cette maladie s'étant rapidement augmentée, il
u se vit hors d'état de repasser en Canada. Retiré
chez les Ermites du Mont-Valérien, M. de Queylus fut élu supérieur en 1673, Se sentant de plus en plus malade, il quitta le Mont-Valérien en septembre 1676 et mourut au séminaire de Saint-Sulpice le 20 mars 1677. “ Sa perte, dit M. Faillon, fut vivement ressentie à Ville- “ marie, privée par là d’un de ses plus fermes ‘ soutiens.”
MM. de Courcelles et Talon, eux aussi, quit-
202 ITLLEMARIE,
tèrent bientôt après le Canaua; M. de Courcelles fut remplacé par M. le comte de Frontenac, Avant de partir du Canada, M. de Courcelles écrivit à M. Gilles Pérot, deuxième curé de Montréal, de 1664 au 17 juillet 1680, une lettre datée du 25 septembre 1672, qui est un témoignage aussi précieux pour les prêtres de
Saint- -Sulpice que pour les colons deVillemarie :
‘Je suis bien aise, avant de m'embarquer, disait- ; “1 de vous écrire cette lettre, tant pour l’incli- “ nation que jai pour vous et pour tous vos “ messieuTs, à cause de la fidélité du service du Roi que j'ai toujours reconnue en vous, que pour vous en témoigner ma reconnaissance.
‘Je vous prie aussi de faire connaître à tous “nos habitants que je leur rends la justice qui “ leur est due, reconnaissant qu’ils ont toujours ‘été préis et des premiers s, quand il s’est agi du ‘“ service de Sa Majesté, et qu'ils aient à continuer comme ils ont commencé. Je témoigne- “rai à Messieurs les Ministres, quand l’occasion s'en présentera, que Na Majesté a dans votre quartier de véritables et fidèles sujets.
“ Et comme je ne doute pas que les gens qui “obéissent bien à leur Prince, ainsi qu'ils le doivent, ne soient des chrétiens dont les prières sont bien agréables à Dieu, conviez-les, “s'il vous plait, à le prier pour mon heureux “retour en France. Je demande cette même “ grâce à tous vos Messieurs, que je crois qu’ils “ ne me refuseront pas .....”
MM. de Courcelles et Talon partirent en 1672, ce qui fut un grand dommage pour le pays :
. “N ous ne pouvons, disent à ce sujet les Re/a-
‘tions des Jésuites, regarder sans chagrin les ‘“ vaisseaux qui partent de notre rade, puisqu'ils ‘“enlèvent en la personne de Monsieur de Cour- “ celles et en celle de Monsieur Talon, ce que
Lr'S du
1eon ui
les es,
ne ils
les ils
“ nous avions de plus précieux. Eternellement
nous nous souviendrons du premier pour avoir si bien rangé les Iroquois à leur devoir ; et éternellement nous Ré at le retour du second, pour mettre la dernière main aux projets qu’il a commencé d'exécuter si avanta- ‘ geusement pour le bien de ce pays. ”
Mais M. Talon ne revint pas au Canada. La place d’Intendant resta vacante pendant trois ans, jusqu'en 1679, et fut enfin donnée à M.
Duchesneau.
Cette année 1672 fit subir des pertes cruelles au Canada, mais celle qui causa la plus grande douleur, fut la mort de la Mère Marie de l’Incarnation, première Supérieure des Ursulines de Québec. Elle prit le lit, pour ne le plus quitter, le 16 janvier 1672. “ Elle était sans “ doute possédée de l'esprit de Dieu, disent les ‘ Relations des Jésuites, et c’est de cette source “infinie de toutes sortes de biens qu’elle avait ‘tiré ce grand courage et cette confiance iné- “ branlable pour entreprendre la conduite d’une “ Mission de Religieuses en Canada, qui était “alors sans exemple, et pour se résoudre à tra- ‘ verser tant de mers, à s'établir dans un pays ‘“ barbare, à y bâtir un Monastère où elle a ‘assemblé 25 à 30 religieuses et un nombre “ considérable de petites pensionnaires, tant “ Sauvages que Françaises, ”
Elle était d’une douceur inaltérable avec qui que ce fût, et avait une admirable égalité d’humeur qui venait de “ cette union intime qu'elle avait avec celui qui dit de sri-même: Mitis sum, et humilis corde.” Elle fut dix-huit ans Supérieure, à trois différentes reprises, à la satisfaction tant de la Communauté que du dehors ; et, quand elle n’était plus en charge, 1l n’y avait pas de sœur plus soumise, plus obéissante dans
204 YILLEMARIE.
la maison ; et elle découvrait son intérieur à sa Supérieure avec la sincérité d'une novice des plus ferventes.
Son cœur et ses bras étaient toujours ouverts aux filles et aux femmes sauvages qui voulaient être instruites ; rien, ni la petitesse du logement, dans les commencement, ni le manque de vivres, ne pouvait arrêter son zèle et ses libéralités. Elle apprit rapidement l’Algonquin et l’Iroquois de manière à pouvoir les enseigner aux autres. “On peut dire qu'elle est morte ‘‘ dans ce saint exercice, puisque sa maladie la ‘ prit lorsqu'elle n'avait pour écolières que trois “ Religieuses nouvellement arrivées de France.”
Elle fut si mal dès le début de sa maladie qu'on décida de lui donner les derniers sacrements, les médecins ne croyant pas qu'elle pût vivre plus de neuf jours. Cependant elle vécut trois mois et demi encore, torturée par une complication de divers maux. “ Dieu voulait ‘ qu'elle remplit la mesure des souffrances qui “ Jui devaient mériter la couronne qu'elle pos- “ sède maintenant dans le Ciel.” Vers la fin de sa vie elle paraissait être dans une douce extase, la joie sur le front, et la vue modestement baissée, ou fixée sur son crucifix qu'elle tenait à la main. ÆEtant à l'extrémité, elle demanda plusieurs fois auprès d'elle toutes les pensionnaires Sauvages et Françaises, leur donna sa bénédiction avec des tendresses incroyables, les recom-
mandant tout particulièrement à toutes les sœurs, et les assurant qu’elle offrait continuellement à Dieu le peu de bien qu'elle faisait, ses douleurs, sa vie et sa mort pour la conversion et le salut des pauvres Sauvages.
Le dernier jour d'avril 1672, “cette âme sainte ‘ se sépara sans violence de sa chère Commu- ‘nauté parce que Dieu l’appelait à soi, elle
| Sa des
arts ent geque ses uin ner rte e la r'O1S ce.”? die crepüt cut une lait qui Dos- 1 de ase, )aisà la bluires dicomles Ileses sion
inte mu-
elle
“n'eut aucun sentiment de leurs regrets ni de “ leurs larmes, d'autant qu’elle avait les yeux “arrêtés sur la volonté de Dieu, qui avait tou- “ jours été l’objet de toutes ses délices, et son Paradis en cette vie. ”
La Mère Marie de l’Incarnation doit être honorée partout pour sa vertu et sa sainteté ; mais au Canada, on doit la chérir et la considérer tout particulièrement comme ayant commencé à donner l'instruction aux jeunes filles Françaises et Sauvages et par cela même ayant grandement contribué au bon établissement et au progrès de la colonie.
Par ses lettres spirituelles et historiques, la Mère Marie de l’Incarnation a rendu un autre service à notre pays. Les premières renferment d’inappréciables maximes de conduite et de salutaires avis; les secondes sont une mine où doivent puiser tous ceux qui s'occupent de l’histoire du Canada de 1635 à 1672.
L'année suivante, Mile Mance mourait. Cette mort fut cruellement sentie à Villemarie, où cette femme de tant de courage et de vertu, cette âme d'élite, avait vécu depuis trente-et-un ans, dépensant toutes ses forces, toute son énergie, bravant toutes les privations et tous les périls pour l'établissement d’abord, pour la conservation ensuite, de Villemarie. Venue des premières avec cette poignée d'hommes chrétiens qui voulaient avant tout donner un nouveau pays au Seigneur, Mlle Mance, après bien des tribulations, bien des épreuves, bien des souffrances, eut au moins la consolation, avant de mourir, de voir cette Villemarie tant aimée en pleine prospérité et comptant environ de quatorze à quinze cents personnes.
Nous n'avons malheureusement aucun détail sur les dernières années de Mille Mance, ni sur
ses derniers moments. Après de longues et cruelles maladies, elle mourut en odeur de sainteté à l’âge de 67 ans, le 18 juin 1673, après avoir été l'édification de toute la colonie par ses grandes vertus. “ Cette grande servante de Dieu, dit M. Faillon, n'ayant vécu que pour procurer l'établissement de la colonie de Villemarie et celui de l’'Hôtel-Dieu, avait demandé que son corps fût inhumé dans l’église de cette maison et son cœur placé dans celle de la paroisse ; voulant ainsi que ce cœur après sa met, ne füt point séparé de ceux pour qui il n'avait cessé de battre durant sa vie.” Son corps fut en effet inhumé dans l’ élise de l’Hôtel- Dieu, et son cœur, renfermé dans une double boite d’étain, fut placé sous la lampe de la chapelle en attendant que léglise paroissiale fût onstruite. Les Messieurs du Séminaire, très désireux d’enfichir leur église de ce cœur précieux, se firent délivrer un acte par le greffier pour constater qu'il n'était qu’en dépôt à la chapelle de l'Hôtel-Dieu.
Malheureusement la construction de l’église paroissiale traina en longueur, et un incendie ayant anéanti les bâtiments de l’'Hôtel-Dieu, le cœur de Mlle Mance, si cher à la piété des fidèles, fut consumé dans ce désastre, ainsi que divers objets qui lui avaient appartenu.
“Mais, comme le dit M. Leblond, dans sa Vie de Mlle Mance, il n'était pas besoin de ce “ matériel souvenir pour maintenir dans cette maison la mémoire de Mlle Mance et de ses vertus, Son cœur n’a cessé d’y vivre dans les saintes religieuses qui l’ont remplacée depuis « deux siècles, Son dévouement, son amour pour “les pauvres, pour la souffrance et le dénue-
“ ment, y sont aussi vivaces qu’au jour où elle “ les quitta, ”
‘Uté oir se 8 U, ‘Urie ue tte la sa LEE O1 elble hafût Très )rélier la
lise die , le des que
s s4 e ce ette __ Ses ; les puis pour nues
elle