‹ Villes anséatiquesChapitre 17 sur 51 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

SOMMAIRE

Coïncidence des réformes politiques et religieuses a hambourg, a brème , a lubecr , et dans quelques autres tilles anseatiques. — démembrement du luthéra- NISME.— Anabaptistes. - Siège de Munster. — Influence des Anséates sur la situation des pays voisins. — Leurs nos •

TILITÉS CONTRE LE DANEMARK. — LlGUK DE SMALCALDE, FORMÉE ENTRE LES PROTES- TANTS. — Les villes anséatiques y sont admises. — guerre de la réformation. — Transaction de Passau, traite de paix. — Conquête de la Dittmarsie. — Différends entreHambourg et les Danois. — Guerre des Anséates et des Suédois. — Commerce AVEC LA MOSCOVIE. — DlSSENTIONS

avec l'Angleterre. — Guerre de l'indépendance des Pays-Bas. — Essor de leur marine. — Navigation vers le nord. — Expéditions pour les Indes Orientales.

—Conquêtes des Hollandais.— Direction donnée a leur commerce. — leur sépar \tion dela ligue anséatique. — exemple suivi par d'autres villes du continent.

Le temps où le luthéranisme s'établit dans les villes anséatiques, de même que dans d'autres États, ne fut pas uniquement marqué par cette grande révolution religieuse : il le fut aussi par des commotions politiques,

L'UNIVERS

et par des innovations dans la forme de plusieurs gouvernements. Les ouvrages publiés par les réformateurs, ceux de Luther surtout, s'appliquaient non-seulement à des diseussions théologiques, mais aux plus graves questions de l'ordre social : les droits des gouvernements et ceux des peuples commençaient à être compares : on analysait' leurs devoirs mutuels : on établissait à la fois les limites du pouvoir des souverains et celles où l'obéissance des sujets pouvait s'arrêter.

Les rapports mutuels des citoyens et des différentes magistratures étaient également fixés; et l'opinion publique, éclairée et dirigée par plusieurs écrits, devenait de jour en jour plus exigeante, et réclamait hautement des améliorations.

Les réformateurs surent habilement profiter de cette tendance générale, pour multiplier le nombre de leurs adhérents. Il n'aurait pas suffi, pour entraîner la multitude, de lui prêcher des dogmes abstraits, de lui inspirer la résignation aux maux actuels et l'espérance d'un bonheur à venir : tous les biens dont l'humanité peut jouir devaient être mis à sa portée : la religion même ordonnait aux grands de la terre de faire le bonheur des peuples dont le sort leur était confié : ses principes sur ce point s'accordaient avec ceux de la justice et de la raison ; et les innovateurs, cherchant à lier entre elles toutes leurs doctrines, voulurent puiser dans l'Écriture sainte les principes de la société civile et religieuse. Soit que la forme du gouvernement fût monarchique, soit que l'autorité fût remise à un sénat, ou qu'elle tendît à la démocratie, Luther ne chercha pointa l'ébranler; et quelle que fût la nature des différentes constitutions civiles, il tenta d'y appliquer ses principes de réforme. En essayant une rénovation complète il aurait pu échouer dans ses projets ; ce fut en conservant la plupart des idées reçues qu'il parvint à consolider son ouvrage : il pensa même qu'il était utile de ménager une partie des cérémonies du culte contre lequel il s'éle-

vait, et qu'il ne fallait pas priver ses sectateurs de cette pompe des solennités religieuses qui attachent les regards , élèvent l'imagination vers le ciel et disposent l'âme au recueillement.

Ces égards pour quelques usages de l'ancien rite donnèrent à la réforme de Luther un grand avantage sur les autres doctrines qui se répandirent à la même époque : elle eut plus de succès, parce qu'elle innovait un peu inoins ; et on la vit s'étendre avec rapidité clans le nord de l'Allemagne et chez les puissances voisines de la Baltique. Ce grand changement avait été préparé à Hambourg par Ordo Stemmel,qui s'était élevé en 1521 contre l'abus des indulgences. Etienne Kempe, religieux franciscain, vint bientôt y prêcher les principes du luthéranisme : le peuple les écoutait avec faveur : il fit venir de Magdebourg Jean Ziegenhagen, qui, malgré l'opposition du sénat, proclama en pleine chaire la religion nouvelle ; et il adopta le règlement pub lié à Wittemberg pour les églises luthériennes.

Le clergé séculier de Hambourg s'élevait alors au nombre de quatre cent vingt ecclésiastiques : il tenait à la conservation du catholicisme; mais les vues des ordres monastiques étaient différentes; ils désiraient la réforme, et ce fut généralement parmi eux qu'elle trouva des auxiliaires. La bourgeoisie lui était également favorable : elle cherchait à réduire les«prétentions du clergé; et les anciens des paroisses tenaient à reprendre le droit de nommer des curés, droit que le chapitre métropolitain avait revendiqué pour lui seul. Ils nommèrent en effet plusieurs curés qui adoptaient les innovations et qui les propagèrent : les prédications de Ziegenhagen contribuèrent surtout à ce résultat; et quand le sénat voulut éloigner cet apôtre de la réforme, les pressantes sollicitations et les menaces de la bourgeoisie parvinrent à le retenir. Bientôt même il fut nommé curé de la paroisse de Saint-Nicolas; et le nouveau pasteur s'éleva avec plus de

VILLES ÀNSfiATIQTJES.

force congre les désordres des hommes qui, par état, auraient dû continuer a'ètrc les défenseurs de la morale,

Le sénat restait encore attaché aux; anciennes doctrines , parce qu'il trouvait le clergé romain plus favorable à son autorité; el n'osant |»:>S s'opposeï aux progrès de la reforme, il cherchait du moins à empêcher les attaques personnelles, et a bannir de la chaire les discussions de théologie, afin do

conserver la paix publique; mais le zèle des prédicateurs était diflicile a contenir : les catholiques voulurent engager des conférences sur le dogme; les protestants les imitèrent; et ces disputes ne tirent que donner de nouveaux partisans a la reforme, déjà favorisée par l'opinion de la multitude.

Alors commença la suppression de quelques institutions religieuses, auxquelles furent substitues plusieurs établissements civils : on prohiba les offrandes ecclésiatiques, et on les remplaça par des caisses de Dieu, destinées à secourir les pauvres et alimentées par des aumônes. Les bourgeois de la paroisse de Saint- Nicolas donnèrent l'exemple de cet établissement de bienfaisance; ils en confièrent l'administration à douze citoyens intègres et charitables : les trois autres paroisses créèrent des institutions semblables : leurs administrateurs réunis étaient au nombre de quarantehuit; et Ton choisit douze d'entre eux pour former le collège des Anciens, placé comme intermédiaire et comme contre-poids entre le sénat et la bourgeoisie. Les deux collèges furent ensuite augmentés dans la même proportion, lorsqu'on eut créé une cinquième paroisse; le premier corps fut de soixante membres, et il y en eut quinze dans le second.

La réforme faisait journellement de nouveaux progrès : le sénat, entraîné par ce mouvement général , fut obligé de bannir cinq hommes qui s'en étaient montrés les plus violents adversaires; et comme la bourgeoisie insistait sur la nécessité de faire à la fois des améliorations dans l'Église

et dans l'État ,le sénat et les hrtvft£c,o1s

formèrent de concert un colleur plus nombreux , qui lut chargé de délibérer sur les innovations à introduire dans l'administration de l'Église et

dans la forme du gouvernement. Chaque paroisse adjoignit vingt-quatre

bourgeois aux douze membres qui

étaient chargés d'administrer la caisse, (h'- pauvres: le nombre en fut ainsi porté

a trente-six, et les quatre paroisses reunies formèrent un conseil de cent quarante -quatre membres. Ceux-ci posèrent les bases de la constitution et du gouvernement de Hambourg, dans un acte que l'on a nommé le long recez, et dont les principes se conservent depuis plus de trois siècles : rare exemple de permanence , que nous devons attribuer à la sagesse des délibérations premières, et à ce sentiment de prudence qui fait souvent craindre les innovations subites et les déchirements intérieurs.

Les dispositions de cet acte, dont nous devons faire connaître les bases, s'appliquèrent aux différentes autorités civiles et ecclésiastiques. Le sénat, chargé de la haute administration, se trouvait placé sous la surveillance des collèges de la bourgeoisie : il se composait alors de dix-huit membres, dont douze devaient toujours assister aux délibérations. On leur accordait pour tout émolument l'exemption des impôts. Il ne leur était permis d'occuper en même temps aucun autre emploi. Le sénat ne pouvait, sans le consentement de la bourgeoisie, faire aucun changement aux recez. Le collège des Anciens devait en surveiller l'exécution. Il avait le droit de convoquer le collège des cent quarantequatre; et celui-ci pouvait assembler le corps de la bourgeoisie, lorsque les droits et les statuts de l'État, ou les règlements de l'Église, avaient été enfreints par un acte du sénat , ou sans opposition de sa part. Le recez déterminait les cas où le sénat avait à prononcer sur les affaires contentieuses , et ceux où il pouvait modérer ou aggraver une sentence criminelle.

Il réglait les droits civils des femmes,

L'UNIVERS

et leur imposait des tuteurs pour l'administration de leurs biens, lorsqu'elles n'avaient pas d'enfants. D'autres articles étaient relatifs à la construction et à la vente des navires, aux droits de sauvetage, à l'acquisition de la bourgeoisie, à la capitation. Il était détendu aux sénateurs et aux bourgeois de s'éloigner en temps de guerre. Les individus qui se croyaient lésés par un acte violent ou arbitraire devaient suivre les voies légales pour obtenir réparation. Aucun ecclésiastique ne pouvait devenir syndic ou secrétaire du gouvernement : les religieuses sortant du cloître rentraient dans leurs droits d'béritage : les prêtres et les moines devaient conserver leurs revenus , tant qu'ils ne se mariaient pas : la caisse des pauvres était administrée par douze bourgeois.

D'autres clauses tendaient à mettre en harmonie les pouvoirs du gouvernement et ceux des autorités inférieures.

A mesure que l'on exécutait à Hambourg les dispositions du long recez, la réforme religieuse y recevait ellemême de nouveaux développements :

elle avait commencé à Wittemberg où son chef résidait, et c'était toujours de cette ville que venaient les directions suivies par les luthériens. Lorsque ceux de Hambourg invitèrent le pasteur Bugenhagen à venir mettre en vigueur son règlement sur les églises, le sénat envoya au-devant de lui une députation pour le recevoir, et sa présence affermit l'établissement du nouveau culte. Chaque paroisse eut un pasteur; les messes privées furent abolies ; on retrancha du service divin les chants et les cérémonies que n'ordonnait pas l'Écriture sainte :

les religieux du couvent de Saint- Jean furent transférés dans celui de Sainte-Marie-Madeleine ; et l'on établit dans ce premier monastère une école publique, qui reçut le nom de Johanneum, institution remarquable d'où sont sortis des hommes éminents parleur savoir.

Le règlement des églises fut approuvé par le sénat et la bourgeoisie :

le chapitre métropolitain refusait encore de s'y soumettre; mais comme on laissait à ses membres la jouissance du revenu de leurs bénéfices , et qu'on ne devait en faire qu'après leur mort le versement dans la caisse des pauvres, ils se soumirent tacitementà cette disposition. La plupart des religieux qu'on avait transférés dans le couvent de Sainte-Madeleine en sortirent volontairement , et cette maison devint un hospice pour les malades : le chant fut bientôt interdit dans la cathédrale : la plupart des membres du chapitre embrassèrent la réforme :

elle était complètement établie avant que Hambourg entrât dans l'alliance des autres États protestants.

La situation de Brème était à peu près la même. Cette ville avait été une des premières qui s'étaient converties au christianisme : ce fut aussi une des premières où s'introduisit la religion luthérienne; et ce changement , qui commença en 1522, fut favorisé par les contestations qui subsistaient depuis longtemps entre les autorités civiles et ecclésiastiques.

Le siège métropolitain des archevêques de Hambourg et de Brème était établi dans cette dernière ville depuis trois cents ans : on y tenait les synodes et les assemblées du chapitre. Tout le territoire situé entre l'Elbe et le Wéser, au nord-ouest de cette capitale, et jusqu'aux limites de la Frise et du duché d'Oldenbourg , était placé sous la juridiction politique et religieuse des archevêques : ils y avaient joint l'acquisition de plusieurs comtés et seigneuries dont la supériorité territoriale leur appartenait. Les villes de Stade, Boxtehude , Bremerwerde en faisaient partie; et celleci était devenue la résidence habituelle des archevêques, qui allaient remplir à Brème leurs fonctions épiscopales , mais qui préféraient un autre séjour, où leur autorité s'exerçait sans partage.

Lorsque le luthéranisme fut prêché dans cette ville , l'archevêque était un prince delà maison de Holstein, qui se montrait favorable aux protestants :

il songea moins à défendre dans l'enceinte de la ville son autorité déjà affaiblie qu'à conserver hors de ses murs la possession des terres dont il avait la souveraineté. Les établissements monastiques de Brème eurent le sort de ceux des autres villes où la reformation s'était introduite : on réunit d'abord plusieurs communautés dans un seul monastère : chaque religieux conserva une pension : le reste des biens fut consacré à des établissements d'éducation, d'enseignement, d'humanité ; et l'on accrut ces fondations de bienfaisance, à mesure que s'éteignirent les subsides viagers dont les moines jouissaient. La cathédrale était encore occupée par le chapitre métropolitain; mais la ville s'en empara en 1530 ; et Christophe, qui était alors archevêque de Brème, eut inutilement recours à l'intervention de l'empereur Charles-Quint, pour recouvrer sa suprématie et la possession de ses biens , et pour arrêter les progrès de la réforme : elle avait été adoptée par le grand nombre; elle s'était introduite dans le chapitre luimême ; et celui-ci avait terminé par une transaction ses anciens différends avec le sénat, sur les limites de l'autorité civile et de la juridiction religieuse.

La situation de l'évêché de Lubeck avait beaucoup de rapports avec celle de la métropole de Brème. Cet évêché avait été fondé en 952 par l'empereur Othon le Grand , et le siège en avait d'abord été fixé à Altenbourg, petite ville située au nord-est de la AVagrie : les évêques y continuèrent leur résidence pendant plus d'un siècle; mais alors la Wagrie fut si fréquemment exposée aux incursions des pirates slaves , et des Rugiens surtout, que la succession des évêques y fut interrompue. Elle ne fut rétablie qu'en 1149, par la nomination de Vice! in, qui reprit l'ancienne résidence. Adolphe II, duc de Holstein, cherchant à réparer les malheurs de cette contrée, reçut en 1160 une colonie hollandaise dans la petite ville d'Eutin qui s'élevait au centre de la Wagrie : il y fit construire un

château pour la défendre; et il donna ensuite le château, la ville et trois cents arpente de terre à l'évéque ,

dont les possessions furent bientôt augmentées par Henri le Lion, duc de Saxe. Ce prince transféra le siège épiscopal a Lubeck ; il y lit bâtir l'église de Notre-Dame; il fonda le chapitre, il lui assigna des revenus et des domaines; et lorsque Lubeck fut mise au nombre des villes impériales , l'évéque fut admis lui-même à prendre rang parmi les princes ecclésiastiques de l'Empire.

Reventlau était le quarante-troisième évêque de Lubeck, lorsque les dogmes de la religion catholique y furent remplacés par ceux de la confession d'Augsbourg. En perdant sa juridiction ecclésiastique qui lui était enlevée par la réformation , il restait possesseur de la principauté d'Eutin , et de quelques autres terres , enclavées dans la Wagrie : ces possessions particulières devaient un jour appartenir aux ducs d'Oldenbourg, après avoir été occupées par différents princes de la maison de Holstein.

Les magistrats de Lubeck avaient profité de la fréquente absence des évêques , pour étendre et exercer avec moins d'entraves leur propre autorité.

La même cause favorisa les progrès du luthéranisme; et les fondations religieuses de cette ville reçurent une destination analogue à celle qu'elles avaient eue à Hambourg, à Brème, et dans d'autres villes ou la réforme avait pénétré. Quelques exemples vont nous faire juger de l'esprit dans lequel furent conçues ces différentes innovations.

La plupart desgrandsétablissements de Lubeck remontent à l'époque de la réformation , et les revenus appliqués à leur entretien furent ceux qui avaient appartenu au clergé séculier et régulier. On en consacra la principale partie à la fondation de différents hôpitaux : il y en eut un pour les vieillards infirmes , et les hommes et les femmes y furent également admis : une autre maison fut érigée pour les orphelins et pour les enfants des pauvres ; on y

L'UNIVERS

soignait leur éducation et on leur faisait apprendre un métier. Les voyageurs étaient reçus dans un hospice :

s'ils arrivaient malades, on leur donnait des soins jusqu'à la guérison ou à la mort; s'ils étaient valides, on les hébergeait pendant trois jours, et ils recevaient un argent de passade pour continuer leur route. Les vieux artisans, tombés dans l'indigence, furent recueillis et nourris dans le cloître de Saint-Georges : on construisitdans une même rue une suite de petits logements pour y recevoir des veuves pauvres, et Tony pourvut à leur vêtement et à leur nourriture : un hôpital fut établi pour les pestiférés.

Celles de ces institutions qui existaient avant la réforme reçurent à cette époque une dotation plus riche et mieux proportionnée à leurs besoins.

Lubeck eut dans tous les temps une noble émulation de bienfaisance, qui lui fit désirer de ne pas être surpassée par d'autres villes dans les généreuses et philanthropiques institutions, destinées à développer l'industrie, à étendre les lumières, à soulager les souffrances. Cette ville , placée a la tête de la Ligue Anséatique, ne voulait donner à ses confédérés que de bons exemples : elle tenait à conserver dans l'opinion de tous cette priorité de rang, sanctionnée par un long usage, et qui lui imposait l'obligation de ne jamais déroger. C'est en effet par cette constante attention sur soi-même qu'un gouvernement, quelle que soit l'exiguïté de son territoire, conserve au milieu des circonstances les plus critiques , son énergie, son noble caractère et sa prééminence.

La situation où s'étaient trouvés l'archevêque de Brème et l'évêque de Lubeck nous explique comment d'autres prélats conservèrent une partie de leur souveraineté après l'établissement de la réforme. Quelques seigneuries appartenaient sous différents titres aux évêques des villes anséatiques de Magdebourg, Hildesheim, Halberstadt, Minden, Cologne, Utrecht, Munster, Osnabruck : les châteaux, les forteresses qu'ils avaient élevés sur

ces territoires y protégeaient du moim dans les campagnes l'autorité qui leur échappait dans les villes ; les seigneurs y trouvaient un dernier abri contre les innovations, jusqu'au moment où plusieurs d'entre eux adoptèrent volontairement la réforme, par conviction ou par calcul, et firent servir les fondations religieuses situées dans leurs domaines a l'accroissement de leurs revenus ou à des établissements publics.

Cette complication d'intérêts, ces débats entre plusieurs autorités rivales se firent aussi remarquer dans d'autres villes anséatiques, qui participaient aux droits comme aux charges delà confédération, et qui néanmoins relevaient d'un souverain particulier, et avaient des obligations à remplir envers lui. Telle était la situation des habitants de Rostock et de Wismar, qui dépendaient des ducs de Mecklembourg, mais qui jouissaient des privilèges les plus étendus, soit pour leur administration municipale, soit dans leurs relations avec la ligue dont ils étaient membres.

La maison de Mecklembourg , une des plus anciennes de l'Allemagne, descendait des anciens princes des Obodrites , dont la première dynastie remonte au temps de Charlemagne :

plusieurs d'entre eux unirent à la dignité souveraine le titre de rois. Trois dynasties se succédèrent; et la troisième,quisubsisteencore, fut commencée en H30parNiclot, dont le successeur fut prince de Mecklembourg. La ville de ce nom était une importante place de commerce; Wismar lui servait de port, comme Warnemunde en servit ensuite à Rostock : alors on n'établissait pas au bord de la mer les villes de commerce, afin qu'elles fussent moins exposées aux attaques d'une flotte ennemie.

Après la ruine de Mecklembourg , que les Saxons détruisirent en 1322 , les débris de la population se retirèrent à Wismar, qui fut enrichie par le commerce, et à Schwerin, où les souverains du pays transportèrent leur résidence. Albert II reçut en 1348

N ILLKfl HOUES.

Page 1