourroit du costé des hauteurs de LaufTenbourg, par ou il y auroit moins de difficulté pour se ioindre, luy envoyant la route qu'elle alloit tenir; mais M. de Ricousse escrit que Son Altesse Électorale a eii de la peine a s'y detterminer, et qu'elle ne s'estoit pas mesme engagée de s'avancer iusquos a Lauffenbourg, se remettant aux contretemps qui pourroient survenir pendant sa marche dont cependant on donnera advis audit M. de Villars a mesure qu'il s'y en rencontrera : la lettre de Son Altesse Électorale est du 7 et le 13 le marquis de Villars, sur la nouvelle du renfort que luy amenoit le comte de Guiscard de 10 bataillons et de 20 escadrons, a fait surprendre le poste de Neubourg par M. de Laubanie qui s'en est rendu le maitre, et M. de Villars scachant ce poste occupé y envoya le mesme iour encore 1000 hommes d'infanterie avec le marquis de Biron, et fit descendre un second pont qui devoit y estre construit, et sur lequel M. de Villars avoit proietté de passer la nuit du 14 au 15 en cas qu'il n'y troovast point trop d'obstacles, et si au contraire il y en rencontre, quoy qu'il n'en prévoye aucun, il devoit tousiours passer la mesme nuit le Rhyn a Hunningue, résolu de combattre le prince de Baden si celuy cy veut luy disputer le terrein. V^oilà, Monsieur, les nouvelles du iour que \L de Chamillart vient de me communiquer, m'ayant lu toute la lettre du marquis de Villars, qui raisonne fort bien, et qui voit toutes les
(lifBcultés qu'il y a pour la îonction, mais cependant qui ne sont point a ce qu'il croit insurmontables, pourvu que Son Altesse Électorale veuille s'avancer assez pour embarasser le prince de Badcn, les vivres seront malaisé a pourvoir dans les grands defBlés de montagnes et ie pense que ce ne sera point là un des moindres obstacles. J'ay fait dans ce voyage icy un peu plus de connoissancc que ie n'avois avec M. de Chamillart, et ie m'en trouve fort bien, il est plein de sincérité et de bonnes intentions, et ie crois que sans trop me flater je puis faire fonds sur luy pour tout ce qui dépendra du service de Son Altesse Electorale et de ses intérêts, il écoute tout ce que Ton a à luy dire et se donne la peine de vous eclaircir les choses que vous voulez scavoir, en un mot j'en suis très content, ie le trouve honneste, doux et cordial.
Orig. aulogr. A. T.
Villars à V Électeur de Bavière,
Au camp sous Iluniogue, ce 13^ octobre 1702, k 5 heures après midj.
J'eus l'honneur d'écrire hier' à Votre Altesse Électoralle
par un exprés pour repondre à la lettre dont Elle a eu la bonté
de m'honorer. Ces lignes sont seulement pour avoir l'honneur
de l'informer que les troupes du Roy ont emporté cette nuîct
la ville de Neubourg, et que je me mets en état de soutenir ce
poste important qui m'asseiire vn second passage sur le Rhin
audelù duquel je viens de faire marcher icy dans ce moment
toute l'armée de Sa Majesté.
Orig. B. N.
' La lettre du 12 est celle dont nous avons donné des extraits, t. I, p. i68, et qui a été publiée en entier par Pelet, H, p. 842.
APPEXDICK. 205
Le même an même.
Le 14' octobre, à G heures du soir.
J'auray llionncur de (lire a vostre Altesse Ëlectoralle que larmee du Roy vient de battre celle des ennemis, nous sommes dans le champ de bataille auec quantité de drapeaux estandars et timballe des ennemis qui nen ont pas un seul de nos troupes H. de Schelberg y a fait des merveilles *.
Orig. aulogr. B. M.
Le comte de Monasterol au baron de Malknecht.
A Fontainebleau, ce 17* octobre 1702.
Je suis dans laioyedemon cœur de pouvoir enfin, Monsieur, vous escrire de grandes nouvelles, M. de Villars a battu le prince Louis de Baden le 14' de ce mois. Le comte de Choiseul beau-frère de M. de Villars qui en a porté la nouvelle au Roy est arrivé icy ce malin vers le midy, tout le détail qu'en a eu Sa Majesté, c'est que M. de Baden sur les mouvemens qu'avoit fait faire le marquis de Villars du costé de Neubourg en occupant ce poste, y construisant un pont, et le comte de Guiscard y paroissant avec un gros corps de trouppes, le prince de Baden, dis-ie, voyant tout cet appareil, crût que le marquis de Villars estoit avec toutes les trouppes au dit Neubourg pour y tenter le passage : dans cette opinion le prince de Baden prit le parti de décamper, pour aller, a ce que Ton iuge, disputer cette entreprise et prendre le poste de Neubourg, le marquis de Villars averti a point nommé que le
1 Voy. \e/ac»smiie, t. I, p. 176.
prince de Baden decampoit, se saisit de roccasion, fait passer a ses trouppes le Rhyn à Hunninguen, dépêche un courier au comte de Guiscard pour le venir ioindre en dilligence, et s'étend dans la plaine en s'approchant de Fridlinguen; le prince de Baden qui ne s'attendoit point a cette surprise craingnantd'estre attaqué dans le deffilé que ses trouppes avoient delà enBlé, les fit revenir sur leurs pas, Tinfanterie occupant la montagne et la cavalleric se formant au pied de cette montagne dans la plaine par laquelle traversoit le marquis de Villars pour s'approcher; la cavallerie du prince de Baden ayant esté mise en bataille et se croyant en estât d'attaquer celle de Frauce» s'ébranla et marcha droit a M. de Villars qui la receut comme il faut et la chargea si vigoureusement, qu'elle fut absolument rompiie et mise en fuite; pendant le combat de la cavallerie l'infanterie francoise s'empara d'une hauteur qui estoit séparée de celle qu'ocupoit les ennemis par un bois, ce bois fut disputé quelque temps et les impériaux en furent a la fin chassé; mais la vivacité de la nation francoise les emportant un peu trop avant, celte infanterie qui avoit déià combattu voulant encore pousser au delà de la forest sans estre soutenue» rencontra ciuq ou six bataillons frais soutenus de quelques escadrons qui la tint en respect et Tempescha de passer au delà, sans quoy le marquis de Villars mande que toute Taraiée ennemie estoit absolument taillée en pièce, et tout le canon et le bagage pris; il y a un grand nombre d'étandarts, de drapeaux, de timballes et de prisonniers faits, l'action est complette, le prince de Baden s'est retiré au delà de la montagne et le marquis de Villars qui couchoit la nuit du 14 sur le champ, c'est a dire dans le camp des ennemis, comptoit de marcher le lendemain à leur poursuitte, et d'estre le maître de la ionction, ayant d'abord dépêché un officier a Son Altesse Électorale. Le prince de Baden a fait des fautes qui sont impardonnables à un aussy grand homme que luy; enfin.
APPKMDICE 207
onsieur, nous voilà eu boune posture, et le marquis de Villars au dessus de tous les généraux de France, ayant eu affaire a un capitaine de réputation qu'il a battu en écolier, car M. de Villars n'avoit avec luy que les premières trouppes, le comte de Guiscard n'ayant pas ioint pour l'action et le marquis de Birons'estant trouvé occupé au poste de Neubourg. lU. Desbordes lieutenant gênerai a esté tué, aussy bien que le sieur de Chavanes brigadier ; Messieurs de Chamarante, de Polignac et le chevalier de Chamilly sont blessés mais légèrement, il y a environ trois cent hommes de tués des trouppes du Roy, a ce que Ton dit, et le champ de bataille estoit couvert de morts. Le Roy que je viens d'aborder pour luy faire mon compliment s'est rapproché de moy et m'a dit en présence de la cour tout ce qu'il y a de plus gracieux pour Son Altesse Électorale, et pendant son disner il m'a parlé très souvent et m'a dit tout bas de recommander ses trouppes a Son Altesse Électorale, parce qu'elles pourront manquer de subsistance de l'autre costé du Rhyn, ou l'on n'a point pu prendre les précautions nécessaires, i'ay esté embrassé de toute la cour, il n'y a iamais eu tant de ioye et le Roy estoit ce qui s'appelle vrayement transporté. Je n'ay pas le loisir de vous en dire davautage, ie vous enverray le détail que le Roy attend dans un iour ou deux. Je suis. Monsieur, tout a vous.
Il y a aussy du canon et du bagage de pris.
Orig. autogr. A. T.
Le même au même.
A Fontaioebleau, ce 20" octobre 1702.
Depuis ma dernière lettre. Monsieur, par ou vous aurez vu le succès de l'affaire d'Allemagne, le comte d'Ayen est arrivé qui en a porté le détail que vous trouverez cy-ioint, qui est la
Î08 APPEXDICE.
relation que le marquis de Villars a envoyé au Roy ; ce matin il est encore venu un vallet de chambre dudit Monsieur de Villars qui circonstantic la pcrtedes ennemis bien plus considérable qu'on ne Tavoit crû. M. de Villars ayant envoyé des trouppes dans tous les environs du poste qu'il ocupe on a trouvé dans les villages plus de 1500 hommes dispersés, morts ou blessés et Ton apprend que la pluspart des officiers généraux ont esté tués ou blessés aussy bien qu'un grand nombre de noblesse qui composoit une partie des officiers de cette armée. Le prince de Baden qui estoit dans le centre de la cavallerie, sa première ligne ayant esté renversée, se mit a la teste de la seconde laquelle ne fît pas mieux que l'autre, et fut entraîné dans la fuite des fuyards, en sorte qu'on ne scavoit point encore précisément ce qu'il estoit devenu quoy qu'on ait dabord mandé qu'il se fust retiré a Fribourg; le cpurier est parti le 18, et le marquis de Villars escrit qu'il n'avoit point encore de nouvelles de Son Altesse Électorale, ces délais me font de la peine, parcequeSon Altesse Électorale mandoit du 7 qu'elle se mettroit eu marche le 9 et que naturellement en neuf iours M. de Villars dcvoit avoir appris si Son Altesse Electorale est en chemin pour le ioindre; il escrit aussy au Roy qu'il n'entreprend point d'entrer dans les grands deffilés des montagnes parcequ'il ne scait pas s'il y trouvera de la subsistance et si d'ailleurs Son Altesse Electorale s'avance, ou non, qu'en attendant les nouvelles de Monsieur l'Électeur et les ordres du Roy, il restera dans le pays ou il est, les trouppes pouvant y subsister aux dépends des ennemis; là dessus j'ay résolu de faire partir du Clo a qui j'ay fait escrire a Paris de s'en revenir icy, pour le dépêcher demain
Orig. autogr. A. T.
APPEMUICE. 209
Le comte de Monasterol à V Électeur de Bavière.
A FonUinebleau, ce 2i« octobre 1702.
Depuis la déETaite de Monsieur le prince Louis de Baden, la scituation de Voslre Altesse Électorale a tellement changé de face, que ie me persuade qu'elle trouvera pour le présent moins nécessaire de suivre le dernier proiect qu'elle m'a fait l'honneur de m'envoyer par le sieur du Clo, que de s'attacher a celuy de la ionction de ses troupes avec celle du Roy du costé du Rhyn, dont M. le marquis de Villars vient de luy ouvrir les chemins, par une action encore plus utile pour le service de Sa Majesté et le bien des affaires de Votre Altesse Electorale, qu'elle n'est brillante et glorieuse pour luy mesme.
Cependant, Monseigneur, ie ne dois pas omettre de rendre compte a Votre Altesse Electorale que le sieur du Clo est arrivé icy le 10 et m'a mis en main les ordres de Votre Altesse Électorale en datte du 23 du mois passé; iay d'abord eii l'honneur de les communiquer au Roy en luy remettant la lettre de Votre Altesse Électorale et de luy représenter les difficultés de la ionction, proveniies par la perte d'un temps considérable que la prise de tous nos couriers a causée, laquelle a donné aux ennemis le loisir de se saisir de tous les deffilés et des postes qu'ils occupent auiourd'huy avec avantage; de manière que Votre Altesse Électorale ne voyant plus de iour â la ionction pour cette campagne, et craignant avec raison d'estre accablée dans ses Estats pendant l'hyver, avoit conceu l'idée de s'ouvrir un passage pour recevoir des secours de l'Italie. Sa Majesté me témoigna un sensible déplaisir de tous les contretemps survenus du costé du Rhyn qui rendoient l'aller des trouppes difficile de part et d'autre, mais comme elle ne vouloit point laisser Votre Altesse Électorale dans l'embarras
210 APPEÎMDICE.
ou elle paroissoit devoir tomber, Sa Majesté me demanda combien de trouppes Votre Altesse Électorale vouloit avoir de Tarmée d'Italie : elle trouva que 20 mille hommes affoibliroît trop ses forces de ce coté là, cependant elle remit à prendre ses resolutions après qu'elle aurait examiné le proiectde Votre Altesse Électorale, m'assurant qu'elle vouloit la secourir de quelque façon que ce pust estre, et qu'on ne negligeroit rien du costé du Rhyn pour tacher de surmonter les obstacles qui se présentent pour la ionction, adioutant d'ailleurs qu'elle avoit pris un soin tout particulier de composer le corps que commande M. de Villars des meilleures trouppes de son royaume afGn qu'il se trouvasse en estât de pouvoir tout entreprendre. Quelques iours après cette audiance le Roy eut des nouvelles que M. de Villars s'estoit rendu maitre de Neubourg, qu'il y fesoit construire un pont, et qu'il comptoit seurement de faire passer le Rhyn la nuit du 14 au 15 a ses trouppes auxquelles devoit se ioindre le renfort de 10 bataillons et de 20 escadrons que luy amenoit le comte de Guiscard; le iour suivant qui fut le 16 du mois le comte de Choiseul arriva icy vers le midy avec la nouvelle du combat ; ie m'aprochay du Roy pour avoir l'honneur de le féliciter sur le gain de la bataille ; Sa Majesté mappercevant vint deux pas en avant et me dit : « Voicy, Monsieur, de bonnes nouvelles pour Monsieur l'Electeur et pour moy, j'en ay d'autant plus de ioye que ce succez le tnei en estât d'agir avec avantage, et luy prouve la droiture de mes intentions et l'envie quej'ay de le seconder dans les proieis de son aggrandissement, f espère qu'il en sera a présent bien persuadé, et que nous aurons doresenavant de fréquentes occasions de nous donner des preuves muttuelles d amitié et de bonne volonté, n et s'estant mise a table elle ne discontinua de parler de cette action et m'adressa la parole fort souvent. Sa Majesté me répliqua encore en présence de toute la cour qu'elle avoit une vraye ioye de ce que ce succez faisoit voir
APPEVDICK. 211
quelles avoient esté ses intentions a l'égard de Votre Altesse Electorale après quoy elle me dit tout bas d'escrire à Votre Altesse Électorale qu*elle voulûst prendre soin des trouppes que luy anienne M. de Villars parce qu'elles pourraient manquer de subsistance n'ayant pas encore de magazins établis au de là du Rhyn. J'asseuray le Roy que Votre Altesse Électorale y apporterait tous les soins nécessaires, et Sa Majesté me répliqua que ce seroit grand domage de laisser périr d'aussy bonnes trouppes que le sont celles qu'elle luy envoie. Voilà, Monseigneur, ce que je puis avoir l'honneur de luy mander de la part du Roy; i'adiouteray seulement que la ioye fut si grande a la cour ce iour là par rapport à la scituation ou cette affaire alloit mettre Votre Altesse Électorale qu'il n'y a personne qui n'aye voulu m'en faire des compliments. M. le prince de Conti particulièrement en a témoigné une vraye ioye et m'a dit qu'il
escriroit a Votre Altesse Électorale
Le Roy m'a fait l'honneur de me dire que M. de Schclbert qui a servi dans ses trouppes entroit au service de Votre Altesse Électorale, Sa Majesté en a parlé avec estime et m'a dit de faire connoitre a Votre Altesse Électorale que c'estoit un bon suiet pour l'infanterie; c'est un témoignage d'autant plus advantageux pour ledit M. de Schelbert qu'il n'a point esté recherché de Sa Majesté. Je prends la liberté de représenter à Votre Altesse Electorale qu'il y a beaucoup de noblesse dans les trouppes que M. de Villars conduit, il y en a dont Votre Altesse Électorale sera bien aise de scavoir les noms pour les traitter avec distinction , le jeune prince Charles fils de M. d'Armagnac de la maison de Lorraine : le prince de Tarente de la maison de la Tremouïlle, Messieurs de Nangis, de Coatquin, de Seignelay, de RaOetotetdeChoiseul sont apparentés à tout ce qui composent la cour. Messieurs de Polignac, de Chamarante, de Biron, parmy les maréchaux de camps et les brigadiers sont fort considérés icy, enfin, Monseigneur,
Monsieur de Villars les fera encore mieux connoitre a Votre Allesse Électorale; il ne me reste qu*a luy représenter que Madame la duchesse de Noaîlles suplie Votre Altesse Électorale de vouloir accorder un des régiments vaquants en Flandres au chevalier de Bournonville son neveu, comme il y en a deux, Tun vaquant par la mort du chevalier de Berghes, et Fautre par le choix qu*a fait le roy d'Espagne du duc d'Avré pour le mettre a la teste de son régiment des guardes, cette dame espère que Votre Altesse Électorale voudra bien luy accorder cette faveur, elle est assez bien en cour pour que Votre Altesse Électorale aye cet égard à la considération
Orig. autngr. A, T.
Le comte de Monasierol au baron de Malknecht.
A FonUinebleau, ce 23* octobre 1702.
Je me trouve, Monsieur, bien étonné qu'après les démarches que Son Altesse Électorale a faites elle prenne le parti qui lay reste le plus mauvais à suivre, les lettres d'hier au soir arrivées par un exprès de M. de Villars portent que le sieur de Ricousse après maintes instances advertit, en datte du 1 1* de ce mois, que Son Altesse Électorale luy a déclaré qu'elle ne pourvoit point faire marcher ses trouppes et abbandonner ainsy la Bavière, et qu'a moins que M. de Villars ne trouvasse moyen de passer les montagnes pour l'aller ioindre dans les postes qu'elle occuppe maintenant, qu'elle ne pouvoit pas avancer pour faciliter la ionction. Je vous avoue, Monsieur, que voilà iustement ce qui s'appelle guaster de tous costés ses affaires et perdre un temps favorable : c'est, ou ie suis bien trompé, le fruit des* voyages qu^a fait M. Reichard * à Ratisbonne, pour
' Voyez ci-dessous la pièce n^' 27.
pourvoir aux sûretés a venir, ainsy que le porte sa lettre du 2 de ce mois, dont vous m'avez envoyé copie : si, après la nouvelle que Son Altesse Electorale doit avoir receu de la bataille que les impériaux ont perdue elle ne se presse point â marcher pour la ionction, ie désespère de tout absolument; il n'y a point de couder de M. de Villars qui n'apporte des particularités qui augmentent la perte des impériaux, celuy d'hier nous apprend que le prince de Baden a esté blessé légèrement au bras, et qu'il fait marcher dilligemment les trouppes qui estoient restées en Alsace, pour les rassembler toutes à Fribourg, en quel cas si Son Altesse Électorale ne ioint pas il est apparent que le marquis de Villars repassera le Rhyn ne pouvant point demeurer longtemps dans un pays ou il n'a point de place et dans lequel il ne sera pas le plus fort sans les trouppes bavaroises, au lieu que la ionction faite a propos nous niet tous au dessus des forces de l'Empereur et de ses alliés, et nous établit dans une scituation la plus avantageuse que Son Altesse Electorale eiit iamais pu désirer. Je ne vous dis plus rien sur ce suiet, je vais estre inquiet iusques a l'arivée des nouvelles qui nous eclairciront du parti que Son Altesse Elec^ torale aura pris sur celles de la deffaitte de M. de Baden : le comte d'Ayen est parti ce matin, je luy ay remis une lettre pour Son Altesse Electorale : vous aurez sceû que le Roy a donné au marquis de Villars le bâton de maréchal de France, avec un applaudissement universel, ce qui est assez rare, mais son action est trop belle et trop importante (en cas que Son Altesse Electorale en veuille profiter) pour ne mériter pas une recompence distinguée. Je finis ma lettre, car ie ne suis pas d'assez belle humeur pour vous escrire quelque chose de guay, et dans cette disposition d'esprit il faut avoir la discrétion d'épargner a ses amis Tennuy des plaintes.
Orig. autogr. A. T.
Vïllars à l'Électeur de Bavière.
Du camp de Bingen, 21 octobre 1702.
(Analyse.)
S'étonne d'éfre sans nouvelles. Si TElecleur avait marché le 9, il aurait été bien près le jour où la bataille a été gagnée, et la jonction se trouvait très-facile.
L'original n'est pas dans le recueil de la Bibliothèque nationale, mais le Dépôt de la guerre possède une copie imprimée par Pslbt, II, p. 259. Il est douteux qu'elle ait été expédiée.
Le même au niéme.
Au camp de Friediinguc, ce 25^' octobre 1702.
Je ne puis m'empècher d'avoir Thonneur de dire a Votre Altesse Électoralle que la joyc dont je suis pénétré des grâces intimes dont il a plu a Sa Majesté de m'honorer est troublée par n'estre point honoré des ordres de Votre Altesse Électoralle pour une jonction.
J*ay envoyé des corps considérables du costé de Sekingue et dans les vallées voisines de cette frontière espérant tousjours que nos partis trouveroicnt ceux des trouppes de Votre Altesse Electorale, quoy que depuis trois ou quatre jours je craigne que les neiges quy commencent a couvrir les montagnes ne soyent un obstacle assés grand pour les arester.
Votre Altesse Electoralle sera bien persuadée que si j'avois seulement espéré de trouver la teste de ses trouppes a vingt lieiicsd'icy j'aurois hasarde de luy mener celles que je commande sans charois, mais les lettres de M. de Ricous, comme
j'ay desja eu Thonneur de le mander a Votre Altesse Ëlectoralle, ne me faisant espérer aucun pas en avant pour faciliter la jonction, j'ay cru ne pouvoir mieux faire en attendant Thonneur de ses ordres que d'assurer des passages sur le Rhin lesquels rendront tousjours une jonction facile, et j'oze assurer Votre Altesse Électorale que Ton occupera tellement les forces de l'Empereur qu'elle n'en verra qu'une très petitte partie vers la frontière de ses Estats.
La deffaite de l'armée de M. le prince de Bade l'a obligé a quitter tous les postes qu'il avoit en Alsace; après avoir pris le fort de Friedlingue je l'ay fait raser aussy bien que tous les ouvrages quy environnoient Huningue et enfîu, Monseigneur, l'intention de Sa Majesté d'ayder Vostre Altesse Electorale de touttes ses forces quy a sy bien paru dans un temps qu'elle laissoit ses frontières ouvertes, sera plus heureusement manifestée des le printemps prochain par les augmentations considérables de trouppes nouvelles que le Roy a ordonné et par la supériorité que les anciennes ont toujours eiie sur les ennemis ; pour moy, Monseigneur, je seray plus assuré que jamais de la voir augmenter sous les ordres d'un prince dont l'extrême valeur et une parfaite connoissance de la guerre égalent les
autres grandes qualités.
Orig. B. N.
L Electeur de Bavière à Villars.
Ehingeo, 25 octobre 1702.
[Analyse.)
Max-Emmanuel propose à Villars d'envoyer 300 dragons occuper le fort de Rothenhausen et concourir à la marche de l'armée française. M. de Luttensest chargé d'expliquer ce plan.
Le texte de celte lettre ne s*est pas retrouvé.
ViUars à l'Électeur de Bavière.
Au camp de Fridiingue, ce 31 octobre 1702 et l**" notembre à quatre heures du matin.
Monseigneur, je reçois par M. de Luteins accompagné de H. de La Colonie la lettre dont il a pleii a Votre Altesse Électorale de m'honorer du 25. Je suis pénétré de ses bontés, j'y reconnois les mêmes qu'elle a toujours bien voulu me montrer, mais comme j'avois Thonneur de mander a Votre Altesse Électorale par mes dernières dépêches, que la joye, que je ressentois de rheureux succès des armes de Sa Majesté et des grâces infinies dont elle a bien voulii récompenser mon zèle pour son service, estoit troublée par la douleur du peu de concert avec Votre Altesse Electorale dans de si importantes conjonctures, elle me pardonnera de luy montrer encore les mesmes sentimens.
Bien qu'il soit inutile de parler des derniers mouvcmens de ses trouppes, il ne m'est pas possible de me taire sur leur marche a Lauinguen. Car enfin, Monseigneur, ie suppose, comme M. des Lutins me le dit de la part de Votre Altesse Electorale, que M. de Ricous ayt engagé sollemnellement la parole de Sa Majesté, que 40 battaillons et 50 escadrons de ses trouppes, avec lequipage dartilleric passeroient le Rhein, et iroient joindre Votre Altesse Electorale sans qu'elle fist aucun pas pour faciliter cette jonction, je puis bien dire avoir veu le contraire dans les premières dépèches de M. de Chamillart a M. de Ricous, qui portoient en termes exprés, comme touttes les apparences le vouloient pour lors, que c'estoit à Votre Altesse Électorale a chasser le petit camp des ennemis de Fridlîngue; mais ie veux bien croire que M. de Ricous ayt plus promis qu'il ne devoit. Votre Altesse Électorale sachant l'armée du
APPEXDICE. 217
Roy a Huningen, que même elle s'estoit assuré le passage du Rhein, devoit au moins, pour mettre M. de Ricous dans son tori, tourner la teste de la sienne de nostre coté. J'aurois seulement désiré, que par la lettre du 7 dont elle m'a honoré, se remettant du reste à M. de Ricous, qui promettoit la marche des trouppes de Votre Altesse Électorale iusques a Sekingue, elle m'eut fait Thonneur de me dire, « Vous devez venir me joindre, et passer les montagnes Noires dans lesquelles je ne veux pas m'engager, puisque Ton m'assure que ie ne saurois les traverser n , ces messieurs me disent que tout ce qui environne Votre Altesse Electorale luy en parle ainsy. Nous aurons deub le trouver plus difficile, puisque ces montagnes sont retranchées et fortifiées contre la France et point contre TAllemagne, mais enfin, que Votre Altesse Électorale m'eut mandé u J'iray seulement iusques vers Stockach, faittes de vostre coté comme vous Fentendrez » ; je suppose que la jonction est indifierentc a Votre Altesse Électorale ce que Ton pourroit penser, si elle me permet de le dire, du peu de mouvement quelle a fait pour cela : mais partant du neuf de Memingue, quant ce n'eut esté que pour mettre M. de Ricous dans son tort, et marchant 5 ou 6 jours en avant, la jonction sans autre peine de sa part estoit seure après la battaille. Au lieu de cela, Monseigneur, Votre Altesse Électorale comme on l'a appris d'abord par les nouvelles publiques marche de Memingue vers Donauert pour prendre Lauingue; qui a pu luy donner un si pernicieux conseil? je luy demande pardon de la liberté avec laquelle je parle, elle connoit mon zèle et ma franchise ; quoy ! dans le temps que l'armée du Roy fait tous efforts pour s'approcher d'elle, vous vous en esloignez. Monseigneur, de prés de 30 lieiies, et que serois je devenu, si, malgré touttes les opinions du conseil de guerre, j'avois entrepris de pénétrer les montagnes sans charois, sans canon, et qu'arrivant vers Stilingue au lieu d'y trouver Votre Altesse Électorale, l'on
218 APPEXDIGE.
m'eut appris qu'elle avoit descendu le Danube et marché vers Donauert? Quels vivres aurois-je pu trouver puisque Votre Altesse Électorale m'a fait l'honneur de me mander quelle estoit obligée de tirer les siens d'Ulm? Je perdois larmée du Roy sans ressource. Mais, Monseigneur, vos gens me disent que Votre Altesse Electorale désire la jonction, lat'ellc pensé ainsy, quand de Memingue me sachant vers Stielingue, elle marche à Lauinguen? Votre Altesse Electorale me permettra de luy dire, que des lors elle a paru ne la croire pas bien nécessaire, et plut a Dieu avoir sceû cette marche le 15, je suivois la déroute des ennemis, et dispersois entièrement leur armée; mais ne devois-je pas m'attendre, Votre Altesse Electorale me faisant Ihonneur de me mander quelle marchoit le 9, et M. Ricous m'indiquant la route par Rothaus Obersekingue, et Sekingue, que la teste de ses trouppes seroit environ le 16 vers ces lieux la; labattailleaesté gagnée le 14, le 15 on a pris le fort de Fridlingue, le 16 l'armée entière a marche a Benzeim et 4000 hommes des trouppes du Roy a Schophen, le 17 a Sekingue, et le 20 j'ay appris par une lettre de M. de Ricous du 11 que Votre Altesse Électorale ne vouloit plus s'approcher de nous, et puisque dans le même tems elle a marché vers Donauert, Elle s'en esloigne bien. Je demande pardon a Votre Altesse Électorale de rappeler ces choses passées, mais je dois pour la gloire du Roy, faire voir que Ton a surmonté tous obstacles de nostre part, quand de celle de Votre Altesse Electorale au lieu de faire un pas en avant on s'esloîgne de nous; il faut venir au présent, et ne plus parler de ce qui est sans remède.
J'apprens donc par M. des Luteins que l'armée de Votre Altesse Électorale, qu'il a laissée à Ehingen, doit marcher vers Riedling, qu'elle s'avancera vers Stocach, qu'elle a envoyé un lieutenant colonel avec 300 hommes de pied et 500 chevaux vers Stielingue et que, si je leur mande d'attaquer le poste de
APPEXDICE. 219
Rottenhausen ils le feront; il y a six jours que les fcld mareschaux Styrum et Thinguen avec tous les autres généraux de TEmpereur et de TEmpire ont rassemblé généralement touttes leurs forces vers Fribourg et leur armée est actuellement près de Neubourg sur laquelle j*ay divers partys, j'en attens des nouvelles, et immédiatement après que je les auray je renvoi ray ces deux messieurs; en attendant j'auray Thonneur de vous dire, Monseigneur, que lorsque Votre Altesse Électorale s'est déclarée, Huningueestoitinvcsty,j'ay fait raser le fort de Fridiingue et tous les ouvrages qui environnoient cette place, nous avons Neubourg poste très important, qui nous donne un autre passage sur le Rhein, un^ battaille gagnée qui intimide nos ennemis et conserve aux trouppes du Roy cette supériorité acquise depuis longtemps sur eux, ainsy. Monseigneur, Votre Altesse Électorale a plus d'occasions que jamais de conter sur les secours de Sa Majesté, que les neiges dans les montagnes et le voisinage d'une armée considérable peut retarder présentement, puisque tant qu'elle sera a 4 petites lieues de moy, la prudence ne veut pas que j'entre dans des deffilez de 20 lieues devant elle, mais si Votre Altesse Électorale, qui a un champ libre depuis la prise d'Ulm, veut pousser des contributions, augmenter ses trouppes, se retrancher derrière le Danube, par où les enneoiys peuvent-ils luy nuire? M. des Luetins me parle de quinze mille Cravattes, Votre Altesse Électorale ne sera guère embarassée de pareils ennemis, les seuls paysans de Bavière empêcheront d'autres paysans de passer la rivière d'Inn.
J'ay eu quelques anisi que l'armée ennemie songeoit à passer le Rhein vers Rheineau ; il seroit dangereux de la laisser pénétrer en Alsace ; elle peut même passer en Lorraine, mais si l'ennemy s'esloigne assez de moy pour pouvoir entrer dans des pareils deffilés sans faire vue folie outrée, je prens mon party sur le champ, et ne désespère pas de rendre un service
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important, pourveû que Votre Altesse Électorale veut bien faire de son coté tout ce qui facilitera la jonction. Mais de s'hazarder quand touttes les forces des ennemys sont sur moy. Votre Altesse Électorale scait trop bien la guerre pour ne pas voir clairement, que d*enfourner les trouppes du Roy dans des déBlés de vingt lieues, où il faut mesme attaquer des retranchemens et des forts, quand M. le prince de Bade avec touttes ses forces rassemblées est à cinq lieues de moy, peut me prendre par les flancs, par mon arrière garde, dans un pays où tout le favorise, c'est se jelter dans une perte certaine, et je ne croy pas qu'elle en fut mieux de faire périr une armée du Roy sans la moindre espérance de succès; j'aimerois bien mieux, quelque inégalité de forces qu'il y ait entre nous et les ennemys, les aller attaquer dans leur camp.
S'ils envoyent un corps de douze a quinze mille hommes contre Votre Altesse Électorale, je les attaqueray. Car iusqu'a présent, Monseigneur, quelques faux avis qu'on ayt donné a Votre Altesse Electorale, M. le prince de Bade n'a envoyé que des hussars et il n'a pas marché de son côté un seul régiment de cavallerie, d'infanterie ou de dragons.
J'ay l'honneur de connoistre la valeur et lintrepidité de Votre Altesse Électorale mais j'ay souffert souvent du peu de secours qu'elle tire de ceux qui doivent l'informer véritablement de ce qui regarde ses interests ; un prince, pour grand qu'il soit ne peut pas tout faire luy même, et je vois bien que les fausses nouvelles ont détourné plus d'une fois les droites et saines veùes de Votre Altesse Électorale. J'ay un extrême besoin de ses bontés et de son indulgence dans touttes les libertés que ie prcns, mais ma conflance est qu'elle connoist mon zèle et le fond de mon cœur.
Dans ce moment il me revient divers partys que j'avois sur les ennemys, qui sont campez a Heitersheim. J'ay rassemblé les officiers généraux de cette armée, et leur ay proposé ce
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que Votre Altesse Électorale méfait Thonneur de me mander; nous avons fait entrer messieurs des Lueteins et de la Colonie; tous ces messieurs ont unanimement trouvé que de se jetter dans les montagnes, où les chemins sont si étroits que la marche de 30 bataillons et 40 escadrons tiendroit -i lieues d'estendue, devant une armée ennemie, estoit une chose impraticable, ayant surtout a attaquer un fort a douze lieues d'icy, dans lequel il y a suivant le récit de M. de Luetins douze à quinze cents hommes la plus part paysans ; mais que si Votre Altesse Electorale veut venir attaquer le fort de Rottenhausen, alors estant seur de trouver, à 12* lieues d'icy, une armée qui nous recevra, nous bazarderons, quoyqu*avec un assez grand péril, de marcher jour et nuict avec nos trouppes sans bagages pour la joindre; puisque Ton pourroit se flatter qu'occupant les hauteurs de son côté après avoir pris le fort, Tennemy ne pourroit point prendre nostre teste et nos flancs, et pour l'arriére garde on tachcroit, y mettant nos meilleures trouppes, de la soutenir avec audace. Votre Altesse Electorale scait trop bien la guerre pour ne pas comprendre les périls auxquels s*exposent les trouppes du Roy dans une pareille marche, mais elle seroit folle à me faire mériter punition, si ie Tentreprenois, Tarmée des ennemys si près de moy, sans scavoir celle de Votre Altesse Électorale entière a Rotenhausen et maitresse du fort.
Voilà, Monseigneur, ce que ie puis avoir Thonneur de luy mander présentement : peut estre que les mouvemens des ennemis nous permettront quelque chose de plus. Elle peut juger parce qu'a desjafait l'armée du Roy pour la joindre, ce qu'elle peut entreprendre encore pourveû qu'on ne luy demande pas sa perte certaine, elle tentera tout et moy. Monseigneur, pour mieux marquer à Votre Altesse Électorale l'attachement, le zèle et le profond respect avec lequel, etc.
P. S. — J'ay l'honneur d'écrire a Votre Altesse Électorale a
deux heures après miuuit, Tarmée eotiere de M. le prince de Bade a marché des hier fort matin vers Fribourg, plusieurs régiments paroissent suivre le Rhein en descendant.
M. le prince de Bade abandonnant le dessein, que naturellement il devoit avoir d'attaquer Neubourg, n*en peut avoir que deux.
Ou il marche avec touttcs ses forces par ud concert pris avec le gênerai Top, pour agir puissamment vers la Sarre, TAlsace et la Lorraine avec quelque jonction des trouppes qui sont actuellement en Flandre ou vers le bas Rhein.
Ou il vient se porter prés de Fribourg envoyant de la un détachement contre Votre Allesse Electorale car jusqu'à présent il n'y en a eu que de houssars.
Sil suit la première veùe, Votre Altesse Électorale n'a pas un seul ennemy qui Tempeche de venir attaquer Filingue, et de faire tout ce qu'il lui plaira, ou pour une jonction, ou ce qui lui conviendra le mieux.
Si c'est la seconde, ou il n'enverra contre Votre Altesse Électorale qu'un corps médiocre auquel cas elle n'en sera pas embarassée; s'il envoyé audela de 18000 hommes je nebalanceray pas a l'aller attaquer dans son camp, et ie marche actuellement pour m'en approcher.
Je supplie Votre Altesse Électorale de faire redection a tout ce que j'ay l'honneur de luy dire, il me paroist convenable a toutes les raisons de guerre et a ses interests.
Et ic supplieray encore une fois Votre Altesse Électorale de
faire reflection, que jusqu'à présent aucun drapeau ny estan-
dard n'a marché de son coté.
Orig. B. N.
Le comte de Monasterol au baron de Malknecht,
A Paris, ce 31* octobre 1702.
J'ay VU, Monsieur, auîourdhuy à Versailles le marquis de Torcy qui est peu satisfait de vostre silence, en effet c'est quelque chose d'assez surprenant que le 26 Monsieur de Villars n'eut encore receu aucunne nouvelle de Son Altesse Electorale, ce qui Tembarassc a un poinct qu'il est prest a repasser le Rhyn, parceque le prince de Baden qui a rassemblé toute l'armée se trouve trop fort contre luy qui n'a point de place en de là de cette rivière ; cependant le 26 il estoit encore a Friedlinguen faisant continuer les ouvrages commencés a IVeubourg pour mettre ce poste hors d'insulte; il croit que le prince de Baden veut s'approcher dudit IVeubourg pour tacher d'emporter ce fort qui assure un passage en ce lieu là à Monsieur de Villars, en ce cas ie crois que les trouppcs de France repasseront a Hunniguen (puisque Son Altesse Électorale n'a point voulu la ionction) pour ne se pas trouver exposés a des contingences ; M. de Torcy m'a dit qu'il scait qu'il y a eu a Ratisbone un homme de la part de Son Altesse Electorale et que le comte d'OEtting s'estoit trouvé sur les terres de la Bavière ou il avoit eu des conférences secrètes avec quelqu'un que l'on soupçonnoit député de Son Altesse Électorale pour l'entendre, ie vous prie de me dire quelle doit estre a présent l'opinion que l'on peut raisonnablement avoir de vous en ce pays cy après les démarches que Son Altesse Électorale a fait faire à la France ; ie m'abstiendray de vous marquer mon sentiment car il n'est en vérité pas d'une nature qui convienne a la dignité du suiet ; il faut encore suspendre tout iugement iusques a ce que nous ayons une décision, en tout cas ie ne puis m'empecher de vous
dire que Son Altesse Électorale avoit beau ieu sUl avoit voulu ioindre, il portoit un coup mortel a TEmpereur, et TEmpire estoit moins en estât de nuire que de se plaindre, mais faisons nous ; le maréchal de Villeroy a couché jeudy passé à Milan, on Tattend à la cour vendredy prochain ou samedy pour le plus tard : i'avois mené Monsieur Bombarda pour parler à Monsieur de Chamillart, mais il n'estoit point à Versailles, ainsy nous avons remis a vendredy Fentretien que nous devons avoir sur le deffaut des subsides'des Pays-Bas. Je déplore la scituation de rÉIccteur de Cologne, si Taffaire d'Allemagne avoit reiissy (comme elle dependoit de Son Altesse Electorale après le combat) toutes les autres auroient changé de face, adieu Monsieur, je suis tout avons.
Orig. autogr. A. T.
Le même au même,
A Paris, ce 8 novembre 1702.
Je ne vous ay point escrit. Monsieur, ces iours passés parceque nous n'avions rien de nouveau, mais avant hier. Ton eiit des nouvelles du 25 de Monsieur de Villars lequel en avoit receu de SoD Altesse Electorale qui ne satisfont point icy la cour. Sur cela Monsieur de Torcy m'escrivit pour me convier a luy aller parler a Marly, i'y fus et ie vis bien par les relations du marquis de Villars que Ton flaire fort en Bavière; ce ministre me dit que Son Altesse Electorale avoit escrit au roy des Romains pour Tasseurer de la sincérité de ses intentions qui n*estoient point contraires aux interests de l'Empereur, d'ailleurs il m*a dit qu'on Tasseuroit de toutes part que l'on ecoutoit des propositions et que le comte d'Ëting en fesoit; là dessus le Roy a pris la resolution de faire proposer a Son Altesse Électorale quelque chose de plus qu'il n'est porté par nostre dernier
traitté, et Sa Majesté a désiré que ie me rende moy mesme auprès de Son Altesse Electorale pour luy en représenter les advantages ; ie n*ay pu me dispenser d'y acquiescer soit parceque c^est quelque nouvelle proposition que ie vais faire, soit encore pour ne laisser point icy la cour dans la croyance que ie sois persuadé que Son Altesse Électorale ait changé de sentiment pour elle; enfin i'ay pris le parti de m'en aller, et ie parts dans un quart d'heure, laissant icy toutes mes affaires dans Testât ou elles sont comme d'un homme qui doit revenir. Monsieur de Bombarda demeurera chez moy
Oriy, aulot^r. A. T.
Négociations secrètes de l'Électeur Max-Emmanuel
avec l'empereur Léopold par l'intermédiaire du cardinal Lamberg.
Toutes les pièces de ce dossier sont autographes, à Texception des lettres de TEmpereur, qui sont des minutes écrites de la main d*un secrétaire. Elles sont conservées aux archives I. R. de Vienne.
a, L'Electeur de Bavière au cardinal Lamberg.
De la Chartreuse de Buxheiin, 30 sept. n02.
Pour que Votre Dilection puisse être exactement informée de mes intentions, j^ai cru devoir lui adresser mon chambellan et secrétaire particulier v. Reichart, personne digne de confiance et bien renseignée. Je prie Votre Dilectionde lui accorder une bienveillante attention et de croire ce qu*il luidira, comme si Elle m^entendait moi-même. Je place en Votre Dilection mon entière con-
aass der Kartaiiss Buibeimb den 30 ^^" HOÎ.
Damitt Ewer Liebden von meînen firnemenden intentionen volkhomen informiert sein mogen, so habe fûhr dass beste mittl gehalten , deroselben meinen truksessen und geheimben secretariumv. Reichart aïs eine vertraute und wol underrichte person zu schiken. Ersuecbe dahero E. L. sie wollen ihme ein guettwilliges gehôr verstatten und in seinem anbringen gleich mihr
fiance : je n'ai d^autre but que la prospérité de Sa Majesté TEmpereur et celle de TEmpire, je souhaite également de tout mon cœur ne devoir qu^à Votre Dilection seule d'être remis dans une situation qui me permette de rendre ù Sa Majesté de nouveaux cl uliles services.
Selbsten vollkhommen glauben beymessen. Ich stelle zu E. L.
mein einlziges Vertrauen, uod gleichwie ich nichts andersts als Ihr May. dess Kaysers und des gesambten Reiches wolfarth sueche, also wintsche auch von hertzen, dass E. L. ich die obligation allein habe mich in der Standt widerumb zu s^hen Ihr K. May.
neye und ersprieslichedienst leisteu zu khônnen.
b. Le cardinal Lamberg à l* Empereur, — Ratisbonne, 4 oct. 17Q2.
— Il adresse la lettre précédente : a vu Reichardl et croit qu'il sera possible de s'entendre avec l'Electeur à des conditions meilleures que celles transmises par le comte Schlick.
c. Max-Emmanuel au cardinal Lamberg, — Buxheim, 8 oct. 1702.
— Lui adresse de nouveau Reichardt chargé de communications verbales.
d. Le cardinal Lamberg à l^ Empereur.
(Extrait,)
Ratisbonne. 10 oct. 170S
Reichardt est venu me voir hier soir en secret, par l'ordre de son maitre [il m'a entretenu?] des conditions auxquelles il traiterait avec Votre Majesté Impériale et après l'acceptation desquelles il fournirait 20,000 hommes à Votre .Majesté Impériale, adhérerait aux actes de la Diète en ce qui touche la déclaration de guerre, fournirait son contingent, se mettrait, en définitive, complètement & la disposition de
Regeasparg 10 oct. 1*703.
...Reichardt hatt sich gestera abend ganz in der Stille auf befelch Seines Principalen bey mir... einfindig sistiret [/ncune] die conditiones uber welche sein herr mit E. K. M. sich von neaen verbinden und nach deren acceptirung E. K. M. alsogleich 20,000 Mann ûberlassen, dem Reichs concluso in puncto declaratioois belli mit seinem Contingent beytretten und in Summa sich volkomlich E. K. M. weiters belie-
APPEIVDICE.
Votre Majesté Impériale. Il se conformerait également :\ tout ce que j'ai exposé à Votre Majesté Impériale à la suite des ouvertures dudit Reichart, et aux résolutions qui seraient exprimées dans la réponse de Votre Majesté. LMDIecteur demanderait comme preuve de Tacceptation par Votre Majesté Impériale de ces conditions un simple billet écrit de sa main ; aussitôt qu'il l'aurait reçu, il s'abstiendrait spontanément, et à temps» de toute conjonction avec Villars ; puis aussitôt le traité définitivement conclu, il ferait prêt à restituer sans réserve tous les points qu*il a occupés jusqu'ici, àmetlre en marcbe, sur la demande de Votre Majesté Impériale, les 20,000 hommes qu*il a offerts,... etdecommencer les hostilités... L'Électeur voudrait que ce nouveau traité fût placé sous la garantie de T Angleterre et de la Hollande
L'Électeur promet en outre...
qu'il ne fera plus aucun mouvement, qu'il ne cherchera par aucun moyen d'opérer sa jonction avec Villars; mais il demande de son côté que le roi des Romains invite sans délai le prince Louis (de Bade) à ne pas faire agir contre lai, jusqu'à nouvel ordre, le détachement de troupes des cercles de Souabe et de Franconie qu'il commande; le prince pourrait et devrait, à l'aide de ces
bigerdisposition ûberlassen,auch ail das jenige vor genehm halten wolle, was ûber die mier durch besagten v. Reichart erôffnete bedingnussen ich E. K M. vorgetragen und von deroselben hierûber pro ultîma résolutione in autwortt erhalten haben wûrde , und verlangte sodann der Churfûrst zu versicherung von E. K. M. beliebter Conditionen bloshin einiges handbriefel zur Xnchricht, nach welcher Seine Liebden von der conjunction mit Villars sich in allwege, ja auch noch zur Zeit von selber endthallen , nach wûrklich geschlossenen tractaten aber aile bislierige occupata ohnverzieglich cum omni causa zu restituiren , die offerirte 20,000 Mann auf E. K. M. allergnâdigstes Verlangen abmarchiren zu lassen... und in hostico agiren... bereit seye. Elector begehrte diser newen verbindnuss halber Engeland und Ho-
land vor garants
So verspricht auch diser Churfûrst... das s er kein mouvement weiters vornehmen viel weniger die Conjunction mit dem Villars suchen wolle : wann nur indessen auch der Rômiscbe Kônig ahn Prince Louis unuerzieglich gesinnen môchte, gegen Chur Beyrn bis auf weitere Keyserliche ordre mittelst dem Frank und Schwàbischen deta-
forces, s'appliquer à empêcher Villars d'effectuer la jonclionquHl poursuit avec I* Electeur, afin de laisser audit Électeur le temps de recevoir communication des décisions définitives prises par Votre Majesté au sujet des nouvelles ouvertures qu*ii lui a faites.
chement nicht hostilité ren ; dises aber kônte un seibes indessen beflieai des Villars mit dem Chi suchende conjunction zi dern,damit unter diser und beschafftigung Ele matam M. V. resolutio per novis oblatis ûbei kônne.
e. L'Empereur au cardinal Lamberg, — Ebersdorf, 12 et bre 1702. — Il attend la communication des propositions d teur et Tengage à donner une preuve de sa sincérité en évai territoires qu'il occupe indûment.
/. Le cardinal Lamberg à l'Empereur,
(Extrait.)
Raiisbonae. 14 oct. 1702.
Les conditions auxquelles r Électeur consent à renouer avec Votre Majesté Impériale ses anciennes alliances, sont, à proprement parler, celles que le comte Schlick a déjà proposéeSf avec cette différence que Son Altesse fournirait immédiatement 20,000 hommes de ses troupes que le prince Eugène prendrait sous ses ordres, avec des détachements de Tarmée impériale, et conduirait à la conquête du royaume de Naples : j'aurais aussi pouvoir de négocier pour rÉlecteur le commandement des dix autres mille hommes de ses troupes et d'un nombre égal de soldats impériaux , à la tête des-
Ke^enspurg. 14 oci
Die conditionen ûbei der Churfûrst die vorigi ten mit E. K. M. zu reas vermainet, bestehen ai in denen albereit von Schlick proponierten , dass Seine Liebden 1€ Ihrer Trouppen unte Prince Eugène comman mit selben und anderen lichen in dass Kônigreic einzudringen , zu ûbe mier den Gewalt zur h ertheilen die andere 10* Mannschaft aber neben Kayserlichen selbsten i mandiren, und damit da zoglhumb Mailand zu n ren dessen Investitur jed
quels il reprendrait le duché de Milan. Mais rinvestiture de ce duché ne serait pas exigée par lui de Votre Majesté Impériale avant qu^clle se soit mise effectivement en possession des deux royaumes de Sicile, et qu'elle ait rendu à Tltalie sa situation antérieure, en la délivrant de la présence de toute troupe étrangère.
von I. K. M. nicht bedingen wollen, bis I. K. M. von beiden Kônigreich Sicilien den possess wûrklich wûrden ùberkomen und ganz Italien in vorigen Stand der befreyung von allen frembden trouppen gesezet haben...
g. Le cardinal Lamberg àMax^Emmanuel, — Ratisbonne, 12oct. 1702. — Il écrit en termes généraux, sans que la question avance.
h. Max-Emmanuel au cardinal Lamberg, — Bobenhausen, 17 oct. 1702. — Il répond par des protestations générales de dévouement à TEmpire et des allusions à ses griefs. Il aurait désiré « le repos et une innocenle neutralité » pour se remettre des dépenses et pertes qu'il a subies pour TËmpire et la maison impériale : il n*a rencontré qu'ingratitude : Dieu, qui connaît ses bonnes a intentions pour la Patrie et la Religion n, ne le laissera pas succomber sous la violence et r injustice.
t. Le cardinal Lamherg à Max-Emmanuel, — Passau, 20 octobre 1702. — Il proteste de son désir de le réconcilier avec l'Empereur, assure que Sa Majesté Impériale est disposée à lui accorder des conditions favorables, mais qu'elle exige préalablement la restitution d'Ulm, Memmingen, Kemptcn, et des territoires occupés : il rappelle à FElecteur que la publication des déclarations et u avocatoires » prononcées contre lui par la Diète ne saurait être suspendue.
k. Le cardinal Lamberg à C Empereur, — Passau, 18-20 octobre 1702. — Il confirme les conditions posées par l'Électeur, envoie copie de sa correspondance avec lui et copie d'une lettre du Roi des Romains qui, informé des désirs de l'Électeur, se félicite de le voir revenu à de meilleurs sentiments, mais regrette de ne pouvoir suspendre les opérations militaires.
/. L'Empereur au cardinal Lamberg, — 19 octobre 1702. — Répense assez froide. 11 est prêt à faire participer T Electeur aux avan-
APPEXDICE.
tages que la guerre procurera ; mais si, persistant dans son atlitudL coupable, Max-Emmanuel veut dérober des royaumes et des terri toires, TEmpereur, avec Taide de Dieu, espère le faire repentir dL son injustice et méchanceté (Ungerechtigkeit und Bosbeil).
m. Le cardinal Lamberg à l'Empereur» — Passau et Ratisbonn 20-22 octobre 1702. — Il a vu secrètement le baron de Zinlh en rendant de Passau à Ratisbonne. I/ÉIecteur renoncerait à command lui-même son contingent, se contenterait de Tinvestiture à vie Milanais et de 0,^00,000 thalers.
n. V Empereur au cardinal Lamberg, — 25 octobre 1702. — Ne v pas laisser dire que le comte Scblik ait offert, de sa part, le Milan, à Max-Emmanuel : c*est une erreur. Il qualifie sévèrement et d un langage très-haut la conduite de TÉlecteur. Il est encore te pour lui de rentrer dans la bonne voie, s*il a souci de son honn « et de sa réputation ; mais l'Empereur ne traitera pas avec lui air qu'il ait rendu les places occupées. II faut d'ailleurs se hâter, ca j secret des négociations ne tardera pas à être pénétré.