M. \ TIQUES
pussent l'alléger lorsqu'ils taraient remonter le fleuve, i «e canal di Sleswick,
que le Danemark Taisait ouvrir, pour achever entre Tonningen et Kiel une ligne de navigation, déjà tracée en grande partie par le cours de l'Eyder, fut terminé vers la lin de l'année suivante , et Ton lit pasNer, de l'une a l'autre mer, des v.uss aux de moyenne grandeur : mais la communication fut interrompue, quinze mois après , par un éboulement de terre qu'avait occasionne la iiltration des eaux d'un marais voisin; et cet accident lit sentir le besoin de donner aux travaux du eanal plus de solidité.
Le Hanovre cherchait lui-même à augmenter l'importance de son commerce maritime, en faisant creuser le petit port de Pappenbourg, situé sur I Ems, à dix lieues de son embouchure.
Tous les États voisins des fleuves qui se jettent dans la merdu Nord s'intéressaient à ce développement commercial : ils avaient pris en 1785 l'engagement de défendre, par des secours mutuels, l'intégrité de leurs droits et de leur territoire, et de maintenir la situation de l'Empire, telle qu'elle avait été réglée par les traités de Westphalie. Cette association était l'ouvrage du grand Frédéric; et la sécurité qu'elle rendait aux villes anséatiques, de même qu'aux contrées voisines, leur permettait de donner plus d'activité et d'étendue à leurs relations. L'importance de celles des États-Unis avait frappé l'attention de Frédéric; il conclut avec eux un traité de commerce le 10 septembre 1785 ; et les négociants prussiens firent partir plusieurs chargements pour l'Amérique , les uns directement expédiés des ports de la Baltique, les autres embarqués sur l'Elbe , et transbordés sur des navires de Hambourg, qui les faisaient arriver à leur destination.
La France, désirant donner plus de développements à sa marine marchande, et approvisionner ses chantiers que la guerre maritime avait épuisés, voulut faire venir du nord
une grande quantité de bois de mature et <le construction : une eonv pagnM française l'ut chargée de ce
soin; et sou directeur se rendit a
Hambourg avec un îngénieurconstruc-
teur, |iour choisir dans les magasin!
de ce port les qualités de boil convenables, et pour les faire transporter dans le royaume : on y employa un grand nombre de navires. L Espagne envoya également deux ingénieurs à Hambourg . afin d'y chercher pour son usage des bois et d'autres approvisionnements nécessaires à sa marine.
Quelques années de paix avaient rendu au commerce des Anséates une grande prospérité. On remarqua en 1786 l'activité de leurs expéditions et la richesse de leurs retours : les importations de France a Hambourg s'élevèrent, l'année suivante, à plus de cinquante millions de francs.
Les relations de cette ville avec h France étaient spécialement protégées par un traité de 1769; et comme il n'avait été conclu que pour vingt années, Hambourg en sollicita et en obtint le renouvellement. Les clauses du traité de 1789 furent même plus favorables, et la France promit de faire jouir le pavillon hambourgeois des mêmes franchises que celles dont jouissaient les nations du nord les plus favorisées. Ces privilèges étaient conformes aux principes proclamés en 1 781 par les signataires de la neutralité armée : l'Europe presque entière y avait donné son adhésion; elle Ses avait reconnus et consacrés dans la plupart de ses édits maritimes, et la Russie continuait de les suivre pendant la guerre qu'elle soutenait alors contre la Suède. L'impératrice Catherine avait déclaré, le 6 mai 1789, qu'elle protégerait le pavillon de tous les neutres qui navigueraient et commerceraient dans la Baltique, pour quelque port qu'ils fussent dirigés , et qu'elle leur prêterait, en cas de besoin, tous les secours qui seraient en son pouvoir; en exceptant seulement les navires qui porteraient des munitions de guerre aux ennemis de la Russie.
L'UNIVERS
Cette déclaration donnait une entière sécurité à la navigation et au commerce des Anséates dans la Baltique; elle leur permettait des expéditions qui n'auraient pas pu se faire avec la même liberté sous le pavillon des belligérants; et les communications entre la mer Intérieure et l'Océan continuèrent d'être très-nombreuses :
buit mille huit cents navires passèrent le Sund en 1789, soit pour entrer dans la Baltique, soit pour en sortir; et plus de neuf mille traversèrent ce détroit dans le cours de l'année suivante.
Mais une grande révolution se préparait, qui allait ébranler la France, et dont les violentes secousses devaient mettre en mouvement l'Europe entière. Une guerre générale paraissait imminente : les droits des neutres seraient sacrifiés, et ld position où se trouvaient alors presque toutes les puissances ne permettrait à aucune de se tenir à l'écart. La plupart des peuples faisaient des vœux pour la France; mais la plupart des gouvernements lui étaient contraires.
Au premier signal de la révolution française, les différentes puissances de l'Europe, qui avaient des démêlés entre elles, parurent toutes reconnaître la nécessité de se réconcilier, afin de tourner, s'il le fallait, leurs moyens d'attaque ou de défense contre un grand peuple dont l'insurrection conmençait à les alarmer : l'avenir était obscur, le temps se chargeait de nuages : une coalition se préparait contre la France.
L'Autriche termina sa guerre avec la Porte Ottomane , par un traité signé à Sistow le 4 août 1791 , et elle conclut avec la Prusse , le 7 février 1793, un traité d'alliance défensive :
les deux cours se réservaient d'inviter la Russie, la Grande-Bretagne, la Hollande, laSaxe, à s'unir également avec elles par des engagements défensifs; et elles promirent de se concerter sur les affaires de France avec les principales puissances de l'Europe.
La Russie, avant de prendre d'au-
tres engagements, conclut la paix avec la Suède le 14 aoilt 1790, et avec la Porte Ottomane le 9 janvier 1792 ; elle signa, le 14 juillet suivant, un traité d'alliance défensive avec l'Autriche, et se borna à suspendre ses traités et ses relations de commerce avec la France.
La guerre que la Prusse et l'Autriche avaient déclarée à la république française entraîna bientôt les autres puissances de l'Empire ; mais celles du Nord n'y prenaient encore aucune part. Le Danemark publia, le 23 février 1793, un édit de neutralité sur la navigation et le commerce en temps de guerre : la Suède rendit, le 23 avril, une ordonnance semblable. Le but de ces deux gouvernements était de rétablir la neutralité armée et de maintenir la libre navigation de la Baltique ; et la Russie continuait elle-même d'adopter les principes de cette association.
Les villes anséatiques, dont le commerce était favorisé par ces dispositions, cherchèrent à maintenir leur neutralité pendant la guerre continentale et maritime qui prenait de jour en jour plus d'extension ; et lorsqu'une loi du 29 mai 1792 eut autorisé le pouvoir exécutif de France à négocier avec les puissances étrangères l'abolition de la course , le gouvernement de Hambourg s'empressa d'adhérer à cette proposition, qui tendait tout à la fois à rassurer le commerce et à restreindre les rigueurs de la guerre maritime. Le roi de Hongrie et de Bohême défendit lui-même tout armement en course dans les ports qu'il avait sur l'Adriatique; mais aucune autre puissance ne suivit cet exemple, et la liberté des mers fut continuellement entravée.
Le droit des gens, qui , au milieu même de la guerre , conserve encore son empire et prescrit les devoirs à suivre envers un ennemi, n'avait pas éprouvé , dans son application à la guerre maritime, les mêmes améliorations que sur la terre. Ici les hostilités nese dirigent que contre les hommes armés : elles doivent épargner les per-
VILLES ATfSÊATTQUES.
sonnes inoffensives; les villes M rachètent du pillage, et les propriétés particulières sont épargnées Mais sur
fa mer on ne se borne point à l'attaque des hommes de guerre, à l'enlèvement des propriétés publiques : celles des particuliers sont comprises dans eette capture , et l'on s'empare des dépouilles que l'on aurait respectées sur la terre : le droit de commettre des hostilités n'appartient plus exclusivement aux serviteurs de l'État; on le délègue à des armateurs qui ne faisaient point partie de la force publique; des auxiliaires si difficiles a contenir rappellent la barbarie de ces guerres privées dont les progrès de la civilisation nous avaient affranchis; et sans se borner à des courses contre l'ennemi, souvent ils cherchent de plus faciles succès contre les bâtiments neutres et sans défense qui peuvent leur offrir de plus riches dépouilles. On a trop souvent a reconnaître que les bases du droit maritime, tel qu'il existe encore, furent établies dans des siècles où l'on craignait la haute mer, où on la pratiquait moins, où le commerce était abandonné à des esclaves, où Ton n'avait aucune police sur la navigation, constamment exposée aux incursions des pirates. Mais si quelques habitudes sociales ont des vices originels dont il est difficile d'effacer la trace, on doit néanmoins garder l'espérance de les améliorer, et c'est un genre de progrès que le temps réserve sans doute aux différentes institutions humaines.
Le moment n'était pas encore venu d'atteindre un but si élevé et si désirable. Jamais les droits et les devoirs mutuels qui constituent les relations politiques, civiles et commerciales des différents peuples, ne furent plus souvent mis en oubli. On vit annuler tous les traités d'alliance et de commerce que l'ancien gouvernement français avait conclus ; un embargo général fut mis dans les ports de la république sur les navires ennemis; on prohiba l'importation de toute marchandise étrangère, fabriquée en Angleterre ou dans" d'autres pays en-
nemis ; on ordonna la confiscation des propriétés de cette nature qui seraient trouvées sur bâtiments neutres;
on ne permit pas même les transports
de vivres qui seraient destinés pour l'ennemi. Les mêmes rigueurs étaient
exercées par chacune des puissai belligérantes , et les droits des neutres étaient méconnus de [<irt et d'autre.
On doit cependant remarquer que les navires de Hambourg , de Brème et de Lubeck ne furent pas compris dans l'embargo mis dans les ports de France, au commencement de 1703.
Ils cessèrent de jouir de cette exception, lorsque le ministre de France 3ui résidait a Hambourg eut été forcé e quitter cette ville; mais comme on ne pouvait pas imputer l'ordre de son départ a la malveillance du sénat, qui n'avait fait qu'obéir aux résolutions du corps germanique, l'embargo des navires anséatiques fut levé pour la seconde fois, et la course ne fut pas exercée contre eux. Leur pavillon continua de fréquenter les ports de la république, et l'on expédia de Hambourg et de Brème pour la France un grand nombre de navires chargés de grains. La plupart de ces cargaisons venaient de Dantzig,d'où elles avaient été expédiées; et les navires de cette ville furent également exceptes de l'embargo, aussi longtemps qu'elle put conserver son indépendance.
Les Anséates , en observant la neutralité, avaient néanmoins à mai ni ■nir leurs liens avec l'Empire: ils étaient forcés de lui fournir leurs contingents militaires, et d'autoriser les enrôlements qui se faisaient dans leurs villes , comme dans les autres parties de l'Allemagne, pour le service de la confédération germanique; mais ces levées d'hommes étaient peu nombreuses; l'opinion publique ne les favorisait pas; et les Anséates désiraient conserver leurs relations d'amitié et de commerce avec la France.
Laneutralitédu sénatde Hambourg, et les devoirs qu'elle lui imposait, ne l'empêchèrent pas de remplir ceux de l'humanité envers un grand nombre d'émigrés français. La plupart
L'UNIVKRS.
avaient fait leurs premières campagnes dans l'armée des princes ou dans celle de Condé; d'autres avaient passé au service d'une autre puissance, et les désastres mêmes des corps dont ils faisaient partie n'avaient pas dissipé leurs espérances. Parmi ceux qui se retirèrent à Hambourg, plusieurs avaient autrefois joui d'une grande fortune , dont il leur restait à peine quelques débris : ils avaient conservé des habitudes de dépense, et leurs dernières ressources furent bientôt consumées : alors ils durent se rappeler quelques talents qu'ils devaient a leur éducation , et après les avoir cultivés par agrément, ils s'en firent un moyen d'existence. Les uns enseignèrent les éléments d'une langue dont l'usage du monde leur avait fait aussi connaître toutes les délicatesses; ils eurent un grand nombre d'élèves, et propagèrent l'étude delà littérature française:
d'autres moins éclairés, et réduits à un labeur pénible, embrassèrent diverses professions, et se résignant à un nouveau genre de vie, supportèrent avec courage et dignité leur infortune; d'autres devinrent professeurs de dessin , de mathématiques , ou d'histoire, ou de géographie. Heureux ceux qui emportèrent dans leur exil quelques trésors d'instruction , et à qui la science put assurer de modestes et honorables ressources ! Plusieurs proscriptions successives accrurent le nombre des émigrés ou des réfugiés : les plus augustes têtes furent mises à cette épreuve ; elles la soutinrent dignement, et firent ainsi respecter encore plus leur malheur.
Il se trouvait dans la nouvelle colonie française un grand nombre d'ouvriers et de serviteurs qui avaient suivi leurs anciens maîtres : les libéralités du sénat et la bienveillance publique vinrent à leur secours. Les hommes valides obtinrent du travail, les infirmes, les enfants furent assistés : Hambourg, déjà si renommé par ses établissements de bienfaisance, soutint et accrut la gloire qu'ils lui avaient faite. Un plus petit nombre
de réfugiés s'étaient dirigés sur Lubeck et sur Brème, qui leur offraient moins de ressources ; mais ils y reçurent également un accueil généreux et hospitalier.
Pendant les crises révolutionnaires qui se succédaient en France, et qui commençaient à ébranler quelques autres gouvernements, les villes anséatiques, étrangères à ces grands débats, restaient fidèles à leurs institutions : elles suivaient paisiblement leurs relations de commerce, faisaient des vœux pour le maintien de leur neutralité, et cherchaient à détourner loin d'elles les orages politiques qui menaçaient d'autres nations : la neutralité du Danemark favorisait ce pacifique système; et le passage du Sund, librement ouvert aux navires anséatiques, leur permettait de faciles communications.
La France voyait la guerre allumée sur toutes ses frontières; mais elle parvint, en 1795, à éteindre une grande partie de ce vaste incendie : elle conclut successivement la paix avec la Toscane, la Prusse et la Hollande; convint avec la Prusse d'une ligne de démarcation et de neutralité, qui devait éloigner de tout le nord de l'Allemagne le théâtre delà guerre; signa ensuite d'autres traités de paix avecl'Espagne,lelandgravede Hesse- Gassel et le gouvernement sarde.
L'année suivante, des arrangements semblables furent conclus avec leduché de Parme , le saint-siége , le Wurtemberg, le margraviat de Bade, la Souabe, la Bavière et le royaume des Deux-Siciles. L'Autriche, privée de tous ses auxiliaires en Allemagne et en Italie, éprouvait de nouveaux revers; mais un traité de paix préliminaire fut conclu à Léoben le 18 avril 1797, et le traité définitif de Campo-Formio fut signé le 17 octobre suivant.
La guerre entre la France et l'Angleterre durait encore , et l'Angleterre parvintbientôt à la ranimer sur le continent et à y faire intervenir la Russie et l'Autriche, qui entraînèrent avec elles d'autres puissances de l'Europe.
L'impératrice Catherine avait eu
la prudence de ne prendre part à aucune expédition militaire contre la France, avant d'avoir accompli un projet d'agrandissement qui l'intéressait davantage, et d'avoir consommé le partage de la Pologne: elle avait fait, par un traité conclu avec la Prusse le il juillet 1793 , uw second démembrement de ee royaume; elle en avait fait un troisième partage, de concert avec la Prusse et l'Autriche, par un traité du S janvier l795;etK.osciusko, et le patriotique dévouement de ses compagnons de gloire et d'infortune, n'avaient pu défendre un pays ouvert de toutes parts, déchiré par l'anarchie, et envahi par les nombreuses armées de trois puissances à la fois. Toutes les discussions qu'entraînait ce partage furent réglées en 1 797 , après l'avéuementde l'empereur Paul; et ce monarque conclut successivement des traités d'alliance défensive avec les Deux-Siciles, la Porte Ottomane, la Grande- Bretagne , le Portugal , la Bavière et la Suède, avant de joindre ses armées à celles de l'empereur d'Autriche, qui renouvelait en 1798 la guerre contre la France.
Cette guerre dura trois années, et les Russes, conduits par Suwarow, vinrent jusqu en Piémont prendre part aux opérations de leurs alliés :
mais, en s'engageant dans une expédition éloignée, qui coûtait de sanglantes pertes sans compensation, l'empereur Paul se lassa bientôt de soutenir des intérêts qui n'étaient pas les siens. Dès la fin de 1799, il avait changé de dispositions envers la France; et les hostilités entre les deux pays avaient cessé.
Nous n'avons dû indiquer que d'une manière sommaire, et afin de suivre la chaîne des événements, l'influence qu'eut la révolution française sur la conduite des principaux gouvernements de l'Europe. Les villes anséatiques, sans prendre une part directe à ces grands mouvements, en ressentirent cependant les effets; et leur situation commerciale et politique fut quelquefois modiûée parles actes etles conventions des puissances du Nord, sur
le rétablissement de la neutralité armée, sur l'étendue de la protection à donner au commerce maritime, et sur les rapports que Ton pouvait conserver avec les belligérants.
L'empereur de Russie avait adressé, le 1(> août 1800, une déclaration à la Prusse, au Danemark, a la Suède, pour les inviter a remettre en vigueur les principes de la neutralité , tels qu'ils avaient été reconnus et fixés, vingt ans auparavant, par les mêmes puissances. Trois conventions furent conclues en ce sens ; et comme elles étaient spécialement dirigées contre l'Angleterre, qui avait porté quelques atteintes à cette neutralité, un embargo fut mis dans les ports britanniques sur les vaisseaux des quatre nations qui venaient de se lier entre elles par de communs engagements.
Cet embargo faisait prévoir d'autres hostilités. Le Danemark usa d'abord de représailles , en retenant également dans ses ports les navires anglais; il voulut ensuite, de concert avec la Prusse, intercepter les relations commerciales de l'Angleterre avec les pays voisins de l'Elbe et du Wéser , et il fit occuper la ville de Hambourg par un corps de troupes danoises, le 26 mars 1801 , tandis que la Prusse faisait elle-même occuper à main armée la ville de Brème et une partie du Hanovre. Ces mesures ne furent au reste que d'une courte durée.
Une escadre britannique, armée contre le Danemark, passait le Sund le 30 mars; elle vint bombarder Copenhague; et pour sauver cette ville des suites d'un tel désastre , le gouvernement danois conclut, le 9 avril, un armistice avec l'amiral Parker. Cette capitulation coïncidait avec la nouvelle de la mort tragique de Paul Ier et de l'avènement de l'empereur Alexandre, monté sur le trône le 24 mars. Le nouveau souverain désirait pacifier le Nord ; il invita le roi de Prusse à faire évacuer par ses troupes le pays de Hanovre et les rivages de l'Elbe, où elles occupaient Cuxhaven et le bailliage de Ritzbuttel; il invita également le Danemark à retirer ses
L'UNIVERS
troupes de la ville et du territoire de Hambourg : cette retraite eut lieu le 23 mai , et toutes les entraves mises à la navigation et au commerce de l'Angleterre, soit sur l'Elbe et le Wéser, soit dans la mer Baltique, furent successivement écartées. Les grandes questions de droit maritime et de neutralité, qui avaient donné lieu à l'association des puissances du Nord, furent réglées d'une manière égale pour toutes , par une convention signée à Pétersbourg le 17 juin 1801.
La Russie renonçait par cette convention au principe que le pavillon couvre la marchandise et que les navires neutres , naviguant sous l'escorte d'un vaisseau de guerre de leur nation, ne doivent pas être visités.
Cette renonciation était contraire aux intérêts des neutres et aux maximes que la Russie avait soutenues précédemment; mais c'était un sacrifice à l'amour de la paix : toutes les puissances en désiraient alors le rétablissement ; elle avait été conclue à Lunéville , le 9 février 1801, entre la France, l'Empereur et le corps germanique; elle le fut ensuite avec les Deux-Siciles , la Bavière, le Portugal, la Russie , la Porte Ottomane , les régences d'Alger et de Tunis; et la Grande-Bretagne conclut à Amiens , le 27 mars 1802, un traité définitif de paix avec la France, l'Espagne et la république batave.
L'Europe espérait enfin voir cesser les malheurs d'une longue guerre; mais la situation des pays qui avaient été si longtemps le théâtre des hostilités allait éprouver de grands changements. Les souverains et les princes d'Allemagne, dépossédés de leurs États sur la rive gauche du Rhin, s'attendaient à recevoir des indemnités proportionnées à leurs pertes : on les leur avait promises par les traités de Campo-Formio et de Lunéville ; et l'on eut recours, pour les effectuer, à la sécularisation d'un grand nombre de biens ecclésiastiques; d'autres princes ou seigneurs qui avaient relevé immédiatement de l'Empire eurent à reconnaître la souveraineté
des États plus puissants au milieu desquels ils se trouvaient enclavés, et ils entrèrent dans la classe des princes médiatisés.
Une diète avait été convoquée à Ratisbonne pour régler le mode et la répartition des indemnités, qui devaient être prises dans le sein même de l'Empire, et qui dès lors allaient imposer des sacrifices à une partie de ses membres. La diète évitait de prendresur elle la responsabilité d'une telle décision ; elle voulut en remettre le soin à l'Empereur, qui à son tour refusa une si pénible charge; et enfin elle arrêta, par une délibération du 2 octobre 1801 , que ses pouvoirs seraient remis à une députation extraordinaire de huit membres pris dans son sein. Ce furent, pour le collège des électeurs, ceux de Mayence, de Saxe, deBohême, de Brandebourg, et pour le collège des princes ceux de Bavière, de Wurtemberg, de Hesse- Cassel et le grand maître de l'ordre Teutonique. Les délégués de cette députation étaient chargés de négocier et de conclure un arrangement, sous la médiation des gouvernements de France et de Russie; et deux déclarations uniformes furent remises par les ministres des deux puissances, pour servir de base au recez d'indemnité qui fut ensuite discuté, modifié et définitivement arrêté, de concert avec les médiateurs.
Sans avoir à parcourir les différentes phases de cette négociation , et à signaler les changements que produisit dans l'Empire la distribution des indemnités, nous devons désigner ceux qui intéressaient d'une manière spéciale les villes anséatiques , soit qu'ils eussent pour objet d'arrondir leur territoire , d'en faire disparaître quelques enclaves, et de mieux régler leurs limites, soit qu'ils fussent destinés à les affranchir entièrement des prétentions ou des titres que plusieurs États voisins cherchaient encore à faire valoir sur une partie de leurs domaines et de leur juridiction.
Le recez de la diète, définitivement arrêté le 25 février 1803, et ratifié
VILLES AJNSE.VTIQUES.
ensuite par P Empereur, accorda au roi d1 Angleterre, en sa qualité d'électeur de Brunswick-Lunebourg,l'évéché d'Osnabruek, fii compensation de ses droits
et de Ses propriétés dans les villes de Hambourg et de Brème et dans leur territoire, ainsi que pour ses prétentions sur quelques autres domaines.
Le duc de Holstein-Oldenbourg obtint une indemnité territoriale, soit près des limites du duché, soit dans la principauté d'Eutin, pour la suppression du péage d'ElsIleth qui gênait la navigation du Wéser et le commerce de Brème , et pour la cession des droits et des biens que l'évéque de Lubeck et son chapitre avaient possédés dans la ville de ce nom.
Quelques propriétés de Lubeck et du Mecklembourg , enclavées dans les territoires l'un de l'autre, furent échangées, et les terres qui dépendaient d'une même administration purent être contiguës , et toucher aux États voisins par une ligne de démarcation plus régulière.
On désigna les principaux lieux que devait comprendre le territoire de Brème : les limites en furent rectifiées; et le gouvernement acquit les droits, les propriétés, les revenus dont rélecteur de Brunswick-Lunebourg avait joui dans cette ville et dans son territoire.
La ville de Hambourg put également disposer de tout ce qui avait appartenu dans son enceinte et dans ses dépendances au duc de Lunebourg.
Le collège des villes impériales fut composé des villes libreset immédiates d'Augsbourg, Lubeck, Nuremberg, Francfort, Brème et Hambourg : elles devaient jouir, dans toute retendue de leurs domaines respectifs, de la pleine supériorité et de toute juridiction, sans exception ni réserve, sauf néanmoins l'appel aux tribunaux suprêmes de la confédération : elles avaient droit à une neutralité absolue dans toutes les guerres de l'Empire. On lesdéclarait complètement affranchies de toute contribution militaire, ordinaire et extraordinaire; et dans tou- 2-2e Livraison. (Villes anséatiqles.)
tes les questions de paix ou de guerre, elles étalent dispensées pleinement
et nécessairement de tout concours aux votes de l'Empire. On ne pouvait se permettre de recrutement militaire dans leur enceinte et leur territoire que pour les États de la confédération germanique, dont les lois fondamentales se trouvaient maintenues, en tant qu'il n'y avait pas été dérogé par le traité de Lunéville et par les présentes stipulations.
Cet acte fixa le sort des villes anséatiques : il écarta les nombreuses disputes de juridiction , que fait naître la confusion des droits et des intérêts mal définis; il fit relever immédiatement de l'Empire toutes les parcelles de leur territoire, réclamées jusqu'alors par différents souverains ; et ces villes furent placées , quant à l'étendue de leurs droits, sur la même ligne que tous les autres membres de l'Empire.
Mais pouvait-on alors se promettre quelque stabilité dans la durée des engagements? Les guerres d'invasion étaient commencées : chacune des conventions où l'on proclamait le rétablissement d'une paix perpétuelle était bientôt suivie de quelques infractions qui en faisaient prévoir le terme. Des conquêtes se faisaient pendant chacun de ces armistices ; des couronnes , tombées du front de quelques princes, étaient relevées par la famille du conquérant, dont la dynastie espérait devenir bientôt la plus ancienne de l'Europe ; et ces nouveaux trônes, élevés sur des ruines, ces royaumes assignés, tous ces vastes projets encouragés par la fortune, toutes ces illusions qui éblouissaient et flattaient la victoire, ne laissaient pas espérer à l'Europe un prochain repos.
Les motifs ne manquaient jamais pour une nouvelle rupture : on y était disposé départ et d'autre ; et l animosité, l'ambition, les jalousies nationales faisaient saisir avec ardeur l'occasion de rentrer en lice.
La guerre, rallumée en 1803 entre la France et la Grande-Bretagne, un an après la signature du traité d'Amiens,
L'UNIVERS
amena l'occupation immédiate du Hanovre parles troupes françaises : l'armée de ce pays déposa les armes , fut dissoute ; et les prisonniers , renvoyés sur parole, s'engagèrent à lie pas servir avant d'avoir été échangés. Les autres États de l'Allemagne parurent ne prendre aucun ombrage de cette expédition qui était dirigée contre l'Angleterre : ils mettaient alors à exécution le recez d'indemnité; ils continuaient leurs négociations avec la France sur l'octroi de navigation du Rhin, et cet octroi fut réglé par deux conventions du 15 août et du 1er octobre 1804.
Il fut heureux pour l'Allemagne que la plupart de ses discussions intérieures fussent terminées avant que ce pays redevint le théâtre de la guerre : du moins il put échapper à l'anarchie, et il n'eut pas à combattre deux ennemis à la fois.
Pendant que le nouvel empereur des Français achevait de se concilier avec celui d'Autriche sur l'accomplissement de leurs derniers traités , la Grande-Bretagne et la Russie contractaient une plus étroite alliance, et s'engageaient, par une convention du 11 avril 1805 , à mettre en œuvre les moyens les plus prompts et les plus efficaces pour former une union générale entre les puissances de l'Europe , et pour les déterminer à faire marcher cinq cent mille hommes contre la France, afin d'obtenir l'évacuation du Hanovre et du nord de l'Allemagne , l'indépendance de la Hollande et de la Suisse , le rétablissement du roi de Sardaigne en Piémont, la sûreté du royaume de Naples et l'évacuation de toute l'Italie : l'Angleterre s'engageait à payer à la Russie et à chacun des gouvernements qui entreraient dans cette alliance, des subsides proportionnés aux levées d'hommes qu'ils auraient faites.
La cour de Vienne, dont la politique avait subitement changé, accéda à cette convention le 9 août 1805, et d'autres engagements furent bientôt pris entre l'Angleterre , la Suède et la Russie , pour assurer la défense de laPoméranie suédoise, et pour faire
agir les troupes de Suède de concert avec celles des alliés. Le théâtre de la guerre, commencée dans le midi de l'Allemagne , allait s'étendre vers le nord; et le gênerai Mortier, qui commandait alors les troupes françaises rassemblées dans le Hanovre, reçut l'ordre d'occuper militairement les villes anséatiques et leur territoire.
L'Angleterre, la Russie et la Suède dirigeaient vers la basse Allemagne différents corps d'armée : les Anglais avaient opéré plusieurs débarquements sur les rives de l'Elbe et du Wéser; leurs alliés avaient fait passer des troupes en Poméranie; et ces corps allaient se réunir dans le Hanovre, où il y eut bientôt quinze mille Russes, douze mille Anglais, huit mille Suédois. Mais ces troupes n'étaient destinées qu'à opérer une diversion : les principales forces de la Russie avaient passé la Vistule le 1er novembre, pour aller se joindre à celles de l'Autriche, qui avaient déjà éprouvé une longue suite de levers depuis la capitulation d'Ulm Les deux armées étaient réunies avant la journée d'Austerlitz; et cette bataille, perdue par les Autrichiens et les Russes , fut suivie du traité de paix conclu à Presbourg le 26 décembre 1805 entre l'Autriche et la France.
La Russie ne prit aucune part à cette transaction ; et ses troupes , affaiblies par de nombreuses pertes , s'étaient retirées après celte sanglante défaite ; mais au bout de quelques mois, elle ouvrit des négociations avec la France; et son plénipotentiaire, AI.
d'Oubril, signa, le 20 juillet 1S06, un traité de paix qui cependant ne fut pas ratifié. Le gouvernement russe déclara que ses instructions n'avaient pas été suivies par le négociateur ; et l'Europe, qui espérait la pacification du continent, fut trompée dans ses vœux et entraînée à de nouveaux combats .
D'autres changements dans la constitution de l'Allemagne avaient lieu à la même époque. Un traité venait d'être conclu, le 12 juillet, entre la France et différents États qui se sépa-
VILLES tNSÊATIQUES.
raient de l'Empire germanique et s'unissaient entre eux pour former 1 1 confédération du Rhin. Ces États étaient ceux des roi.s de Bavière et de Wurtemberg, de l'électeur archiéhancelier, des grands-ducs de Bade et de Berg, du landgrave de He Darmstadt, des princes de Nassau, de Hohenzollern , de Salm,d'Ys bourg, d'Aremberg, et du comte de la Leyen : ils notifièrent à la diète leur séparation, et l'empereur des Français fut déclaré protecteur de la confédération du Rhin. Napoléon fit lui-même notifier à la diète qu'il ne reconnaissait plus l'existence de la constitution germanique : l'empereur d'Allemagne abdiqua, le 6 août, la couronne impériale; il incorpora à son empire d'Autriche toutes ses possessions d'Allemagne, et les dégagea de leurs anciens liens. Les États de la confédération du Rhin réglèrent entre eux différentes questions de limites, d'échanges, de voisinage; et ces arrangements étaient trèsavancés , lorsque la guerre éclata de nouveau entre la France et la Prusse.
Nous n'avons pas à suivre les opérations de cette campagne, que les Fronçais ouvrirent avec éclat, le 14 octobre 1806, par la victoire de léna, et qu'ils signalèrent par d'autres avantages, jusqu'à leur entrée à Berlin, où ils accordèrent à l'ennemi une suspension d'armes.
Cet armistice avec la Prusse fut bientôt suivi d'un nouveau genre de guerre, qui allait êtredirigé contre la Grande-Bretagne, et qui consista moins en opérations militaires qu'en vives et continuelles atteintes portées au commerce de cette puissance et à la liberté de ses relations avec le continent.
La France n'avait pas pris l'initiative des hostilités de cette nature , et ses premiers actes purent être regardés comme une représaille des mesures que l'on avait adoptées contre elle, et surtout de l'extension exagérée que l'on avait donnée au droit de blocus maritime. Le commandant d'une escadre russe , stationnée dans
les bouches du Cattaro, avait déclaré en état de blocus, par un ordre du lô mars 1806, tous les ports et toutes les cotes des deux rives de l' Adriatique qui appartenaient aux Français ou aux États neutres, et qui étaient occupes par les Français. Le gouvernement anglais déclara, le 8 avril suivant, qu'il avait pris toutes les mesures nécessaires pour bloquer les embouchures de l'Kms , du Wéser , de l'Elbe et de la Trave : le 16 mai, il notifia qu'il avait donné des ordres pour mettre eu état de blocus les cotes , les rivières et les ports , depuis l'embouchure de l'Elbe jusqu'au port de Brest inclusivement.
De telles mesures, appliquées à la fois aune si longue étendue de côtes, étaient évidemment inexécutables; et Napoléon y répondit par une déclaration de même nature , en décrétant à Berlin, le 21 novembre 1806, que les îles Britanniques étaient déclarées en état de blocus, et que tout commerce avec elles était interdit. Il fut exprimé dans le même décret que tout individu, sujet de l'Angleterre, qui serait trouvé dans les pays occupés par les troupes de la France ou de ses alliés, serait prisonnier de guerre; que tout magasin , toute marchandise, toute propriété , appartenant à un sujet de l'Angleterre , seraient déclarés de bonne prise ; que le commerce des marchandises anglaises était défendu, que l'on s'emparerait de toutes celles qui proviendraient des fabriques de l'Angleterre ou de ses colonies, et que les navires , venant directement de quelques possessions britanniques, ne seraient reçus dans aucun port.
Deux jours avant la publication de ce décret, Napoléon avait fait occuper la ville de Hambourg par un corps de troupes que commandait le général Mortier; et en faisant connaître au sénat les dispositions qu'il avait prises, il lui lit en même temps notifier qu'elles allaient recevoir dans cette ville leur exécution; qu'ainsi toute marchandise anglaise, et toute propriété mobilière ou immobilière, apparte-
L'UNIVERS
nant a des sujets de l'Angleterre , seraient confisquées ; que tout sujet anglais, qui se trouverait dans la ville ou sur son territoire, serait prisonnier de guerre; qu'aucun navire venant d'Angleterre ou y ayant touché ne pourrait être admis dans ce port; que tout bâtiment qui chercherait à s'y rendre au moyen d'une fausse déclaration serait confisqué; qu'aucun courrier d'Angleterre ne pourrait être reçu dans cette ville et en traverser le territoire. Ce système de confiscation et d'interdit commercial répandit à Hambourg la consternation. Cette grande ville était le principal entrepôt des marchandises anglaises : elle les recevait et les faisait circuler sur le continent : les règles de la neutralité autorisaient ce genre d'échanges et de communications ; il suffisait de se renfermer dans les bornes qu'elles avaient prescrites ; et il restait encore au commerce licite assez de latitude pour qu'il pût donner, sans manquer de bonne foi et de prudence, une grande étendue à ses spéculations. Mais il allait voir tarir les sources de sa prospérité : les gouvernements de France et d'Angleterre, s'animant encore par de mutuelles provocations et par des mesures plus irritantes , allaient aggraver les malheurs de la guerre , la triste condition des neutres, et les fléaux qui commençaient à les accabler. Le cabinet britannique déclara, le 7 janvier 1807, qu'il ne serait permis à aucun vaisseau de se rendre et de commercer d'un port à l'autre , dans les pays appartenant à la France ou à ses alliés , et dans ceux qu'ils occupaient , ou qui étaient assez soumis à leur influence pour que les vaisseaux britanniques ne pussent y commercer librement. D'autres ordres du gouvernement anglais, publiés le 11 et le 25 novembre, déclarèrent que tous les ports européens d'où le pavillon britannique était exclu, et tous les ports des colonies appartenant aux ennemis de l'Angleterre, seraient soumis aux mêmes restrictions que s'ils étaient étroitement bloqués par les
forces britanniques : le commerce de leurs produits et de leurs objets manufacturés fut regardé comme illégal; et les vaisseaux employés à ce trafic purent être capturés et déclarés de bonne prise. On ne fit d'exception à cette règle que pour les navires appartenant à des pays qui n'étaient pas en guerre avec la Grande-Bretagne :
ils purent exporter d'Angleterre les produits de son sol ou de ses manufactures, et les transporter dans les ports de ses ennemis, après avoir acquitté en Angleterre les droits imposés sur ce commerce, et avoir obtenu pour le faire une licence du gouvernement britannique.
L'exécution d'une mesure qui entraînait la visite des navires par les croiseurs anglais, leur station momentanée dans les ports de la Grande-Bretagne et leur soumission à un impôt , fut regardée par Napoléon comme une atteinte à l'indépendance des nations neutres et amies. Il ne voulut point reconnaître cette législation nouvelle , et il déclara , par un décret rendu à Milan le 17 décembre 1807, que tout bâtiment qui aurait souffert la visite d'un vaisseau anglais , ou se serait soumis à un voyage en Angleterre, ou aurait payé une imposition quelconque au gouvernement britannique, était dénationalisé, perdait la garantie de son pavillon et devenait propriété anglaise. On autorisait la prise de ceux de ces bâtiments qui entreraient dans les ports de France ou de ses alliés, ou qui seraient rencontrés par leurs vaisseaux de guerre ou leurs armateurs en course.
La déclaration de blocus des îles Britanniques fut renouvelée ; et tout navire devint saisissable et de bonne prise, soit lorsqu'il venait d'un port d'Angleterre, ou de ses colonies, ou des pays occupés par ses troupes , soit lorsqu'il était expédié pour quelque possession britannique.
L'extension donnée au droit de blocus par chacune des puissances belligérante ôtait au commerce toute espèce de sécurité; elle ruinait ses spéculations, arrêtait ses entreprises, et con-