‹ Villemarie [microforme]Chapitre 63 sur 68 · PRENONS RS À · texte numérisé non relu

PRENONS RS À

nations d'une aussi vaste étendue. ” Il eut surtout à cœur d'y ramener M. de Queylus et de lui remettre la charge de Supérieur du Séminaire de Villemarie. De son côté, le Roi, désirant par-dessus tout, l'accroissement et la prospérité de la colonie, invita M. de Queylus à revenir au Canada. Sachant donc que l'océan lui était ouvert, M. de Queylus, après avoir fait son testament, 12 mars 1668, s'embarqua et arriva heureusement avec trois de ses confrères : MM. Antoine d’Allet, René de Bréhaut de Galinée et François-Saturnin d'Urfé.

La Mère Marie de l’Incarnation parle en ces termes de l’arrivée de M. de Queylus: “ M.

“ l'abbé de Queylus est venu cette année et a ‘ amené avec lui, pour Montréal, plusieurs ecclé- “ siastiques qui portent la piété peinte sur leurs ‘ visages. ” Dans les Relations des Jésuites, nous voyons aussi : “ La Providence divine nous a “ fourni un puissant renfort par la venue de M. “l'abbé de Queylus, avec plusieurs ecclésias- “tiques du Séminaire de Saint-Sulpice, lesquels “ vont joindre à Montr. . ceux qui y sont. On “ne peut espérer de tant de braves mission- “ naires que de très heureux succès, donc ce “ pays seia redevable au Roi de France, qui “ pousse avec bien plus d’ardeur encore l’agran- “ dissement du royaume de Jésus-Christ que “ l'étendue de ses Etats.” De son côté Mgr de Laval donna à M. de Queylus des lettres de grand-vicaire dont il exerça les pouvoirs pendant tout son séjour à Villemarie. Il fit de plus insérer dans les Relations des Jésuites une lettre dont nous détachons ce passage : “ La venue de “M. l'abbé de Queylus, avec plusieurs bons “ ouvriers tirés du Séminaire de Saint-Sulpice, “ ne nous à pas moins apporté de consolations.

‘ Nous les avons tous embrassés dans les en- “ trailles de Jésus-Christ.”

Au mois de mai 1668, des [roquois étant venus demander à M. de Queylus, Supérieur du Séminaire, de leur donner des robes noires pour les instruire de la religion, M. de Fénelon et M. Trouvé, qui venaient d'être ordonnés prêtres, s'offrirent aussitôt pour commencer une mission dans le pays de ces sauvages au nord du lac Ontario.“ Une telle proposition parut si belle à “ M. l'abbé de Queylus qu'il témoigna l'avoir “ très agréable.” [l envoya ces deux prêtres à Québec : tant pour obtenir de MM. de Courcelles et Talon une concession de terre pour cette mission, qué pour avoir l'approbation de Mgr de Laval. Ce prélat accueillit avec joie les “deux missionnaires, et le 15 septembre leur donna des lettres pour cette mission. De leur côté MM. de Courcelles et Talon louèrent fort le zèle des deux ecclésiastiques et leur concédèrent des terres à la baie de Kenté, où étaient établis les sauvages.

Le chef du village de Kenté étant venu chercher les deux missionnaires, ils s'embarquèrent avec lui à la Chine, le 2 octobre 1668, et arrivèrent à Kenté le jour de Saint- Simon et Saint- Jude, le 28 octobre.

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