XVI INTRODUCTION
fussent de simples mercenaires. “Croiriez-vous, écri- “ vait le P. Vimont, que plusieurs des ouvriers qui ‘travaillent à Villemarie ne 8e sont proposé d'autres «motifs, dès leur départ de France, que celui de la ‘“ gloire de Dieu ?” La seule pensée qu'ils contribuent autant qu'ils peuvent au salut ‘des âmes les fait tra. ‘“vailler de si bon courage qu'il ne leur arrive jamais “de se plaindre, souffrant avec joie les incommodités “ d’une nouvelle demeure en un pays désert (1).”
Le P, Vimont aurait pu ajouter que ces ouvriers savaient au besoin sacrifier généreusement leur vie. Celui qui tombait frappé par les [roquois était immédiatement remplacé par un autre, èt la perspective des dangers qu'offrait le poste avancé de Montréal n'empêchait pas la Société de trouver les hommes dont elle avait besoin.
Mais, je le répète, ces hommes n'étaient pas des colons proprement dits ; c'étaient des ouvriers dont tout le travail appartenait à ceux qui les avaient engagés, En sorte que pendant quelques années, M. de Maisonneuve exerça à l'égurd des Français l'autorité d’un maître et propriétaire, ou d’un chef d'exploitation, plutôt que celle de gouverneur, comme on verra plus loin. Jusqu'à l'automne de 1647, il n'eut autour de lui que ces ouvriers, ou d’autres qui vinrent les rejoindre, Mile Mance, M. d'Ailleboust, sa femme et sa bellesœur, les RR. PP, Poncet, Duperon et autres missionnaires (2), et quelques hôtes de passage: MM. de Ro-
(1) Relations, 1613, p. 52, ère col, édit de Québec.
(2) Quant à M. de Puiseaux et à Mme de la Peltrie, après avoir manifesté l'intention de demeurer à Montréal, ils s'en éloignèrent dès 1644.