ARRIVÉE D'UNE NOUVELLE RECRUE À VILLEMARIE
La joie qu'éprouvèrent les colons de Villemarie à l’arrivée de la sœur Bourgeoys avec ses compagnes et des trois Hospitalières, s’'augmenta encore par les secours que leur apportait la nouvelle recrue qui arriva en même temps que ces saintes filles, Cette recrue, qui avait été levée aux frais des Associés de Mont réal, du séminaire de Saint-Sulpice et de l'Hôtel- Dieu, comprenait soixante-deux hommes et quarante-sept femmes ou filles. Plusieurs colons qui allaient, à leurs frais, se fixer à Villemarie, s'étaient joints à elle. Parmi eux se trouvaient sept honnêtes ménages de la Rochelle: les familles Charbonneau, Goguet, Leroi, Thiberge, Baujean, Cardinal et Thibodeau.
Outre ce puissant renfort, que la recrue procurait à Villemarie, elle lui fournit aussi de nouvelles institutrices, dont quelques-unes secon: dèrent la sœur Bourgeoys, plusieurs pieuses filles, qui devinrent d'excellentes mères de familles, et quelques habiles ouvriers.
Parlant de ces nouveaux venus, M. Dollier de Casson dit: “ Parmi les personnes que j'ai
“ remarquées qui vinrent de France cet été, je “ dois nommer M. Picoté de Belestre, lequel “ orne bien ce lieu tant dans les temps de la
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guerre que lorsque nous jouissons de la paix à cause des avantageuses qualités qu'il possède pour l'une et l’autre de ces saisons. Je donne ce mot d'éloge à sa naissance et à son mérite sans vouloir porter préjudice à tous ceux qui ont été du même voyage ni faire tort à leur mérite particulier. ” C'étaient MM. de KRouvré, de la Place, de Brigeac, de Lavigne, Claude Robutel de Saint- André, gentilshommes pieux, exercés au métier des armes et aptes de toute manière à seconder M. de Maisonneuve.
“ On peut dire, ajoute M. Dollier de Casson, du secours apporté par cette recrue, qu'il était très considérable pour le pays qui était encore dans une grande désolation, et qu'il était nécessaire pour confirmer tout le secours porté par la recrue de 1633, conduite par M. de Maisonneuve, parce que sans cette dernière assistance, tout le pays était encore bien en danger de succomber ; mais il est vrai que depuis son arrivée, on a moins chancelé et on a moins craint une déconfiture générale, qu'on “ faisait auparavant, quelque perte de monde “ qu'on ait faite dans divers combats. ”
Comme on voit, la protection de Dieu s'est toujours étendue sur cette colonie naissante !