XIV INTRODUCTION
tristent en ce moment ne paraissent pas contredire cette assertion, bien au contraire,
Disons-le cependant à la gloire de la France: cette utopie était généreuse et ne manquait pas de grandeur ; si elle n’a pu se réaliser, elle a contribué toutefois à la conversion d’un grand nombre d’infidèles.
Je reviens aux projets des associés de Montréal,
Pour former leur colonie indigène, ils devaient commencer par faire défricher et préparer le 801; puis, à mesure qu'un sauvage converti témoignerait le désir de mener la vie sédentaire, ils lui donneraiïent une terre avec le grain et les outils nécessaires pour l’ensemencer, lui fourniraient même des ouvriers pour l'aider dans ses travaux, et pour lui enseigner l’agriculture,
C’est ainsi que les premières terres données par les associés le furent à des sauvages, au Borgne de l'Ile et à son neveu, dès 1643, tandis que les concessions
françaises ne datent que de 1648.
On s’imaginait que tant de générosité toucherait le cœur de ces barbares, et que le charme de la vie des champs leur ferait oublier bien vite la vie libre et insouciante des forêts.
Aussi, M. de Maisonneuve s’empressait-il de saisir toutes les occasions ‘ d'inviter les sauvages à s'établir ‘“ auprès de lui, les assurant qu'il n’y était venu lui-- “ même que pour les attirer et Les rendre heureux.”
En général, les sauvages répondaient par des promesses aux avances du gouverneur, Ils acceptaient ses libéralités, se faisaient nourrir, eux, leurs femmes et leurs enfants, qu'ils laissaient quelquefois même à Villemarie, puis ils s'en allaient à leurs expéditions.