DÉPART DES SULPICIENS POUR LE CANADA
intre temps, les ecclésiastiques désignés par M. Olier pressaient les préparatifs de leur départ et les Associés de Montréal décidèrent de donner au séminaire de Saint-Sulpice la propriété entière et Ja conduite de l'ile de Montréal, tant aù temporel qu'au spirituel, convaincus qu'ils étaient que “ leur œuvre pour la conversion des sauvages ne pourrait se soutenir longterhps ni atteindre son but, à moins qu’une communauté d’ecclésiastiques séculiers, en état de soutenir la dépense, n’en füt chargée à perpétuité, ”
Les messieurs de Saint-Sulpice étaient à Nantes, attendant l’'embarquement, lorsqu'ils eurent la douleur d'apprendre la mort de M. Olier, 2 avril 1657. “ La conduite de Dieu est admirable ‘en toutes choses, dit à ce pro pos M. Dollier de “ Casson. M. de Maisonneuve et Mile Mance ‘se disaient d'âannée en année, il faut demander ‘ des ecclésiastiques à M. Olier avant qu'il “ meure, même 1l ne faut pas beaucoup tarder “ pour cela, car tous les ahs on nous mande “qu'il se porte mal, mais pour cela, ils n’en “ poursuivalent pas l'exécution, 1l n'y eut que “ cette année qu'ils entreprirent cela chaud e- “ment.” Ni M. de Maisonneuve avait retarde son voyage, il n’eût plus trouvé M. Olier en vie et les messieurs de Saint-Sulpice ne fussent probablement pas venus à Villemarie.
M. de Queylus et ses compagnons quittèrent enfin Nantes le 17 mai. L’archevêque de Rouen, dont les révérends Pères Jésuites tenaient leur juridiction au Canada, donna à MM. de Queylus, Souart et Cralinier le pouvoir de prècher, d’ad-
Pme et OS a ne ps
ET
VILLEMAPIE. 79
ministrer les sacrements, d'absondre les cas
réservés à l'archevêque, et nomma M. de Queylus
son grand vicaire pour la Nouvelle-France, M,
d’Ailleboust, en ce moment en France et qui
devait s’'embarquer en même temps que les
messieurs de Saint-Sulpice, leur fit présent de
nombreuses reliques pour l’église paroissiale de
La traversée fut mauvaise. ‘ Dieu, dit M.
“ Dollier de Casson, les assista bien dans ce
“ voyage et par une protection de sa main, il les
“ délivra de plusieurs grands et éminents dan-
‘ gers dans lesquels ils devaient faire naufrage.”
Enfin le vaisseau arriva dans le Saint-Laurent
et les messieurs de Saint-Sulpice qui, ainsi que
M. de Maisonneuve, voulaient se rendre direc-
| tement à Villemarie,s’'arrêtérent à l’île d'Orléans,
{| le 29 juillet 1957, pour de cette île gagner leur | chère colonie.
| Dès qu’à Québec, on apprit l’arrivée des quatre
| Sulpiciens, le KR. P. Jean de Quen se rendit
auprès d'eux et fit tant par ses instances et sa
grande bienveillance qu'ils se décidèrent à pas-
ser quelques jours à Québec.
ARRIVÉE DES SULPICIENS À VILLEMARIE. — LE PREMIER CURÉ SULPICIEN À VILLEMARIE.
On ne peut exprimer la joie des colons de Villemarie en voyant arriver, pour résider auprès d'eux, les quatre ecclésiastiques que M. Olier avait désignés. Depuis longtemps, ‘ils aspiraient après l’arrivée de prêtres qui resteraient attachés à leur église, aussi firent ils une réception enthousiaste à M. de Queylus et à ses compagnons, qui s’établirent tout d'abord, dans une grande salle en bois de l'hôpital, contigué à la salle des malades. Elle leur servit de salle
d'exercice, de dortoir, de réfectoire, de cuisine, jusqu'au jour où ils eurent fait construire une maison en pierre, qui fut le Séminaire.
M. de Queylus chargea M. Gabriel Souart de la cure de Villemarie, le 12 août 1657; il y remplaçait plusieurs Pères Jésuites qui l'avaient desservie jusqu'alors et qui n’y avaient fait, en général, que des séjours très courts. Dès son installation, M. Souart montra sa générosité en s’'engageant à faire brûler nuit et jour, à ses frais, de l'huile d'olive dans la lampe devant le saint Nacrement, en attendant qu’il püt acheter une terre qui assurerait à l’église une rente perpétuelle pour cet objet.