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à eux dans nos besoins, ils nous assisteront
Dans une autre occasion, ce même Père, étant an grand danger de naufrage, fit un vœu à la sainte Famille, et aussitôt lui et ses COM pagnons se trouvèrent hors du péril, “ d’une manière si extraordinaire qu'on la tient pour miraculeuse. ” D'autres personnes qui dans des périls pressants avaient invoqué l'assistance de la sainte Famille furent délivrées, et ces délivrances regardées comme miraculeuses firent, selon ce que rapporte la Mère Marie de l'Incarnation, “que tout le pays eut une dévotion très grande à la sainte Famille pour beaucoup de raisons,
Des associations formées sur le modèle de celle de Villemarie s’établirent. À Québec, dit la Mère de l’'Incarnation, ‘on a institué une con-
‘œrégation de la Sainte-Famille pour la réformation des ménages, dans laquelle les hommes
“sont conduits par les RKK. Pères Jésuites, les ‘ fammes par des Dames de Pitié, et les filles par “los Ursulines. Les filles se réunissent le di-
manche chez nous, où l'une des Religieuses a soin de leur faire l'instruction dont le out est de conserver en elles les sentiments et les pratiques qu'on leur avait déjà enseignés dans la maison ; car il n’y en a pas une qui ne passe par nos mains et cela réforme toute la colonie en faisant régner dans toutes les familles la religion et la piété.”
Les sauvages chrétiens ne retirèrent pas de moins salutaires fruits de l'institution de la confrérie. “ Depuis qu'on à inspiré aux sauvages, “dit le P. Lalemant, le dessein de régler leurs familles sur celle de Jésus, Marie et Joseph, on ne peut croire jusqu'où va la ferveur de ces barbares. Ceux qui sont admis dans la Sainte- Famille ne souffrent point chez eux de discours messéants, et l’on voit à présent de pauvres femmes, qui n'eussent pas auparavant osé ouvrir la bouche, s"t lever comme des lionnes contre ceux qui veulent mal parler en leur pré- ‘ sence. ”
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C’est d’après les éloges que le P Chaumonot, rappelé a Québec, fit de cette confrérie à Mor de Laval, que ce prélat l'établit dans sa propre Eglise. Elle ne fut d'abord composée que de dames ; leur nombre fut bientôt si grand que Mgr de Laval jugeant que personne n'en possédait mieux l'esprit et n'était plus capable de le comruniquer que Mme d'Aïlleboust, l’appela à Québec Obéissent a cel appel, cette pieuse chrétienne prit la direction de la confrérie de Québec et travailla beaucoup pendant trois on quatre
ans à jeter dans le cœur des dames de cette ville les fondements de cette dévotion.
Mgr de aval approuva les règlements de la Sainte-Famille (1665), fit imprimer un écrit contenant les vertus que les membres de la confrérie devaient bo tique à acquérir, les maximes du monde qu'elles devaient fuir, et y joignit un catéchisme de la Sainte-Famille. Il répandit aussi de pieuses estampes, fit composer un oflice propre de la Sainte-Famille, et dédia l’église paroissiale de Québec à la sainte Famille.
Ainsi se trouvèrent accomplis les plus chers desseins de la compagnie de Montréal. Etablie par ses pieux fondateurs pour porter dans la Nouvelle-France la dévotion à Jésus, Marie, Joseph, cette compagnie avait consacré, en 1642, l'ile de Montréal à la sainte Famille et voilà qu’un de ses membres, Mme d’Ailleboust, est choisi par Mgr de Laval pour porter et communiquer cette dévotion dans Québec, d’où elle s'étendit rapidement dans les paroisses de ce diocèse et jusqu'aux missions sauvages.
Peu après l'établissement de la confrérie, les hospitalières de Saint-Joseph eurent une grande joie, qu'elles attribuèrent à la toute-puissante intervention de leur saint patron. Ce fut l’autorisation que Mgr de Laval donna à la réception de la sœur Morin dans leur institut. Il écrivit lui-même le 5 novembre 1664 à M. Souart pour l’autoriser à douner l’habit à la sœur Morin, dans une cérémonie publique. “ Je ne manquerai pas, : disait le prélat, de demander à toute la sainte “ Famille de recevoir le sacrifice parfait et en- “tier du cœur de la sœur Morin. Qu'elle se “ souvienne de demander à NOTRE-SEIGNEUR ‘et à sa très sainte Famille qu'il me fasse misé- “ ricorde. ”” Cette autorisation donnée de son propre mouvement par Mgr de Laval, outre le
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bonheur qu'elle procura à la sœur Morin et aux hospitalières qui s'adjoignaient définitivement une compagne si accomplie, avait une très grande importance , elle était un acte authentique de leur établissement dans l'ile de Montréal, établissement qui leur avait été contesté jusqu'alors. Leur existence canonique fut, de ce jour, ofliciellement reconnue.
La cérémonie de réception eut lieu le 20 mars, jour de saint Joachim ; on y déploya toute la pompe que l'on put. Les sœurs de la Congrégation chantèrent et M. Souart oflicia et fit le sermon.
Deux ans après, novembre 1666, partait aussi de Québec, comme la sœur Morin, pour entrer aux hospitalières de Villemarie, une jeune personne, Mile Denis, fille d’un conseiller au conseil souverain de Québec. Attirée à la vie religieuse, elle avait postulé d'abord pour entrer aux hospitalières de cette ville,mais elle dut y renoncer, son père ne pouvant pas payer la dot demandée par cet institut. M. Nouart, qui connaissait les dispositions intérieures de Mlle Denis et sa vocation religieuse, offrit de payer lui-même la dot si elle venait aux hospitalières de Villemarie.
Entrée à l'Hôtel-Dieu de Villemarie en novembre 1666, Mlle Denis fut reçue à la profession l’année suivante,